La Photographie de Surf à Royan et en Charente-Maritime : Entre Art, Passion et Immersion Océanique

La Charente-Maritime, avec ses paysages côtiers emblématiques et ses vagues parfois imprévisibles, est devenue un terrain de jeu privilégié pour les photographes qui cherchent à immortaliser la beauté brute de l'océan et la puissance des surfeurs. Royan, en particulier, se révèle être un carrefour où des talents uniques, animés par une passion dévorante pour le surf et l'image, capturent des instants qui transcendent la simple photographie sportive. Ces artistes de l'objectif offrent une perspective singulière sur le monde de la glisse, mêlant technicité, sensibilité et une connexion profonde avec le milieu marin. Leurs œuvres racontent des histoires, qu'il s'agisse de performances sportives, de voyages initiatiques ou de l'intimité d'une relation avec la mer.

SergDady (Adrien Lahaye) : L'Artiste de l'Immersion Visuelle à Royan

Installé depuis 2018 à Royan, en Charente-Maritime, Adrien Lahaye, connu sous le nom de SergDady, incarne parfaitement cette fusion entre l'art et l'océan. Son parcours est marqué par une démarche artistique profonde : avant de photographier, SergDady a d'abord dessiné. Cette expérience fondatrice a profondément façonné son approche visuelle. "Venant du dessin, la composition et les couleurs sont à mon sens deux choses essentielles pour raconter correctement une prise de vue", explique-t-il, soulignant l'importance de ces éléments dans sa manière de capter le monde.

Après une formation solide en art et cinéma à Bordeaux, Adrien Lahaye a débuté sa carrière comme photographe en free-lance à seulement 19 ans. Son chemin l'a mené à des expériences riches et variées, l'emportant notamment en reportage lors d’une mission humanitaire en République Dominicaine, une période qui a sans doute élargi sa vision du monde et sa capacité à saisir l'humain. Il a ensuite effectué une parenthèse professionnelle, sans rapport direct avec la photographie, au sein de la prestigieuse maison Hermès. Cependant, après quelques années, l'appel de son art et de l'océan est devenu irrésistible, l'envie de renouer avec sa véritable passion étant la plus forte.

L'océan, pour SergDady, n'est pas seulement un décor ; c'est un personnage essentiel de son travail. En tant qu'enfant de la côte Atlantique et surfeur à ses heures pas vraiment perdues, il entretient une relation intime avec la mer. Depuis son installation à Royan, il n'a de cesse de rechercher "le lien intime entre la photographie, la mer et le spectateur, où chaque prise de vue devient une expérience immersive", explique-t-il. Cette quête d'immersion et d'émotion se retrouve dans la diversité de ses services photographiques. Outre le surf, SergDady met en valeur les produits sur fond blanc, fond ambiance ou en situation, une compétence idéale pour l’e-commerce, les catalogues et les campagnes publicitaires, avec des réalisations en studio à Royan ou sur les sites de production en Charente-Maritime. Il excelle également dans les portraits de dirigeants, d’équipes et de collaborateurs, en lumière naturelle ou en studio, offrant une image forte et cohérente pour la communication RH, les supports marketing et les réseaux sociaux. Son talent s'étend au reportage photo en immersion dans l'entreprise, documentant les locaux, le savoir-faire, l'ambiance de travail et les événements internes pour une documentation visuelle authentique. La photographie gastronomique pour les restaurants, chefs et producteurs alimentaires, avec des images appétissantes et professionnelles, fait également partie de ses réalisations. SergDady est également un télépilote certifié DGAC, permettant des prises de vue aériennes 4K par drone sur l’ensemble de la Charente-Maritime, couvrant bâtiments, sites industriels, événements, paysages côtiers et patrimoine territorial. Ses compétences s'étendent à la captation photo haute cadence d’événements sportifs tels que le triathlon, le beach volley, le surf, le nautisme et les sports extrêmes, où ses photos reflètent la dynamique et l’intensité de l’effort sportif en Charente-Maritime. La valorisation des sites touristiques, hébergements, offices de tourisme et espaces naturels constitue une autre facette de son travail, créant des images qui font rêver et incitent à découvrir la Charente-Maritime, avec des références comme Destination Royan Atlantique ou Vaux-sur-Mer. Enfin, il réalise des shootings mode, des lookbooks et des campagnes bijoux, en studio ou en extérieur, avec une direction artistique soignée. La couverture photo complète d'événements professionnels et institutionnels (séminaires, conférences, soirées, salons, inaugurations) fait également partie de son offre, offrant un regard documentaire essentiel pour archiver et valoriser ces moments clés.

Le Récit d'un Voyage Héroïque : Ismaël Guilliorit et l'Objectif de SergDady

L'une des collaborations les plus marquantes d'Adrien Lahaye fut celle avec le Royannais Ismaël Guilliorit-Nilsen. Le 11 novembre 2023, Ismaël Guilliorit, âgé de 45 ans à l’époque, une barbe hirsute de Viking norvégien, sortait de sa dernière session devant la plage de Huntington Beach aux États-Unis, auréolé d’un titre de vice-champion du monde de parasurf. C’était une consécration, une médaille d’argent dont Ismaël osait à peine rêver. "J’avais tenté deux fois, avant, depuis 2015… J’espérais faire aussi bien en allant jusqu’en demi-finale", confiait-il, la qualification pour la finale ayant même "contrarié" son emploi du temps, l'empêchant de faire un crochet par San Diego pour voir des amis.

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Ce voyage, Adrien Lahaye l’a vécu aussi, en tant que troisième larron de ce road-trip le long de la côte californienne, jusqu’à Huntington Beach, au sud de Los Angeles. Photographe et surfeur, "SergDady" a eu l’œil partout, saisissant chaque instant de cette aventure humaine et sportive. Ismaël Guilliorit avait des attentes bien spécifiques pour ce reportage photographique. "Adrien, j’aime sa singularité, sa capacité à capter les émotions", déclarait Ismaël. Il ne voulait pas qu'Adrien fasse "uniquement des photos de sport", il souhaitait "quelque chose de plus sensible". Il lui a demandé de saisir "tout ce qu’il y avait à montrer ! Nell, moi, les gens, les paysages…" L'objectif était que les personnes qui découvraient l'exposition aient "l’impression d’avoir fait la balade avec nous". Car ce voyage, c’est mille histoires en une, mille images. "12 000, en fait", corrige SergDady, témoignant de l'ampleur du travail de capture.

Parmi ces instants mémorables, SergDady a immortalisé la rencontre avec le légendaire "The Greek", Bob Bolen, un shaper renommé de 80 printemps, fabricant de planches hors pair. Au culot, Ismaël Guilliorit l’a contacté une fois sur place : "Vous n’auriez pas une de vos planches à me prêter ou me louer… ?" "The Greek" ne lui a pas dégoté une, mais trois planches, "dont le tout premier exemplaire de sa série de planches shorty justement baptisées The Greek ! Bob Bolen me l’a amenée au camping-car à 22 h 30 la veille de la finale ! Et le lendemain, il est venu me voir surfer !" Un témoignage de la solidarité et de la passion qui animent ce milieu.

Une autre de ces 12 000 images touchantes est celle de son fils Nell, qui a balayé méticuleusement le tapis d’accès à l’eau pour les athlètes, y mettant du cœur et décrochant son accréditation de bénévole. "Ça lui a ouvert les portes du buffet", racontait Ismaël avec humour. "Quand je suis sorti de l’eau après la finale, tout content de mon résultat, lui était encore plus content qu’il y ait du poulet rôti au menu ! Il m’en avait ramené un morceau", ajoutant, "À la cool, sans pression, comme papa." SergDady a saisi ces moments de complicité entre Nell et son barbu de papa, l’atmosphère si spéciale de la côte ouest des États-Unis, sa folie douce, ses vagues, ses couchers de soleil, ses visages. Les yeux d’Adrien Lahaye étincellent encore de mille étoiles quand il en parle, évoquant des rencontres inattendues, comme celle d'un "type habillé en Batman" ou le "camping-car stationné gratuitement sept jours en bord de plage", un petit privilège dû à une rencontre.

Humainement, Ismaël Guilliorit y voit aussi et surtout un message, une histoire à partager. "Juste celle d’un fils et de son père qui se font un petit voyage, avant que le fils n’ait trop grandi…" L'histoire n'est pas "que" celle d’un papa amputé sous-tibial à la naissance, qui jouait au foot avec sa prothèse, s’est révélé dans le surf, et a exploité avec l’association Vagdespoir sa faculté à rapprocher handis et valides dans le plaisir et les sourires, autour des sports de glisse. Ismaël, que l'on surnomme le "surfeur pirate", a déjà beaucoup parlé de son handicap, avec la même transparence et la même bienveillance. Samedi 28 juin encore, il dissertait au Palais des congrès avec les ados élus du Conseil municipal des jeunes de Royan, au milieu de l’exposition « Partage », accompagné de son complice Adrien Lahaye. Pour autant, Ismaël Guilliorit ne voit pas cette exposition racontant ce voyage en Californie comme traitant uniquement du handicap. Les 140 photographies sont tirées en grand format, et l’exposition est visible jusqu’à ce mardi 1er juillet au Palais des congrès de Royan, invitant le public à une véritable immersion.

Tony Voisin : Le "Photographe Poisson" de la Côte Sauvage

Un autre pilier de la photographie de surf dans la région royannaise est Tony Voisin. Ce Royannais est devenu le photographe des surfeurs de la Côte Sauvage. Ce qui distingue Tony, c'est sa capacité et sa volonté à se jeter à l'eau aux côtés de ses modèles. "Le Royannais Tony Voisin n’hésite pas à se mettre à l’eau pour ses modèles", soulignant une immersion totale dans l'élément. Photographe professionnel depuis quinze ans, il s’est spécialisé dans les clichés de surfeurs, faisant de la Côte Sauvage son terrain de chasse privilégié.

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Son parcours n'était pas initialement tracé vers le monde de la glisse. Après des études pour devenir professeur de sport, la vie amoureuse l’a mené vers New York. "M’immerger dans cet immense espace urbain m’a donné tout de suite une énergie folle", confie celui qui arpentait alors déjà les rues de la « Grosse Pomme » muni de son appareil photo. Sa rencontre avec la photographie fut un hasard heureux et décisif : "Un jour béni, le responsable photo ne s’est pas pointé. On m’a demandé dans l’urgence de prendre sa place. C’est à cet instant précis que l’histoire a commencé pour moi", lance cet autodidacte. Repéré pour son talent, de gros studios lui ont confié des commandes. Mais après cinq années trépidantes, le Royannais, en mal du pays, a décidé en 2013 de rentrer au bercail.

Fort de son "background" et de cette expérience new-yorkaise, ce passionné a continué dans cette voie, trouvant auprès de ses amis surfeurs un soutien essentiel pour financer son matériel. Ce nouvel élan professionnel a boosté son moral. Amateur du duo de blues rock américain The Black Keys et joueur de guitare à ses heures perdues, Tony Voisin trouve désormais son énergie dans les vagues de la Côte Sauvage. "Tôt le matin, au lever du soleil, les vagues peuvent être magnifiques et les photos aussi", explique-t-il, décrivant les conditions idéales qu'il recherche. "Lorsque je suis dans l’eau, j’existe pleinement", indique le "photographe poisson", un surnom qui lui sied à merveille, car il immortalise les figures de style des surfeurs avec lesquels il est en phase. Il apprécie et respecte le code des surfeurs qui "tourne autour de la solidarité". Cette proximité avec l'action et avec les surfeurs lui permet de capturer l'essence même de leur sport et de leur communauté.

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