Les anciens navires de guerre à voile évoquent une époque d'exploration, de commerce maritime et de conflits navals. Ces navires, avec leurs gréements complexes et leurs coques robustes, ont dominé les mers pendant des siècles, jouant un rôle crucial dans l'histoire mondiale. Cet article explore certains de ces navires emblématiques, leurs caractéristiques et leur héritage.
Navires emblématiques et leurs histoires
La Santa Maria
La Santa Maria est l'une des trois caravelles ayant permis à Christophe Colomb de rejoindre l’Amérique centrale en 1492, avec la Nina et la Pinta. Malheureusement, la Santa Maria fit naufrage au large de Saint Domingue, dans la nuit de Noël 1492, marquant la fin prématurée de son voyage historique.
Le Queen Anne's Revenge
Le Queen Anne's Revenge était l'un des plus redoutables navires pirates jamais construits. Initialement une frégate française, il fut capturé par le pirate Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe Noire. Équipé de 40 canons et d'un équipage de 350 hommes, ce navire semait la terreur sur les mers.
HMS Victory
Le HMS Victory est le plus vieux navire de guerre du monde encore à flot. Ce navire de la Royal Navy a participé à des événements historiques majeurs, dont le couronnement du roi George V. Par manque d'affectation, il fut utilisé comme navire de recherche, soulignant la transition des navires de guerre vers des rôles plus pacifiques.
Le Belem
Le Belem, lancé en 1896 à Nantes, est un trois-mâts barque avec un riche passé. Initialement utilisé pour transporter du cacao entre Belem (Brésil) et Nantes pendant 17 ans, il a ensuite été transformé en yacht par le duc de Westminster en 1914. En 1922, il fut racheté par le brasseur lord Guinness et rebaptisé Fantôme II. Après avoir servi de navire-école sous le nom de Giorgio Cini, il a été racheté par une fondation française et a retrouvé son nom d'origine, Belem. Aujourd'hui, il sert de navire-école et de symbole du patrimoine maritime français. Le Belem incarne la tradition de la voile à l'ancienne, mettant en avant la cohésion de son équipage, la rigueur dans les manœuvres et un sens constant de l'élégance marine. En 1977, on apprit que le Belem, lancé à Nantes en 1896, était à vendre. Lancé en 1896 par les chantiers nantais Dubigeon pour le compte de l'armateur Crouan, il transporta pendant 17 ans du cacao entre Belem, au Brésil, et Nantes. En 1914, le duc de Westminster fut séduit par le beau navire, qu'il acheta pour en faire un yacht. En 1922 en revanche, le brasseur lord Guinness qui s'en porta acquéreur le rebaptisa Fantôme II. En 1951, Fantôme II fut cédé à un organisme italien : la Fondation Cini. L'objet de cette dernière étant de former des orphelins aux métiers de la mer, le trois-mâts barque fut réaménagé en navire-école et renommé. Pendant vingt-quatre ans, le Giorgio Cini embarqua des centaines de cadets. Mais en 1975, la fondation dut admettre qu'elle n'avait plus les moyens d'entretenir son navire et en fit don aux Carabinieri, qui le confièrent aux Chantiers navals de Venise. Ce sont eux qui lui redonnèrent son gréement d'origine, avant de le mettre en vente. Des remorqueurs de la Marine convoyèrent le Belem à Toulon puis Brest où il subit une refonte générale. Pourtant, ce n'est pas avant 1986 que le trois-mâts embarqua ses premiers stagiaires. De ces 7 ans de gestation, le Belem passa une bonne partie amarré à un quai de la Seine, en plein cœur de Paris. Le gréement du Belem est un trois-mâts barque. Son port d'attache est Nantes. Il a été lancé en 1896. Il mesure 50,96 m / 58 de longueur et 8,80 m de largeur. Son équipage est composé de 48 stagiaires, encadrés par 16 permanents. Son armateur est la Fondation Belem.
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Le Marité
Le Marité est un autre exemple d'un navire avec une histoire riche et variée. Dernier trois-mâts français à coque d’acier, il est l'un des plus anciens en Europe et le second plus grand voilier de France. Initialement un terreneuvier, utilisé pour la pêche à la morue, il a connu plusieurs propriétaires et utilisations avant d'être restauré et transformé en un bâtiment historique reconverti dans le cabotage, stages d’initiation et de découverte. Il sert même à la Marine nationale pour l’entraînement de ses mousses. L'histoire du Marité que nous connaissons aujourd'hui commence un jour de juillet 1999, lorsque, gréée en goélette à trois mâts et huniers, menée par un équipage de Suédois enthousiastes, elle fait escale à Fécamp. Personne n'envisageait de le revoir un jour puisqu'il avait été acheté par un armateur danois qui avait l'intention de l'utiliser comme caboteur sur les côtes scandinaves. Puis, en 1935, le Marité fut acheté par un armateur des îles Faerœ qui voulait en refaire un bateau de pêche. Durant la Seconde Guerre mondiale, il redevint un caboteur. Nul ne sait trop aujourd'hui ce qu'il advint du bateau jusqu'à 1977, lorsque des Suédois la découvrirent dans le port de Torshavn, la capitale des îles Feroé. Ils étaient en quête d'un navire à restaurer afin de pratiquer le charter et décidèrent de le remettre dans son état d'origine. Cela leur prit dix ans. Le nouveau voilier navigua dès lors considérablement et fit escale à Fécamp. Soixante-neuf ans donc après son départ, le trois-mâts fut reconnu, des passionnés se mobilisèrent, alertèrent les élus régionaux, et le navire fut acheté. Le Marité connut immédiatement la notoriété avec un tour des côtes de France où il servit de support aux émissions de Thalassa. Le gréement du Marité est un trois-mâts goélette. Son port d'attache est Granville. Il a été lancé en 1922. Il mesure 35 m/ 47 m de longueur et 8 m de largeur. Son armateur est l'association Marité.
Les Goélettes de la Marine Nationale : Belle Poule et Étoile
La Belle Poule et l'Étoile sont deux goélettes à hunier de la Marine nationale française. Lancées en 1932, elles ont été conçues pour développer un vrai sens marin chez les officiers. Ces goélettes, basées sur les modèles utilisés par les pêcheurs de Paimpol et de Gravelines pour la pêche à la morue, sont particulièrement maritimes et rapides. Elles ont participé à de nombreuses navigations, y compris pendant la Seconde Guerre mondiale, où elles ont rejoint les Forces navales Françaises Libres. Les goélettes ont effectué une croisière en Islande en 2000 et des traversées de l'Atlantique en 2009 et 2012. Pour distinguer l'Étoile de la Belle Poule, la mâture de la Belle-Poule est plus sombre que celle de l'Étoile et leurs radars ne sont pas montés au même endroit : sur le chouque du grand-mât pour l'Étoile, et sur un mâtereau pour la Belle-Poule ! Le gréement de l'Étoile et de la Belle Poule est une goélette à hunier. Leur port d'attache est Brest. Elles ont été lancées en 1932. Elles mesurent 32,50 m / 25,30 m de longueur et 7,20 m de largeur. Leur armateur est la Marine nationale.
Le Mutin
Moins connu que les goélettes, le Mutin est le plus ancien bâtiment encore en service de la Marine. Mis à l'eau en 1927, ce cotre à tape-cul a servi à former les pilotes de l'École des pilotes de la Flotte. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été utilisé par la Marine anglaise pour des missions secrètes de liaisons. Aujourd'hui, il est affecté à l'École de manœuvre, formant chaque année des dizaines de marins. Le gréement du Mutin est un cotre à tape-cul. Son port d'attache est Brest. Il a été lancé en 1927. Il mesure 21 m / 33 m de longueur et 6,70 m de largeur. Son armateur est la Marine nationale.
La Recouvrance
La Recouvrance est une goélette aviso du XIXe siècle, construite pour être un voilier emblématique du grand port militaire de Brest. Avec son immense voilure et son bout-dehors interminable, elle est considérée comme l'un des plus impressionnants voiliers traditionnels lancés en France ces dernières années. Elle est une réplique de l'Iris, conçue en 1817. Les aménagements intérieurs de la goélette sont originaux, avec des colonnes de faux marbres et des boiseries gris perle.
L'Hermione
L'Hermione est une reproduction d'une frégate du XVIIIe siècle. En avril 2015, elle a traversé l'Atlantique, cap sur Boston, refaisant le voyage accompli par l'Hermione en 1780, avec à son bord le général La Fayette. Ce voyage symbolique rappelle l'aide apportée par la France aux États-Unis pendant la guerre d'indépendance américaine. Le gréement de l'Hermione est un trois-mâts carré. Son port d'attache est Rochefort. Elle a été lancée en 2014. Elle mesure 66 m de longueur et 11,24 m de largeur. Son armateur est l'association Hermione - La Fayette.
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Le Renard
Le Renard est une réplique du dernier bateau du corsaire Robert Surcouf. Construit à Saint-Malo, ce cotre à hunier rappelle l'époque de la course maritime. Le Renard est conçu pour être rapide et maniable, capable de couper la route des gros navires sous voiles carrées et d'échapper à une mauvaise rencontre. Il a été lancé en 1991 sur un plan de 1793. Il mesure 19 m à la coque, 29 hors-tout de longueur, 5,78 m de largeur et 2,78 m de tirant d'eau. Sa surface de voiles maximum est de 249 m2.
La Cancalaise et la Granvillaise
La Cancalaise et la Granvillaise sont des bisquines, des voiliers traditionnels utilisés pour le dragage des huîtres en baie du Mont-Saint-Michel. Ces voiliers, avec leurs trois mâts et leurs neuf voiles, sont parmi les plus impressionnants « vieux gréements » des côtes françaises. Les coques de 18 mètres sont gréées de trois mâts, supportant jusqu'à neuf voiles au total, dont la superficie totale atteint 350 mètres carrés.
Amerigo Vespucci
Basé à Gênes en Italie, l'Amerigo Vespucci est souvent considéré comme l'un des plus beaux voiliers du monde. Il est le plus ancien et le plus grand navire-école de la marine italienne, avec ses 26 voiles. La devise du navire, officialisée en 1978, est : "Pas celui qui commence mais celui qui persévère".
ARA Libertad
L'ARA Libertad est un navire-école argentin, l'un des plus grands voiliers du monde, avec une capacité de 351 personnes. La frégate détient le record mondial de vitesse transatlantique entre le Canada et l’Irlande en 6 jours 4 heures.
Le Club Med 2
Le Club Med 2 est une goëlette à cinq mâts sortie des chantiers navals du Havre. Plus grand voilier du monde, il est un hôtel flottant doté de 170 cabines pouvant recevoir environ 380 passagers. Il navigue essentiellement entre la Méditerranée et les Antilles et propose des croisières de luxe.
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Pen Duick VI
Le Pen Duick VI était le petit cotre à corne, premier bateau d’Eric Tabarly. Aujourd’hui, Marie Tabarly, la fille du défunt navigateur, a repris la navigation et promeut des valeurs écologiques tout en faisant naviguer le Pen Duick VI partout dans le monde.
Types de voiliers traditionnels
La diversité des voiliers traditionnels est immense, avec des noms et des types variés selon leur taille, leur gréement, leur utilisation et leur région d’origine. Voici un aperçu de quelques-uns de ces types :
- Acon (Flat, flattie): Petite plate utilisée pour se déplacer sur la vase dans le travail sur les parcs à huîtres.
- Allège (Lighter): Bateau de servitude destiné à « alléger » les navires sur rade.
- Annexe (Tender): Petite embarcation destinée à faire le va-et-vient entre le bateau principal et le quai.
- Aviso (Advice vessel): Petit bâtiment de guerre gréé en goélette, en brick ou en corvette, utilisé pour assurer la liaison entre les bâtiments d’une escadre.
- Bac (Ferry, fiat, punt): Embarcation à fond plat destinée au passage en rivière d’une berge à l’autre.
- Balancelle (Bilancella): Bateau pointu des deux bouts, généralement à deux mâts gréés de voiles latines, utilisé pour le cabotage en Méditerranée.
- Baleinière (Whaler): Embarcation fine et légère, pointue aux deux extrémités, utilisée pour la chasse à la baleine.
- Barge (Sailing barge): Fort bateau à fond plat, gréé d’un ou de deux mâts, utilisé pour le transport en mer ou en rivière.
- Barque (Skiff, punt): Petite embarcation de rivière ; dans le langage des marins, s’applique plutôt à des bateaux plus importants comme les sloups de pêche ou les barques méditerranéennes.
- Barque catalane (Catalan fishing boat): Grande barque latine pontée, utilisée par les pêcheurs du Roussillon et de Catalogne pour la pêche à la sardine et aux anchois.
- Barque du Léman (Lake Geneva barge): Grande barque de transport utilisée sur le lac Léman, gréée de deux voiles latines.
- Barquet (Hattie): Petite embarcation à fond plat des étangs du Languedoc, utilisée à la voile et à l’aviron, pour la pêche.
- Barquette (Barquette): Petit bateau creux à arrière pointu, utilisé pour la pêche côtière en Méditerranée.
- Bateau (Boat, craft): Nom générique désignant tous les types de bateaux.
- Bateau berckois (Berck lugger): Fort bateau à clins, non ponté, utilisé pour la pêche côtière en mer du Nord.
- Bateau de jauge (Rating class yacht, class racer): Bateau de course dont les éléments déterminent un ratio, permettant à des bateaux différents de régater entre eux.
- Bateau-bœuf: Forte barque latine pontée, utilisée dans le golfe du Lion pour la pêche en bœuf.
- Bateau-feu (Light-vessel): Bateau équipé d’un feu (phare), mouillé dans des parages dangereux.
- Batteliku: Embarcation légère du Pays basque, utilisée essentiellement à l’aviron par les pêcheurs.
- Bautier: Grande barque pontée, gréée en côtre, utilisée par les pêcheurs de Barfleur dans le Cotentin, pour le travail des palangres.
- Bétou: Petite embarcation à fond plat des étangs du Languedoc, utilisant les avirons et portant une voile latine.
- Bette: Grande embarcation à fond plat du golfe du Lion, utilisée en mer et sur les étangs par les pêcheurs.
- Bisquine (Lugger): Type de gréement, comportant deux ou trois mâts gréés au tiers avec huniers, utilisée à la pêche et pour la drague des huîtres.
- Blin: Embarcation à fond plat et arrière pointu, construite à clins, utilisée en Brière pour le transport.
- Bocq: Bateau de Bretagne Nord gréé en côtre, souvent équipé d’un vivier pour le transport des crustacés dans la région de Paimpol.
- Bombarde: Caboteur méditerranéen gréé de deux mâts.
- Bombotte: Embarcation d’aviron à voile au tiers et tapecul à livarde, utilisée pour le passage, dans le port des Sables-d’Olonne.
- Borneur: Petit bâtiment de transport limité à des navigations proches du port d’attache.
- Brick (Brig): Navire à deux mâts et deux phares carrés complets, utilisé au long cours et au cabotage.
- Brick de guerre (Brig of war): Petit bâtiment militaire à deux mâts gréés carré, armé de bouches à feu.
- Brick-goélette (Schooner brig): Navire à deux mâts portant un phare carré complet sur le mât de misaine.
- Brigantin (Brigantine): Goélette gréée de huniers carrés aux deux mâts.
- Bugalet: Petit bâtiment de la taille d’une gabare, utilisé pour le transport des officiers, des marchandises et approvisionnements de bord.
- Bulb-keel: Yacht dont la quille est composée d’un aileron métallique très fin, portant le plus bas possible un lest renflé en forme de bulbe.
- Caboteur (Coaster): Bâtiment de commerce utilisé au petit ou grand cabotage.
- Caïque: Fort canot de pêche aux cordes et au filet de dérive, construit à clins.
- Carnin: Canot à clins de la région du Havre, utilisé pour la petite pêche, puis à la plaisance.
- Canoë (Canoe): Embarcation fine, construite en écorce à l’origine par les Indiens d’Amérique du Nord.
- Canot (Boat, small boat): Nom général donné à un bateau creux, ayant un arrière à tableau, propulsé tant à la voile qu’à l’aviron.
- Canot à misaine: Canot de pêche gréé d’un seul mât et d’une voile au tiers nommée misaine, très répandu en Bretagne.
- Canot voile-aviron: Petite embarcation de plaisance, utilisant pour sa propulsion les avirons et une voile, généralement au tiers.
- Cap-hornier: Grand voilier utilisé au long cours, dont les voyages obligent à passer le cap Horn.
- Catalane: Voir barque catalane.
- Catboat: Nom donné à un type de voilier ne portant qu’un seul mât, situé très à l’avant, gréé avec grand-voile à corne, et dépourvu de foc.
- Chaland: Terme générique désignant un fort bateau à fond plat, utilisé pour le transport, propulsé à l’aviron, ou halé.
- Chalibardon: Chaland à voile de grande taille, pointu à l’étrave, à fond plat très cintré, utilisé sur l’Adour pour le transport.
- Chaloupe: Type de bateau à arrière pointu, portant deux mâts, le plus petit sur l’avant, avec voiles au tiers, misaine et taillevent.
- Chasse-marée: Petit navire à trois mâts gréés de voiles au tiers, proche du lougre ou de la bisquine ; il a donné son nom à un type de borneurs ou de caboteurs très largement utilisés en Bretagne.
- Chatte: Ancien bateau de pêche de basse-Loire, pointu aux deux extrémités, à trois mâts et voiles carrées.
- Chébec: Bâtiment de cabotage utilisé en Méditerranée, gréant trois mâts à voiles latines.
- Chippe: Petite embarcation pointue aux deux extrémités, gréée d’une voile au tiers et utilisée à l’aviron sur la Rance.
- Clipper: Voilier de commerce fin et toilé, construit en vue de la vitesse.
- Coche: Grand chaland de rivière à fond plat, halé le long de la berge, utilisé pour le transport des passagers.
- Cochère: Petite barque de transport utilisée sur le lac Léman.
- Cordier: Tout type de bateau utilisé pour la pêche aux cordes (les palangres).
- Corsaire: Petit bâtiment rapide armé en guerre par des particuliers ayant reçu une lettre de marque, leur donnant autorisation de traquer à leur compte les navires d’une nation ennemie.
- Corvette: Petit navire de guerre à trois mâts carrés, intermédiaire entre la frégate et le brick.
- Cotre de guerre: Petit bâtiment à un mât, avec mât de hune et de perroquet pour les plus grands, pourvu d’une fortune carrée, et portant un armement de 6 à 8 bouches à feu.
- Cotre: Type de gréement à un mât, avec grand-voile à corne généralement surmontée d’un flèche, ou bermudienne, et portant sur l’avant un foc sur bout-dehors, et une trinquette.
- Couralin: Petite embarcation fluviale à fond plat et à marotte, gréée au tiers, à vergue horizontale, utilisée sur l’Adour pour le passage.
- Coure au: Gabare de transport à fond plat originaire de la Gironde et de la Dordogne, gréée d’une voile au tiers ou d’une voile à corne, sur un mât à bascule lui permettant de passer sous les ponts.
- Couroleur: Sloup ponté utilisé à la pêche et pour le travail ostréicole dans les coureaux et pertuis de Saintonge.
- Crevettier: Bateau de pêche spécialisé dans la capture des crevettes.
L'apogée de la marine à voile du XVIIIe siècle
La marine à voile du XVIIIe siècle est à son apogée. Les navires qui sillonnent les mers sont robustes, rapides et élégants. C'est au XVIIe siècle que l’on construisit les premiers grands bateaux à voiles. 3 000 mètres carrés de toile est la superficie totale des voiles exposées au vent sur les plus grands bâtiments de la fin du XVIIIe siècle. Au XVIIe siècle, on s’était préoccupé de la richesse et de la décoration des navires; dorénavant, on prend grand soin d’augmenter leurs qualités techniques : rapidité et contenance. On réduit de plus en plus les majestueux « châteaux d’avant » et « d’arrière », pour faire plus de place à la voilure et à la mâture. Les riches décorations de la poupe et de la proue diminuent jusqu’à disparaître presque complètement. La voilure est enrichie, et la voile aurique remplace, sur le mat d’artimon, la voile latine. Les dimensions des navires augmentent de la même façon : on construit des vaisseaux d’environ 5 000 tonneaux, et de plus de 60 mètres de long. L’un des vaisseaux de guerre les plus célèbres fut le Victory, bateau anglais qui sillonna les mers à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe. Mais les « lévriers » des mers furent, au siècle dernier, les clippers. Entre 1830 et 1870, leurs prouesses suscitèrent l’admiration des marines du monde entier, et engendrèrent une émulation presque sportive entre les diverses compagnies qui les possédaient.
Différents types de bateaux à voile
Différents types de bateaux à voile ont traversé les âges en incarnant l’esprit d’aventure, d’exploration et d’innovation maritime. Les types de bateaux à voile se distinguent principalement par leur nombre de mâts et leur gréement, c’est-à-dire la disposition de leurs voiles et cordages. Les voiles sont un assemblage de pièces de toile ou d’autres tissus cousus ensemble de sorte à former une surface capable de recevoir l’action du vent et de servir à la propulsion d’un bateau. Les voiles et les mâts varient selon le type de bateau. Ces éléments déterminent leur maniabilité, leur vitesse et leur usage, permettant ainsi d’identifier le type de bateau à voile auquel on a affaire. S’il ne possède qu’un mât, et suivant la forme et le nombre des voiles d’avant, il s’agit d’un sloop ou d’un cotre. Pour leur part, les trois mâts et plus s’observent dans la marine traditionnelle, qu’elle soit marchande ou militaire, et possèdent alors une voilure carrée. On parle de trois mâts carré ou de quatre mâts carré. La frégate est un navire imposant (40 à 50 mètres de long) et rapide (11 nœuds en moyenne), qui a principalement été utilisé à des fins militaires du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle. La frégate se distingue par son gréement carré, permettant une navigation efficace sur de longues distances. L'Hermione, frégate de la Marine royale française, construite à Rochefort entre 1778 et 1779, a permis au Marquis de La Fayette de traverser l’Atlantique en 1780 pour participer à la guerre d’indépendance américaine. Vers 1760, les Français ont commencé à appeler ce type de bateau de moins de 24 canons des corvettes. Par la suite, le nom fut aussi donné aux navires équipés de 24 canons sur le pont principal. Peu coûteuse à armer avec son petit gabarit et très maniable (en particulier pour affronter les vents contraires), elle offrait aux investisseurs un compromis idéal pour les premières explorations. Les galions sont aujourd’hui des icônes de l’âge d’or de la navigation à voiles. Bien avant l’ère des galions et des frégates, la galère était un navire emblématique des civilisations méditerranéennes. Son équipage, composé de rameurs souvent esclaves ou condamnés, en faisait un bateau exigeant sur le plan humain. Dès le IXᵉ siècle, les Vikings construisirent des navires performants comme les drakkars, des galères utilisées principalement pour la guerre. Ces bateaux étaient construits avec une coque à clin et disposaient d’un gréement rudimentaire, composé d’une unique voile carrée. Dans l’ancienne marine, la longueur de coque de la chaloupe était de 7 à 8 mètres, pour 2 à 3 mètres de large. Elle n’était pas pontée et avait environ 1 mètre de tirant d’eau. La chaloupe servait principalement de navire de liaison ou de transport de marchandises. Elle bordait les avirons et était la plus grosse embarcation du bord, de construction plus robuste qu’un canot. Elle était même capable de porter l’artillerie. En juin 2024, aux Fêtes maritimes de La Rochelle, l’association Hermione - La Fayette présentait aux visiteurs la chaloupe de la célèbre frégate, qui est la plus grande de ses annexes. Le brick était utilisé pour le commerce (cabotage ou voyage au long cours), l’exploration et les missions militaires (escorte, blocus, guérilla ou navire de liaison).
Autres types de navires
- Galion: Fort navire de guerre et de commerce des XVè et XVIè siècles utilisé par les Portugais.
- Caravelle: Bâtiment du XVe et XVIe siècle à deux mâts, élancé, généralement gréé d'une voile latine.
- Felucca: Petit bâtiment méditerranéen, fin et rapide, utilisé par les pirates d'Afrique du Nord.
- Clipper: Trois-mâts à haute voilure, très rapide.
- Cog: Voilier à haut bordage à clins, de l'époque de la Hanse, à corps court et ramassé, pouvant transporter jusqu'à 100 lastes de lourd (= 200 tonnes).
- Chebek: Petit bâtiment de guerre rapide et très maniable, intermediaire entre Brick et Frégate gréé en barque ou en trois-mâts, et ne portant qu'une rangée de canons.
- Dhow: Voilier arabe fin et rapide, gréé d'une voile latine.
- Flûte: Voilier Hollandais très connu du XVIIe et du XVIIIe siècles.
- Goélette: Trois-mâts gréé en barque avec faible tirant d'eau, présentant un rapport longueur/largeur de 4 à 1 et un gréement très élevé.
- Frégate: Bâtiment de guerre très rapide, fin, à trois mâts entièrement gréés à traits carrés, comportant un gaillard à l'avant et à l'arrière.
- Gabarre: Grande embarcation servant à charger et décharger les navires.
- Galéasse: Du latin Galea Grossa : grande galère. Bateau de guerre de la Méditerranée au XVIe et au XVIIe siècles, armé de 28 à 31 rames de chaque bord et de nombreuses bouches à feu sur le pont supérieur, de la poupe à la proue.
- Galère: Navire à rames élancé et puissant, utilisé comme bâtiment de guerre en Méditerranée depuis l'an mil.
- Galeon: Grand bâtiment de charge du XVIIe siècle, à trois ou quatre-mâts à voiles carrés, lourd, armé de 60 à 70 canons. C'est le navire qui transportait les trésors, l'or et l'argent des colonies espagnoles et portugaises d'Amérique.
- Jonque: Bâtiment chinois ponté, mais sans quille. Les jonques à voiles ont généralement deux mâts, mais on en rencontre également avec plusieurs, ou un seul.
- Lembus: Petit navire à rames gouverné à la godille, mis au point par les pirates mediterranées et repris par les Romains.
- Navire de Ligne: Navire à trois mâts représentants un compromis entre la frégate pour la vitesse et la puissance de feu et le trois-mâts barque pour la capacité de charge. Navire principalement rencontré en Méditerranée.
- Sampan: Embarcation étroite et légère de la mer de Chaine, généralement mue à la rame et portant une cahute en son centre.
- Trière: Bâtiment de guerre classique des Grecs. Navire à trois rangées de rames, doté d'un éperon cerclé de fer.
- Yacht: Petit bâtiment de sport ou de plaisance, à un ou deux mâts, à moteur aujourd'hui.