Les Missions et le Recrutement des Plongeurs d'Élite de la Marine Nationale : Sauvetage Aéronautique et Dépollution Explosive

La Marine Nationale, garante de la protection des intérêts français sur toutes les mers du monde, opère sans relâche, 365 jours par an et 24 heures sur 24, avec ses 39 000 marins. Intervenant dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie et les conflits armés, elle assure une présence indispensable sur les océans. Au cœur de ces missions exigeantes, des professionnels d'exception se distinguent par leur expertise sous-marine et leur courage : les plongeurs. Qu'ils soient dédiés au sauvetage héliporté ou à la neutralisation d'engins explosifs, ces spécialistes incarnent l'engagement et la polyvalence nécessaires aux défis maritimes contemporains. Chaque année, la Marine Nationale recrute et forme plus de 4 000 jeunes, de 16 à 30 ans, offrant ainsi d'innombrables opportunités professionnelles et explorant des formations de pointe. Ces carrières de plongeurs, bien que différentes dans leurs spécialités, convergent vers un objectif commun : assurer la sécurité et la protection, souvent dans des environnements hostiles et complexes.

Les Plongeurs d'Hélicoptère : Des Sauveteurs Aéronautiques au Cœur des Opérations en Mer

Au sein de la Marine Nationale, un groupe d'environ 70 professionnels se distingue par une certification unique qui leur permet d’intervenir en mer à partir d’un hélicoptère. Ces individus, répartis sur les bâtiments de la Marine nationale, sont les "plongeurs d'hélicoptère". Leur spécificité est double : ils sont avant tout des techniciens aéronautiques. Comme l'explique le maître principal Mathieu, formateur sur la BAN de Hyères, les plongeurs d’hélicoptère sont recrutés au sein des techniciens aéronautiques, ce qui signifie qu'il s’agit d’une certification qui vient compléter un autre métier. Ainsi, leur rôle à bord consiste aussi à participer à la maintenance des hélicoptères. Ils doivent donc, avant d’entamer leur formation de plongeur, avoir un solide bagage professionnel dans le domaine aéronautique.

La formation de ces experts est particulièrement rigoureuse et s'inscrit sur une longue période. Comme tous les plongeurs de la Marine, ils suivent bien sûr le cours Plongeur de bord, qui constitue le socle de leurs compétences subaquatiques. Mais cette formation initiale est ensuite complétée par des stages très spécifiques, conçus pour les préparer aux scénarios les plus extrêmes. Par exemple, ils effectuent deux stages au CESSAN (Centre d’entraînement à la survie et au sauvetage de l’Aéronautique navale), sur la BAN Lanvéoc-Poulmic. Le premier de ces stages est crucial : il leur permet d’apprendre à évacuer d’un hélicoptère, grâce à la maquette immergée en bassin où l’on recrée les conditions d’un crash en mer. Cette immersion simulée est un entraînement essentiel.

Si la durée de ces stages au CESSAN est relativement courte, elle suppose une préparation mentale minutieuse, en amont des exercices. Pour se rapprocher au plus près de la réalité, ils doivent répéter inlassablement les gestes qu’ils devront accomplir en aveugle, simulant par exemple un crash de nuit par mer démontée. Dans ces conditions extrêmes, il est vital de ne pas céder à la panique. En se remémorant la configuration de la cabine et la place de chaque instrument, il faut être capable de se guider vers l’extérieur sans repère visuel, uniquement au toucher. Un aspect fondamental de cette formation est également d'apprendre à porter assistance à un équipage accidenté. Un candidat à la formation de plongeur d’hélicoptère est ainsi amené à la mise en œuvre d’une civière sur le site de la base d’aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic, une compétence vitale en situation de sauvetage.

Une autre étape clé de leur formation se déroule à Saint-Mandrier, où, lors d’une semaine supplémentaire, ils apprennent à utiliser l’ARPH (appareil respiratoire pour plongeur d’hélicoptère). Cet équipement spécifique est composé de 3 petites bouteilles de 1,5 litres chacune, positionnées sur le ventre et fabriquées en fibre de carbone pour minimiser leur poids, un détail essentiel pour l'agilité du plongeur. Sur le plan d’eau de l’École, ils s’entraînent à évoluer à l’intérieur d’une épave, dans des conditions particulièrement difficiles, comme par exemple avec un masque occulté. Cet entraînement intensif vise à les préparer au mieux à la réalité de leurs futures interventions, où la visibilité peut être nulle et l'environnement chaotique. En outre, ces plongeurs doivent suivre une formation de secouristes et effectuent un stage exigeant chez les marins pompiers de Marseille, renforçant ainsi leurs capacités à prodiguer des soins d'urgence.

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Une fois ces formations théoriques et techniques achevées, la phase d'entraînement pratique est cruciale. Ils effectuent ensuite une vingtaine d’interventions d’entraînement sur des simulations de naufrages et apprennent à intervenir sur des bateaux en détresse. Lors de ces exercices, ils doivent imaginer les meilleurs scenarii d’intervention. Cette capacité à l'anticipation et à la prise de décision rapide est essentielle car, même si à bord de l’hélicoptère un chef de bord chapeautera chaque mission, les plongeurs se retrouvent seuls en bas pour prendre les bonnes décisions, en prenant en compte très rapidement tous les éléments d'une situation souvent critique. La remontée du plongeur à bord du Caïman marine au large de Cherbourg lors d’un entraînement d’hélitreuillage et de ravitaillement vertical illustre la complexité et la technicité de leurs manœuvres.

L'exigence de ce métier est telle que « compte tenu de la responsabilité et de la nécessité d’être capable de prendre seul des décisions qui peuvent avoir de graves conséquences, on ne forme pas de toutes jeunes recrues ». La plupart des plongeurs, au terme de leur formation, sont embarqués et s’entraînent régulièrement pour conserver intacts leurs réflexes et leurs connaissances, des compétences vitales pour la sécurité en mer. L'hélitreuillage du plongeur hélicoptère à la fin d’un entrainement avec la vedette de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM) démontre la collaboration inter-organismes pour des entraînements réalistes.

Un plongeur d'hélicoptère témoigne de l'aboutissement de ce parcours : « D’ici 15 jours, j’aurai ma certification opérationnelle et j’embarquerai à bord du Charles de Gaulle en fin d’année. Pour moi, c’est l’aboutissement de plus de deux années de formation, la période Covid ayant un peu ralenti le processus puisque j’ai lancé ma demande en 2020. J’ai démarré par le cours Plongeur de bord et le premier stage au CESSAN la première année, enchaîné en 2021 avec la semaine ARPH et le CESSAN 2, puis commencé la formation spécifique aux vols et aux interventions de secours. C’est sans doute cette partie-là qui est la plus compliquée, dans la mesure où elle suppose d’apprendre à réagir très vite face à des situations que l’on ne peut pas forcément prévoir et qui sont uniques. C’est aussi une période où il faut être capable d’un gros investissement personnel, en terme de temps et de concentration, car on multiplie les vols, de jour comme de nuit, avant de devenir pleinement opérationnel. Mais vraiment, même s’il s’agit d’un cursus long et exigeant, il ne faut rien lâcher. »

Les missions de secours sont également coordonnées à un niveau plus large. En effet, 5 unités appartenant au commandement du transport aérien militaire tiennent une alerte permanente jour et nuit pour la S&R (Search and Rescue, recherche et sauvetage au profit de l’Organisation de l’aviation civile internationale, l’OACI) à Metz, Villacoublay, Cazaux, Aix-en-Provence et Solenzara. Ces missions de secours, effectuées au profit des civils ou des militaires, sont particulièrement délicates car elles ont souvent lieu dans des conditions difficiles, notamment par mauvais temps ou de nuit, et toute erreur peut avoir des conséquences fatales. L’équipage du Puma doit donc être particulièrement soudé et bien entraîné à la mission pour faire face à ces défis.

Un membre de l'équipage, titulaire du brevet de secouriste, est admis, s’il répond à certains critères physiques, à l’École de plongée de la Marine nationale à Saint-Mandrier, où il obtient, à l’issue de 4 semaines de stage, son certificat de plongeur de bord. Aussitôt en unité navigante, le nouveau breveté est « parrainé » par un chef de plongée dans le but de devenir pleinement opérationnel. Sortir de l’hélicoptère à 50 mètres de hauteur, pendu à un câble au-dessus d’une mer le plus souvent froide et agitée, en étant quelquefois très proche des superstructures menaçantes des bateaux, ne représente, en effet, que le tout début de son intervention. Après quelques mois de pratique intensive, il obtient la qualification opérationnelle. Sa condition physique doit être parfaitement entretenue, car il se montre alors autant capable de plonger à 40 mètres que d’évoluer sur des pitons rocheux. Ultérieurement, il pourra, éventuellement, parfaire ses connaissances et devenir chef de plongée à l’issue d’un nouveau stage de 3 semaines. Cependant, après 5 ou 10 ans de ce contrat exaltant mais éprouvant, le sauveteur plongeur doit retourner à sa spécialité d’origine, souvent dans le domaine aéronautique, après avoir contribué activement à d'innombrables opérations de sauvetage.

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Un autre marin, qui se décrit comme technicien aéronautique (mécanicien) et plongeur hélicoptère sauveteur (PLH) au sein de la Marine nationale, illustre parfaitement la synergie entre ces deux métiers différents qui se réunissent autour des missions des hélicoptères de la Marine. Il souligne que les domaines de l'aéronautique et de la plongée demandent d'avoir de la rigueur, de l'autonomie et d'être méthodique. Ses responsabilités incluent la planification et l'organisation des activités des plongeurs et des élèves, s'assurant qu'ils soient au niveau attendu pour réaliser les missions. Ce parcours professionnel est le fruit d'une évolution constante : après avoir obtenu un BEP/CAP électromécanicien, il s'est engagé à 18 ans dans la Marine, où il a évolué en permanence jusqu'à une équivalence BTS de technicien aéronautique. Ayant voyagé un peu partout sur le globe en réalisant des missions opérationnelles diversifiées, il a obtenu des postes à responsabilités de plus en plus élevées, témoignant de la richesse des carrières au sein de la Marine.

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