La pratique du windfoil a transformé le monde de la glisse, offrant de nouvelles sensations et une dimension inédite au windsurf. Au cœur de cette révolution, la marque NeilPryde, longtemps emblématique du windsurf, a su se positionner comme un acteur clé, contribuant activement à la démocratisation de cette discipline. Cependant, l'évolution rapide des équipements et les attentes spécifiques des pratiquants peuvent parfois soulever des questions de compatibilité et de réglages, comme en témoignent les expériences partagées concernant les différentes tailles d'ailes et leurs impacts sur le comportement des foils.
La Spécificité des Ailes NeilPryde : Du Small au Medium
L'une des observations les plus marquantes dans l'évolution des foils NeilPryde concerne la différence de comportement entre les ailes de petite et moyenne taille. Un test comparatif a révélé qu'en passant d'une aile Small (S) à une aile Medium (M) sans ajuster les réglages initiaux, l'ensemble avait tendance à "piquer". Cette réaction, qualifiée de "déconcertante", modifie radicalement l'expérience de navigation, transformant une navigation "pied avant" avec l'aile Small en une navigation "pied arrière" avec l'aile Medium. Il est apparu que l'angle d'inclinaison de l'aile Medium devait être intrinsèquement différent de celui de l'aile Small.
Avec l'aile Small, l'ajout d'une rondelle sous la vis avant du stabilisateur générait un "lift grave" et permettait un départ "hyper super tôt", offrant une portance jugée excellente. En revanche, l'aile Medium, sans modification de réglages, se comportait de manière neutre, voire "piqueuse", malgré une surface "indéniablement plus importante". Ces observations ont incité à des tests approfondis pour affiner les réglages de l'aile Medium. Un premier essai a consisté à remplacer la rondelle sous le stabilisateur par une plus épaisse, ce qui a apporté une légère amélioration. Par la suite, l'ajout d'une rondelle "très très fine" sous la vis arrière de l'aile avant a été expérimenté pour "changer subtilement son inclinaison", aboutissant à un résultat "déjà mieux comme ça", mais nécessitant encore d'aller plus loin dans les ajustements.
Abstraction faite de cette problématique d'inclinaison initiale et du lift qui en découle (jugé "faible du coup"), l'aile Medium présente une portance supérieure, ce qui facilite grandement les jibes. En termes de vitesse, la perte n'est pas "grosse" par rapport à l'aile Small, bien qu'il soit "assez logique" d'obtenir "un peu plus de speed en aile Small". Concernant la maniabilité, la taille de l'aile Medium n'a pas été un obstacle ; elle "tourne très bien" et n'induit pas de "grosse différence". Les conclusions préliminaires suggèrent que NeilPryde a judicieusement commercialisé l'aile Small par défaut avec ses foils, car pour les pratiquants pesant jusqu'à environ 80 kg, cette aile offre le "meilleur compromis portance/vitesse". La version Large de l'aile, bien que non testée, est pressentie comme "nettement plus lente". L'idée d'associer l'aile Medium avec un stabilisateur de plus grande taille reste une piste d'exploration pour optimiser davantage le comportement de l'ensemble.
L'Engagement de NeilPryde dans le Monde du Foil : Innovation et Accessibilité
NeilPryde a investi considérablement dans le développement du windfoil, avec la conviction profonde que l'avenir du windsurf réside dans cette nouvelle dimension de glisse. La marque, forte de son héritage, retrouve ainsi son rôle de "locomotive" sur le marché. Cet engagement s'est traduit par le lancement simultané de quatre nouveaux produits, couvrant un large éventail de besoins : du foil le plus performant à celui le plus abordable sur le marché.
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Ces nouveautés s'appuient sur de solides arguments techniques et une production industrielle, permettant à NeilPryde de réaliser un effort significatif sur les tarifs. Cette stratégie agressive a eu pour effet de faire de la marque un acteur majeur de la "démocratisation du windfoil", rendant cette pratique accessible à un public plus large. Le foil, de par ces avancées, passe "à la vitesse supérieure" et ouvre la voie à une expérience de glisse radicalement nouvelle.
Détails Techniques et Performances des Foils NeilPryde : RS:FLIGHT F4 et RS:FLIGHT AL
L'offre de NeilPryde dans le domaine du foil se décline en plusieurs modèles, chacun répondant à des profils d'utilisateurs distincts.
Le RS:FLIGHT F4 : L'Excellence Compétitive
Le foil RS:FLIGHT F4 incarne la haute performance sans compromis. Développé en collaboration avec F4 FoilsFins USA, il est directement basé sur le design du windfoil F4, reconnu comme l'un des plus performants du marché. Ce modèle a déjà fait ses preuves en compétition, s'illustrant notamment lors de la première PWA foil officielle où il a décroché les 1ère, 2ème, 3ème, 4ème et 7ème places. Sa construction "ultra rigide" et son design "à très faible traînée" sont conçus pour permettre au rider de convertir "chaque rafale en accélération". Il est équipé d'une aile avant à "forte portance", assurant un décollage rapide et des performances "exceptionnelles au cap".
Le RS:FLIGHT AL : Robustesse et Évolution pour Tous
Le foil RS:FLIGHT AL, quant à lui, est une solution modulaire, "extrêmement robuste", fabriquée en aluminium et G10. Son développement a privilégié le "contrôle, la stabilité et le décollage à basse vitesse", le rendant "parfait pour s'initier au windfoil". Néanmoins, les performances "au cap et en vitesses n'ont pas été laissées de côté". Sa structure est pensée pour optimiser le compromis entre rigidité et traînée, et sa construction "creuse avec nervures verticales et cellules fermées" vise à limiter le poids tout en augmentant la rigidité et en empêchant les entrées d'eau. Le berceau de support de l'aile principale est usiné CNC, garantissant un ajustement "ultra précis" et une traînée "minimale", tout en améliorant la stabilité directionnelle, essentielle pendant les phases d'apprentissage.
Une première série de tests du Flight AL 2019, réalisée par un planchiste confirmé mais débutant en foil (80 kg, une dizaine de sessions en lac), a montré qu'avec 10-12 nœuds de vent et une planche JP Superlight wind Pro (90 cm de large) équipée d'une voile 8.2 (e-type sans cambers), le foil planait et décollait "vraiment facilement", bien qu'il faille "vraiment prendre de la vitesse pour décoller". Avec une voile de 7m² dans les mêmes conditions, il était "vraiment plus dur de voler" et surtout de maintenir le vol. Une deuxième série de tests avec une Duo Board 129 (semi-gonflable, 76 cm de large) et une 6.9 m² (2 mini cambers) s'est avérée "impeccable dans du 12-14 nœuds", et même "beaucoup plus facile qu'avec une planche plus large". La particularité de l'avant gonflable et des rails arrondis de la Duo Board amortissait "énormément les retombées de la planche, sans la ralentir", permettant de "reprendre le vol très rapidement". Dans du 10-12 nœuds avec ce combo, cela passait aussi, mais exigeait de "pumper pas mal d'énergie" pour prendre de la vitesse. L'expérience dans 18-22 nœuds a été vécue en "mode survie", le foil étant moins attractif quand le vent permet de s'éclater en windsurf classique. Globalement, ce foil a été jugé "vraiment bluffant de facilité", "stable et facile". Il émettait un sifflement "juste avant le vol", mais plus "une fois en l'air". Il planait "très vite" en mode windsurf, nécessitant de "bien pousser sur l’arrière pour le faire voler". Le choix du Flight AL, plutôt que du Glide de NP, avait été motivé par la possibilité de l'installer sur des planches plus volumineuses, une option plus rassurante pour naviguer en eau froide.
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La 2ème version du Flight AL se présente comme une évolution notable. Ce nouveau foil orienté freerace a été mis à l'épreuve par Mathieu Bonno et est conçu pour être "durable, rapide et adapté à une large plage d’utilisation". La jonction "parfaite" entre le fuselage et le mât en aluminium assure une "traînée minimale". Les ailes, en "carbone pré-imprégné, moulées sous haute pression, avec de la mousse à l’intérieur", garantissent "de hautes performances et une excellente durabilité tout en ayant un poids minimum". Cette version est "plus rigide et plus rapide que la précédente", tout en conservant une grande "facilité dans les manœuvres". Sa puissance accrue permet de "garder le vol plus longtemps dans les vents légers" et d'améliorer la remontée au vent. Bien que plus rapide, il reste "parfaitement" adapté aux navigateurs ayant "récemment commencé le windfoil" et souhaitant "accéder au niveau supérieur".
Le Flight AL est livré dans un carton avec des compartiments pour chaque pièce et un outil Torx (T40) pour un montage rapide. Des vis de pont sont également fournies, ainsi que deux rondelles avec un diamètre intérieur plus large, spécifiquement conçues pour le réglage de l’inclinaison du stabilisateur. L'ensemble de la visserie est en "acier inoxydable plaqué titane" pour une meilleure résistance à la corrosion. Une notice d’assemblage est incluse, bien que le montage soit "très intuitif", un détail apprécié des novices. L'outil Torx en T est pratique pour le montage et le démontage fréquents, une opération "vivement conseillée" pour éviter la corrosion. Avec un fuselage court, il est possible de ne pas démonter les ailes à chaque navigation, ne laissant que "3 vis d’assemblage du mât au fuselage et les 2 vis de pont" à gérer. La mise en place est simple grâce à l'adaptateur Deep Tuttle, sans platine ni cale à l'avant.
Ce foil est destiné à ceux qui cherchent à faire leurs débuts avec un produit "accessible et évolutif", l'ambition étant de permettre aux acheteurs de "progresser longtemps avec le même windfoil". Étant en aluminium, un "minimum d’entretien" et un "démontage régulier" sont nécessaires, avec un nettoyage à l'eau douce après chaque session pour éviter la corrosion, et l'avertissement de ne pas laisser les ailes montées trop longtemps. Son "faible encombrement" et la "taille du mât raisonnable" facilitent les départs dans l'eau jusqu'au bassin, un détail non négligeable pour les débutants. Plus léger que d'autres foils en aluminium, il se fait peu sentir dans les mouvements latéraux du flotteur, ce qui favorise le pomping pour initier le vol. Avec une aile porteuse qui ne présente pas une très grande surface, il faut d'abord prendre de la vitesse avant de "poper" et de déclencher le vol, ce "laps de temps" étant rassurant pour les novices. Le foil est "très peu ardent" et ne génère que de "rares mouvements incontrôlés de montée/descente rapides", ce qui est à la fois un défaut (pour ceux qui veulent décoller plus tôt) et une qualité (pour la sécurité). Pour une envolée plus précoce, le réglage d'inclinaison du stabilisateur est une option, de même que l'utilisation d'une voile de plus grande surface.
Le Flight AL est "très facile à maîtriser", "stable au niveau latéral" et "répondra à vos sollicitations". Au niveau longitudinal, il est recommandé de "reculer la plaquette de pied de mât" pour un meilleur appui sur l'arrière et un vol efficace, le foil ayant tendance à "ramener le nez de la planche vers l’eau mais en douceur". Les montées se faisant "progressivement", les risques de sanction rapide sont faibles. Les performances sont "très belles" en navigation libre ou en balade, offrant "beaucoup de plaisir". Bien qu'il ne soit pas un recordman de vitesse, il permet de "se prêter au jeu de la régate avec des remontées au vent très agréables", tenant "bluffantement" la contre-gîte. Il lui manque "un peu de puissance pour faire jeu égal avec des foils de course", mais sa capacité à remonter au vent "avec aisance" est très rassurante. Une fois en vol, il est "vraiment facile à diriger" et les jibes peuvent être effectués "progressivement", permettant de rester en vol avec un peu de maîtrise. Il devient alors un "jouet performant et grisant". La longueur du mât est suffisante, assurant une navigation confortable même dans le clapot (Mourillon ou Almanarre). Il a répondu présent avec des planches de 75 cm ou 91 cm de large, s'adaptant aux conditions. Il reste agréable même sur une planche de freerace non spécifiquement conçue pour le windfoil. Ses performances sont "très bonnes", et malgré quelques sifflements, ils ont été augmentés avec la vitesse pour rivaliser avec des amis équipés de foils ou de matériel freerace. Il ne s'agit pas de rivaliser avec des foils de course ou de freerace carbone, ce n'est plus son programme. Ce foil freeride en aluminium, avec un fuselage court, n'offre pas le meilleur départ au vol, mais permet de naviguer "longtemps". Il a été "légèrement amélioré" par rapport au modèle précédent et demande des voiles "plus proches de celles utilisées en slalom" comparé aux foils à grande portance. Sa plage d’utilisation est large, permettant de le pousser "très loin dans le vent fort".
Le Foil, une Pratique en Plein Essor : Débats et Considérations sur la Sécurité
L'essor du foil a engendré des discussions animées au sein de la communauté des sports de glisse, certains se demandant si "le foil c'est la folie". Pour certains puristes, comme "Why Not", le surf foil n'est "tout simplement pas du surf" car il n'y a "pas de contact direct entre la planche et la surface de la vague", excluant ainsi toute "prise de rail", élément fondamental du surf classique, du longboard, du bodyboard, et même du SUP. Cette vision le relègue au rang de "gadget" à part pour le "gros downwind avec de la houle au large". Les préoccupations se sont déplacées du support vers l'utilisateur, à l'image des débuts du SUP.
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L'afflux de "débutants" sur les spots, le parking se remplissant "à vu d’œil", a soulevé des inquiétudes quant à la "démocratisation excessive" de cette variante et les "dangers qui vont arriver". Le fait que les foileurs soient souvent "casqués" tandis que les autres pratiquants ne le sont pas, met en lumière un contraste saisissant. Cette "amertume" face à l'ampleur prise par le sujet émane du sentiment qu'une activité est "détournée de son milieu d’origine" et qu'elle "empiète sur la sécurité et sur un terrain de jeu déjà saturé". Si le surf classique est "le plus adapté" pour les "cut-backs, les rollers et les airs", le surf foil est davantage dédié aux "houles en pleine mer ou à peine déferlante".
Brian, un autre participant à la discussion, reconnaît les problématiques de "cohabitation" et déclare privilégier les spots désertés pour ne pas "déranger les autres surfeurs". Pour lui, la pratique reste "du surfing", même si "la glisse est différente", et "chacun voit midi à sa porte" concernant l'intérêt pour les bons surfeurs. Il souligne les "sensations extraordinaires" et le plaisir de "planer au-dessus de l’eau", ainsi que la "sensation de liberté" offerte par la possibilité de pomper entre les vagues, chose impossible en surf classique. Le foil est une discipline en constante évolution, avec un fort "marketing" et une implication dans "plusieurs disciplines", ce qui est un atout pour son développement. Brian, quant à lui, n'est "pas prêt d'arrêter le foil" et envisage même de s'initier au wing, sans pour autant abandonner le surf classique ou le windsurf.
La question du "ticket d'entrée et l'investissement requis pour progresser" a été soulevée par Hecub comme un facteur limitant une explosion similaire à celle du wingfoil, avec une mention sarcastique des "15000 euros et… 75kg!" par Kola. Les foils motorisés, bien que permettant de "choper des ondes qui lèvent à peine sur des récifs", sont considérés comme "très, très dangereux" en raison de leurs "hélices sans protection", particulièrement en surf foil où mains et pieds peuvent être à proximité.
Concernant la performance en plage basse de vent, une distinction est faite entre les "pros" et les "amateurs". Un professionnel équipé d'une aile "800" fine et peu porteuse, sur un foil typé course, utilisera une "grosse voile", "pompera longtemps et comme un sourd" pour atteindre une vitesse GPS élevée et décoller, sans se reposer et en passant ses jibes en l'air. Un amateur, avec une aile plus épaisse (1000-1300), utilisera une voile de 6 à 8 m² selon son poids et "pompera quelques coups pour partir à vitesse plus basse dans le même vent". L'idée selon laquelle "tu peux pas voler en 7.0 quand il faut 9.0 à un pro" est ainsi nuancée. Il est aussi noté que "la grosse aile traine plus d'eau et peut être plus dure à lancer finalement".
En matière de sécurité, il est "conseillé un équipement de protection avec casque, gilet et chaussons". La marque NeilPryde elle-même affiche "directement sur le mât du foil une mise en garde sur la nécessité de bien prendre en compte les risques de la pratique windfoil". Les ailes, souvent "noires", sont "difficilement visibles sous l’eau", d'où le conseil de "relever le gréement au tire-veille pour ne pas risquer de donner un coup de pied dans une des ailes". La largeur des planches de windfoil procure une "stabilité suffisante", et la "vitesse de croisière moyenne" du Flight AL réduit le risque de "chutes trop dangereuses". Les ailes "pas trop acérées" contribuent à "réduire" les risques de "grosse coupure".