Identification des oiseaux plongeurs en Méditerranée

Le littoral méditerranéen abrite une diversité d'oiseaux marins, chacun ayant des caractéristiques distinctes. Cet article vise à faciliter l'identification de certaines espèces communes que l'on peut observer depuis un bateau de plaisance ou le rivage.

Goéland argenté (Larus argentatus)

Figure emblématique du littoral français, le goéland argenté est un grand laridé facilement reconnaissable.

Caractéristiques physiques

L'adulte mesure environ 60 cm de long et a une envergure de 140 à 155 cm. Son plumage est blanc éclatant sur la tête, le cou et le ventre, contrastant avec son dos et ses ailes gris clair, dont les extrémités noires présentent des taches blanches, appelées miroirs. Les pattes et le bec sont rouge brique chez l'adulte.

Comportement et habitat

Le goéland argenté est présent sur tout le littoral français, de la mer du Nord à la Méditerranée. C'est une espèce très adaptable qui niche sur les falaises côtières, les îlots, les toits plats et les zones humides littorales. En dehors de la période de reproduction, il fréquente les plages, les ports, les estrans vaseux, les champs côtiers, les décharges et les zones industrielles. Son cri rauque et sonore est familier aux promeneurs du littoral.

Alimentation

Omnivore et opportuniste, le goéland argenté se nourrit de poissons, d'invertébrés marins, d'œufs, de petits oiseaux, de restes de nourriture humaine, de déchets et de proies vivantes capturées sur l'estran. Il est capable d'ouvrir des coquillages en les laissant tomber sur des rochers, de voler la nourriture d'autres oiseaux et de piller les nids d'espèces voisines.

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Statut et conservation

Longtemps en expansion, la population de goélands argentés se stabilise, voire décline localement. La fermeture de décharges et la raréfaction des ressources halieutiques peuvent limiter ses sources de nourriture. L'espèce reste néanmoins l'un des oiseaux marins les plus répandus du littoral français. Le goéland argenté est un oiseau blanc et gris de taille moyenne qui se croise assez facilement. Adulte, il mesure entre 55 et 67 cm de longueur, pour une envergure de 1,30 à 1,60 m, et pour un poids variant de 750 g à 1,250 kg. Sa vitesse moyenne de vol est d'environ 40 km/h. C’est un bon planeur et également un bon marcheur. En revanche, c’est un piètre nageur qui se contente généralement de flotter ou de nager à la surface de l’eau. Il se trouve principalement sur les plages et les ports de pêche. Il y est très commun. Les populations de goélands argentés ont connu une forte augmentation tout au long du XXe siècle. Cet omnivore est pourtant protégé en France et en Belgique, comme toutes les autres espèces de goélands, et cela depuis 1962. Or, sa présence et son comportement ne sont pas toujours appréciés car il est opportuniste et assez audacieux. Aussi, il peut tout simplement gêner l’activité humaine, sans compter qu’il peut avoir un impact négatif sur l’environnement. Les préfectures françaises ont pu autoriser des opérations de régulation par dérogation, mais dernièrement, les conditions pour en obtenir ont durci. Par ailleurs, ces opérations sont coûteuses et complexes, tant du point de vue de la réglementation que de la logistique, pour des résultats finalement décevants. Les associations de protection de l’environnement appellent à se concentrer sur des opérations qui poussent les oiseaux à retourner nicher dans leur milieu naturel, les falaises. Les campagnes d’information visant à empêcher la création de nids sont aussi organisées.

Goéland leucophée

D’origine méditerranéenne, le goéland leucophée niche en colonies sur les falaises et les îles du littoral. Le Goéland leucophée se reconnait à ses pattes jaunes (son nom en anglais : Yellow-legged Gull), ce qui le différencie du Goéland argenté dont les pattes sont de couleur rose. D’un blanc immaculé en-dessous, le plumage du manteau est gris. Comme beaucoup de goélands, le Goéland leucophée est opportuniste en matière de régime alimentaire. S’il se nourrit de petits oiseaux et d’oisillons, il ne dédaigne pas consommer une charogne, faire un tour dans les décharges ou suivre les bateaux de pêche.

Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis)

Le cormoran huppé est un oiseau noir, aux reflets vert-bouteille, au long cou et au bec crochu.

Caractéristiques physiques

Le cormoran huppé est un assez grand oiseau (hauteur de 65 à 80 cm ; envergure de 90 à 105 cm), à la robe uniformément noire, à reflets bronze. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel. Cependant, le plumage nuptial du mâle, au printemps, présente plus de reflets et une petite huppe frontale repliée vers l'avant. Les plumes de la queue sont particulièrement longues. La coloration des jeunes montre du brun uniforme en dessous du corps et du blanc au menton et, en vol, chez le jeune cormoran (moins de 2 ans), on remarque que le dessous des ailes s'éclaircit vers les grandes plumes. Sa silhouette est marquée par un long bec fin et crochu à son extrémité, aux commissures jaunes, et un long cou souple. Il se tient souvent perché, droit et ailes déployées, comme pour faire sécher son plumage. Ses pattes palmées sont noires. Son front est bombé et son menton est déplumé, bleu foncé. Ses yeux sont vert pâle.Il vole en formation, relativement près de l'eau.

Habitat et comportement

On le trouve souvent en groupes sur les rochers et les jetées. C’est un très bon planeur mais aussi un bon plongeur. Il pêche le plus souvent dans des eaux peu profondes mais il peut atteindre les 10 mètres de profondeur, voire même les 50 mètres si cela est nécessaire. Sous l’eau, il évolue rapidement et peut dépasser les deux minutes sans respirer. Il possède une glande uropygienne qui lui sert à graisser ses plumes pour les rendre imperméables. Les moments où l’on peut apercevoir le plus facilement l’oiseau sont ceux où il se perche pour sécher, parfois pendant des heures, en déployant ses ailes et sa queue : on parle de position en étendard.

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Alimentation

Il se nourrit exclusivement de poissons, avec un régime alimentaire très varié en fonction des disponibilités du milieu, en particulier des espèces que le grand cormoran ne mange pas. Son activité de pêche est essentiellement diurne et il pêche donc très certainement à vue.

Reproduction

Les cormorans huppés nichent en colonie sur les corniches ou les éboulis. Les nids, construits par le mâle et la femelle, sont faits d'algues et de morceaux flottants. Cette espèce est monogame. La période de ponte est très étalée et elle commence dès décembre en Méditerranée et dès février sur le littoral Manche-Atlantique. La femelle pond généralement trois œufs bleu pâle. Après un mois, les poussins éclosent. Ils ont la peau noire, sans plume, et sont tout fripés. Ils sont nourris par les deux parents. Cet oiseau est très bon nageur et très bon plongeur. Son corps est profondément immergé quand il avance dans l'eau, le cou dressé. Cependant, il ne reste pas très longtemps dans l'eau car son plumage n'est pas vraiment imperméable.

Sous-espèces

Trois sous-espèces du cormoran huppé sont répertoriées :

  • Au nord, le cormoran huppé atlantique (P. aristotelis aristotelis), depuis l'Islande jusqu'à la péninsule ibérique.
  • Au centre, le cormoran huppé méditerranéen ou cormoran huppé de Desmarest (P. aristotelis desmarestii), depuis l'Espagne jusqu'aux côtes de mer Noire.
  • Au sud, le cormoran huppé marocain (P. aristotelis riggenbachi).

Statut et conservation

Le cormoran huppé est protégé au niveau international par plusieurs conventions. Cormoran provient de la juxtaposition de 2 mots de l'ancien français : "corp" qui désignait le corbeau et "marenc" qui qualifiait les animaux ou les produits de la mer. D'où son surnom de corbeau de mer.

Sterne pierregarin (Sterna hirundo)

La sterne pierregarin est également connue sous le nom d’ “hirondelle de mer" car son vol est proche de celui de l’hirondelle. Elle possède un plumage blanc cendré et une tête couverte par une calotte noire. L’oiseau mesure de 31 à 35 cm de longueur pour une envergure comprise entre 82 et 95 cm et un poids de 90 à 150 g. Cet oiseau apprécie les plages et les îlots. Il est également bien présent tout au long de la Loire. Le terme "pierregarin" est une référence aux sols pierreux où l'oiseau aime stationner et nidifier (qui se dit "se garer" en argot ancien).

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Sterne caugek (Thalasseus sandvicensis)

La sterne caugek se reconnaît à son bec noir à pointe jaune, sa calotte noire qui s'achève par une huppe sombre et son corps tout blanc. Elle plonge avec vivacité, à la verticale, pour attraper ses proies. On peut prendre beaucoup de plaisir à les observer car cela relève du spectacle. Elle se distingue de sa cousine la sterne pierregarin par une taille un peu plus imposante : la longueur de son corps oscille entre 37 et 43 cm. et son poids entre 200 et 285 g. En France, elle niche dans le Pas-de-Calais, en Bretagne (Finistère), en Vendée (île de Noirmoutier), sur le banc d’Arguin, en Gironde ainsi qu’en Camargue. En période de reproduction, elle investit les îlots côtiers rocheux, les bancs de sable, les lagunes littorales ou les marais salants. En dehors, elle fréquente aussi les estuaires sablo-vaseux, les plages et les côtes rocheuses. La Sterne caugek fait partie, comme le Goéland leucophée, de la grande famille des Laridés. Elle est l’une des sternes les plus massives de son genre et présente de longues ailes effilées et une queue fourchue. En période de reproduction, elle arbore une calotte noire qui s’estompe en hiver au niveau de son front. Sa huppe noire ébouriffée et son bec noir à pointe jaune permettent de l’identifier à coup sûr ! Comme pour le Bécasseau sanderling, pour vous aider dans l’identification de ce bel oiseau, fiez-vous à son comportement. La Sterne caugek se nourrit majoritairement des lançons, des anchois et des sardines. Pour les repérer, elle effectue un vol sur place à plusieurs mètres de hauteur, un vol dit « stationnaire ». Puis, elle plonge en piqué en repliant les ailes pour capturer sa proie. Chez les Laridés, seules les sternes sont capables de tels plongeons.

Fou de Bassan

Adultes : corps blanc avec bout des ailes noir et cou jaune or. Ailes effilées et bec pointu. Cet oiseau effectue des plongeons spectaculaires pour capturer ses proies (poissons). Pour chasser, il repère sa proie en planant haut dans le ciel avant de plonger comme une flèche à très grande vitesse (environ 90 km/h). Une fois sous l'eau, le fou de bassan attrape sa proie et l'avale avant de regagner la surface et reprendre son envol. Lors du plongeon, des sacs aériens situés sous la peau au niveau de la tête, le protègent de l'impact.

Autres espèces

Aigrette garzette

L’Aigrette garzette fait partie de la famille des Ardéidés, c’est-à-dire qu’elle est une cousine du très connu Héron cendré. Si elle est plus petite que lui, elle présente quelques caractéristiques communes : de grandes pattes, un long cou fin, un bec aussi affûté qu’une dague. Son plumage blanc immaculé permet de la repérer de loin. Il n’y a de dimorphisme sexuel, on ne peut différencier les mâles des femelles. En plumage nuptial, deux plumes ornementales, appelées « aigrettes », apparaissent à l’arrière de la tête et d’autres, duveteuses, enrichissent le plumage du bas du dos et du cou. Ses pattes noires aux pieds jaunes caractéristiques vous permettront de l’identifier à coup sûr ! L’Aigrette garzette est un oiseau que vous observerez facilement en bord de mer, elle n’est pas particulièrement farouche. Question habitats, elle n’est pas très exigeante : tant qu’elle peut avoir les pieds dans l’eau, qu’elle soit salée, douce ou saumâtre, tout va bien ! C’est en effet dans ces milieux qu’elle trouvera sa nourriture à savoir de petits poissons, des amphibiens, des vers, des crustacés, des mollusques et des insectes. Contrairement à son cousin le Héron cendré, elle a une pêche plutôt active.

Bécasseau sanderling

Le Bécasseau sanderling est un petit limicole que vous aurez l’occasion d’apercevoir sur la plage, au ras des vagues. Il se reconnait à son corps rondelet, son bec droit qui lui permet de fouiller la vase et ses courtes pattes (pour un limicole). C’est un spécialiste des côtes sableuses, comme l’indique son nom (sand : sable). Vous le repérerez facilement grâce à son comportement caractéristique : il trottine sur le sable, courant après le ressac. Il recherche frénétiquement de la nourriture, de petits invertébrés vivant dans la couche superficielle du sable. Par rapport à d’autres limicoles, il est peu farouche et se laisse facilement observer.

Tournepierre à collier

Ce limicole se distingue par son plumage bigarré, surtout si on le compare avec son cousin le Bécasseau sanderling en plumage internuptial ! En plumage nuptial, le Tournepierre à collier présente une tête noire et blanche, le dos et les ailes noir et roux et le ventre blanc. Le plumage devient plus terne en dehors de la période de reproduction mais sa silhouette trapue et ses pattes orangées le rendent facilement identifiable. Tout comme le Bécasseau sanderling avec lequel il aime vadrouiller, il est très actif dans la recherche de nourriture. Il fréquente les amas d’algues échouées sur les rivages où il débusque les puces de mer (les talitres) et les mollusques dont il se délecte. Vous repérerez rapidement le comportement qui lui a donné son nom : il utilise son bec et son front pour soulever et retourner le varech ou les zostères. A marée haute, les tournepierres à collier se regroupent souvent sur les bateaux accostés au port. Le Tournepierre à collier est un grand migrateur. Il se reproduit dans la toundra des terres arctiques et peut hiverner jusqu’en Afrique tropicale.

Huîtrier pie

L'huîtrier pie est également appelé pie de mer. Le terme “pie” renvoie à son plumage bicolore noir et blanc. Les huîtriers constituent une famille d’oiseaux à part entière et l’huîtrier pie est le seul à être présent en France. L’oiseau mesure de 40 à 45 cm de longueur pour une envergure comprise entre 80 et 85 cm. Son nom est trompeur car, s’il mange bien des huîtres, celles-ci sont loin de constituer la part principale de son alimentation. Il préfère sans aucun doute les moules, les crabes, les écrevisses, les escargots, les vers de vase et les insectes. La forme de son bec varie d’ailleurs en fonction de ce qu’il consomme. Les huîtriers pie qui consomment des bivalves ont un bec large au bout arrondi. Ceux qui possèdent un bec au profil plus fin et plus pointu se nourrissent davantage de vers enterrés. Compte tenu de son alimentation, l'activité des huîtriers pie dépend de la marée : ils s’adaptent donc et sont actifs de jour comme de nuit.

Pluvier argenté

C’est le plus grand oiseau de la famille des pluviers. Le pluvier argenté est un migrateur. Lorsqu’il séjourne en France, il fréquente essentiellement les baies et les estuaires du littoral de la Manche et de l’Atlantique. Il hiverne très communément sur le littoral breton. Si on peut l’observer dans différents milieux (plages, estuaires, estrans rocheux, baies), ainsi que dans les ports, les habitats vaseux ou sablo-vaseux ont sa préférence.

Gravelot à collier interrompu

Le gravelot à collier interrompu est ainsi nommé en raison des plumes noires qui forment comme un collier au niveau du cou et qui s'interrompt en haut de la poitrine. C’est un petit oiseau migrateur très présent sur les côtes vendéennes et bretonnes, du printemps jusqu’en juillet, pour la saison de la reproduction. Il choisit alors de se nicher sur les parties hautes des plages, à même le sable. Comme il sait parfaitement camoufler ses œufs, l’espèce est très exposée à l’activité humaine. Les promeneurs, les chiens non tenus en laisse, les éventuels engins à moteur constituent autant de menaces pour lui : la population de gravelots à collier interrompu est d'ailleurs en déclin à l’échelle européenne. Pour les préserver, des enclos provisoires faits de piquets et de ficelle délimitent des zones dans lesquelles ils peuvent espérer un peu de tranquillité.

Mouette rieuse

Les mouettes sont nombreuses sur nos plages, mais la plus courante est sans aucun doute la mouette rieuse. Elle est toute blanche à l’exception de ses ailes grises dont la pointe est teintée de noir. Sa tête brune devient blanche en hiver mais conserve une tâche au niveau de l'œil. Sa longueur est comprise entre 33 et 43 cm mais son envergure peut atteindre 1,10 m. Elle se nourrit principalement d'insectes et de vers de terre, ce qui explique sa présence également à l'intérieur des terres. Entre la ponte et l’envol, les chances de survie ne sont que de 6 %. Entre les œufs stériles, les pillages de nids, les difficultés à nourrir les poussins, les maladies et autres accidents, l’entrée dans la vie de la mouette rieuse est loin d’être aisée.

Chevalier gambette

Le chevalier gambette mesure de 25 à 30 cm de longueur. Ses pattes sont rouge vif et le brun gris domine dans son plumage. C’est un oiseau assez fréquemment aperçu sur les plages. Il forme alors des groupes plus ou moins importants. Il recherche sa nourriture principalement à marée montante en quête de vers, d'insectes, de petits crustacés et de mollusques. Il adapte donc ses horaires d’activité et vit aussi bien le jour que la nuit. Nicheur dans certaines régions (Camargue, Vendée…), il s’installe à même le sol dans un creux naturel qu’il a identifié sur la rive herbeuse d’un lac ou dans une steppe marécageuse. Il le garnit de quelques matériaux collectés tout autour.

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