Le surf est bien plus qu’un sport ; c’est une connexion profonde avec la nature, en particulier avec l’océan. L’océan abrite une incroyable biodiversité, mais c’est aussi l’un des écosystèmes les plus menacés par l’activité humaine. De la qualité de l’eau à la pollution plastique, en passant par le rôle du surfeur dans la préservation de son environnement, nous essayons de répondre aux problématiques liées à la pollution de l’océan. On ne vous apprend rien, les océans sont pollués, l’air est quasiment intoxiqué, le tout par l’activité humaine. Et aller surfer à pied ou à vélo ne changera pas vraiment la donne (bon, faites le quand même, c’est mieux que de prendre la voiture pour faire 200m). Si en surf on se sent si concerné par le sort de l’environnement, il reste certain que notre pratique n’est pas 100% naturelle.
La réalité de la pollution marine par les plastiques
Chaque année, 8 millions de tonnes de plastiques finissent dans nos océans. Les microplastiques contaminent l’air que nous respirons, les aliments que nous mangeons et l’eau que nous buvons. Ce chiffre est issu d’une analyse d’études existantes sur l’ingestion de plastiques présents dans l’air, l’eau et la nourriture. Ces études mettent en évidence une liste d’aliments et de boissons courants contenant des microplastiques, comme l’eau, la bière, les fruits de mer et le sel. Les effets à long terme de l’ingestion de grandes quantités de plastique sur notre santé ne sont pas clairs, mais des études sont en cours. Ce problème n’est qu’un aspect d’une crise bien plus vaste, ayant des conséquences environnementales et économiques importantes.
Les déchets plastiques sont partout dans les océans : îles, grands fonds, littoraux, mangroves, gyres océaniques. Ces déchets, qu’ils soient flottants, échoués ou immergés, sont solides et persistants. Les déchets proviennent majoritairement des activités humaines de l’intérieur des terres et sont transportés par les vents, les pluies, ainsi que les cours d’eau jusqu’à l’océan. Ce sont entre 1,15 et 2,41 millions de tonnes de plastique qui se déversent dans l’océan par les rivières chaque année. Les courants marins, que l’on nomme gyres océaniques, créent des zones d’accumulation. Le septième continent, aussi appelé Great Pacific Garbage Patch, est une zone de convergence des déchets flottants située dans le Pacifique Nord, entre la Californie et le Japon. Prenant la forme d’une « soupe de plastique », ces gyres sont composés pour l’essentiel de petites particules de plastique inférieures à 5 mm.
Perturbations des écosystèmes et de la chaîne alimentaire
Comme tous les écosystèmes, les écosystèmes marins et océaniques sont des systèmes très organisés, à la fois spatialement, temporellement et fonctionnellement. Les réseaux trophiques peuvent être plus ou moins compartimentés, par exemple, en milieu marin, on trouve le compartiment benthique et le compartiment pélagique. Les algues chlorophylliennes, producteurs de matières organiques, sont toujours à l’origine des chaînes alimentaires. Ce sont elles qui font entrer l’énergie dans l’écosystème.
Les conséquences de la pollution par les plastiques sont nombreuses. Au-delà de la pollution visuelle qu’ils engendrent, les plastiques impactent directement ou indirectement tous les échelons de la chaîne alimentaire. Aucun organisme marin n’échappe à l’emprise des mégaplastiques ou des nanoplastiques. Aujourd’hui, ce sont 693 espèces marines qui sont directement menacées par la pollution plastique. De nombreuses espèces de la faune marine s’enchevêtrent dans les déchets, provoquant de multiples blessures et entravant leur mobilité. Ce phénomène est appelé la « pêche fantôme ». Le matériel de pêche abandonné ou perdu représente 640 000 tonnes de déchets. Les déchets plastiques constituent, en effet, des « leurres » pour la faune marine qui les confond avec ses proies habituelles. On estime que 90 % des oiseaux de mer ont des fragments de plastique dans l’estomac.
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La dégradation chimique des plastiques libère de nombreuses molécules dont certaines sont très toxiques pour les organismes vivants. Les microparticules de plastique fixent et accumulent divers polluants. Les actions délétères des plastiques engendrent une dégradation et une régression des milieux et des espèces. De plus, les déchets peuvent transporter des espèces invasives. Ce transport d’espèces invasives sur de longues distances altère l’équilibre des écosystèmes et constitue un vrai danger pour la vie marine. Ce sont généralement des mollusques ou des algues mais aussi des microbes qui se fixent sur ces déchets pour se retrouver ensuite à des milliers de kilomètres de leur lieu d’origine.
L'empreinte écologique du matériel de surf
L’industrie textile est l’industrie la plus polluante sur terre. En effet, les combinaisons en néoprène sont composées du produit synthétique issu directement de dérivés pétrochimiques non recyclables. Tout d’abord, l’extraction du pétrole et du calcaire, les deux matériaux nécessaires au néoprène, émettent d’importants gaz à effet de serre. Une fois usées, si elles sont jetées, les combinaisons sont soit enfouies soit incinérées étant donné qu’aucun point de récolte n’est mis en place.
La planche a un impact environnemental relativement important. L’impact carbone d’une planche 6’0 de 2kg est de 270kg. C’est bien le processus de fabrication et les produits utilisés qui posent problème. Les produits utilisés pour fabriquer une planche sont majoritairement issus de la pétrochimie. La base d’une planche en pain de mousse pollue énormément. Rien que le pain de mousse représente à peu près 26% de l’impact environnemental de la planche une fois terminée. De plus, la partie coupée du pain de mousse est souvent jetée et n’est pas réutilisée. La résine en polyester pollue plus qu’une résine époxy. La première est essentiellement composée de styrènes avec des composés chimiques cancérigènes. La seconde, possède peu de composants cancérigènes mais peut causer des réactions allergiques sur le long terme.
Crème solaire, wax, même leash ou dérives peuvent être nuisibles à l’environnement océanique. La crème solaire est un des plus gros polluants des accessoires cités. Chaque année, ce sont entre 4 000 et 6 000 tonnes de crèmes solaires qui sont déversées dans les océans. Si on ne connaît pas encore toutes les conséquences que ce déversement peut causer, on sait déjà que la quantité de crème solaire pollue l’environnement marin, notamment à proximité des coraux. La wax quant à elle, émet de fines particules dans les océans qui se joignent à des milliers d’autres, impactant la biodiversité marine.
Vers une pratique éco-responsable et innovante
Pour la planche, de nombreuses innovations ont vu le jour ces dernières années. On est passé de la planche en bois à la planche en liège, sans omettre la planche en laine, en mégots, en algue ou même en champignons. De nombreux shapers essayent ainsi de diversifier les matériaux de base pour tendre vers une fabrication plus éco-responsable. Côté combinaisons, vous reconnaîtrez les combinaisons respectueuses de l’environnement si ces dernières sont composées de caoutchouc naturel pour réduire le taux de néoprène, aussi appelé Yulex. De même, d’autres combinaisons ne comprennent pas de Yulex mais du limestone, à base de rochers calcaire et donc sans néoprène. Cependant, l’entretien de la combinaison joue aussi un grand rôle dans sa durabilité. Une combinaison bien entretenue c’est une combinaison qui dure et qui n’a pas besoin d’être jetée pour en acheter une nouvelle.
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Concernant votre leash, de nombreux leash sont dits éco-conçus. Certains sont produits à base de Yulex, d’autres, à base de plastiques recyclés. Niveau wax, Greenfix est basée dans le Pays Basque et est fabriquée uniquement à base de composants naturels. Il en est de même pour les crèmes solaires. Deux principales marques françaises sont reconnues pour leur respect de l’océan, à savoir EQ et les Laboratoires de Biarritz. La première marque propose des protections solaires minérales non éco-toxiques pour le corail et le milieu marin. Enfin, pour ce qui est des dérives, certaines entreprises se sont mises à la production de dérives à base de bouchons de plastique recyclés.
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