La pratique de la plongée sous-marine, qu'elle soit récréative ou technique, exige un niveau d'organisation rigoureux. Au-delà de la préparation du scaphandre et de la vérification des mélanges gazeux, un aspect souvent négligé mais crucial réside dans la gestion de l'équipement une fois arrivé sur le lieu de mise à l'eau. Le monde de la plongée n’échappe pas aux tendances du monde extérieur, les effets de mode y existent comme partout ailleurs. Ainsi il y a quelques années, une grande majorité de plongeurs et de plongeuses avaient succombé à l’attrait des palmes Mares Volo, que ce soit en version chaussantes ou réglables, si bien que sur le bateau de plongée, il en devenait difficile de savoir quelle palme appartenait à qui. Les modes changent, et aujourd’hui, je constate plutôt un engouement pour des palmes que j’ai pu tester, à savoir les fameuses « PatKanard ».
La problématique de l'identification sur le pont
Lorsque nous partons pratiquer notre activité favorite, nous stockons en général plus ou moins bien notre matériel sur le bateau. Certains d’entre eux sont bien conçus et spacieux, de ce fait ils permettent facilement d’isoler ses palmes près de son scaphandre personnel, ou bien de les accrocher sur un rack les unes à côté des autres sur le pont de mise à l’eau. Par contre, quand on plonge depuis un semi-rigide, il est très courant que les palmes se retrouvent empilées les unes sur les autres devant la console, et cela peut être la cause d’un mélange qui peut amener stress et énervement lors de la mise à l’eau. L’idée de ce billet est donc de vous donner quelques idées pour éviter d’avoir « à courir » après vos palmes avant ou après la plongée, en plus c’est assez difficile sur un semi-rigide.
A l’occasion d’une sortie plongée à Gozo, avec plusieurs copains, deux amies plongeuses avaient involontairement interverti leurs palmes, les fameuses Volo Race, mais en pointures différentes. L’une avait pris une palme en pointure de l’autre et avait gardé une de ses propres palmes, ce qui fait que l’autre s’était retrouvé avec la deuxième partie du puzzle à quatre pièces. On le voit bien à la lumière de cette anecdote somme toute assez cocasse, on a vite fait de se tromper avec la palme du voisin.
Méthodes de marquage et personnalisation
En tout premier lieu, je pense que mettre un gri-gri sous les palmes avec un marqueur indélébile peut éviter pas mal d’ennuis. Ce gri-gri peut être vos initiales, un dessin, si on sait dessiner, ce qui n’est pas mon cas. Il y a aussi l’idée de donner un coup de peinture glycéro sur leurs palmes, cela donne une personnalisation immédiate. Par contre, les palmes étant amenées inévitablement à entrer tôt ou tard en frottement avec une roche, cette peinture se dégrade assez vite et s’abîme rapidement, ce qui fait qu’on relâche des micro-particules plastiques dans la mer. Cette approche, bien qu'esthétique, pose un problème environnemental réel lié à l'érosion des revêtements chimiques dans l'écosystème marin.
L’utilisation de scotch d’électricien peut être une autre alternative : on place sur le long de la voilure, plutôt sur le dessus pour éviter les frottements inutiles, une ou deux bandes de scotch de couleur plutôt sur une surface lisse pour permettre d’identifier facilement les palmes. Si on a les moyens, on peut acheter deux paires de palmes de même modèle, mais de couleur différente, puis les mixer ensemble. J’ai vu aussi des entreprises qui proposent des systèmes de flocage assez résistant, initialement destiné aux clubs de hockey subaquatique, mais qui peuvent être assez simplement adapté à vos palmes, et ce, pour une somme assez modique. Je peux donner en exemple l’offre proposé par la société more-sport.
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Souvent les choses les plus simples sont aussi les meilleures : un simple sandow pour lier vos palmes ensemble sur le bateau les rendront solidaires et repérables par tout un chacun. Avant de partir plonger, il suffit de passer le sandow en double autour de votre poignet, de le glisser dans votre mesh-bag, ou encore plus simplement de le ranger dans une des poches de votre stab.
Maintenance structurelle : le remplacement des bandes de protection
Au-delà de la personnalisation visuelle, l'entretien structurel des palmes de haute performance, notamment celles en carbone, est une opération délicate qui nécessite de la précision. Pour ne pas ouvrir un nouveau post et compléter humblement celui-ci, voici comment j'ai remplacé les bandes caoutchoutées "pare-ragage" de palmes Breier carbone. D'abord, il faut enlever les anciennes bandes avec un ciseau à bois affûté, en faisant attention de ne pas entamer la résine d'enrobage des fibres. Là où c'est décollé, c'est facile, mais là où ça tient bien, c'est plus sportif, attention à ne pas finir aux urgences à cause d'un dérapage non contrôlé. Je préfère laisser un chouïa plutôt que d'entamer la voilure. Pour la pose, j'ai utilisé la colle 480 qui est enrichie en caoutchouc pour la souplesse.
Cette technique souligne l'importance de choisir des adhésifs compatibles avec les matériaux composites. La souplesse est une caractéristique essentielle pour une palme car elle doit absorber les contraintes mécaniques lors du battement sans se fissurer. L'utilisation de colles cyanoacrylates renforcées au caoutchouc permet de maintenir une adhérence durable tout en suivant la flexion naturelle de la voilure. Lors de cette intervention, il faut garder à l'esprit que la résine époxy des voilures en carbone est extrêmement sensible aux entailles ; une simple éraflure peut devenir un point de rupture sous l'effet de la pression hydrostatique.
L'importance de la gestion du matériel en milieu hostile
La gestion de l'équipement sur un bateau de plongée, particulièrement dans des conditions de mer agitée, relève d'une logistique de précision. La confusion entre des palmes identiques, comme l'anecdote de Gozo l'a illustré, peut rapidement transformer une mise à l'eau sereine en un moment de tension inutile. L'utilisation de marquages distinctifs, qu'il s'agisse de peinture, de rubans adhésifs ou de systèmes de flocage, ne sert pas seulement à l'esthétique ; c'est un outil de sécurité passive. En réduisant le temps passé à trier le matériel, on diminue le temps d'exposition du plongeur au stress avant l'immersion, ce qui est un facteur clé dans la prévention des incidents de plongée.
La question de la durabilité des marquages est également un point de réflexion critique. Si la peinture glycéro est une solution rapide, sa dégradation rapide est problématique pour l'environnement marin. Il est donc préférable de privilégier des solutions mécaniques, comme le sandow, qui ne nécessitent aucune altération chimique de la voilure. Le sandow, par sa simplicité, permet non seulement de maintenir les palmes appairées, mais offre également une solution de rangement efficace, évitant que les palmes ne traînent sur le pont où elles pourraient être piétinées ou endommagées par d'autres équipements lourds, comme les blocs de plongée.
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Analyse des matériaux et interactions mécaniques
Dans le cadre de l'entretien des palmes, il est crucial de comprendre la nature des polymères utilisés. Les voilures à base de technopolymères ou de fibres de carbone exigent des soins différents. Pour les voilures en composite, le "pare-ragage" n'est pas qu'un accessoire esthétique ; il protège les chants de la voilure contre les chocs directs sur les roches ou les structures métalliques. Lorsqu'on remplace ces protections, la préparation de la surface est l'étape la plus critique. Un dégraissage méticuleux avec un solvant approprié, qui n'attaque pas la résine, est indispensable pour assurer une tenue optimale du nouvel adhésif.
Il est fascinant de constater comment les plongeurs adaptent des outils issus d'autres disciplines, comme le hockey subaquatique, à leurs besoins spécifiques. Cette approche transversale favorise l'innovation. Le flocage, par exemple, offre une résistance à l'abrasion bien supérieure aux peintures classiques tout en conservant une grande souplesse, ce qui est idéal pour les zones de flexion des palmes. Ces solutions, bien que parfois conçues pour des usages plus brutaux, s'intègrent parfaitement aux contraintes de la plongée sous-marine, où l'abrasion par le sable et le sel est constante.
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