Pratiques nautiques et enjeux environnementaux en Corse : un équilibre entre passion et préservation

La dynamique des activités nautiques tout au long de l’année

L’été est terminé ? Qu'importe ! En club, en solo, en couple ou en famille, les activités liées à la mer se pratiquent en Corse tout au long de l’année. Grâce à une météo clémente, des températures douces et des spots abrités des courants agités de l’hiver, la Corse reste en toutes saisons, une destination où pratiquer des activités nautiques.

L’aviron, en club le plus souvent, se pratique en solo, à deux à quatre ou jusqu’à huit personnes ! En promenade ou en mode course à vous de choisir. La pratique du paddle se diversifie toujours plus. Le kayak de mer, aujourd’hui transparent chez certains loueurs, offre une vision insolite des fonds marins. Passe partout et maniable, vous pourrez découvrir des endroits inaccessibles en bateau. Le surf, présent depuis le milieu des années 80, est un sport populaire pratiqué par des générations entières, et la Corse compte des spots renommés le long de ses côtes. Le wind surf profite du vent d’hiver qui sera votre allié. Quelle que soit l’activité que vous choisirez, informez-vous sur la météo !

La surveillance de la qualité de l’air en milieu portuaire

Les activités portuaires peuvent, de manière localisée et à certains moments de la journée, dégrader la qualité de l’air autour des ports de Corse. Afin d’évaluer précisément cet impact, Qualitair Corse déploie depuis plusieurs années des dispositifs de surveillance dédiés à proximité des zones portuaires. Cette surveillance repose sur des outils complémentaires : le réseau de stations fixes existant, renforcé par deux stations spécifiquement implantées dans les ports de Bastia et d’Ajaccio, des campagnes de mesures temporaires, des travaux de modélisation ainsi que des initiatives de surveillance participative citoyenne à l’aide de microcapteurs.

Par ailleurs, Qualitair Corse intervient en tant qu’expert à différentes échelles. Au niveau local, l’observatoire participe à des colloques, des débats publics et des interventions médiatiques. Au regard des études menées ces dernières années, les normes de qualité de l’air relatives aux polluants réglementés sont globalement respectées dans les zones portuaires. Néanmoins, l’impact des navires demeure perceptible, notamment à travers les panaches de fumée observables lors des escales. Dans ce contexte, l’observatoire approfondit ses travaux en s’intéressant à la composition chimique des particules ainsi qu’à la mesure de polluants encore non réglementés.

Expertise, coopération internationale et réglementation maritime

Qualitair Corse apporte également son expertise à différents niveaux. L’ensemble des travaux est régulièrement présenté au grand public en collaboration avec les médias ou lors de colloques. De plus, l’observatoire se place en tant qu’intermédiaire pour la mise en relation des différents acteurs du secteur maritime, notamment dans le cadre des Journées Méditerranéennes de l’Air - Les Ports (JMAP) organisées en collaboration avec Atmo Sud.

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En novembre 2017, Qualitair Corse et AtmoSud ont organisé à Marseille la première Journée Méditerranéenne de l’Air - les Ports. Qualitair Corse et Atmo Sud ont organisé cette nouvelle journée d’échange le 11 octobre 2019 à Ajaccio. Le 28 avril 2022, Qualitair Corse et Atmo Sud ont organisé la 3ème édition de la JMAP au palais du commerce et de la mer de Toulon. Cette édition a permis de réunir une nouvelle fois de nombreux acteurs pour échanger autour du sujet majeur de la qualité de l’air et de l’impact de l’activité maritime sur celle-ci (services de l’État, députés, acteurs portuaires, élus des villes et métropoles, armateurs, acteurs économiques, professeurs, chercheurs mais aussi associations de citoyens, etc.). La journée a été l’occasion de faire le point sur les avancées des actions mises en place.

Le secteur maritime utilise principalement des carburants de mauvaise qualité à haute teneur en soufre, sous-produits de l’industrie pétrolière, vecteurs d’une pollution aux particules et oxydes d’azote. La législation encadrant les émissions des navires est plus difficile à mettre en place compte tenu du cadre international du trafic maritime. Ce n’est qu’à partir de 1997 que dans le cadre de l’annexe VI de la convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires MARPOL, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a progressivement limité au niveau mondial la teneur en masse d’oxyde de soufre (SOx) et d’oxyde d’azote (NOx) autorisé dans les émissions des carburants maritimes et interdit les émissions délibérées de substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Ces normes encadrent les émissions en sortie de cheminée et non les teneurs en soufre du carburant lui-même. Dès lors, il est important de noter que des systèmes de traitement des fumées (scrubber/filtre à particules) permettent l’utilisation de combustibles plus soufrés en ramenant la teneur en polluants aux niveaux imposés. Un chapitre adopté en 2011 traite des mesures techniques et opérationnelles obligatoires relatives au rendement énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des navires (responsables de 3% des émissions de gaz à effet de serre).

Gestion des pollutions accidentelles par hydrocarbures

Les conséquences de la pollution aux hydrocarbures se font toujours sentir en Corse-du-Sud. Le 11 juin 2021, une possible pollution en mer est repérée au cours d’un exercice mené par la Base Aérienne de Solenzara. La préfecture maritime de la Méditerranée envoie alors immédiatement un avion Falcon50 de la Marine nationale. Depuis le repérage de cette pollution vendredi, des moyens aériens, maritimes et terrestres ont été engagés pour tenter de nettoyer les résidus d’hydrocarbures. Lundi, des hélicoptères ont poursuivi la traque des nappes huileuses en mer. Des micro-boulettes, très éparses et de plus en plus fines ont été observées par moyens aériens. Plusieurs tonnes d’hydrocarbures ont déjà été récupérées dans le week-end.

La plage de Targo, située sur la commune de Conca, a dû être évacuée, des galettes noires étant visibles sur le sable. Lundi après-midi, des boulettes d’hydrocarbures ont été retrouvées sur la plage de Favone (Corse-du-Sud), nécessitant sa fermeture par arrêté préfectoral. En Corse du sud, la mairie de Bonifacio a annoncé la fermeture de sa plage de Rondinara et l’interdiction de tout mouillage à moins de 300 m de ce même site. La ministre de la Transition écologique a dénoncé « la délinquance caractérisée » des « bandits environnementaux qui dégazent » en mer « pour éviter de le faire à quai et faire des économies ». Les rejets d’hydrocarbures sont réglementés par la convention MARPOL et le code de l’environnement.

Responsabilité individuelle et sécurité nautique

Le littoral est un espace réglementé, même en vacances, respecter ses règles est une question de sécurité. En bateau, partez toujours avec le plein de carburant et un gilet de sauvetage pour chacun. La mer est un espace naturel que nous partageons : protégez-le en respectant l’environnement. Sur les zones de navigation de votre lieu de vacances : courants, marées, chenaux, rochers, berges dangereuses, réserves naturelles, zones de cultures marines… Le matériel de sécurité doit être à bord (aide à la flottabilité, moyens de repérage, etc.). Vérifiez son état avant de partir.

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Consultez les documents nautiques avant de naviguer, assurez-vous qu’ils soient à jour. En cas de difficulté : ne quittez jamais votre embarcation et ne tentez pas de rejoindre le rivage à la nage. Voiliers et navires à moteur, partez toujours avec le plein de carburant. Assurez-vous que votre équipage est en mesure de faire un appel simple par la radio VHF. Depuis le 1er janvier 2017, une radio fixe est obligatoire pour une navigation semi-hauturière (à partir de 6 milles d’un abri). Avant l’appareillage, définissez les règles quant au port de l’équipement individuel de flottabilité (EIF). Propriétaires, si vous n’êtes pas le chef de bord, vérifiez régulièrement l’état de votre navire et de ses équipements. Si vous louez votre navire à un particulier, vous devez renseigner le registre de vérification spéciale et s’assurer des dates de péremption de l’ensemble du matériel à bord. Locataire de navires de plaisance, demandez à votre loueur le registre obligatoire de contrôle technique du navire. Loueurs, clubs, entreprises, vous êtes astreints à renseigner et viser annuellement le registre de vérification spéciale. Ce registre doit être rempli et visé annuellement par le propriétaire ou la personne responsable, au sein de la structure ou l’entreprise, de l’entretien du navire. Ce document permet à l’utilisateur du navire de vérifier que l’entretien du navire et le suivi de son matériel de sécurité sont réalisés régulièrement. La vérification engage la responsabilité de l’exploitant du navire (personne physique ou morale). Les matériels présents à bord doivent être régulièrement vérifiés, qu’ils soient obligatoires ou pas. Le chef de bord doit avoir pris connaissance de ce document avant de prendre la mer.

Assurez une veille météo. Tenez-vous constamment informé des évolutions météo. Le canal 16 de la VHF doit être suivi, car il annonce l’émission imminente par le CROSS d’un bulletin météo sur les canaux 79 et 80. Un abri est un refuge qui permet soit de mouiller, soit d’accoster, qu’il s’agisse dans ce dernier cas d’une mise à quai ou de tirer l’embarcation à sec sur une plage. Avant les vacances, passez une visite médicale : la plongée s’exerce dans des conditions physiologiques très particulières du fait de la pression sous-marine. Un bon état de santé est indispensable. La plupart des accidents de plongée ont pour cause un problème de santé. Apprenez à plonger dans un club avec des moniteurs diplômés. La plongée est l’une des principales causes d’accident mortel en mer. « L’unité, c’est la paire » : ne plongez jamais seul et surveillez-vous mutuellement. Prenez garde en particulier aux baïnes en Atlantique ou aux bâches en Manche : ces eaux d’apparence calme cachent de forts courants qui entraînent vers le large. Contrôlez votre forme : vous devez pouvoir garder la tête sous l’eau pendant 10 secondes au moins 3 fois de suite et pouvoir nager 10 minutes en récupérant rapidement. Évitez de nager au-delà de 300 mètres du rivage.

Sur les plages de sable, prenez garde aux baïnes (ou bâches). Ce sont des cuvettes d’eau séparées de l’océan par un banc de sable. Étudiez le plan d’eau et assurez-vous auprès des autres surfeurs et des clubs que votre niveau correspond à la difficulté technique du site. Renseignez-vous sur les zones autorisées, souvent signalées par des fanions. Votre zone de pratique se situe au-delà de 300 mètres du rivage. Empruntez les chenaux balisés pour y accéder jusqu’à 2 milles d’un abri si votre embarcation est homologuée à cet effet. Le port d’un équipement en néoprène de 2 mm d’épaisseur est obligatoire (short ou combinaison intégrale) pour tous les pratiquants d’un scooter des mers. Attention aux chutes des passagers par l’arrière ! Pour les VNM équipés d’un coupe-circuit, celui-ci doit être obligatoirement porté. Un code de bonne conduite aux VNM a été réalisé par la Fédération des industries nautiques et trois constructeurs de VNM. Il est soutenu par le Secrétariat d’Etat chargé de la mer.

Le 196 est le numéro national d’urgence dédié au sauvetage en mer. Appel gratuit depuis un téléphone fixe ou portable. Ce numéro permet d’alerter le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (CROSS) le plus proche de l’appel. Il concerne uniquement les urgences en mer et non celles à terre. La radio VHF marine fixe ou portable reste le moyen incontournable pour assurer sa sécurité à bord, de prendre connaissance d’une demande d’assistance d’un autre navigateur, qui peut être très proche et de communiquer avec les autres bateaux, de recevoir les bulletins météo à intervalle régulier et en particulier, les bulletins météo spéciaux élaborés par Météo France en cas d’aggravation de la situation. Les radios VHF portables sont quant à elles totalement libres d’utilisation.

Protection de l’écosystème marin

En mer et en eau douce comme sur terre, la pollution peut nuire à la vie ou à la reproduction de nombreuses espèces, certaines pouvant être sensibles à de très faibles concentrations. Préférez des sacs lourds ou des paniers pour transporter vos affaires car un sac trop léger risquerait de s’envoler. Ramassez les sacs plastiques qui flottent dans l’eau car des espèces protégées avalent les sacs en plastique, qu’elles prennent pour des méduses, et s’étouffent. Utilisez un cendrier de poche pour ne pas laisser de mégots par-dessus bord. Remplissez prudemment le réservoir de carburant de votre embarcation, de préférence à quai, et en utilisant un entonnoir suffisamment grand pour ne pas répandre de carburant dans l’eau. Choisissez des produits d’entretien bio-dégradables et bannissez ceux qui contiennent du chlore ou de la javel.

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Préférez, lorsque la taille de l’embarcation le permet, le nettoyage mécanique des coques de bateaux (décapage manuel, sablage…) plutôt que l’application de peintures anti-salissures. Ces peintures contiennent des substances biocides, pouvant avoir un impact sur l’environnement. Si la taille de l’embarcation rend nécessaire l’utilisation de ces peintures, veillez à respecter les doses d’application et à limiter les rejets dans le milieu. Choisissez une peinture anti-salissures avec le moins de cuivre et de pesticide et appliquez-la avec attention. Pour les coches de plaisance, n’appliquez la peinture anti-salissures que jusqu’à la ligne de flottaison pour ne recouvrir que la surface utile. Utilisez de préférence un moteur GPL, électrique ou quatre-temps plutôt qu’un moteur deux-temps pour votre pneumatique à moteur.

Surveillance sanitaire des eaux de baignade

La qualité des eaux de baignade fait l’objet d’une surveillance sanitaire exercée sous la responsabilité du ministère en charge de la santé. Depuis le 1er avril 2010, date de la création de l’ARS de Corse, cet établissement public est chargé de définir et de mettre en œuvre la politique régionale de santé ; il réalise pour le représentant de l’état dans la région Corse, le contrôle sanitaire des eaux de baignade. Au-delà de l’organisation de la surveillance analytique durant la saison estivale, de la gestion des non conformités et des situations de pollution, l’ARS de Corse assure également l’information des collectivités, des partenaires associatifs ainsi que des usagers. La réalisation de plaquettes d’information participe à ce volet de sa mission en présentant le classement des baignades par département en application de la réglementation en vigueur (Directive européenne 2006/7/CE).

88 % des baignades en Corse sont conformes aux exigences européennes de qualité (classement basé sur les résultats des quatre dernières années de surveillance). 229 zones de baignades, référencées au niveau européen, font l’objet d’un contrôle, dont 56 en eau douce (rivières, lacs) et 173 en mer. Plus de 1800 prélèvements ont été réalisés en 2025 (en moyenne 8 par point de contrôle) de la mi-juin à la mi-septembre. Les classements pour l’année 2026 traduisent des baignades globalement de bonne qualité en Corse puisque 88 % des sites respectent les exigences européennes de qualité. On observe que les baignades en eau douce sont plus vulnérables que les baignades en mer puisque seulement 45 % d’entre elles sont d’excellente ou de bonne qualité, contre près de 99 % pour les baignades en mer. Cette vulnérabilité s’amplifie à mesure que l’on descend la rivière, mais aussi dans la saison, à mesure que le niveau de l’eau douce baisse et que la température augmente.

Pour la saison 2026, en Corse du Sud, la baignade est interdite ou à éviter de façon permanente, compte tenu de la qualité dégradée de l’eau ou des risques liés à la sécurité, sur un tronçon du Taravo entre le « Pont de Piconca » sur la commune de Corrano et le « Pont de Pinu » sur celle de Ciamanacce, au niveau du « Ponte-Vecchio » à Bastelica, du « Pont de Cuttoli » à Cuttoli-Corticchiato, du « Pont du Liamone » au niveau des communes de Coggia et Casaglione, du « Pont de Peri » à Peri, du site « Alzu-di-Gallina » à Porto-Vecchio, du « Petit Niagara » à Arbellara, de « Pont de Vanna » à Eccica-Suarella, de « l’amont de la retenue », de « Mulinacciu » et de « Mura di l’Onda » à Lecci, du « Pont génois Spina Cavallu » à Sartene, du « Pont de Carbuccia » à Tavaco, du « Pont d’Ucciani » à Ucciani, du « Pont de Belfior » à Vico et du site de « Pisciarone » à Zonza. Sur la Haute Corse, ces mêmes mesures de gestion portent sur la « Base Nautique » à Aléria, du « Pont d’Altiani » à Altiani, du « Pont Acitaja » à Penta di Casinca, du site « Ernella-Base Kayak » à Giuncaggio, du « Pont du Chemin de Fer » à Morosaglia, du « Pont Elleracce » à Murato, du « Pont Génois » à Olmeta di Tuda, du « pont Baliri » à Corte, du site des « Marines de Sorbo » sur la commune de Sorbo Ocagnano et du site « Minelli » à Ville di Pietrabugno.

La date du début de la saison de baignade a été fixée au 15 juin 2026 et des prélèvements d’avant saison ont été réalisés sur tous les sites entre le 26 mai et le 6 juin 2026. Cette pré-campagne a permis les constats suivants : au niveau des eaux douces, tous les sites sont conformes à la baignade (85 % des prélèvements sont de bonne qualité et 15 % de qualité moyenne) ; au niveau des sites de baignades en mer, tous les sites sont conformes à la baignade (92 % des prélèvements sont de bonne qualité et 8 % de qualité moyenne). Cette campagne d’avant saison a permis de confirmer la très bonne qualité des sites de baignades constatée à l’issue des classements obtenus en fin de saison dernière. Il convient toutefois de noter que dans le cadre de son autosurveillance, la commune de Bastia a constaté une non-conformité de la qualité des sites de baignades de l’Arinella et de Ficaghjola le 8 juin ayant nécessité une interdiction de baignade qui a été levée après constat d’un retour à la normale le 10 juin.

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