Pierre Simon et les Horizons de l'Archéologie Subaquatique : Entre Héritage Historique et Innovations Technologiques

L'exploration des profondeurs marines et des eaux intérieures révèle un patrimoine historique d'une richesse inestimable, offrant des perspectives uniques pour comprendre les civilisations passées. Le domaine de l'archéologie subaquatique, en constante évolution, s'enrichit non seulement de découvertes matérielles, mais aussi de l'intégration de technologies de pointe et d'une approche pluridisciplinaire. Dans ce contexte, la figure de Pierre Simon se distingue par son engagement envers la documentation historique et sa capacité à inspirer des initiatives qui repoussent les frontières de la recherche sous-marine, un domaine où la rigueur scientifique se conjugue désormais avec l'innovation robotique. Cet article explore les différentes facettes de cette discipline, de l'érudition historique de Pierre Simon aux défis technologiques rencontrés lors de campagnes expérimentales menées pour la recherche d'épaves légendaires telles que la Cordelière.

L'Engagement Historique et Éditorial de Pierre Simon

Pierre Simon, dont la carrière professionnelle s'est achevée en tant que Directeur général adjoint en charge de l'éducation, de la formation professionnelle, de la culture et des sports au Conseil Régional Midi-Pyrénées, a laissé une empreinte significative dans le domaine de la connaissance historique et patrimoniale. Son parcours professionnel, dédié à des missions d'une grande envergure au sein d'une institution régionale, témoigne d'un engagement profond pour la transmission du savoir et la valorisation du patrimoine.

Au-delà de ses fonctions administratives, Pierre Simon s'est distingué par des contributions éditoriales majeures. En 2017, il a dirigé la publication intitulée "Les antiquités de la ville d’Agen", un ouvrage s'appuyant sur un manuscrit de P. Simon. Cette œuvre souligne son intérêt pour l'histoire locale et son rôle dans la mise en lumière de documents anciens. De même, en 2016, il a co-dirigé le projet "Clairac et son abbaye", une publication qui explore l'histoire et l'importance architecturale et religieuse de cette abbaye. Ses contributions s'inscrivent également dans la continuité des travaux d'érudits passés, comme en témoigne sa co-direction d'une étude consacrée aux travaux de J. B. de ce type dans l'abondante œuvre. Ces initiatives éditoriales révèlent une passion pour la recherche historique et la diffusion des connaissances.

Une illustration concrète de l'apport de Pierre Simon à la compréhension de l'histoire régionale réside dans son travail autour d'un recueil compilé vers 1520 par Johannes Valerii, également connu sous le nom de Jean Valier. Ce clerc piémontais, alors au service de l’évêque d’Agen Marc-Antoine de la Rovère, a méticuleusement assemblé, vraisemblablement avec l'aide d'une équipe de notaires locaux, un ensemble de documents capitaux. Ce recueil comprenait un pouillé du diocèse, une analyse détaillée des bulles ecclésiastiques concernant les dîmes, et un inventaire exhaustif des meubles et des livres de l’évêché. Parmi ces éléments, le second était resté complètement inédit avant les efforts de publication auxquels Pierre Simon a contribué.

Le bullaire, partie intégrante de ce recueil, condense 158 bulles. Ces dernières furent présentées dans l’édition co-dirigée par Pierre Simon en 95 séries distinctes, chacune regroupant une, deux ou trois bulles similaires. L'ensemble de ces documents validait 878 actes originaux, constituant pour l’essentiel des cessions de dîmes consenties par des laïcs à l’évêque d’Agen, principalement entre 1240 et 1290. La liste des actes originaux ou des copies in extenso conservées aux Archives départementales 95, ainsi que les références aux articles (1110) à (1117) de la Bulle GS, et l'indication 94, attestent de la rigueur scientifique et de la profondeur de cette recherche, offrant un éclairage précieux sur l'organisation ecclésiastique et sociale de l'époque médiévale dans la région d'Agen. Ce travail d'archiviste et d'éditeur s'inscrit dans une démarche fondamentale pour l'archéologie au sens large, celle de comprendre les contextes historiques qui nourrissent les investigations matérielles, qu'elles soient terrestres ou subaquatiques.

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L'Archéologie Subaquatique : Un Potentiel Historique et Scientifique Immense

L'archéologie subaquatique représente une discipline captivante, offrant un formidable potentiel archéologique pour approfondir la connaissance des hommes et écrire leur histoire. Les épaves, les ports engloutis, les puits, les douves et les étangs constituent autant de sites immergés qui sont de véritables capsules temporelles, préservant des vestiges souvent mieux conservés qu'en milieu terrestre grâce à l'environnement anoxique. À travers l’exploration de ces sites archéologiques immergés, qu’ils soient maritimes ou dans les eaux intérieures, les passionnés et les professionnels peuvent participer activement à des opérations de recherche et de sauvegarde, toujours sous l'égide et l'autorisation du Ministère de la Culture.

La pratique de cette discipline exige une expertise technique variée. Le niveau technique de plongée souhaité est variable selon les chantiers, mais il s'inscrit toujours dans le respect scrupuleux des règles fédérales établies par les fédérations de plongée et des organismes spécialisés gérant l’archéologie hyperbare. Cette conformité assure la sécurité des opérateurs et la préservation de l'intégrité des sites.

Pour mener à bien les investigations, un équipement spécifique est indispensable. Outre les équipements nécessaires à la plongée et à la sécurité, le matériel utilisé consiste généralement en un aspirateur à sédiment, un outil essentiel pour dégager délicatement les vestiges enfouis sans les endommager. Une lance à eau est également employée pour des travaux de déblaiement plus importants. Des parachutes de relevage sont cruciaux pour remonter des objets du fond sans effort excessif. Enfin, un matériel de photo, de mesure et d'étiquetage est systématiquement déployé pour documenter minutieusement chaque découverte et positionnement sur le site.

Pratiquer l’archéologie subaquatique, c’est l’assurance de développer une passion autour de diverses activités. Si la plongée, avec ses défis techniques et son environnement unique, reste au cœur de l’action et constitue le moyen privilégié d'accès aux sites, il est important de noter que l’essentiel du temps consacré ne se passe pas sous l'eau. Une part considérable de l'activité consiste à rechercher des documents d'archives, à dessiner les vestiges, à les photographier pour l'analyse et la conservation des données, et à rédiger des rapports détaillés. C'est cette combinaison d'investigation de terrain et de travail intellectuel en surface qui fait la richesse de la discipline.

Chaque campagne archéologique subaquatique donne lieu à une documentation rigoureuse. Réalisé sous la coordination du Responsable d’Opération, le rapport annuel qui compile toutes les données recueillies est un document fondamental. Ce rapport est ensuite remis au Ministère de la Culture, l'autorité compétente qui assure la gestion et la protection du patrimoine. Il présente de manière exhaustive le site étudié et, plus crucial encore, en propose des interprétations scientifiques, contribuant ainsi à l'avancement de notre compréhension des sociétés anciennes et de leurs interactions avec le milieu aquatique.

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Innovations Technologiques au Service de la Recherche : L'Exemple des Expérimentations Récentes

La recherche archéologique subaquatique, notamment celle dédiée à la localisation d'épaves historiques telles que la Cordelière, s'appuie de plus en plus sur des technologies de pointe. Des campagnes d'expérimentation récentes ont été mises en œuvre précisément pour la recherche de la Cordelière, combinant différentes approches robotiques et de sondage. Ces missions, au-delà de leur objectif immédiat de découverte, visent à faire progresser les méthodes et les outils de l'exploration sous-marine.

Objectifs et Contextes des Expérimentations : La Quête de la Cordelière

Plusieurs objectifs primordiaux ont guidé ces expérimentations, tous convergents vers l'amélioration de la détection et de la cartographie sous-marine. Un premier point a été d'évaluer les Folaga dans des conditions de mer spécifiques, notamment en présence de courants, afin de mesurer leur efficacité et leur résilience opérationnelle. Parallèlement, des efforts considérables ont été consacrés à tester le zodiac autonome, une plateforme innovante conçue pour tracter des AUVs (Autonomous Underwater Vehicles) ou des magnétomètres. Cette capacité de tractage fiable est cruciale pour couvrir de vastes zones de recherche avec une grande précision.

Un autre axe majeur des essais visait à tester si des robots voiliers pouvaient tracter de façon fiable des magnétomètres. L'idée étant d'exploiter l'autonomie énergétique des voiliers pour des missions de longue durée. Dans cette perspective, il a été décidé de tester deux voiliers de Plymouth, spécifiquement préparés pour la WRSC (World Robotic Sailing Championship), afin d'évaluer leur performance et leur aptitude à des tâches archéologiques. Ces expérimentations s'inscrivent dans une démarche de robotisation du savoir-faire en archéologie subaquatique, cherchant à surmonter la lassitude chez l'opérateur et à réduire les erreurs potentielles liées à l'intervention humaine prolongée.

Technologies et Matériel Déployés

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, une panoplie de technologies et de matériels sophistiqués a été mobilisée. Le Shom (Service hydrographique et océanographique de la marine) a apporté sa contribution avec un SMMII, un système interfacé avec Hypack, un logiciel de traitement de données bathymétriques. L'intégration de l'ensemble de ces systèmes sur le zodiac restait un défi à relever, mais elle représentait une étape clé pour l'efficacité des opérations. En prévision de ces travaux, le Shom a également installé à l'avance une station de référence magnétique, maintenue au Shom pour une durée indéterminée, essentielle pour la calibration précise des mesures magnétiques.

Les équipements des participants étaient également variés et complémentaires. Luc, par exemple, a apporté ses 4 kayaks, qui ont pu servir à des reconnaissances légères ou à des opérations de support. Divers AUVs, tels que le Daurade, l'AUV Guerre des mines, l'AUV Identif et l'AUV de neutralisation, ont été mentionnés, indiquant la diversité des véhicules sous-marins potentiellement utilisés pour l'exploration et l'identification d'objets. En outre, les trois embarcations louées au centre nautique ont complété le dispositif naval, offrant des plateformes supplémentaires pour les essais.

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La détection magnétique a joué un rôle central, avec le magnétomètre Aquascan MC5 qui était tracté 20m derrière la Panopée et immergé proche du fond. Cette technique permet de révéler la présence d'objets ferreux enfouis sous les sédiments. Pour la cartographie des fonds marins, Romain Schwab a traité des données bathymétriques du carré du Trez Hir et les a mises sous forme d'une image et un fichier texte, fournissant une base topographique essentielle pour la planification des recherches. La précision du positionnement était assurée, avec la Panopée parfaitement positionnée grâce à la technologie RTK (Real-Time Kinematic), cruciale pour des relevés multi-faisceaux d'une grande exactitude, réalisés par ce même navire.

Déroulement des Essais et Défis Opérationnels

Les expérimentations se sont déroulées sur une période de deux jours, bien que cette durée ait été jugée clairement pas suffisante pour l'ampleur des tâches envisagées. Le programme flottant a évolué en fonction de la météo, de la disponibilité du matériel et du public présent, soulignant la flexibilité nécessaire dans ce type de campagne.

Logistique et Organisation

La logistique a été un pilier fondamental de ces journées. Concernant les déplacements, des véhicules tels qu'un Logan Dacia Break, un Kangoo et un Peugeot 308 étaient à disposition. En cas de contraintes horaires, par exemple un train/avion partant à 18h30 de la gare de Brest, Annick était en charge d'affecter une voiture et un chauffeur, bien que cela pût parfois s'avérer trop tard pour des départs serrés. Pour toute question logistique ou d'affectation de conducteur, il fallait voir avec Annick ou demander à Thomas Le Mézo.

L'hébergement au centre Igésa, qui a bénéficié des efforts d'Annick, s'est avéré parfaitement adapté, offrant une bonne qualité des repas et l'avantage d'être situé à seulement 100 mètres de la mer. Les bungalows, spacieux, étaient parfaits pour travailler, favorisant ainsi la productivité des équipes. Cependant, un ponton pour la mise à l'eau des robots a été identifié comme manquant, une suggestion étant de prendre un deuxième bateau pour stocker le matériel afin d'optimiser l'organisation. L'utilisation du matériel était possible jusqu'à 22h sans difficulté, ce qui a permis des sessions de travail prolongées.

L'ambiance générale était marquée par une bonne atmosphère et une solidarité exemplaire entre les différents acteurs, élément essentiel pour la réussite de telles entreprises collaboratives. La journée débutait à 9h avec une ouverture, un café, suivie d'un discours d'introduction, d'un tour de table et d'un rappel des consignes de sécurité, garantissant un cadre de travail structuré et sûr. Un nombre maximum de 20 personnes était autorisé à participer, et pour les personnes intéressées, un scan de leur carte d'identité était rapidement demandé pour les formalités administratives. Une salle de séminaire et de projection était disponible pour les présentations et les échanges, et Vincent Creuze était présent pour répondre aux questions techniques le 24 mai à 10h et 15h.

Tests de Remorquage et de Traînée

Les tests de remorquage et de traînée ont constitué une part significative des expérimentations. L'équipe du Shom, avec S. Mael et Joris, a travaillé à mettre en place un zodiac autonome capable de tracter un magnétomètre, un essai dont une vidéo servira de référence pour les futures opérations. Deux robots voiliers, dont ceux de Jian Wan de Plymouth, se sont montrés convaincants lors de la vérification de leur bon comportement, atteignant ainsi les objectifs initiaux. Ces voiliers autonomes, d'une taille de 1,2 m et 2 m, ont démontré leur capacité en repartant le mercredi vers 13h après leurs essais. Le tractage du zodiac jusqu'au Trez-Hir par ces moyens autonomes, prévu à 16h, illustre la volonté de valider des solutions de mobilité innovantes. Il était nécessaire de disposer d'un endroit un peu dégagé pour pouvoir dérouler une douzaine de mètres de câble et poser le solénoïde, par exemple sur une plage, ce qui met en évidence les contraintes physiques des installations.

Exploration et Cartographie Sous-Marine

Dans le cadre de l'exploration et de la cartographie sous-marine, plusieurs approches ont été testées. La mise à l'eau d'un ROV (Remotely Operated Vehicle) a été effectuée suite à la découverte d'un objet magnétique, avec l'espoir que ce fût une des ancres de la Cordelière, illustrant l'approche réactive face aux indices. Les mesures sonar des fonds marins effectuées par des robots ont généré une grande quantité de données. Il a été stipulé que, bien que ces données appartiennent aux opérateurs, une copie devait être fournie au DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), notamment à Olivia Hulot ou Michel L'Hour, garantissant ainsi la mutualisation et l'archivage scientifique.

Les méthodes de cartographie ont inclus une commande online pour scanner une zone très large proche du fond. Cette opération était souvent précédée d'un relevé multi-faisceaux effectué par un bateau muni d'un sonar de ce type. Pour affiner les données, un pattern avec un mono-faisceau et DVL (Doppler Velocity Log) a été réalisé, permettant d'obtenir des informations précises sur la topographie et la composition du fond marin. Des données bathymétriques de la zone étaient nécessaires et un tél. a été contacté pour obtenir une carte bathymétrique de la zone.

Automatisation et Perspectives d'Amélioration

La robotisation de son savoir-faire est une orientation claire pour l'archéologie subaquatique. Cependant, cette démarche présente des défis. La lassitude chez l'opérateur et les erreurs humaines sont des facteurs que la robotisation cherche à pallier, mais cela reste à faire. L'intégration d'algorithmes spécifiques pour la détection et la caractérisation d'épaves est en cours, bien qu'il reste à implémenter quelques algorithmes. Dans ce domaine, l'ENSTA (École Nationale Supérieure de Techniques Avancées) serait ravie d'apporter son aide, démontrant l'intérêt académique pour ces avancées.

La validation de la localisation par Benoît Desrochers était un aspect crucial pour garantir la précision des relevés. Le rechargement des batteries des robots scanners peut s'avérer indispensable pour des missions de longue durée, et l'entreprise FORSSEA a tenté de valider cette étape délicate, bien que cela puisse parfois s'avérer impossible en environnement maritime. L'Université de Plymouth cherche également à valider l'autonomie et la fiabilité des systèmes robotiques. Les deux robots voiliers, malgré les défis, se sont montrés convaincants. René Ogor, en collaboration avec une équipe de l'ENSTA, s'est engagé dans la recherche d'épaves, tandis que l'équipe Kopadia a démontré les capacités de ses robots sous-marins. Auguste Bougois, avec son robot YODA capable d'accoster de façon autonome le long d'un bateau en mouvement, a effectué des essais de tractage autonome par YODA, ouvrant la voie à des opérations encore plus autonomes.

Les retours d'expérience ont mis en lumière plusieurs points d'amélioration. Il a été noté qu'il nous a manqué un plongeur lors de certaines opérations, soulignant l'importance de l'interaction homme-machine. La durée de deux jours d'expérimentation a été jugée clairement pas suffisante pour comprendre et fiabiliser les systèmes de manière approfondie. Le besoin d'informations ou de photos supplémentaires est constant pour une documentation complète. Malgré le fait que les personnes soient parfois dispersées et désynchronisées, les efforts conjoints ont permis de faire quelques lignes propres à la fin des trois jours, attestant d'une progression. Le Shom est lui aussi opérationnel et a pu être testé efficacement. L'article fait aussi référence au site associé au travail des 3A de l'ENSTA Bretagne pour l'UV 5.7, invitant à consulter ces ressources pour préparer de premières expérimentations.

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