La fabrication de planches de surf en bois au bord de la mer représente un artisanat à la fois traditionnel et innovant, combinant le respect de l'environnement avec la passion des sports de glisse. Cet article explore les différentes facettes de cette pratique, en mettant en lumière les techniques de fabrication, les matériaux utilisés, les avantages écologiques et les acteurs qui font vivre cet art.
Un retour aux sources : l'histoire de la planche de surf en bois
Historiquement, les planches de surf étaient fabriquées en bois. Avec l'avènement de la technologie et la création de matériaux plus légers comme la mousse polyuréthane (PU) et la résine polyester, le bois a été progressivement délaissé. Cependant, face aux préoccupations environnementales croissantes, le bois revient en force comme une alternative durable et écologique.
Gaël Le Thellec : un artisan passionné au cœur du Finistère
Dans son atelier de Combrit, situé dans le Sud-Finistère, à moins de 30 minutes de la pointe de la Torche, Gaël Le Thellec fabrique des planches de surf en bois. Il a fait de ses trois passions son métier : le bricolage, le surf et l'art. Après des études à l'école Boulle à Paris où il apprend les métiers de l'artisanat d'art, il travaille pendant 5 ans dans la capitale pour des artistes et dans un atelier de décoration. Il crée du mobilier, des luminaires sculptés et des vitrines de magasin pour des marques prestigieuses.
L'envie de revenir en Bretagne et de retravailler le bois est très forte. Gaël Le Thellec fabrique une planche de surf en bois et découvre sur Internet Tom Wegener, un fabricant de planches en Paulownia. C'est un bois parfait pour la fabrication de planches, léger, naturellement hydrophobe et résistant aux insectes. Il se lance alors dans la fabrication et la commercialisation de surfs en bois de paulownia en créant la société Gawood Surboards.
Le processus de fabrication : un savoir-faire artisanal
La fabrication d'une planche de surf en bois est un processus minutieux qui demande plus d'une semaine de travail. Gaël Le Thellec commence par coller de petites planches de paulownia entre elles pour créer le dessus et le dessous de la planche. Il construit ensuite l'ossature intérieure et les côtés. Entre chaque étape, un temps de séchage est nécessaire pour la colle.
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Pour les décorations, il incruste du bois de paulownia de différentes variétés : plus blanc, plus foncé, avec des veines plus présentes. Les décorations sont réalisées selon le choix du client et des dessins sont réalisés à la main sur les planches. L'avant-dernière étape est le ponçage pour obtenir un rendu lisse qui permettra une glisse parfaite. Enfin, il applique de l'huile sur la planche pour assurer son étanchéité. Certains shapers utilisent de la résine, mais Gaël Le Thellec a fait le choix de l'huile, plus naturelle.
Depuis quelques mois, il propose également des stages pour les amateurs de surf qui souhaitent fabriquer eux-mêmes leur planche en 5 jours.
Le Paulownia : un bois aux multiples avantages
Le Paulownia est un bois idéal pour la fabrication de planches de surf en raison de ses nombreuses qualités :
- Légèreté : Facile à manipuler et à transporter.
- Hydrophobie naturelle : Résistant à l'eau, ce qui réduit le besoin de traitements chimiques.
- Résistance aux insectes : Durable et moins susceptible d'être endommagé.
- Croissance rapide : Ressource renouvelable qui peut être cultivée de manière durable.
Gaël Le Thellec achète ses grumes de paulownia en Italie et en Espagne. Il aimerait qu'une filière française, voire bretonne, se développe. Le paulownia est un arbre à cycle court qui peut être planté dans des terres agricoles et récolté 7 à 10 ans après avoir été planté. De plus, il est mellifère, ce qui en fait un atout pour la biodiversité.
Les avantages écologiques des planches de surf en bois
Les planches de surf en bois présentent de nombreux avantages écologiques par rapport aux planches traditionnelles en mousse polyuréthane et résine :
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- Matériaux naturels et renouvelables : Le bois est une ressource naturelle et renouvelable, contrairement aux matériaux synthétiques issus de la pétrochimie.
- Réduction des déchets : La fabrication de planches en bois génère moins de déchets que celle des planches traditionnelles.
- Biodégradabilité : Le bois est un matériau biodégradable, ce qui réduit l'impact environnemental en fin de vie de la planche.
- Moins de toxicité : Le bois ne contient pas de produits chimiques toxiques comme les isocyanates présents dans le polyuréthane.
Les alternatives écologiques aux matériaux traditionnels
Outre le bois, il existe d'autres alternatives écologiques pour la fabrication de planches de surf :
- Mousse EPS recyclé : Le polystyrène expansé (EPS) est recyclable et peut être utilisé pour fabriquer des pains de mousse.
- Résine époxy bio sourcée : La résine époxy peut être fabriquée à partir de sources renouvelables comme les huiles végétales.
- Tissu de lin : Le lin est une fibre naturelle cultivée en France qui peut remplacer la fibre de verre pour la stratification de la planche.
- Liège : Le liège peut être utilisé pour limiter la quantité de résine et augmenter la solidité de la planche.
- Matériaux bio-sourcés et recyclés : Certaines marques utilisent l'impression 3D pour fabriquer des noyaux de planches à partir de PLA (acide polylactique) et de PET (polyéthylène téréphtalate) recyclés.
- Carton : Des planches de surf en carton peuvent être fabriquées à partir de kits d'assemblage.
- Mycélium de champignon : Le mycélium peut être utilisé pour fabriquer des pains de mousse biodégradables.
L'importance du local et de l'artisanat
La fabrication de planches de surf en bois privilégie souvent le local et l'artisanat. Les shapers locaux utilisent des matériaux sourcés localement et perpétuent un savoir-faire ancestral. Cela permet de réduire l'impact environnemental lié au transport des matériaux et de soutenir l'économie locale.
L'analyse du cycle de vie (ACV) : une approche rigoureuse pour mesurer l'impact environnemental
Pour évaluer l'impact environnemental d'une planche de surf, il est important de réaliser une analyse du cycle de vie (ACV). Cette méthode standardisée permet de comparer les résultats et d'identifier les postes de pollution les plus importants.
Une ACV réalisée sur une planche de surf polyester montre que les principales sources d'impact sont :
- L'extraction et la transformation des matières premières (pétrole, etc.).
- La fabrication de la planche.
- Le transport des matières premières et de la planche.
- La fin de vie de la planche (incinération ou enfouissement).
En utilisant des matériaux écologiques et des méthodes de fabrication durables, il est possible de réduire significativement l'impact environnemental d'une planche de surf.
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Le label ECOBOARD project : une certification pour les planches éco-responsables
Le projet ECOBOARD est un label développé par l'association Sustainable Surf. Il certifie les planches de surf qui utilisent des matériaux et des procédés de fabrication respectueux de l'environnement.
Il existe deux niveaux de certification :
- ECOBOARD level ONE : La planche doit utiliser au moins un matériau certifié ONE.
- ECOBOARD level GOLD : La planche doit utiliser au moins un matériau certifié GOLD et un matériau certifié ONE ou GOLD.
Conseils pour réduire son impact en tant que surfeur
Voici quelques conseils pour réduire son impact environnemental en tant que surfeur :
- Acheter une planche d'occasion : Le marché de l'occasion propose de très bonnes planches à moindre prix et à moindre impact.
- Choisir une planche fabriquée localement : Soutenir les shapers locaux et réduire l'impact du transport.
- Opter pour des matériaux écologiques : Choisir une planche fabriquée à partir de bois, de mousse EPS recyclé, de résine époxy bio sourcée, etc.
- Réparer sa planche : Prolonger la durée de vie de sa planche en la réparant plutôt que de la remplacer.
- Recycler sa planche : Se renseigner sur les filières de recyclage des planches de surf.
- Adopter une attitude responsable : Respecter l'environnement et sensibiliser les autres surfeurs à l'importance de la protection des océans.
Le skimboard : une alternative au surf avec des figures spectaculaires
Le skimboard est une discipline proche du surf et du skate qui consiste à glisser sur une planche en bois sur une fine pellicule d'eau. Il existe deux grandes pratiques : le flat (tricks sur du sable avec un petit plan d'eau) et le shorebreak (surf sur les vagues venant se casser sur le bord de la plage).
Le skimboard offre une grande variété de figures :
- Rotations : 180°, 360°, 540°, 720°, etc.
- Switch : Glisser dans la position opposée à sa position naturelle.
- Ollie : Saut sur l'eau.
- Shove-it : Faire tourner la planche à la surface de l'eau pendant que l'on est en l'air.
- Pop shove-it : Combinaison d'un ollie et d'un shove-it.
Pour les plus expérimentés, il est possible d'exécuter les mêmes figures qu'en surf : roller, floater, tube, air, etc.