Introduction
Le lac de Paladru, joyau naturel du Dauphiné, est un lieu chargé d'histoire et doté d'une géographie particulière. Cet article explore les multiples facettes de ce territoire, de sa formation glaciaire à son essor touristique, en passant par son patrimoine archéologique et ses traditions locales.
Un « pays » autour d’un lac : aspects géographiques
Un lac d'origine glaciaire au cœur des Terres Froides
Situé au fond d’une ancienne vallée glaciaire, au cœur des Terres Froides orientales, le lac de Paladru est le plus grand plan d’eau naturel du Dauphiné. Sa superficie est de 391 ha et, en deux endroits, sa profondeur atteint 36 m. Le volume d’eau qu’il contient s’élève à 97 millions de m3. Cinq communes bordent ses rives et se partagent son étendue. Regroupant environ 4 000 habitants permanents, leur population s’accroît considérablement durant deux mois de l’été parce que le lac exerce un fort attrait touristique. L’économie et le paysage traduisent cette mutation avec une régression des activités agro‑pastorales au profit du développement du tourisme. De plus en plus, résidences secondaires et terrains de camping occupent un espace autrefois dévolu à l’agriculture et à l’élevage.
Relief et géomorphologie
Le lac de Paladru occupe une dépression d’origine glaciaire dont la particularité est d’être allongée et de posséder des versants localement assez abrupts. La vallée noyée par le plan d’eau, d’où naît la Pure, a une orientation nord‑est/sud‑ouest. Dans le contexte géographique des Terres Froides, elle apparaît rigoureusement parallèle à celles de la Bourbre et de l’Ainan mais c’est la seule dont l’émissaire se dirige vers le sud. Cette vallée de Paladru, rejointe en rive droite à l’aval du lac par celle du Pin, est développée dans la masse des terrains molassiques miocènes, aimant l’essentiel du paysage de collines et de vallons qui caractérisent la région. Des témoins de la surface d’érosion villafranchienne, à partir de laquelle le relief et le modelé ont progressivement pris leur aspect actuel durant Père quaternaire, sont encore nettement discernables, entre autres à la Pierre de Libre Soleil (804 m) au sud de Bilieu. Cependant, ce soubassement molassique, qui représente en quelque sorte le gros œuvre, est le plus souvent masqué par les modelés d’accumulation relevant de l’action des glaciers quaternaires.
Ces vallées parallèles ne sont rien d’autre que d’authentiques auges glaciaires et le lac de Paladru, unique en son genre dans la région, est un véritable lac de surcreusement, à sa base tout au moins. Les courants de glace étaient issus du glacier du Rhône, lequel, au débouché des cluses du Jura méridional, s’est largement étalé à plusieurs reprises sur l’avant‑pays, atteignant même Lyon. Les langues glaciaires se sont avancées, tels les doigts d’une main, dans des vallées préexistantes issues de la formation du piémont alpin. Il n’est pas possible de discerner si elles correspondaient simplement à des ondulations liées au plissement provoqué par les derniers mouvements de la tectogenèse alpine ou si leur tracé résulte de l’existence de failles. Toujours est‑il qu’à l’exception de celle de la Fure, les vallées actuelles offrent un bon exemple de phénomène d’inversion du drainage par rapport à la situation primitive. Cependant, ces langues glaciaires rhodaniennes qui parvenaient au cœur des collines des Terres Froides y rencontraient celles issues du glacier de l’Isère au débouché de la cluse de Voreppe, qui s’étalaient largement sur le seuil de Rives et la Bièvre. D’où une double accumulation de moraines de fond et la construction de plusieurs bourrelets morainiques terminaux. Ce sont eux qui sont à l’origine de plusieurs seuils, dont ceux de Châbons, Charavines et Chirens (La Garangère) sont les plus connus. Seul celui de Charavines intéresse la vallée et le lac de Paladru. L’épaisseur et la hauteur des cordons morainiques viennent expliquer qu’au phénomène classique de surcreusement et de blocage par un verrou de roches localement plus résistantes, s’associe celui d’une obturation par un bourrelet morainique à l’aval. Le lac de Paladru est donc en profondeur un lac de surcreusement glaciaire et pour sa partie supérieure un lac de barrage morainique.
Ce plan d’eau oblong situé à 492 m d’altitude occupe, on l’a vu, une vallée assimilable à une auge. Toutefois ses versants prennent des allures parfois singulières. Si, au Bois d’Amour, la pente raide correspond au secteur où le maximum de profondeur est atteint, de l’autre côté, sur la rive occidentale, plusieurs replats, telles des marches d’escalier, interrompent la déclivité générale. Près du village de Paladru, Y. Bravard a dénombré cinq niveaux, mais le replat le plus net s’observe de manière continue entre Magnoud et Jalamion ; il suit très fidèlement la courbe de niveau des 600 m. Entre cette ample terrasse, dont la position à l’adret explique sans doute que l’habitat et les cultures s’y soient tôt implantés, et le lac, une dizaine de ravins étroits et fortement encaissés estompent l’allure générale de gradin, apportant un fort élément d’originalité au paysage. Cette terrasse, formée d’accumulations morainiques et fluvio‑glaciaires, est une terrasse de kame. Il s’agit d’un modelé d’accumulation le long du courant de glace. Après le retrait de ce dernier, subsiste une banquette longitudinale perchée au‑dessus de la vallée libérée par la langue glaciaire. Les petits ravins sont dus à la reprise d’érosion post‑glaciaire, en rapport avec le niveau de base local représenté par le lac. Le fait que cette terrasse de kame fasse défaut sur la rive orientale du lac s’explique par l’opposition entre adret et ubac de part et d’autre du talweg. Sur l’adret, donc sur la rive occidentale, l’ensoleillement plus généreux a favorisé la fonte de la glace au contact du versant et a permis, à partir du sommet de l’interfluve séparant les vallées de Paladru et du Pin, un bon développement de petits torrents, véhiculant contre le glacier des alluvions en quantité appréciable. De l’autre côté, l’ensoleillement plus réduit est à l’origine d’une meilleure conservation de la glace, d’une moindre érosion liée aux alternances gel‑dégel et donc de l’absence de véritables terrasses de kame.
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Dans le paysage l’empreinte glaciaire est donc primordiale, et l’héritage quaternaire capital pour expliquer la topographie actuelle. A cet égard, le lac de Paladru s’intègre parfaitement dans le contexte des Terres Froides d’autant que ce toponyme se réfère à la fois à la genèse quaternaire et aux caractères du climat contemporain, marqué par une indéniable septentrionalité.
Climat
L’altitude et l’orientation générale des axes du reliefdéterminent plusieurs critères de continentalité qui apparaissent nettement dans les données statistiques et sur le climogramme de Charavines. Dans le contexte régional des collines des Terres Froides, dont le point culminant est à 960 m (Signal de Baracuchet), le niveau du lac de Paladru (492 m) est déjà passablement élevé. A cela s’ajoute l’orientation nord‑est/sud‑ouest qui canalise les masses d’air en provenance du nord.
En ce qui concerne les températures, il faut noter l’amplitude déjà considérable (22,9 °C) duc principalement à un mois de janvier froid, tandis qu’en été aucun mois ne dépasse 20 °C. Il convient de remarquer la douceur du début de l’automne (septembre est presque aussi chaud qu’août) alors que le mois de juin, le plus arrosé, se situe très en deçà.
Une grande irrégularité semble caractériser la répartition , mensuelle des précipitations : juin reçoit cinq fois plus d’eau que novembre tandis qu’un maximum secondaire est nettement marqué en octobre à la faveur de la remontée des masses d’air humide méditerranéennes. De novembre à mars s’étend la période la plus pauvre en précipitations (1/4 du total en 5 mois), manifestation évidente de l’appartenance de la région au domaine climatique continental. Avec un total annuel de 1 168 mm de pluie et une moyenne thermique inférieure à 10 °C (9,7 °C), Charavines est un bon exemple de climat tempéré frais à tendance nettement continentale. Le nombre de jours avec précipitations y est assez élevé, de même que celui où souffle le vent du nord (la bise) pour lequel des données précises font hélas défaut. Le gel est fréquent en hiver et plusieurs fois le lac a entièrement gelé, la plus forte épaisseur de glace ayant été mesurée en février 1956.
En définitive, le climat frais, humide et venté rend le milieu quelque peu inhospitalier. Il n’a cependant jamais constitué une entrave à l’implantation de l’homme.
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Les hommes et leurs activités
Près de 4 000 personnes habitent aujourd’hui les communes riveraines du lac de Paladru Charavinespetites unités fait l’originalité de Bilieu, alors que la plus forte proportion de fermes isolées est obseivée à Paladru.
Les sols, généralement profonds, et le climat font du territoire, entourant le lac un pays d’herbe et d’arbres. De belles forêts et des bosquets (Bois d’Amour, Bois de Magnoud) composent un agréable cadre de verdure pour le plan d’eau mais l’essentiel de la surface a été précocement défriché afin de pratiquer une économie de type agro‑pastoral avec une nette prédominance de l’élevage.
Même si la tendance générale va, comme partout ailleurs, dans le sens d’une régression, l’agriculture conserve une place qui est loin d’être négligeable. Si on déduit la superficie du lac (391 ha), la surface agricole utilisée (SAU) couvre, pour l’ensemble des cinq communes, 3/5 du total et les seuls herbages 48 %. Il existe donc, autour du lac, une nette prédisposition à l’économie pastorale : la part des céréales au sein de la SAU n’est que de 17,4 % alors que celle des cultures fourragères et de la surface toujours en herbe s’élève à 81,3 %. L’élevage pratiqué est principalement celui des bovins avec une répartition assez équilibrée entre la production de viande et celle de lait, la proportion des vaches laitières dans le cheptel bovin n’étant que de 42,4 %. Ovins et caprins sont modestement représentés. Mais la commune du Pin se singularise par l’existence d’un gros cheptel porcin.
Ce terroir circumlacustre est un pays d’exploitations de taille relativement réduite (16 ha/exploitation en moyenne) et généralement c’est l’exploitation de type familial qui a tendance à prédominer (2,26 actifs/exploitation en moyenne). A l’image de bien d’autres régions rurales Française le vieillissement des exploitants nombreuses forges qui utilisent la force motrice de l’eau pour mouvoir les martinets. Ne subsiste de cette époque, dans la partie amont du cours de la rivière, que le site de Bonpeituis. Son origine n’est pas due uniquement à la ressource hydraulique mais est en rapport avec l’exploitation du minerai de fer en Chartreuse et avec l’abondance du bois dans les forêts avoisinantes, ce qui contribuait à une bonne production de charbon de bois. Ce combustible, d’ailleurs, devint indispensable au xive siècle lors de la découverte du procédé de fabrication de la fonte par « bas‑foyer », que l’on dénomme aussitôt « méthode rivoise ». C’est aux xviie‑xviiie siècles que cette métallurgie rivoise connaît son apogée : par un arrêt de 1629, le Conseil d’Etat reconnaît la supériorité des « Aciers de Rives » pour la fabrication des épées, lames et autres objets tranchants confectionnés jusqu’alors à Saint‑Etienne ou à Thiers. Avant la Révolution, la production des forges et aciéries de la Eure était d’environ 20 000 quintaux mais elle est réduite de moitié au début de la période napoléonienne. En 1810 déjà la moitié des forges a disparu. Bonpertuis est localisé à l’endroit où le passage sur la Fure (dont le nom veut dire « la Furieuse ») était assez aisé grâce à un rétrécissement du talweg. Aujourd’hui les effectifs avoisinent 400 employés et Bonpertuis continue d’évoquer la tradition industrieuse et industrielle de la vallée.
Mais, de plus en plus, c’est le tourisme qui est l’activité conquérante, en dépit de la brièveté de la saison estivale. Le principal atout du développement touristique est évidemment le lac, indissociable de son environnement verdoyant. Sa localisation à une heure de route de Lyon, à 45 minutes de Grenoble et à seulement un quart d’heure de Voiron en fait une aire de loisirs de proximité tout à fait remarquable pour peu que ne se renouvelle pas la mésaventure de 1985 : cette année‑là, en effet, les eaux furent particulièrement atteintes par l’eutrophisation, c’est‑à‑dire un excès de matières organiques vivantes dans les couches superficielles. Après leur mort, ces micro‑organismes se déposent au fond du lac où leur lente minéralisation consomme l’oxygène dissous au détriment de la qualité des eaux. L’eutrophisation se manifeste par différents effets nuisibles qui ont quelquefois rendu le lac impropre à sa fonction d’espace naturel de loisirs : perte de transparence des eaux, prolifération brutale d’algues microscopiques (fleurs d’eau), régression des espèces de poissons nobles. D’ailleurs la faune du lac s’était considérablement appauvrie : le roi des poissons, l’omble chevalier, a disparu et carpes, tanches, brochets et perches ont eu tendance à se raréfier. La dépollution récente (mise en place d’un siphon évacuant les eaux de surface, pose d’un collecteur périphérique menant à une station de traitement des eaux) a donné des résultats encourageants, et la faune semble se reconstituer. Le tourisme lacustre, qui se pratique essentiellement de mi‑juin à fin septembre a généré la prolifération des résidences secondaires ainsi que la multiplication des terrains de camping. Durant l’été 1989, ces derniers, au nombre de 11, offraient 1 070 emplacements pour caravanes. Outre les adeptes de la planche à voile ou de la baignade, les touristes sont également représentés par une clientèle plus âgée à la recherche d’air pur, de verdure et de calme.
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La récente création, à partir du résultat des recherches archéologiques et historiques, d’un « musée du lac de Paladru » au sein d’une « Maison de Pays », la mise en œuvre de visites guidées du chantier archéologique de Colletière durant la belle saison, de nombreuses animations (conférences, expositions) ont fait de la culture un second atout touristique, qui permet de diversifier les pôles d’intérêt, d’offrir aux touristes une alternative en cas de mau…
Histoire et patrimoine
Des découvertes archéologiques majeures
Le lac de Paladru est un site archéologique de premier plan. Les sites néolithiques des « Baigneurs » et de « Colletière » du côté de Charavines, célèbre pour ses célèbres chevaliers paysan de l’an mil, ont révélés bien des trésors qui sont désormais visibles (pour certains) au sein du tout nouveau Musée Archéologique de Paladru, qui ouvre ses portes le mardi 7 juin. Le village des Baigneurs à Charavines fut occupé vers 2650 av. J-C. Ces communautés agricoles de petites tailles consommaient énormément de bois. L’historien Aimé Bocquet appelle cette période l’âge du bois. Il est évident que ces hommes et femmes sont allés jusqu’à Bilieu pour y chercher du bois. Notre territoire étant composé de bonnes terres et de forêts, les Charaviniens (nommés ainsi par Aimé Bocquet) n’en sont jamais partis et furent rejoints plus tard par d’autres communautés.
Bilieu : un village chargé d'histoire
Petite commune par sa superficie Bilieu ne fait que 7,56 km² alors que la moyenne des communes françaises est de 14,9 km². Petit commune par sa population aussi, avec ses 1 575 habitants (chiffre de 2019). Autant dire que tout le monde se connaissait. Le coté ouest est au bord du lac. L’est de la commune est traversé par le ruisseau du Cras, qui rejoint l’Ainan sur Chirens. Il n’y a pas si longtemps (50 ans), les truites de l’Ainan venaient y déposer leurs œufs. Le nom Cras a deux origines possibles : soit la terre crayeuse, soit le creux ou vallon… La plus ancienne mention écrite de la commune remonte au 14e siècle avec Cura Sancti Albani de Billiesco, qui deviendra Billieu avec 2 l puis le Bilieu que nous connaissons.
Vers 750 av JC, des cavaliers Hallstattiens se sont installés dans le Bas-Dauphiné. Un site à Voiron a conservé des traces de leur installation. Des sites gallo-romains ont été mis au jour un peu partout sur notre territoire, dont un au bord du lac, qui pouvait être un lieu de pêche. Une statue du dieu gaulois Sucellos (ou Sucellus pour les Romains), dieu de la nature, du sol et de la nuit, fut retrouvée sur Charavines sur un site du 2e-3e s. Aucune villa gallo-romaine n’a été retrouvée sur Bilieu mais de nombreux toponymes sont liés à l’occupation agricole de cette période : Grand Champ, grand Pré…) Une voie secondaire passait par Brenetière et M. Brun, ancien instituteur y demeurant, avait repéré une borne ancienne. Celle-ci a disparu depuis. Avant la Révolution, la carte de Cassini demandée par Louis XIV, indique de nombreux hameaux : Billieu avec son église, le Grand Billieu, les Moures (les Maures), la Verchère, la Merie, les Charamus (Charamel), les Bernassins (Bernardins), le David, le Petit Billieu.
« L’affreux tocsin de 89 venait d’appeler le peuple français à marcher contre les prétendus ennemis de la Nation et les habitants de Bilieu accoururent à l’église. En cette circonstance critique, l’abbé Barril rappelle à chacun ses devoirs et congédie ses ouailles en leur donnant une dernière bénédiction. Quelques heures après, des hommes, qui lui avaient voué un attachement bien mérité, vont lui rendre visite. Le presbytère est ouvert et la domestique absente. On cherche, on appelle monsieur le curé qui n’apparaît point, ne répond point. La servante arrive, mais elle aussi ne peut expliquer cette disparition subite. On se livre à de nouvelles perquisitions et on le retrouve mort dans un lieu du presbytère qui n’avait pas encore été visité. Des bruits terribles ont circulé, peu ont douté d’un crime. En 1828, Jean-Baptiste Charavel, conseiller à la Cour de Grenoble et juge au tribunal de St Marcellin, propriétaire de la Matonnière, est nommé maire par le Préfet, ainsi que les conseillers Michel Eyssard, Joseph Brochier, Jean Commandeur, Joseph Commandeur, Joseph Farnoux, Benoit Flandre, Auguste Jullien, Joseph Trouilloud père et François Vernay.
Avec l’installation de la mairie fin 19e siècle au bord de la route de Charavines, le centre du village s’est déplacé près de la Meyrie que la carte IGN l’écrit même m-a-i-r-i-e ! Le terme meyrie désigne un domaine en métayage. La commune était essentiellement agricole, avec en plus la pêche. Comme dans toutes les communes de la région, il y a eu une usine de textile, construite par M. Pilloix en 1924. Elle ferma en 1970. La vieille église du 12e siècle fut reconstruite en 1840 grâce à une donation Charamel (le premier maire) et le clocher refait en 1924 suite à un coup de foudre. Ces deux tilleuls qu’on appelle des Sully sont deux arbres plantés par l’ordre de Sully, ministre du roi Henri IV qui est mort en 1610. Mais le plus petit fut coupé avant 1939 et le plus gros au début des années 60. En face de l’église, vous pouvez voir un chasse-roue avec une forme très particulière. Il se trouvait autrefois contre le mur qui entourait la place devant l’église. Un des hauts lieux de promenade de Bilieu est la croix de Cochettes. Parfois dit Clochettes, il s’agit bien de la petite coche, entaille dans le relief. En limite avec Charavines, la pierre de Beaudinet, dit aussi Pierre plate, était un bloc erratique laissé par les glaciers. Un seigneur de Chirens aurait fait préparer un pique-nique sur cette pierre pour le roi François 1er qui revenait de Pavie (en 1525). En remerciement du repas, le roi donna le nom de Beaudiné au seigneur. La commune de Bilieu ne possède pas de château. Sa plus grosse demeure ancienne est la Matonnière. Elle ne possède pas non plus de moulin sur son territoire et les habitants allaient soit à Charavines, soit sur Chirens.
Activités et tourisme
Un lac propice aux activités nautiques
Le lac de Paladru est un lieu privilégié pour la pratique de nombreuses activités nautiques. Le YCGC (Yacht Club Grenoble Charavines) est le lieu d'animation incontournable du Lac depuis 1961. Le club a pour objectif de concevoir une Ecole de Compétition de Voile confirmant un niveau français de pointe. Le YCGC est le moteur touristique incontournable du pays voironnais avec des activités scolaires, des activités sportives de compétition et de loisirs, des activités d'insertion. Centre de location pour paddles, kayaks, dériveurs et planches à voile.
Découverte du patrimoine en voile
Le Yacht club organise chaque semaine des sorties en bateau pour dévoiler le patrimoine du lac et de ses environs. Ces balades permettent de découvrir les anecdotes et l’histoire, souvent méconnues, du lac de Paladru, et de ses habitants. Au départ de la baie des Anges, pendant deux heures, le vent nous emmène du Bois d’amour jusqu’à Charavines. La visite vous fera découvrir les roselières, avec une faune préservée, le village des pêcheurs, à Charavines, où l’on aperçoit encore les fondations du XIe siècle. On y apprend les anecdotes et l’histoire de Charavines, des Chartreux jusqu’aux chevaliers de l’an mille.
Anecdotes et légendes
Près de l’extrémité nord du lac, certaines des plus anciennes maisons de Charavines tournent le dos au lac, en raison d'histoires effrayantes et d'une supposée malédiction. Autrefois appelé le "lac rouge" en raison d'une forte période de pollution d’algues rouges dans les années 1960, il a fallu plus de trois ans pour renouveler l’eau et obtenir sa couleur qui lui vaut aujourd’hui le surnom de “lac bleu”. Lors des balades en voile, le capitaine du bateau n’hésite pas à laisser la barre aux enfants pour leur donner une première sensation. S’il est calme, les animateurs prendront leur temps et vous conteront les légendes du lac : celle de la cloche d’Ars disparue ou encore les origines de la Dame Blanche.
Réglementation
Le lac de Paladru a la particularité d’être une propriété privée : celle de la Société du Lac de Paladru. Ainsi, la navigation et la pêche sont règlementées. Maurice Despierre, garde du lac, y veille, en plus de porter assistance à ceux qui en ont besoin et de gérer les anneaux dans les différents ports autour du lac.
Protection de l'environnement
Nombreuses sont les espèces d'oiseaux qui nichent dans les marais ou les roseaux du lac, notamment dans le marais de la Véronnière, sur la commune de Montferrat au nord du lac, classé zone naturelle protégée. Un grand travail de régénération des roselières est également mené afin d'améliorer encore la qualité des eaux du lac.