Le parachute de palier est un accessoire de sécurité indispensable pour les plongées en mer. Vous comprendrez très vite que c’est une pièce d’équipement du plongeur à ne pas négliger. En vérité, le parachute de palier n’est pas là pour faire joli ; il est utile en plongée sous-marine pour signaler votre présence ou un problème. Au-delà de l’obligation légale, qui stipule qu'« En milieu naturel, chaque palanquée dispose d’un parachute de palier » (Article A. 322-80 du code du sport), le parachute de palier (Delayed Surface Marker Buoy ou DSMB en anglais) est avant tout un élément de sécurité important dans l’équipement du plongeur, mais également un accessoire de confort non négligeable. Le meilleur moyen d’assurer la présence minimale d’un parachute de palier dans chaque palanquée est que chaque plongeur ait un parachute de plongée. Vous saisirez également qu’il est utile d’avoir un parachute par plongeur et non par palanquée.
Le Parachute de Palier : Un Pilier de la Sécurité Sous-Marine
Le parachute de palier remplit plusieurs fonctions cruciales lors des paliers de décompression. Ses trois principaux usages sont la signalisation des plongeurs en surface, la demande d'assistance auprès du bateau et la facilitation des remontées. En signalant la présence des plongeurs en surface, les bateaux peuvent ainsi se tenir à l'écart et ne pas gêner la remontée. En cas de besoin, une demande d'assistance auprès du bateau peut être effectuée, souvent signalée par deux parachutes côte à côte ou un parachute agité vigoureusement. Pour les remontées, la tresse du parachute sert de repère, facilitant le maintien de la profondeur de palier. La possession d’un parachute de palier à « soupape », permettant de le maintenir gonflé en surface en toutes circonstances, pourra même permettre des utilisations moins intuitives telles qu’une utilisation en point d’appui supplémentaire en surface pour un plongeur fatigué. C'est pourquoi, même si on suggère souvent d’attendre le deuxième niveau de plongée pour sa manipulation, j’aime l’idée que les plongeurs et plongeuses les manipulent dès le début de leur parcours lorsqu’ils/elles maîtrisent les bases de la flottabilité.
Choisir un Parachute de Palier Adapté : Caractéristiques et Critères
Un parachute de plongée se compose de trois éléments fondamentaux : une enveloppe de forme, de couleur et de sophistication variables, un bout (cordon ou tresse) et une housse et/ou attache à la stab. Pour un choix éclairé, il est impératif de considérer leurs caractéristiques.
Votre parachute de palier doit d’office avoir un “bec de canard”. C’est une configuration particulière destinée à ne pas laisser s’échapper l’air. De cette manière, il ne se dégonflera pas en surface. Un modèle muni d’une soupape pour éviter qu’il ne se déchire lors de la remontée est également primordial (quand l’air va reprendre du volume). C’est plus simple aussi pour le dégonfler. Comme son nom l’indique, le parachute de palier avec soupape est muni d’une soupape empêchant la surpression (et donc la déchirure) de votre parachute. Grâce à la soupape et à la forme dite “en bec de canard” qui empêche le retour de l’air vers l’extérieur, l’air injecté dans le parachute ne sortira pas et votre parachute tiendra bien droit en surface. Vous ne devrez pas faire attention au volume d’air que vous injecterez.
Concernant la couleur, il devra être rouge orangé. Les parachutes jaunes sont utilisés par les plongeurs TEK pour signaler une urgence vitale, laissons donc de côté ce type d’engin. En d'autres termes, privilégiez les couleurs flashy, mais attention, le parachute de palier jaune délivre un message d’urgence. Assurez-vous également que votre parachute soit suffisamment grand pour être repéré de loin et qu'il soit en bon état, cela va de soi. Les parachutes de paliers Scubapro, Aqualung, Apeks, DAN et dans les autres marques présentes sur le marché sont aujourd’hui de bonne qualité. Vous choisirez votre parachute en fonction de vos besoins, du prix, de vos affinités avec les marques ou des conseils de vos moniteurs ou binômes. Sachez que si vous êtes attentifs aux caractéristiques de base énoncées plus haut, vous ne pourrez pas avoir de mauvais parachute. Il s'agit généralement d'un parachute de palier en nylon à l’allure de toile souple.
Lire aussi: Aqualung : Caractéristiques du parachute expliquées
Pour une sécurité accrue et une identification facilitée, vous pouvez personnaliser votre parachute. Inscrivez votre nom et votre numéro de téléphone portable au marqueur indélébile sur votre parachute. Cela n'est pas pour qu'on vous appelle au palier, mais au cas où vous perdriez votre parachute en mer, par exemple parce que vous avez été contraint de le lâcher ou parce que le bout a cédé. Toute personne le trouvant en mer, même plusieurs jours après, pourra vérifier que vous êtes bien remonté. Cela évitera de déclencher les secours en mer et lancer des recherches inutiles. Également disponibles sur le marché, des parachutes munis d’une bande métallique détectable par les radars. C'est sympa si vous avez peur d’être perdu en mer, et vous pouvez même le coupler avec un Nautilus Lifeline. De cette manière, on saura que c’est le vôtre et la personne en surface pourra mieux identifier les palanquées.
Les Différents Systèmes de Lancement des Parachutes de Palier
Il existe diverses configurations pour les parachutes de palier, chacune présentant ses propres avantages et inconvénients en matière de déploiement et de gestion du bout.
Le Parachute à Plomb : La Méthode Classique
La solution classique la moins coûteuse et la moins encombrante est le parachute à plomb, mais elle n'est pas spécialement la meilleure. Avec ce système, vous déployez le parachute et le fil qui y est accroché se déroule entraîné par le poids du plomb. Pour cela, prenez bien soin d’être dans une zone présentant une profondeur plus importante que celle du fil du parachute plus les 5 ou 6 mètres représentant votre profondeur de palier. Le parachute se gonfle la plupart du temps avec l'octopus et remonte en surface. Il ne reste plus alors qu’à remonter en enroulant le fil autour du plomb durant l’ascension.
Cependant, cette technique, bien que souvent enseignée, présente des défis. Il suffit de voir le nombre de plombs qui viennent s’écraser sur les fonds marins. Le plomb peut s’y coincer et la personne va tirer dessus au risque d’abîmer les récifs. Souvent, on voit au palier des plongeurs et plongeuses se démener avec les nœuds déjà présents dans le fil. Après, si le fil ne vient pas se coincer dans une palme, une jambe ou un autre accessoire, il faut que le fil soit suffisamment long pour que le plongeur ne soit pas attiré trop vite vers la surface. Dans tous les cas, assurez-vous que votre profondeur soit moins importante que le nombre de mètres de fil disponible. Enfin, il convient d’arriver à enrouler proprement sous l’eau votre fil autour du plomb, ce qui n'est pas toujours évident manifestement. Peut-être serait-ce bien de changer.
Le Finger-Spool : La Simplicité du Dévidoir Manuel
Ici, vous allez avoir un parachute auquel sera accroché avec un mousqueton un petit dévidoir à manipuler avec vos doigts. Les avantages de ce système sont réels. D’abord, vous ne devrez pas attendre d’arriver au palier pour le lancer. Un autre avantage est que vous ne risquez pas de coincer le fil dans vos palmes ou de le voir venir se perdre dans le récif. Enfin, il n’y a pas (ou vraiment peu) de risque de faire des nœuds avec un finger-spool. Du coup, vous remontez calmement en enroulant le fil sur le spool.
Lire aussi: Choisir son équipement de vol rando
Bien entendu, tout n’est pas simple. Il s’agit de ne pas coincer votre doigt dedans ni de lâcher le spool et de le voir couler dans les profondeurs. Point de vue technique, rien de compliqué.
Le Dévidoir : Confort et Maîtrise Améliorés
C’est la méthode la plus simple à mes yeux, mais aussi la plus chère et la plus encombrante. En plus des avantages du finger-spool, le dévidoir permet d’enrouler très facilement et sans nœuds votre bout. Pour remonter, rien de plus simple, il suffit de rembobiner en gardant la tension dans le bout. D’un point de vue technique c’est hyper simple : enlevez le cran d’arrêt et faites partir votre parachute. Pas de risque de se coincer. Certains modèles ont comme cran d’arrêt une sorte de poignée. Avec cela, si vous vous sentez emporté, la tension dans le bout va vous faire serrer la gâchette et libérer le fil. Vous ne risquez donc normalement pas de remonter d’un coup. Arrivé au palier, vous pouvez même vous appuyer sur le dévidoir tout en gardant la bonne profondeur, c’est cool et reposant.
Notez que, même si pour ma part je le garde en main, comme il est muni d’un cran d’arrêt, dès que votre parachute a atteint la surface, il est possible d’accrocher le dévidoir à un anneau de votre stab et le cliquet cran d’arrêt jouera son rôle. Ça peut être intéressant si vous devez avoir les mains libres afin d’intervenir auprès d’un binôme en difficulté par exemple.
Le Parachute à Bouteille Individuelle : L'Autonomie Simplifiée
Ceux et celles qui veulent se rendre la vie facile seront tentés de s’équiper d’un parachute de palier avec bouteille. Le principe est d’avoir un parachute avec une mini bouteille accrochée dessus. Lorsque vous voulez gonfler votre parachute, il vous suffit d’ouvrir le robinet de votre bouteille. Les avantages sont la facilité d’utilisation, mais aussi la sécurité. En effet, il n’y aura aucun effet de déstabilisation ni modification de votre flottabilité. De plus, vous pouvez directement lâcher votre parachute, il continuera à se gonfler durant la remontée. Les inconvénients sont le poids et l’encombrement. Il faut aussi faire regonfler chaque fois votre mini bouteille. Vous pouvez aussi trouver sur le marché des parachutes de paliers avec leur bouteille individuelle de gonflage : plus besoin d’une source d’air, ça va tout seul.
Maîtriser le Lancement et le Gonflage de Votre Parachute de Palier
Indépendamment du système choisi, la méthode de déploiement et de gonflage est cruciale pour une utilisation efficace et sécuritaire du parachute de palier.
Lire aussi: Utilisation et avantages du parachute militaire
Préparation et Déploiement Initial
Commencez par déplier votre parachute. Pour cela, placez-vous toujours dos au courant lorsque vous manipulez votre parachute de palier. Une fois complètement déployé, vous devez maintenant gonfler votre parachute pour qu’il puisse remonter en surface signaler votre présence. D’une manière générale, déployez le parachute, mettez-y un peu d’air pour qu’il se déplie. Vérifiez que tout est OK et injectez plus d’air. Attendez que le bout monte (parachute à plomb). Tenez le finger-spool entre vos mains (si vous en utilisez).
Il est totalement inutile de remplir à fond votre parachute. En effet, en remontant, l’air subira moins de pression et gagnera en volume. Vous vous rappelez Boyle et Mariotte ? Dans tous les cas, si vous vous sentez emporté rapidement vers le haut, lâchez votre parachute en le gardant en vue et revenez le chercher calmement. Pour cela, même si vous utilisez un finger-spool ou un dévidoir, n’accrochez jamais votre parachute à votre gilet durant la manipulation. Le risque d’être emporté est bien réel.
Techniques de Gonflage
Il existe différentes manières d’injecter de l’air dans votre parachute de palier, chacune avec ses particularités.
1. Gonflage par l'Air Expiré
Certains utilisent cette technique qui consiste à souffler de une à trois fois l’air inspiré directement dans le parachute. Ce n’est pas la manière que je préfère. En effet, le fait d’être si proche du parachute de palier offre à mon sens trop de risque d’emmêlement. Et puis, cela suppose de devoir retirer le détendeur de votre bouche.
Ma technique est simple : après avoir entièrement largué le bout du parachute et avoir vérifié que rien n’y est accroché et qu’il n’y a aucune entrave, j’utilise l’air que j’expire normalement. En inclinant la tête vers la droite, je souffle une première fois dans le parachute pour le gonfler un peu. Une deuxième et/ou une troisième expiration gonfleront complètement le parachute et il suffira de le lâcher pour qu’il remonte gentiment.
2. Gonflage avec l'Octopus ou la Deuxième Source d'Air
On utilise cette source d’air pour venir gonfler le parachute de palier. Inutile d’aller insérer votre détendeur à l’intérieur du parachute au risque de le coincer. Si vous le positionnez bien en dessous, l’air va naturellement entrer dedans.
Cependant, je déconseille l’utilisation de l’octopus en le faisant fuser : faire fuser un détendeur dans l’eau l’expose à un risque de givrage (surtout en eau froide). De même, je vous suggère d’utiliser votre deuxième source d’air. Préférez faire deux ou trois jets directement dans le parachute avant de le laisser remonter. D’autre part, lorsqu’on envoie le parachute, c’est que l’on est normalement en fin de plongée et que les plongeurs sont classiquement proches de la réserve et donc plus proches d’une panne d’air éventuelle. Utiliser son octopus dans ce cas, amène le plongeur à ne pas le remettre en place (à sa place) après avoir gonflé le parachute.
3. Gonflage avec le Tuyau d'Inflateur de la Stab
Il s’agit d’utiliser votre tuyau d’inflateur et de le brancher directement sur le raccord spécial prévu sur votre parachute. Une fois gonflé, votre parachute va se détacher du tuyau d’inflateur et remonter. Je n’ai jamais utilisé ce système.
4. Gonflage avec l'Air de la Stab
Ici, l’idée est d’utiliser l’air contenu dans votre gilet pour gonfler votre parachute de palier. De cette manière, votre flottabilité va rester neutre.