La traversée de la Manche à la nage est un défi mythique, souvent surnommé « l'Everest de la natation ». Cet article explore l'histoire de cette épreuve emblématique, des premiers pionniers aux records actuels, en mettant en lumière les défis et les exploits qui ont marqué son évolution.
Introduction
La nage en eau libre attire de nombreux adeptes, et la traversée de la Manche représente pour beaucoup le summum de leur passion. Bien que le point de passage le plus étroit entre la France et l'Angleterre ne mesure que 34 kilomètres, la traversée à la nage constitue un défi considérable. L'histoire de cette épreuve est jalonnée d'exploits individuels et d'évolutions réglementaires, faisant de la Manche un terrain de jeu unique pour les nageurs de l'extrême.
Les Débuts Héroïques: Matthew Webb, Pionnier de la Traversée
L'histoire commence en 1875, bien avant l'ère des Jeux Olympiques modernes. Le capitaine Matthew Webb imagine son propre marathon et se lance à l'eau depuis Douvres, nu comme un ver et enduit d'huile de marsouin des pieds à la tête, en direction de la France. Il devient le tout premier « finisher » de la traversée de la Manche, avec un temps de 21 heures et 45 minutes. Rien de grand n'est facile, telle était la devise du capitaine Webb, aujourd'hui inscrite sur le mémorial qui lui est dédié dans sa ville natale, Dawley.
Par la grâce de cet exploit quasi surhumain et par la force de sa seule volonté, Matthew Webb a définitivement inscrit son nom dans l'histoire du sport. Ce n'est cependant pas tout à fait un hasard si ce fut un Britannique, au départ simple employé de la marine marchande, qui se retrouva du jour au lendemain l'objet d'une adulation internationale pour avoir accompli cette traversée mythique. L'Angleterre fut en effet, à l'ère industrielle, le berceau du sport moderne et c'est dans un climat de culte de la performance et du record que Matthew Webb pratiqua, d'abord en amateur puis en professionnel, la natation pour en devenir un champion reconnu et imité.
Des monuments rendent hommage au premier homme à avoir traversé la Manche à la nage : à gauche, le mémorial de Dawley, à droite celui de Calais.
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La quête de l'exploit qui a conduit Matthew Webb à se dépasser pour accomplir l'impensable est devenue aujourd'hui structurelle dans le domaine du sport de haut niveau, où il faut sans cesse repousser ses propres limites, l'athlète prenant le risque d'abîmer son corps utilisé comme instrument de compétition, mais surtout considéré comme une machine dont le rendement doit toujours être amélioré. Les ravages causés par cette idéologie de la performance sur la santé physique des athlètes sont bien connus de nos jours - la multiplication des « cliniques du sport » est là, entre autres, pour en témoigner. La quête de l'exploit induit également, on le sait maintenant, un déséquilibre psychologique chez le sportif, sans cesse confronté à ses limites physiologiques et poussé à les dépasser à tout prix sous peine de subir l'échec, échec psychologiquement destructeur.
À l’époque de Matthew Webb, les excès de l’autodépassement sportif n’avaient pas encore été expérimentés. En triomphant de façon prodigieuse des éléments naturels qui faisaient obstacle à une traversée de la Manche à la nage, Matthew Webb n’a pas seulement accompli un exploit prométhéen que lui auraient autorisé ses extraordinaires capacités d’endurance physique. Si l’on examine ce que fut son existence après ce jour fameux du 25 août 1875 marquant son triomphe face à « l’Everest de la natation » (ainsi que l’on surnomme l’épreuve de la traversée de la Manche à la nage), on s’aperçoit que Matthew Webb s’est en fait engagé volontairement - mais sans doute assez inconsciemment - dans une voie qui l’obligeait à aller toujours plus loin, à tenir toujours plus longtemps, à toujours prendre plus de risques… Cette voie du dépassement continuel l’a finalement mené à sa perte. C’est donc une figure de l’histoire du sport à la fois glorieuse et tragique qu’incarne Matthew Webb.
Voyons tout d’abord rapidement ce qui a amené ce jeune homme issu d’un milieu modeste à vouloir tenter la folle aventure. C’est peu de temps après la tentative manquée du nageur J. B. Johnson en date du 24 août 1872 que Matthew Webb conçoit le projet de réussir la traversée de la Manche à la nage sans l’aide d’aucun artefact dans le sens Angleterre-France.
Qu’a-t-il alors comme exploit sportif à son actif ? Dans ses courts mémoires, il explique que, très jeune, en compagnie de garçons de son âge, il a appris à nager pendant de longues heures dans la rivière Severn qui coule à Dawley. Un engagement précoce, à douze ans, dans la marine marchande, lui permet de sillonner tous les océans et lui apporte une bonne connaissance de la mer. Il reçoit une médaille d’or de la part de la Royal Humane Society of London et une autre de la Liverpool Humane Society pour avoir tenté de sauver le 23 avril 1873 un camarade, Michael Hynes, qui disparut dans l’Atlantique. À cette occasion, Webb se vante d’être resté trente-sept minutes dans l’eau avant d’avoir été lui-même secouru. De façon drolatique, il raconte également avoir gagné un pari d’endurance dans l’eau contre un chien de race Terre-Neuve, le pauvre animal ayant déclaré - si l’on peut dire - forfait au bout d’une heure et demie !
Portrait de Matthew Webb, vers 1875
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On ne peut donc pas dire qu’en 1873 Webb soit un véritable sportif au sens où il ne s’entraîne pas pour la compétition, mais c’est un homme qui pratique depuis longtemps une activité physique, avec un plaisir certain, et qui en tire une véritable fierté. Le désir de célébrité et la volonté d’être le premier à remporter officiellement un défi historique semblent être à l’origine du tournant que prend du jour au lendemain la vie de ce nageur amateur de vingt-cinq ans. Pour un jeune homme issu d’un milieu social très modeste le sport peut aussi apparaître comme un tremplin vers la reconnaissance.
C’est donc après avoir appris l’échec dans cette entreprise de J. B. Johnson, alors réputé être le nageur le plus rapide d’Angleterre, que Webb se décide à tenter la traversée de la Manche à la nage. Il rencontre le journaliste Robert Watson, fondateur de l’hebdomadaire The Swimming Notes and Records, qui l’emmène aux bains municipaux de Lambeth pour lui présenter le professeur de natation Frederik Beckwith. Ce dernier, ancien champion habitué à organiser des galas, va jouer auprès de lui à la fois le rôle d’entraîneur et de manager. En effet, Matthew Webb doit quitter son emploi de capitaine dans la marine marchande pour se consacrer totalement à la réussite de son projet. Pour que l’argent rentre, il faut organiser un véritable battage médiatique qui assurera la publicité du nageur, génèrera des paris et pourra rapporter des récompenses.
Les séances d’entraînement quotidiennes à Lambeth vont durer plus d’un an. Elles s’accompagnent d’un régime alimentaire essentiellement à base de viande grasse et de salade agrémenté tout de même de la consommation de trois pintes de bière par jour. Matthew Webb s’astreint à une hygiène de vie qui lui interdit le café, le thé et les alcools forts, et l’oblige à se coucher tôt.
Mesurant 1,73 m, pesant 89 kilos et affichant un tour de poitrine de 109 centimètres, Matthew Webb a des allures d’Hercule. Le docteur anatomiste Henry Smith, qui l’examine longuement, affirme que ses bonnes capacités respiratoires, son rythme cardiaque régulier et la puissance de ses muscles font véritablement de lui un champion potentiel de la natation longue distance.
Reste à le prouver au public. Avant de réussir sa traversée du Channel, Matthew Webb, 27 ans, n’est déjà plus un inconnu des milieux sportifs britanniques, depuis sa participation, sous l’égide de Frederik Beckwith, à une compétition d’endurance retentissante le 3 juillet 1875 : Webb gagne le match face à Johnson, en parcourant 20 miles entre Blackwall et Gravesend en 4 heures et deux minutes. Deux semaines plus tard, il nage durant 8 heures et 45 minutes entre Douvres et Ramsgate. Les journalistes anglais s’intéressent de plus en plus à lui, d’autant qu’il a fait connaître publiquement sa folle ambition.
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Profitant de cet engouement autour sa personne, Matthew Webb fait savoir qu’il tentera la traversée de la manche dans les prochains jours. Pourtant, les conditions météorologiques ne sont pas très favorables. Mais les journalistes s’impatientent et vont bientôt repartir à Londres s’il ne se jette pas à l’eau - au propre comme au figuré ! Aussi, le 12 août 1875, le corps enduit de graisse de marsouin afin de mieux résister au froid, revêtu d’un caleçon rouge écarlate et chaussé de lunettes de protection, Webb plonge en milieu d’après-midi depuis le quai de l’Amirauté à Douvres dans une mer plutôt calme. Mais le temps est instable et des nuages noirs se profilent à l’horizon. Le nageur est escorté par un lougre sur lequel ont pris place des journalistes, et par deux petites embarcations à rames. On lui donne des tranches de bœuf saignant à dévorer, et on lui sert régulièrement du brandy pour le réchauffer.
Le capitaine Webb lors de sa première tentative de traversée de la Manche, gravure tirée du magazine The illustrated London news, édition du 21 avril 1875
Mais, alors qu’il a déjà parcouru à la brasse une distance de 13 miles, dérivant en direction des Goodwin Sands, le nageur, qui avance maintenant à la lueur d’une lampe à pétrole, doit se résigner à abandonner la partie. En effet, une très forte houle s’alliant à un déluge de pluie rendent sa progression trop épuisante et mettent surtout en péril les navires qui le suivent. Webb a tout de même nagé durant six heures et 49 minutes dans les eaux du détroit, du jamais vu. Arrivé à Calais à quatre heures du matin, il repart rapidement pour Douvres après avoir pris quelques heures de repos, non sans avoir déclaré au reporter du Journal de Calais qu’il compte bien profiter du retour probable du beau temps pour réitérer sa tentative.
Onze jours plus tard, le soleil est au beau fixe. Pas un nuage, pas un souffle de vent. À douze heures cinquante-six, le capitaine Webb plonge à nouveau dans les eaux du Channel depuis le quai de l’Amirauté de Douvres pour faire cap à l’est, vers Calais. Cette fois, le nageur renonce à porter des lunettes de protection, on ne sait trop pourquoi : la lumière intense, presque phosphorescente, renvoyée par les flots, lui fait pourtant plisser les yeux et l’handicape. En tout cas, il s’est à nouveau abondamment enduit de graisse de marsouin et les mêmes navires l’accompagnent.
En Angleterre, les parieurs misent près d’un million de livres sur l’issue de la tentative du capitaine Webb, les conditions de la validation de l’exploit étant que le nageur ne devait toucher aucun des bateaux l’accompagnant, et qu’il ne pouvait se sustenter qu’avec de la nourriture lancée du bord.
Avançant au rythme régulier de 20 à 21 brasses par minute, Webb entraîne dans son sillage une multitude de poissons qui le prennent pour l’un des leurs (peut-être à cause de l’odeur de marsouin ?). Après huit heures de nage, alors que le soleil commence à décliner, il est cruellement piqué à l’épaule par une méduse. Pour surmonter sa douleur et se donner du courage, le nageur ingurgite au clair de lune force viande, pain, légumes, bière, café et brandy, et même de l’huile de foie de morue réputée revigorante.
Alors que la fatigue commence sérieusement à l’envahir au bout de quelques heures, les encouragements de ses compagnons embarqués à bord des bateaux escorteurs lui sont moralement d’un grand secours. Mais personne ne put l’empêcher de dériver au gré des courants tumultueux de la Manche. Si l’on retrace son itinéraire, on constate que Matthew Webb a parcouru soixante-quatre kilomètres lors de sa traversée, alors que le détroit du pas de Calais a grosso modo une largeur de 35 km.
Vers 6h30 du matin, après plus de 18 heures passées dans l’eau, Matthew Webb montre d’évidents signes de faiblesse. Il n’avance plus qu’au rythme de douze brasses par minute. Mobilisant toutes ses forces, malgré les intenses douleurs qui lui ankylosent les muscles, le nageur, contre toute attente, poursuit vaille que vaille sa progression. On imagine l’énergie surhumaine qu’il dut mobiliser avant d’atteindre son but, les côtes de France - bientôt en vue.
Vers 8 heures du matin, le pilote calaisien Pollet aperçoit un lougre anglais louvoyant à l’entrée du port suivi à peu de distance de deux canots ; entre les bâtiments, le capitaine Webb, la figure violacée à cause des rayons du soleil se réverbérant sur l’eau, et des plaques de sel collées autour des yeux, nage toujours. À 10 heures 41, le sportif foule enfin la plage des Baraques (aujourd’hui Blériot-Plage), sous les applaudissements frénétiques d’une foule nombreuse. Une charrette avait été avancée dans la mer jusqu’aux moyeux pour emmener le héros épuisé le plus vite possible vers un lieu de repos, en l’occurrence l’hôtel de Paris, rue de la mer à Calais. À son arrivée, il est enveloppé dans une couverture, un docteur le frictionne vigoureusement tandis qu’il sirote un verre de genièvre offert par un baigneur… Après quelques heures de profond sommeil, le nageur est à nouveau frais et dispos !
Le capitaine Webb arrive sur la plage des Baraques après presque 22 heures de nage dans le détroit, gravure tirée du magazine The illustrated London news, édition du 4 septembre 1875
L’exploit prodigieux de Matthew Webb fait immédiatement les gros titres des journaux du monde entier. L’homme devient un exemple pour des milliers de jeunes Britanniques qui vont s’adonner avec passion à la natation, sport qui, on le sait, connut un développement beaucoup plus précoce en Angleterre qu’en France. Webb est dorénavant reçu avec tous les honneurs partout où il va, il perçoit de l’argent versé en récompense pour sa bravoure par de généreux donateurs britanniques issus de toutes les classes sociales, son effigie est reproduite sur de la vaisselle et son nom fait vendre même des cigarettes, début d’un merchandising aujourd’hui banal pour les étoiles du monde sportif.
Matthew Webb est alors à la croisée des chemins : va-t-il retrouver sa paisible vie de capitaine de la marine marchande, ou va-t-il choisir de poursuivre dans la voie de l’exploit, qui implique de devoir à nouveau se surpasser, et donc de surpasser les limites naturelles de l’être humain, au risque d’y laisser la vie ? Sans doute à la fois pour des raisons de prestige et pour des raisons pécuniaires, Webb se lance dans la seconde voie, qui va le conduire à se métamorphoser en professionnel de l’exhibition sportive.
Son manager n’a pas de peine à lui trouver constamment de nouveaux challenges à relever, avec des prix à remporter à la clef. Il n’est pas question de dresser ici la liste des courses d’endurance et autres défis lors desquels Webb s’est opposé aux meilleurs nageurs du monde entier. Lors de ces compétitions, qui l’amènent à se produire plus d’une fois aux États-Unis - ce qui conforte sa réputation internationale - Webb connaît parfois l’échec : c’est sans doute la raison pour laquelle il préfère se spécialiser dans le face-à-face avec l’élément aquatique.
Arrêtons-nous uniquement sur deux exhibitions très révélatrices de la spirale dans laquelle Webb s’enfonce inexorablement. La première a lieu le 15 mars 1880 : Webb parvient à flotter 60 heures d’affilée dans l’eau de l’aquarium de Westminster à Londres devant des milliers de personnes venues se repaître d’un spectacle étrange. Webb prend ses repas en restant dans l’eau et adopte des positions lui perm…
Réglementation et Encadrement: La Channel Swimming Association
Au début du 20ème siècle, le Channel attire de plus en plus d'adeptes de l'extrême. Face à l'augmentation des tentatives, il devient urgent de mettre en place une organisation. C'est ainsi qu'en 1927 est créée la Channel Swimming Association, dont l'objectif est de conseiller et d'accompagner les prétendants au titre, mais aussi d'homologuer les records. Dès lors, l'envie de se mesurer à la Manche est soumise à des règles. Cette nouveauté marque un tournant, car auparavant, il était fréquent de se lancer à l'eau dans le plus simple appareil!
Côté alimentation, il est interdit d'avoir un contact direct avec l'équipage du bateau accompagnateur. Les nageurs doivent faire preuve de dextérité pour saisir au vol la nourriture proposée au bout d'une perche. Enfin, à l'arrivée, il est impératif de pouvoir poser les pieds « à sec », c'est-à-dire de ne pas s'effondrer, épuisé, dans les vagues du rivage.
Marion Joffle et le Record de France Féminin
Le 21 août 2022, Marion Joffle bat le record de France féminin de la traversée de la Manche à la nage. Cette épreuve, comme toutes les autres traversées, est supervisée par deux associations : la Channel Swimming Association et la Channel Swimming & Piloting Federation. La France ayant interdit les départs depuis ses côtes en 1999, les traversées se font désormais dans un seul sens, sauf pour ceux qui souhaitent faire l'aller-retour!
Arthur Germain-Hidalgo: Le Plus Jeune Nageur Français
Il y a quelques années, Arthur Germain-Hidalgo a réussi à traverser la Manche à l'âge de 16 ans. Sa traversée a eu lieu le 23 juillet 2018, avec un départ à 8h30 et une arrivée en fin d'après-midi. Arthur s'était entraîné spécialement pour ce défi depuis septembre 2017 et avait participé aux championnats de France d'eau libre à Gravelines sur 25 km. Il est devenu le plus jeune nageur français à traverser la Manche, établissant ainsi un nouveau record.
Stève Stievenart: Le Phoque des Mers du Nord
Là où les eaux sont froides et agitées, là où seul le monde marin se voit invité, là où nager devient prouesse, vous croiserez peut-être Stève Stievenart. Affectueusement surnommé le « Phoque » en référence à sa consommation gargantuesque de poissons gras, le Nordiste réalise des traversées qui ont tout de l’épopée. Et du voyage intérieur.
En 2020, le « Phoque » devient le 20ème être humain et premier français à inscrire son nom au palmarès des héros ayant achevé le « two-way », c’est-à-dire la traversée de la Manche en aller-retour. En 2022, le Nordiste signe un nouvel exploit puisqu’il se hisse au rang de premier tricolore à boucler le mythique circuit de la Triple Couronne des Lacs des Monstres : Loch Ness, Tahoe et Memphrémagog.
Récemment, Stève Stievenart a réalisé un nouvel exploit en traversant la Manche en relais en hiver, une première. Avec deux nageurs écossais et deux anglais, il a mis 14 heures et 45 minutes pour rallier Douvres au Cap Gris-Nez, dans une eau oscillant entre 7 et 9 degrés. Cet exploit collectif a permis de lever des fonds pour l'association Power of one, qui s'occupe de la cause animale.
Défis et Préparations
La traversée de la Manche est un défi sportif extrême qui implique de nombreux obstacles :
- Courants: Les courants marins peuvent être forts et imprévisibles, augmentant considérablement la distance à parcourir. Matthew Webb a parcouru soixante-quatre kilomètres lors de sa traversée, alors que le détroit du pas de Calais a grosso modo une largeur de 35 km.
- Température de l'eau: La température de l'eau est généralement basse, nécessitant une adaptation et une résistance au froid exceptionnelles. Il faut tout de même être doté d’une furieuse envie de se dépasser… Quel est le corps humain capable de résister si longtemps à des températures pareilles, sur une si longue distance ? Évidemment pas au plus froid, mais plutôt entre juin à septembre, l’enjeu est de se donner la chance de barboter dans une eau à 15° en moyenne !
- Faune marine: La présence de méduses et d'autres créatures marines peut constituer un danger pour les nageurs. Alors que la fatigue commence sérieusement à l’envahir au bout de quelques heures, les encouragements de ses compagnons embarqués à bord des bateaux escorteurs lui sont moralement d’un grand secours. Mais personne ne put l’empêcher de dériver au gré des courants tumultueux de la Manche. Si l’on retrace son itinéraire, on constate que Matthew Webb a parcouru soixante-quatre kilomètres lors de sa traversée, alors que le détroit du pas de Calais a grosso modo une largeur de 35 km.
- Trafic maritime: La Manche est l'un des détroits les plus fréquentés au monde, ce qui ajoute un niveau de complexité à la traversée. Au-delà de la distance il est juste question de traverser l’un des détroits les plus fréquentés au monde.
La préparation pour une telle épreuve est donc cruciale et exige un entraînement rigoureux, une acclimatation au froid, et une connaissance approfondie des courants et des conditions météorologiques.
Records et Performances Notables
Plusieurs nageurs ont marqué l'histoire de la traversée de la Manche par leurs performances exceptionnelles:
- Record masculin: Le record de durée masculin pour cette traversée a été établi le 8 septembre 2012 par l’Australien Trent Grimsey, qui acheva cet exploit en 6 heures et 55 minutes.
- Record féminin: Quant au record féminin, il est détenu depuis 2006 par la Tchèque Yvetta Hlaváčová qui réalisa la traversée en 7 heures et 25 minutes.
- Première traversée aller-retour: L’année dernière, le Français Steve Stievenart a écrit une nouvelle page de l’histoire de la traversée de la Manche à la nage. L’homme de 43 ans est devenu le premier nageur tricolore à réussir la double traversée. Il a mis 34 heures et 45 minutes pour faire la distance en aller-retour séparant la plage britannique de Samphire Hoe, près de Douvres à Audinghen dans le Pas-de-Calais.