Formation de Nageur de Combat Sous-Marin: Un Parcours d'Excellence

L'obtention de la certification de nageur de combat est une distinction rare, réservée à une élite triée sur le volet. Ceux qui réussissent rejoignent le Commando Hubert, une unité spécialisée dans les missions sous-marines les plus délicates, allant du contre-terrorisme à la libération d'otages, en passant par le renseignement et la destruction d'objectifs. Cet article explore en profondeur le processus rigoureux de sélection et de formation qui transforme des soldats d'élite en nageurs de combat sous-marins.

Prérequis et Sélection Initiale

La plupart des candidats possèdent déjà une solide expérience de 5 à 7 ans au sein des commandos marine, ayant gravi les échelons jusqu'à devenir chef d'équipe commando dans leur unité. D'autres proviennent de l'Armée de terre, visant une carrière à la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure). Tous les aspirants doivent être certifiés Plongeurs de bord, âgés de moins de 30 ans, et avoir passé avec succès un entretien psychologique rigoureux pour évaluer leur aptitude mentale et émotionnelle à faire face aux défis extrêmes qui les attendent.

Cependant, seulement la moitié des candidats franchissent l'étape initiale des deux semaines de présélections. Durant cette période intensive, ils sont soumis à une batterie de tests physiques exigeants, des plongées à l'air, et une formation théorique approfondie. Ils sont également initiés au FROGS, un appareil respiratoire en circuit fermé à l'oxygène pur fabriqué par Aqua Lung. Cet équipement deviendra leur outil essentiel d'intervention s'ils progressent dans la formation.

Le lieutenant Sébastien, instructeur expérimenté, souligne que l'objectif principal de ces présélections est d'évaluer la capacité physiologique des candidats à supporter l'utilisation intensive de l'équipement spécialisé.

La Formation à l'École de Plongée de Saint-Mandrier

Chaque année, une douzaine de candidats sont sélectionnés pour rejoindre l'École de plongée de Saint-Mandrier en décembre. Ils s'engagent alors dans un programme de formation rigoureux de sept mois, ponctué de différents modules, avec la constante possibilité d'être exclus à tout moment. La pression est omniprésente, et les premières semaines sont consacrées à l'obtention des permis côtiers et hauturiers, des qualifications indispensables pour opérer en mer.

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Dès le mois de janvier, la formation entre dans sa phase technique. L'enseigne de vaisseau Sébastien explique qu'à la fin de cette phase, les élèves doivent maîtriser parfaitement leur équipement de plongée et leur armement. Les journées sont remplies de plongées répétées, d'exercices nocturnes, et de sessions intensives en bassin.

En mars, la formation passe à la phase de perfectionnement. Les élèves commencent à apprendre à concevoir des plans d'attaque et à atteindre des objectifs situés à plusieurs kilomètres de distance, tout en améliorant leur vitesse de palmage et leur angle de progression, dans un souci constant de discrétion et d'efficacité. Ils participent à des simulations dictées et encadrées par les instructeurs, avant de passer à la phase PROAT (préparation opérationnelle aux actions tactiques), où ils apprennent à planifier des plans d'attaque sur papier, puis à les exécuter en conditions réelles.

Un aspect crucial de la formation est l'apprentissage du travail en binôme, où les nageurs de combat sont sanglés l'un à l'autre pour assurer leur sécurité mutuelle. De jour comme de nuit, ils effectuent des raids en kayak et des séances de palmage, parcourant jusqu'à 15 kilomètres avant d'entamer une plongée. Ils suivent également une formation dans un centre de l'armée de terre pour maîtriser l'utilisation de tous types d'explosifs. Un raid en kayak de 100 kilomètres met à l'épreuve leur endurance et leur détermination.

Phases de Synthèse et Spécialisation

Après cinq mois d'efforts constants, les élèves doivent puiser dans leurs réserves pour affronter les phases de synthèse, qui consistent en l'application, dans des conditions aussi réalistes que possible, de toutes les compétences acquises. À travers des simulations d'interventions, ils doivent mettre en œuvre tout ce qu'ils ont appris et s'organiser pour accomplir leur mission. Il est impératif qu'ils travaillent comme s'il s'agissait d'une intervention réelle, sans aucune aide de leurs instructeurs.

Une partie de la formation se déroule à Brest, où les élèves sont confrontés à des conditions météorologiques différentes et à des environnements inconnus. Leur cursus est complété par une formation de parachutiste et, pour certains, un stage d'évacuation d'hélicoptère au CESSAN, où ils apprennent à atterrir dans l'eau avec leur équipement et à se débarrasser de leur parachute, une compétence essentielle pour les opérations aéroportées.

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De retour à Saint-Mandrier, ils acquièrent des compétences en travaux sous-marins.

La formation est extrêmement exigeante, et la moitié des élèves ne parviennent pas à la terminer. L'enseigne de vaisseau Sébastien souligne que les abandons pour des raisons mentales sont rares, car ils sont généralement détectés lors des présélections. Les blessures et les fautes de sécurité sont les principales causes d'exclusion, et les cas sont examinés par un conseil d'instruction.

Intégration au Commando Hubert et Maintien des Compétences

En général, les nageurs de combat restent au Commando Hubert pendant 6 à 10 ans. La formation continue est essentielle pour maintenir un niveau d'excellence opérationnelle. Un nageur de combat, entré tardivement dans l'armée à 25 ans, témoigne de son parcours : après être devenu commando marine et chef d'équipe, il a intégré le cours de nageur de combat et a été breveté. Cependant, pour être complètement certifié, il doit encore obtenir la mention « groupes spécialisés-CTLO » (Contre-terrorisme et libération d'otages), le brevet de chuteur « ops » (opérationnel) pour être déployé par les airs, et des formations spécifiques.

La certification se fait au sein de l'un des deux groupes du Commando Hubert, le troisième étant spécialisé dans les engins sous-marins et les tireurs d'élite. Une fois opérationnels, les nageurs de combat doivent être disponibles en permanence, prêts à partir en moins d'une heure en cas d'alerte. La vie de famille peut être mise à rude épreuve par cette exigence.

Pour ceux qui rêvent de rejoindre le Commando Hubert, il est essentiel de s'investir pleinement dans toutes les étapes de la formation, sans négliger les étapes intermédiaires. Il est important de garder à l'esprit que sur 100 fusiliers marins, seuls 20 deviendront commandos, 10 chefs d'équipe, et 2 intégreront le cours de nageur de combat.

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La gestion du stress est un aspect crucial de la formation, car il y a énormément de choses à assimiler. Les deux premiers mois sont particulièrement éprouvants, et l'endurance est primordiale. Il faut être en permanence à 100 % de ses capacités, tout en étant capable de donner encore plus. Les plongées, que ce soit en formation ou en opérations, s'effectuent toujours en binôme.

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