Guide complet pour choisir sa pagaie de kayak démontable : entre performance, transport et randonnée itinérante

Le choix d’un kayak de mer adapté à sa pratique, à son niveau et son physique est capital pour vivre la meilleure expérience possible en randonnée. Le choix de la pagaie, bien qu’il fasse l’objet de beaucoup moins de discussions sur le web, n’est pas moins important. C'est en effet la pagaie qui permet la propulsion du kayak et garantit son équilibre. Un mauvais choix de pagaie peut vite transformer la plus belle journée en galère, voire en blessure. Mais comment choisir parmi la profusion de modèles ? Faut-il préférer un modèle traditionnel groenlandais ou une pagaie européenne, préférer le bois, le carbone ou la fibre, … ? Et quels accessoires prévoir ? Précisons tout d’abord que nous avons vu d’excellents pagayeurs randonner avec des pagaies qui ne répondent en rien à l’idéal décrit ci-dessous, … et en éprouver beaucoup de plaisir. C’est là l’essentiel. Notre propos n’est pas de discuter du choix de chacun mais de présenter les modèles les plus adaptés, en théorie, à la pratique de la randonnée itinérante en kayak de mer.

Fondamentaux de la pagaie et propulsion humaine

Les pagaies sont des équipements de randonnée permettant la propulsion, par l’énergie humaine, des canoës ou des kayaks. Elles se distinguent des rames par le fait qu'elles ne prennent pas appui sur l’embarcation. En kayak comme en canoë, on pagaie, on ne rame pas ! La pagaie se compose de deux parties principales, le manche et la pale. La taille et la forme de la pale de votre pagaie influencent la puissance et l’efficacité de votre coup de pagaie. Les pales plus larges se prêtent à des coups rapides et puissants qui vous permettent d’accélérer rapidement. En revanche, les pales plus étroites sont plus confortables pour les pagayeurs occasionnels et les pagayeurs de longue distance.

Lors du choix d’une pâle, la taille et la forme influencent son efficacité globale dans l’eau. La plupart des pales Pelican sont de taille et de forme très similaires et ont été conçues pour atteindre un équilibre dans l’efficacité de la pagaie en utilisant une forme asymétrique-diédrique. Cette conception permet de guider le flux d’eau sur la surface de la pale, réduisant ainsi les battements de la pagaie en dirigeant le flux le long de la face vers le bord extérieur. Un manche courbé ou un manche droit a un impact sur la performance et le confort sur l’eau. Les manches à angle ont plusieurs courbes sur chaque côté des zones de préhension, tandis que les manches droits, comme leur nom l’indique, sont droits. Les manches courbés maintiennent les poignets à un angle neutre par rapport aux avant-bras tout au long de votre propulsion, ce qui est plus confortable et minimise l’inconfort et la fatigue des poignets.

La diversité des formes : tradition et modernité

La pagaie traditionnelle, parfois appelée groenlandaise ou inuite, puise sa forme aux origines du kayak de mer, dans les savoirs du peuple inuit. Présentant de grandes variations, selon la partie du Groenland dont elle est inspirée, elle se caractérise par des pales étroites et très longues, qui se fondent progressivement avec le manche. Chez certains modèles, la transition entre pale et manche est légèrement marquée par une “épaule” tandis que d’autres présentent une progression sans interruption. Les deux pales sont toujours présentées sur le même axe. Cette forme induit un mouvement de pagayage avec les épaules et coudes bas et une rotation du tronc marquée. Les avantages sont une faible mobilisation des articulations des coudes et des poignets, une moindre mobilisation des muscles des bras et épaules et une fatigue réduite. Ces pagaies se prêtant peu aux appuis suspendus, on évite avec elle les traumatismes de l’épaule type luxation. Ce caractère peu traumatisant en fait une forme de pagaie particulièrement bien adaptée à la randonnée. Il existe un modèle de pagaie traditionnelle inspiré des îles Aléoutiennes, très intéressant pour la randonnée car présentant une nervure longitudinale sur une face des pales qui offre théoriquement plus de puissance et d’efficacité.

Héritée du monde du kayak de rivière, la pagaie européenne se caractérise par des pales courtes et larges, largement distinctes du manche. Elles permettent des manœuvres rapidement efficaces et des appuis sur l’eau très solides. Deux versions existent. Les modèles dits “high brace” qu’on pourrait traduire par “appui haut”. Ces modèles, à très larges pales, sont ceux qui permettent de reproduire le mouvement de rivière le plus fidèlement, avec une pagaie plantée très verticalement dans l’eau, offrant puissance, explosivité et vitesse. C’est pourquoi les fabricants proposent des pagaies européennes “low brace”. Si les pagaies traditionnelles présentent toujours les deux pales sur le même axe, la plupart des pagaies européennes ont, quant à elles, un axe plus ou moins croisé. L’objectif est double : permettre que la pagaie rentre dans l’eau perpendiculairement au kayak, dans la position idéale, sans nécessiter une trop grande rotation du poignet et ainsi réduire les risques de tendinites. Il faut noter que plus l’angle est marqué, moins les placements de pales pour les appuis seront naturels et spontanés.

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Les spécificités des modèles démontables

Pour répondre aux contraintes modernes de transport et de stockage, les fabricants proposent des modèles démontables. Deux principes d’assemblage existent, par tenon-mortaise ou par levier de pression, chacun décliné dans d'infinies variations. Il est important de garder en tête que ces éléments constituent toujours un point de fragilité de la pagaie. Pour notre part, nous évitons les pagaies en plus de deux brins et attachons une attention toute particulière à vérifier la réputation du système et sa bonne réalisation sur la pagaie achetée. Ainsi, nous préférons le système de tenon-mortaise sur des pagaies ovalisées ou présentant une zone d’emboîtement interne plutôt que sur des pagaies à manche rond. Quant au système de levier pression, nous évitons les modèles dont le resserrage sur le terrain semble compliqué.

Néanmoins, l'essor des pratiques comme le pack raft a démocratisé les modèles 4 brins. Certains utilisateurs, forts d'années de pratique, soulignent que les systèmes de montage des pales et du manche très stables sont le gage de réussite sur le long terme. Si les modèles 4 brins offrent un encombrement minimal, il faut veiller à ce que le jeu mécanique soit réduit au minimum. La solidité des matériaux devient ici cruciale : si les pales en carbone ou fibre peuvent se délaminer sur la tranche en usage intensif, les pales épaisses en polymère les rendent souvent quasi indestructibles, bien que plus lourdes.

Matériaux : poids, durabilité et confort

Les manches et pales de pagaies européennes sont produits dans différents matériaux. L'aluminium, utilisé dans la fabrication de manches, a comme principaux avantages la solidité et surtout un tarif très abordable. Il est en général associé à des pales en plastique. L'aluminium a tendance à se corroder dans l’eau salée ou saumâtre et doit être rincé à l’eau douce après chaque utilisation. L'aluminium peut chauffer rapidement par temps chaud et être froid au toucher par temps froid.

Les manches en fibre de verre apportent un vrai gain côté poids, qualité de contact et souplesse. Cette souplesse évite la transmission des vibrations et réduit les blessures de type tendinites du coude. C'est un matériau durable, rigide et relativement sans entretien. Les pales en plastique/nylon rempli de verre sont le matériau le plus économique et le plus durable. Manche et pales en fibre de carbone sont très durables, extrêmement rigides et les plus légers. Ce matériau ne se corrode pas dans l’eau salée et conserve une sensation de confort en main lorsque les températures atteignent des niveaux extrêmes. Traditionnellement fabriquée à partir de bois flotté renforcé d’os aux extrémités, la pagaie traditionnelle est aujourd'hui majoritairement fabriquée en bois de cèdre rouge d’Amérique.

Dimensions, réglages et ergonomie

La bonne longueur de pagaie dépend de votre taille et de la largeur du kayak. En randonnée en kayak de mer, on considère en général qu’elle se détermine en se tenant debout, bras et main levés. La pagaie, verticale, devrait pouvoir être tenue du bout des dernières phalanges, repliées. Dans la plupart des cas, les kayaks gonflables sont généralement plus larges que les kayaks rigides et nécessitent donc une pagaie plus longue. D'après notre expérience, une longueur de pagaie d’au moins 230 cm convient parfaitement aux pagayeurs de 5 pi 2 po à 6 pi 6 po de hauteur lorsqu'ils pagaient sur nos kayaks.

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Outre les questions de matériaux, il est important de prendre en compte la possibilité de « feather » (plumer) une pagaie. Les pales des pagaies appariées, ou non plumées, sont égales le long de l’axe central de la pagaie, alors que les pales plumées ne le sont pas. Les pales en plumes sont décalées les unes par rapport aux autres, ce qui améliore l’efficacité de la pagaie en réduisant la résistance au vent. Toutes les pagaies ne se présentent pas avec le même diamètre de manche. C’est un critère important selon que vous avez de grandes ou petites mains. Certaines pagaies ont un manche dont la section est ovale, une caractéristique qui facilite la préhension et évite que la pagaie mouillée ne glisse trop mais qui, chez certaines personnes, provoque des douleurs des muscles de la main.

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