Les douleurs et pathologies de l’épaule sont fréquentes, et source de nombreuses consultations médicales. L’épaule est l’articulation qui joint le tronc au bras. Très sollicitée au quotidien, elle est l’articulation la plus mobile du corps humain ! Elle se compose de trois os : la clavicule, l’omoplate et l’humérus ; ainsi que de plusieurs muscles, ligaments et tendons (les principaux étant les tendons de la coiffe des rotateurs). On parle de pathologie de l’épaule pour désigner toute lésion musculaire, articulaire, ligamentaire, tendineuse ou encore osseuse affectant l’épaule. Les traumatismes de l’épaule sont courants, particulièrement dans le sport.
Mécanismes des lésions et spécificités sportives
La coiffe des rotateurs désigne l’ensemble des 4 tendons de l’épaule rattachés à la tête de l’humérus. Sa rupture peut faire suite à une succession de micro-traumatismes, ou à un traumatisme direct et important. La lésion SLAP désigne une rupture des tendons du biceps ou du triceps. La tendinite de l’épaule est une pathologie fréquente, qui se manifeste par une douleur lors de l’extension du bras. Les autres symptômes sont un craquement au niveau de l’épaule, ainsi qu’une raideur de l’articulation. En cas de tendinite du biceps, les douleurs se manifestent à l’avant de l’épaule et s’étendent jusque dans le bras. L’épaule devient généralement instable à la suite d’un traumatisme (luxation).
Dans les sports de glisse comme le windsurf ou la pratique de la wing, les contraintes sont réelles. Certains pratiquants, après des sessions rapprochées, se retrouvent avec une double tendinite des tendons supra-épineux et une épaule bien bloquée. Le harnais, bien qu'utile pour soulager le poids du corps, ne supprime pas les tensions générées lors du maintien de la voile haute en mode surtoilé. La pratique de la wing, en particulier, impose de garder les bras levés en permanence, ce qui n'aide visiblement pas beaucoup. Les choses s'améliorent rapidement dès qu'on se relâche et qu'on comprend que forcer est contre-productif dans ce sport.
Différenciation des pathologies : inflammation, rétraction et usure
La capsulite de l’épaule est une pathologie très progressive. Elle se manifeste d’abord par une douleur de l’épaule, puis par un enraidissement graduel de l’articulation. Certains sportifs ayant pratiqué le windsurf rapportent avoir connu des capsulites rétractiles sur chaque épaule. La capsulite est une maladie de l’épaule très différente appelée aussi maladie de l’épaule gelée. Il s’agit d’une réaction excessive et réflexe d’un système de défense de l’épaule qui provoque comme une hibernation de l’articulation. Cette maladie se caractérise par une rétraction de la capsule articulaire. On pourrait la comparer à la rétraction des antennes d’un escargot qui réagit très fort et de façon réflexe et involontaire à des sollicitations minimes. Plus on y touche, plus cela se rétracte.
La tendinite de l’épaule est une souffrance inflammatoire des tendons qui concerne le plus souvent un ou plusieurs tendons de la coiffe des rotateurs. Cette maladie des tendons peut être provoquée par l’excès de mouvement et donc de frottement, parfois aussi par une perte d’élasticité tendineuse due à l’âge avec des tendons qui deviennent dégénératifs et donc qui s’effilochent, se craquèlent, voire se rompent. C’est la tendinose dégénérative. Une bursite de l’épaule accompagne assez systématiquement la souffrance tendineuse, car la bourse au contact du tendon le protège en sécrétant alors plus de liquide. Par ailleurs, la souffrance du tendon est souvent la conséquence de son frottement contre la voûte osseuse, dont le tendon n’est séparé que par la bourse sous-acromiale qui sert d’amortisseur des contraintes.
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L’omarthrose de l’épaule, appelée aussi arthrose gléno-humérale, pose quant à elle un sérieux problème. Cette maladie de l’épaule génère douleur, raideur et impotence. Le traitement de cette pathologie doit rester le plus longtemps possible médical. Lorsque la situation est dépassée, le recours à une prothèse d’épaule totale reste la seule issue pour soulager. L’origine de cette maladie est double : soit des séquelles de traumatismes de l’épaule avec une destruction par une fracture complexe, ou des luxations répétées de la surface articulaire, soit souvent la conséquence d’une rupture de coiffe non réparée et mal rééduquée qui use à la longue l’épaule.
Diagnostic clinique et évaluation des risques
L’anamnèse est cruciale : âge, sexe, facteurs de risque, antécédents de blessure, chronicisation, mode d’apparition traumatique ou atraumatique. L’examen clinique et la palpation de l’épaule recherchent un gonflement, une atteinte osseuse ou des tissus mous, une instabilité ou une atrophie musculaire. Pour la rupture de la coiffe des rotateurs, des tests spécifiques sont utilisés : Drop arm test, Jobe test, Belly test ou bear hug test.
La pathologie de l’épaule représente le premier motif de consultation chez le nageur compétiteur. La prévalence des douleurs est de 40 à 91 %. La coiffe des rotateurs est en première ligne dans cette pathologie dite “d’overuse”. Il est remarquable, au niveau de l’épaule du sportif, de souligner que les lésions ne concernent pas les complexes musculo-tendineux principalement sollicités par la pratique sportive. On note chez le sportif une tendance à l’enroulement des épaules en relation avec une rétraction de la sangle antérieure. La répétition des mouvements, associée à l’étirement lors du mouvement des muscles antagonistes, favorise les lésions d’anoxie tissulaire dans les zones les moins bien vascularisées du supra-épineux et du long biceps.
Prise en charge et rééducation fonctionnelle
Le traitement de 1ère intention pour une rupture de la coiffe des rotateurs vise à soulager la douleur, restaurer la biomécanique et améliorer la fonction. Cela inclut la modification d’activité, les anti-inflammatoires, les corticoïdes injectables, ainsi que des exercices basés sur la dynamique scapulo-humérale et le renforcement du deltoïde et du péri-scapulaire.
Pour une capsulite, si les premières infiltrations ne donnent pas de résultats, il est essentiel de trouver un bon kiné qui connaît spécifiquement cette pathologie. Les ultrasons sont parfois jugés peu efficaces par les patients. Le repos est le maître-mot : si vous ne stoppez pas la pratique, vous allez aggraver la situation. Une compensation naturelle et trompeuse consiste à bouger l’épaule dans l’articulation entre l’omoplate et le thorax. Elle donne l’impression au patient d’arriver quand même à faire le mouvement, mais celui-ci est fait en basculant et la rotation externe du bras est impossible.
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En matière de prévention et de renforcement, un gros travail de musculation du dos et surtout du deltoïde postérieur est souvent préconisé. Les exercices de rotations externes avec élastique, ou les pompes scapulaires, stabilisent l’omoplate et rééquilibrent les forces, évitant les frottements tendineux causés par le déséquilibre musculaire. Avant l’eau, un échauffement de 10 à 15 minutes est indispensable pour activer la coiffe des rotateurs. Après chaque session, étirez doucement épaules, pectoraux et dos. Cela relâche les tensions accumulées. Un manque de récupération augmente le risque de récidive.
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