La richesse de la faune marine offre un spectacle fascinant, et parmi les créatures qui l'habitent, les oiseaux plongeurs occupent une place particulière. Cet article explore diverses espèces d'oiseaux plongeurs que l'on peut observer en bord de mer, en mettant l'accent sur leurs caractéristiques distinctives, leurs comportements alimentaires et leurs habitats.
Aigrette garzette
L'Aigrette garzette, cousine du Héron cendré, se distingue par son plumage blanc immaculé. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce. En plumage nuptial, elle se pare de plumes ornementales à l'arrière de la tête et de plumes duveteuses sur le dos et le cou. Ses pattes noires aux pieds jaunes permettent une identification aisée. L'Aigrette garzette fréquente les milieux aquatiques variés, qu'ils soient salés, doux ou saumâtres, où elle trouve sa nourriture : petits poissons, amphibiens, vers, crustacés, mollusques et insectes. Contrairement au Héron cendré, sa technique de pêche est active.
Goéland leucophée
Le Goéland leucophée se distingue par ses pattes jaunes, contrairement au Goéland argenté dont les pattes sont roses. Son plumage est blanc immaculé en dessous et gris sur le manteau. Opportuniste, il se nourrit de petits oiseaux, d'oisillons, de charognes et de déchets. D'origine méditerranéenne, il niche en colonies sur les falaises et les îles du littoral.
Bécasseau sanderling
Ce petit limicole se rencontre sur les plages, au ras des vagues. On le reconnaît à son corps rondelet, son bec droit et ses courtes pattes. Spécialiste des côtes sableuses, il trottine sur le sable à la recherche de petits invertébrés vivant dans la couche superficielle du sable. Il est peu farouche et facile à observer.
Sterne caugek
Surnommée "hirondelle de mer" pour son agilité en vol, la Sterne caugek est l'une des plus massives de son genre. Elle possède de longues ailes effilées et une queue fourchue. En période de reproduction, elle arbore une calotte noire qui s'estompe en hiver. Sa huppe noire ébouriffée et son bec noir à pointe jaune facilitent son identification. Elle se nourrit principalement de lançons, d'anchois et de sardines, qu'elle capture en plongeant en piqué après un vol stationnaire.
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Tournepierre à collier
Ce limicole se distingue par son plumage bigarré, surtout en plumage nuptial où il arbore une tête noire et blanche, un dos et des ailes noir et roux, et un ventre blanc. En dehors de la période de reproduction, son plumage est plus terne, mais sa silhouette trapue et ses pattes orangées le rendent facilement identifiable. Il fréquente les amas d'algues échouées sur les rivages où il débusque les puces de mer et les mollusques. Il utilise son bec et son front pour soulever et retourner le varech. Grand migrateur, il se reproduit dans la toundra arctique et hiverne en Afrique tropicale.
Plongeon imbrin (Gavia immer)
Noms et étymologie
Le Plongeon imbrin est connu sous plusieurs noms, dont "Plongeon huard", "Huart à collier", "Grand Plongeon de la mer du Nord", "Imbrim", "Grand Plongeon", "Plongeon glacial", "Colymbe glacial", "Plongeon tacheté", "Plongeon de rivière", ou encore "Raquet". Son nom vernaculaire « plongeon » vient du latin "plumbicare" ("s'enfoncer"). "Imbrin" est une déformation de "himbrini", l'appellation nordique de cet oiseau, tandis que "huard" fait référence à son cri. Le nom de genre "Gavia" vient du latin et désigne "un oiseau de mer". Le terme "immer" pourrait venir de l'islandais "himbrini" ("hurleur des flots") ou du latin "immergo" ("je plonge").
Description
Le Plongeon imbrin est un grand oiseau, de la taille d'une oie (70 à 90 cm de long, poids moyen de 3700 g pour les femelles et 4200 g pour les mâles, envergure de 125 à 148 cm). Il est le plus grand des trois plongeons européens. Il atteint sa maturité sexuelle à 2 ou 3 ans et peut vivre au moins 8 ans, voire 20 ans.
Identification
Il peut être confondu avec le Plongeon arctique (Gavia arctica). Le Plongeon imbrin a un corps effilé et un plumage noirâtre nuancé de blanc. Le ventre, le collier et la tête sont noirs avec des reflets verts. Il a une grosse tête et un fort bec noir en forme de poignard, ce qui le distingue du Plongeon à bec blanc (Gavia adamsii). Contrairement au Plongeon catmarin (Gavia stellata), son bec est tenu horizontalement. Ses pattes sont sombres et son iris rouge brun.
En plumage nuptial, les adultes ont la tête et le collier noirs avec des reflets verts et bleus, la gorge blanche présente des rayures longitudinales noires, de même que le croissant clair situé entre la tête et le collier. Le ventre est blanc et le dos orné d'un dessin en damier noir et blanc.
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Le plumage d'hiver est plus terne, avec un dos uniformément sombre (contrairement aux juvéniles qui ont des motifs écailleux pâles). La nuque est plus sombre que le dos, tandis que le menton et l'avant du cou sont blancs.
Comportement et régime alimentaire
Le Plongeon imbrin est un excellent plongeur, capable de rester sous l'eau jusqu'à 3 minutes, bien que ses plongées durent généralement de 40 à 60 secondes. Des records de 10 minutes ont été enregistrés en cas de fuite. Son poids l'oblige à prendre un élan laborieux pour décoller de l'eau, mais une fois en vol, il peut atteindre 40 km/h. Il vole le cou légèrement tendu vers le bas et émet un "kvouk" glapissant. Sur son aire de nidification, il lance de longs cris plaintifs et hululants.
Essentiellement piscivore, il capture ses proies sous l'eau à une profondeur de 10 à 12 mètres, avec des records allant jusqu'à 70 mètres. Il peut avaler des poissons de 28 cm de long, qu'il s'agisse d'espèces marines (Morue, Hareng, Aiglefin, Anguille, Merlan, Grondin) ou d'eau douce (Anguille, Perche, Poisson-chat, Gardon). Il consomme également des mollusques, crustacés, céphalopodes et annélides, ainsi que des végétaux aquatiques.
Reproduction
Il niche généralement sur les rives non boisées des lacs nordiques (profonds et poissonneux). Le nid est un simple trou gratté dans le sol à proximité de l'eau, constitué de matériaux trouvés aux environs. La femelle pond en mai-juin 2 œufs brun-olive légèrement tachetés de noir. L'incubation dure de 26 à 31 jours. La femelle transporte ses jeunes sous ses scapulaires pendant plusieurs semaines. Ils commencent à plonger après seulement 2 jours et peuvent atteindre 3 mètres de profondeur au bout d'une semaine.
Distribution et habitat
On le trouve généralement sur les lacs et grandes mares de zones côtières septentrionales, dans un paysage de toundra. Il niche au Groenland, au Canada, dans certaines régions du Nord des États-Unis et en Alaska. Il existe une petite population en Islande.
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Il migre généralement au-dessus de la mer à partir de septembre, à une certaine distance de la côte. La migration s'effectue de jour, en solitaire ou en formation pouvant compter jusqu'à 15 individus. Pendant la migration vers le Sud, il peut passer la nuit en bandes de plusieurs centaines d'individus et se concentrer sur de grands lacs.
Il hiverne en mer (au moins une centaine d'individus chaque année sur les côtes) et sur de grands plans d'eau. Il est plutôt rare à l'intérieur des terres.
Menaces et protection
La pollution des eaux par les hydrocarbures est la menace la plus grave pour cette espèce, mais elle est également affectée par la diminution des ressources en poisson et la détérioration de son habitat. Il a disparu de quelques lacs de l'Est de l'Amérique du Nord à cause des effets des pluies acides. Des plates-formes artificielles ont été mises à la disposition des plongeons sur certains lacs pour leur permettre d'y nicher, afin de réduire l'impact des variations du niveau d'eau dues à des barrages ou autres activités humaines.
La population européenne (hors Groenland) n'est estimée qu'à 300 couples, ce qui motive sa protection au niveau européen par la Directive Oiseaux depuis 1979, par la Convention de Bern (protection de la vie sauvage) depuis 2002, ainsi que par la Convention de Bonn. Birdlife International indique une population européenne de 700 à 2300 couples en été (Groenland inclus), et 5400 individus hivernants.
La population de Gavia immer semble stable. L'UICN estime sa population mondiale à 580 000 individus.
Importance culturelle
Plusieurs pays ont émis des timbres à l’effigie de cet oiseau (Islande en 1966, Groenland en 1988, Canada en 1998, États-Unis d'Amérique en 1952, réédité en 1982). Le Plongeon imbrin, dit aussi le Plongeon huard figure sur la pièce canadienne d'un dollar (pièce et devise reçoivent ainsi le nom "huard" dans le langage populaire).
Autres espèces d'oiseaux plongeurs
- Cormorans : Espèces piscivores qui pêchent leurs proies en plongée. Leur plumage devient mouillé, ce qui les alourdit et facilite la plongée en profondeur. Les adultes ont un plumage noir et des yeux rouges. En hiver, leur tête est noire avec des joues blanches et leurs flancs gris.
- Fou de Bassan : Oiseaux au corps blanc avec le bout des ailes noir et le cou jaune or. Ils effectuent des plongeons spectaculaires pour capturer leurs proies, plongeant comme une flèche à 90 km/h. Des sacs aériens sous la peau protègent leur tête de l'impact.
- Divers: Il existe beaucoup d'oiseaux plongeurs avec un dos brun à noir et le ventre blanc, ou un dos marron gris avec fines rayures claires, ventre blanc, entièrement noir avec le croupion blanc. Ou encore dos noir et ventre blanc, ou corps complètement sombre ou dos sombre et ventre blanc.