Le Leash de Planche en Sports de Glisse : Entre Sécurité Essentielle et Précautions Indispensables

Dans le monde dynamique des sports de glisse aquatiques, qu'il s'agisse du kitesurf ou du wingfoil, l'utilisation d'un leash de planche suscite des discussions passionnées et souvent des opinions divergentes. Cet accessoire, conçu pour maintenir le pratiquant connecté à sa planche, peut incarner à la fois une mesure de sécurité indispensable et une source de risques non négligeables, en fonction de la discipline, des conditions de navigation et du niveau du rider. Comprendre son rôle, ses avantages et ses inconvénients est donc crucial pour chaque passionné désireux de naviguer en toute conscience.

Le Leash en Wingfoil : Un Équipement de Sécurité Indispensable

En wingfoil, le leash est unanimement considéré comme un équipement de sécurité indispensable, et ce, malgré sa tendance à être parfois négligé par certains pratiquants. Il en existe principalement deux types : le leash de planche et le leash d'aile, chacun jouant un rôle bien distinct et méritant un choix minutieux en fonction du niveau du rider, des conditions météorologiques et du style de pratique. Le leash de wingfoil est un accessoire de sécurité obligatoire, tant pour l'aile que pour la planche, assurant une connexion vitale entre le pratiquant et son matériel.

Rôle Crucial du Leash de Planche en Wingfoil

Le leash de planche relie directement le rider à son board, empêchant ainsi de la perdre en cas de chute. C'est un accessoire particulièrement utile en mer, où le courant ou le vent peuvent emporter la planche loin en quelques secondes, rendant sa récupération ardue, voire impossible. Le leash de planche permet de récupérer instantanément la planche après une chute, contribuant à reprendre plus rapidement la session et, surtout, à assurer la sécurité du pratiquant en évitant de se retrouver sans support flottant. Cette connexion rapide est d'autant plus précieuse que la fatigue peut s'installer rapidement lors de sessions répétées, et la perte de planche en est un facteur aggravant.

Cependant, le leash de planche présente également des risques inhérents. Il peut, par exemple, s'enchevêtrer sous l'eau ou s'emmêler avec l'aile lors de manœuvres ou de figures complexes. De plus, la tension exercée sur le leash lors d'une chute peut ramener la planche et son foil vers le rider à grande vitesse. Ce "retour de planche" représente un danger réel si le pratiquant n'est pas attentif ou n'anticipe pas ce mouvement, potentiellement provoquant des chocs violents.

Le Leash d'Aile en Wingfoil : Une Protection Contre les Projections

Parallèlement au leash de planche, le leash d'aile relie la wing au pratiquant, généralement via le poignet. Cet équipement est une exigence de sécurité obligatoire. En effet, sans leash, une aile lâchée dans le vent devient un projectile incontrôlable, pouvant infliger des blessures graves à d'autres riders, aux nageurs ou même aux promeneurs sur la plage. Un leash d'aile bien choisi se doit d'être léger, discret et de ne pas entraver la navigation. Il est à noter que lors des sessions prolongées, un leash de poignet peut devenir légèrement gênant, surtout si le bracelet est rigide ou mal ajusté, soulignant l'importance d'un choix ergonomique.

Lire aussi: Sécurité et leash de kitesurf

Variété des Leashes de Planche en Wingfoil : Choix et Adaptations

Le marché offre une diversité de leashes de planche, chacun étant conçu pour des usages spécifiques. On trouve des leashes ceinture, cheville ou spiralé, et des matériaux comme le Dyneema, avec des prix variant de 19,99 € à 81 € selon les modèles et leurs caractéristiques techniques.

Le leash ceinture, qui se fixe à la taille via un belt dédié, offre une excellente liberté de mouvement. Il limite considérablement les risques d'enchevêtrement avec le foil ou les jambes, ce qui en fait le modèle le plus prisé par les pratiquants réguliers, idéal pour le freeride et les longues sessions. Certains modèles de leash ceinture intègrent un système de décrochage rapide (quick release), permettant de se libérer instantanément de la planche en cas de danger. Cette fonctionnalité est jugée indispensable en conditions fortes, dans le courant ou pour les riders qui naviguent seuls, car en tirant sur une poignée, le leash se détache en une fraction de seconde, offrant une échappatoire rapide face à une situation critique.

Inspiré du surf, le leash cheville s'attache, comme son nom l'indique, au niveau de la cheville ou du mollet. Bien qu'il s'agisse du modèle le plus simple d'utilisation, il présente un inconvénient majeur en wingfoil : le leash peut s'enrouler autour du mât de foil lors des chutes. Cette situation crée un risque de blessure significatif, rendant le leash ceinture souvent préférable pour les pratiquants de wingfoil.

Le choix entre un leash spiral et un leash Dyneema influence directement le confort et la praticité. Le leash spiral est enroulé comme un ressort, un design qui réduit la traînée dans l'eau et limite les risques d'enchevêtrement. Il est généralement plus durable que le Dyneema et se rétracte naturellement lorsqu'il n'est pas sous tension, le rendant idéal pour le freeride polyvalent. En revanche, le leash en Dyneema est ultra-léger et souple. Il se fait complètement oublier en navigation, ce qui en fait le favori des riders qui enchaînent les transitions et les figures. Cependant, il est parfois un peu plus fragile sur le long terme et peut traîner dans l'eau s'il n'est pas suffisamment court. Pour le freestyle et les compétitions, sa légèreté et sa discrétion sont des atouts majeurs.

Longueur et Entretien : Facteurs Clés pour la Sécurité et le Confort en Wingfoil

La longueur du leash impacte directement le confort et la sécurité. Un leash court (inférieur à 1 mètre) est idéal pour le freestyle et les manœuvres rapides, car il garde la planche très proche du rider. Pour le freeride et le freestyle, cette courte longueur est recommandée, maintenant la planche à portée. Pour le downwind, en revanche, un leash de 1,5 à 2,5 mètres offre une liberté accrue, permettant à la planche de s'éloigner légèrement sans être perdue.

Lire aussi: Sécurité optimale avec un bon leash de surf

Un leash mal entretenu peut casser au pire moment, transformant un accessoire de sécurité en un maillon faible. Il est impératif de rincer systématiquement son leash à l'eau douce après chaque session pour éliminer le sel et le sable, qui sont corrosifs et abrasifs. De plus, il convient de vérifier l'état des mousquetons, des coutures et l'élasticité du leash au moins une fois par mois pour s'assurer de sa fiabilité. Enfin, une recommandation forte est de ne jamais utiliser un leash de surf pour le wingfoil. Ces leashes ne sont pas conçus pour les contraintes spécifiques du foil (vitesse, angle de chute, présence du mât) et peuvent s'accrocher au foil, créant des situations dangereuses. Bien que ce ne soit pas toujours une obligation légale, c'est fortement recommandé, car une planche de wingfoil avec un foil qui dérive seule représente un danger considérable pour les autres pratiquants.

Le Débat Autour du Leash de Planche en Kitesurf

Contrairement au wingfoil, l'utilisation du leash de planche en kitesurf est un sujet bien plus controversé, suscitant des avis très contrastés au sein de la communauté des pratiquants et des enseignants. Pour certains, l'utilisation du leash de planche pour une pratique du kitesurf en autonomie (ou non) au départ d'une plage doit être proscrite, considérant cette approche comme fondamentalement risquée. En effet, aller vers une pratique du kitesurf sans leash de planche est perçu comme une évidence pour tout bon rider digne de ce nom. Malgré cela, il est encore possible d'observer sur certains spots des pratiquants, souvent mal informés, utilisant cet outil et se mettant potentiellement en danger.

Pour d'autres, cependant - à l'image de Kite Inside, une entité reconnue dans l'enseignement - le leash peut être utilisé sous certaines conditions bien définies, arguant qu'il offre des avantages spécifiques dans des contextes particuliers.

Risques Majeurs Liés à l'Utilisation d'un Leash de Planche en Kitesurf

Le risque majeur associé à l'utilisation d'un leash de planche en kitesurf est un "vilain retour de planche", un phénomène où la planche est violemment ramenée vers le rider après une chute. Ce risque est fortement accentué par plusieurs facteurs :

  • Vent fort et irrégulier associé à un pilotage approximatif : Porter un leash de planche dans un vent fort (dépassant les 20 nœuds) et irrégulier, couplé à un pilotage peu précis de l'aile, crée une situation propice aux accidents. L'aile pourrait à tout moment décrocher et repartir pleine fenêtre, provoquant une éjection violente du rider, qui est alors accompagné de sa planche, augmentant le risque d'un retour de planche incontrôlé.
  • Utilisation de matériel non adapté : L'emploi d'un leash de surf, par exemple, qui est de nature très élastique, accélère fortement et amplifie les mauvais retours de planche vers le rider. Ces leashes, conçus pour d'autres disciplines, ne gèrent pas efficacement les forces et les spécificités du kitesurf. Un leash de type "inextensible" en l'absence de spirales, peut sembler rigide, mais sa matière en polyuréthane lui permet de s'étirer du double de sa longueur si la voile continue à tirer. Le retour peut être alors particulièrement violent, un danger souvent sous-estimé. Il existe aussi des leashes qui présentent peu d'élasticité et conviennent mieux, mais la planche reste toujours près du rider en cas de chute en raison de sa faible longueur, ce qui augmente les risques de collision, notamment avec la tête qui dépasse de l'eau.
  • Danger sur la plage : En pleine eau, les retours de planche sont généralement amortis par l'eau et le corps du pratiquant. En revanche, sur la plage, aucun élément ne pourra freiner efficacement la planche dans sa course vers le rider, rendant les impacts potentiellement dévastateurs.
  • L'importance cruciale du casque et du gilet : Le non-port du casque augmente fortement le risque de traumatisme crânien ou de perte de conscience en cas de retour de planche. C'est pourquoi, une règle informelle mais vitale est souvent évoquée : "Leash = Casque !!!" En plus d'être une aide à la flottabilité, le port d'un gilet de sauvetage ou d'une impact vest, comme son nom l'indique, pourrait protéger le pratiquant d'éventuels chocs provoqués par la planche, minimisant ainsi les blessures.

Un exemple frappant de ces risques est l'observation d'un pratiquant, "Jeune Padawan", certainement très mal informé ou mal formé, marchant sur une plage du Sud de la France. Aile au zénith, dans une Tramontane très irrégulière approchant les 40 nœuds, sans casque, et traînant derrière lui sa planche reliée à un leash dédié au surf, donc très élastique. Toutes ces conditions réunies transformaient cette "walk of shame" en une mission quasi suicide, illustrant la combinaison dangereuse de pratiques inadaptées et d'un manque d'équipement de protection.

Lire aussi: Leash de bodyboard : Installation étape par étape

De plus, il est crucial de considérer le comportement de la planche lors des sauts. Je n'utilise jamais de leash lorsque je veux sauter, car si je perds ma planche pendant le saut, il faut que je la perde pour ne pas la percuter. Or, le leash, en la gardant près de moi, annule cet effet d'éloignement protecteur, augmentant le risque de collision.

Quand le Leash Peut Être Envisagé en Kitesurf (Sous Certaines Conditions)

Malgré les risques, le port du leash de planche en kite n'est pas complètement proscrit par tous les pratiquants et enseignants. Pour certains, il peut être utilisé sous des conditions spécifiques, offrant des avantages non négligeables :

  • Gestion de la fatigue et prévention de la perte de planche : Après une chute, avoir la planche à portée de main est un avantage. Plusieurs chutes successives peuvent entraîner rapidement de la fatigue, et la fatigue est souvent un précurseur des accidents. Le leash peut ainsi éviter de perdre définitivement sa planche après une grosse chute. Une planche posée sur ses footstraps, les ailerons vers le ciel, est très peu visible, augmentant les chances de la perdre de vue. L'astuce consistant à inscrire son numéro de mobile sur sa planche est d'ailleurs une bonne pratique complémentaire.
  • Manœuvres spécifiques : Le jibe, qui exige de changer les pieds de position lors du changement d'amure, nécessite parfois d'attacher le leash à la cheville pour certains riders, afin d'éviter de s'enrouler les jambes dans le leash pendant la manœuvre, assurant une plus grande fluidité.
  • Navigation loin du bord : Lorsque je sors au large pour tirer de longs bords, le leash m'évite de perdre ma planche. Au-delà de 150/200 mètres du bord, la méthode de triangulation pour retrouver une planche perdue n'est plus adaptée, et le risque de perdre la planche de vue devient très important. Dans ces conditions, un leash peut être considéré comme une assurance pour éviter de se retrouver à nager sur de longues distances.
  • Absence d'interdiction légale : Il n'y a pas d'interdiction légale formelle du leash de planche en kitesurf, ce qui laisse à chaque rider la responsabilité de son choix.

Si un leash est utilisé, il est recommandé d'installer un système de largage au niveau du harnais. Ce système doit être conçu pour fonctionner même sous tension, car le largage de la barre seule ne suffira pas toujours à désamorcer une situation dangereuse. La sangle rigide de 2,50 m avec une force de rappel similaire à une laisse de chien est le type de leash avec lequel Kite Inside enseigne, suggérant une conception spécifique pour minimiser les risques tout en offrant un certain maintien.

Les Alternatives au Leash de Planche en Kitesurf et Bonnes Pratiques

Étant donné les débats et les risques associés au leash de planche en kitesurf, il est essentiel de maîtriser des techniques de récupération de planche alternatives et d'adopter de bonnes pratiques qui peuvent s'avérer plus sûres et plus efficaces dans la majorité des situations.

La Maîtrise de la Nage Tractée : Une Compétence Fondamentale

La principale alternative à l'utilisation d'un leash de planche consiste à maîtriser parfaitement la nage tractée (ou "body drag"). Cette compétence est non seulement fondamentale pour tout kitesurfeur, mais elle est aussi une assurance essentielle en cas de perte de planche. L'utilisation du leash, si elle est choisie, n'exonère en aucun cas d'apprendre à remonter au vent en nage tractée. C'est une compétence de survie et de navigation qui permet au rider de récupérer sa planche de manière autonome et sécurisée. Si je tombe par vent Side ou Side-On à moins de 100 mètres du bord, la meilleure stratégie est de rentrer au bord en nage tractée, puis de remonter au vent par la plage et de repartir au large en nage tractée. Cela évite les risques liés à la planche et permet de conserver son énergie.

Astuces pour Localiser et Récupérer sa Planche

Pour ne pas perdre sa planche en mer, plusieurs astuces visuelles peuvent être mises en œuvre. Choisir une board avec des couleurs vives, comme des ailerons jaunes/oranges ou rouges, augmente considérablement sa visibilité. Des footstraps de couleurs vives seraient également utiles, mais ils sont moins courants car ils perdent rapidement leur couleur sous l'effet du soleil. Il est aussi possible de rajouter un repère visuel supplémentaire, tel qu'un petit drapeau ou un brassard d'enfant sur la poignée de la planche.

En l'absence de clapot, une planche perdue descend lentement le vent pour rejoindre le rider. Cependant, si elle s'est retournée sur les footstraps, la situation est pire encore, car elle reste quasi immobile et devient extrêmement difficile à repérer. La distance à remonter au vent pour la récupérer risque alors de dépasser rapidement 50 ou même 100 mètres. Le vent léger, bien qu'il diminue le risque de percussion en cas de retour de planche, ne le supprime pas totalement, rappelant que la vigilance reste de mise.

Dispositifs d'Aide à la Récupération

En complément de la nage tractée, certains pratiquants peuvent utiliser des flotteurs spécifiques, comme l'Ocean Rodeo Go-joe, qui se fixent à la planche pour augmenter sa flottabilité et sa visibilité, facilitant ainsi sa récupération sans nécessiter de connexion directe au rider.

#

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *