Genèse et racines d’une tradition nationale
L’idée de la Foire aux vins en France est née au début des années 1970. Ah, la Foire aux vins… C’est le rendez-vous tant attendu par les amateurs de vins pour dénicher de bonnes affaires et remplir sa cave sans vider son portefeuille. Croyez-le ou non, la Foire aux vins trouve ses racines en Bretagne. Une terre réputée pour sa convivialité, son cidre et ses crêpes plutôt que pour ses crus. Au début des années 70, la diversité n’était pas celle que l’on connaît aujourd’hui. Les enseignes commerciales ne représentaient qu’une dizaine de références, car le vin est encore perçu comme un produit de luxe.
Le quarantième anniversaire des foires aux vins, nées dans le giron de l’enseigne E. Leclerc, rappelle cette origine singulière. L’idée des foires aux vins est née au début des années 1970, en Scarmor, la centrale d’achat bretonne, dans la région-berceau du Mouvement E. Leclerc. Ce serait François-Paul Bordais (décédé en 1988), adhérent de Brest, président de la Scarmor qui en aurait eu l’idée. Il aurait confié à Antoine Polard, adhérent de Saint Pol-de-Léon, le soin de proposer une offre composée de quelques bouteilles de bonne qualité. Déclinaison des principes fondateurs de l’enseigne, l’objectif était de démocratiser la consommation au mieux de grands crus, au moins de vins de qualité.
Antoine Polard se tourne donc vers plusieurs grandes maisons de négoce, qui refusent de traiter avec lui, craignant que la présence de grands crus en hypermarchés ne nuise à leur image de produits de luxe. Du 4 au 6 novembre 1973, l’enseigne E. Leclerc lance une idée novatrice pour rendre les bonnes bouteilles accessibles à tous : la première Foire aux vins vit le jour ! Peu après cette date, un magasin de la marque décide d’organiser sur son parking un évènement similaire : la Foire à la Choucroute. Le succès est fulgurant, à tel point que d’autres magasins de la chaîne adoptent le concept pour l’adapter au vin.
L’évolution historique : des foires aux bestiaux aux salons spécialisés
Dans l’antiquité, le mot latin « feria » désignait de grands marchés en milieu rural, comme les foires à bestiaux. Au fil des siècles, ces dernières migrent en ville et deviennent foires à tout… vins compris. Mais il faudra attendre 1927 pour voir naître la première foire 100 % vins, à Colmar. Les hypermarchés n'existent pas encore : ils arriveront en 1963, avec l'ouverture du premier Carrefour à Sainte-Genviève-des-Bois, en banlieue parisienne. Un succès : les vins vendus à la tireuse chez les cavistes laissent progressivement la place à des vins de marques présentés avantageusement sur les nouveaux linéaires.
Aujourd’hui, la Foire aux vins a conquis le cœur de trois quarts des Français, s’étendant à travers toute la France. Elle a envahi les rayons des grandes surfaces, des boutiques spécialisées, et même jusqu’à l’ère numérique. Il n’y a pas qu’une seule foire aux vins, mais plusieurs au cours de l’année. Le chiffre d’affaires global des foires aux vins dans les enseignes de la grande distribution continue de grimper plus de quarante ans après la création de cet événement. L'événement pèse désormais 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.
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Dynamique économique et mutations du marché
Faire le plein pour les consommateurs de vins, vider les fûts avant les vendanges du côté des professionnels. En plus de libérer de l’espace dans les caves des vignerons avant la nouvelle récolte et d’améliorer leur trésorerie, la Foire aux vins met également en avant des vins rares, introuvables en grande surface à l’époque, tels que les Grands Crus. Malgré le recul de la consommation du vin en France, cet événement reste un incontournable de la rentrée. La Foire aux vins est un rendez-vous incontournable pour les producteurs et les admirateurs du vin français. Elle est apparue pour la première fois en 1973 sous l'impulsion d'un Breton, François-Paul Bordais. Désormais, l'objectif est de vendre la bagatelle de 10 millions de bouteilles en quinze jours.
Cependant, la filière du vin souffre, car les Français sont de moins en moins amateurs de vin. Et cela se ressent dans les régions viticoles. La Savoie, c'est moins 26,3% de vente. Le champagne, c'est une catastrophe, c'est moins de 19% en volume pour cette année. Les deux seules régions à s'en sortir cette année sont la Provence et la Corse. Pour l'édition 2025 de la Foire aux vins, les producteurs espèrent donc qu'une majorité de Français s'y rendront. Cette foire représente 18% du chiffre d'affaires annuel de la filière du vin et le panier moyen est de 100 euros.
Le « chamboule-tout » des années 2000
Longtemps, ce sont les bordeaux qui ont dominé l’offre. Jusque vers les années 2000, lorsque leurs prix se sont envolés… et que de nombreux clients n’ont plus été en mesure de les acheter. Depuis, la demande en vins de Bordeaux décroît, et les grands crus à conserver ne sont plus majoritaires. La Bourgogne, la vallée du Rhône, le Languedoc-Roussillon se sont invités dans les rayons. L’offre s’est élargie avec l’arrivée des cavistes et des sites de vente sur Internet, qui ont voulu profiter de cette manne. À chacun son avantage : le conseil chez les cavistes, les prix serrés sur Internet. L’enjeu est de taille : les foires aux vins représentent désormais près de 20% des ventes de l’année.
Cette année, Comptoir des millésimes ouvre les portes de sa cave à tous les amateurs. Cette Foire aux vins est le parfait reflet de nos partis pris. Une première partie orientée « Tour de France des appellations » avec de nombreuses pépites du Rhône et de la Bourgogne. Des vins provenant directement de la cave de nos 200 vignerons partenaires. Afin de mettre à l’honneur le savoir-faire de nos vignerons d’exception, le Tour de France se fera en 40 étapes. Comptoir des Millésimes ouvrira également la porte de sa cave confidentielle de Grands Vins de Bordeaux.
L’expérience locale : l’exemple du terroir isérois
Le 15 et 16 novembre, Saint-Ismier devient le point de ralliement des amoureux du vin et du local. Oubliez l’effervescence des foires où l’on vient faire des bonnes affaires. Ici, on parle plutôt de rencontres. De vignerons qui redonnent vie à des cépages anciens et à un patrimoine viticole longtemps resté dans l’ombre, comme le raconte Stéphanie Loup, vice-présidente du Syndicat des Vignerons de l’Isère. Dans une ambiance chaleureuse, 28 vigneronnes et vignerons partagent leur passion : replanter, transmettre, faire reconnaître l’Isère comme une vraie terre viticole.
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Nous ne sommes pas des amateurs, mais des vignerons éclairés, confie Stéphanie. Au-delà des dégustations, le salon se vit comme une aventure sensorielle. On voulait que les familles puissent venir ensemble, que les enfants découvrent le goût et qu’ils deviennent peut-être les gastronomes de demain. Parce qu’ici, on goûte des vins nés tout près, façonnés avec soin : 80 % des domaines de l’IGP Isère sont engagés en bio, biodynamie ou HVE (Haute Valeur Environnementale). Parce qu’on y apprend, on y échange, on y rit. Parce qu’on repart le sac un peu plus rempli - de belles bouteilles, certes, mais aussi de rencontres et d’histoires à raconter. Et surtout, parce qu’à chaque verre, c’est un terroir qui se révèle, un savoir-faire qui se partage, une aventure locale qui continue.
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