Le Nage Papillon aux Jeux Olympiques : Histoire, Évolution et Règles

La natation est une discipline olympique historique, présente depuis la première édition des Jeux Olympiques à Athènes en 1896. Elle figurera au programme des Jeux de Paris 2024 avec pas moins de 37 épreuves. Parmi les styles de nage présents, le papillon se distingue par son histoire particulière et ses exigences techniques.

L'Histoire de la Natation aux Jeux Olympiques

La natation a fait ses débuts aux Jeux Olympiques très tôt. Bien que la pratique de la natation remonte à la préhistoire, son introduction dans le programme olympique est plus récente. En 1908, à Londres, la natation entre dans le grand bassin olympique. Quatre ans plus tard, en 1912 à Stockholm, les femmes sont autorisées à participer, même s'il a fallu attendre jusqu'à l'édition de Tokyo en 2021 pour que les épreuves féminines soient identiques aux masculines.

Les États-Unis dominent le classement des pays les plus titrés en natation avec plus de 578 médailles, dont 257 en or, soit deux fois plus de récompenses que l'Australie (212). Michael Phelps incarne cette domination, étant l'athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux Olympiques avec un total de 28 médailles, dont 23 en or, remportées entre 2004 et 2016.

Pour Paris 2024, des talents comme Léon Marchand et Pan Zhanle sont très attendus. Chez les femmes, Claire Curzan s'est distinguée. Les compétitions de natation se tiendront à la Paris La Défense Arena transformée en piscine olympique pour l’occasion.

En Occident, la natation était enseignée dans l’Antiquité aux jeunes citoyens grecs et romains, mais n’était pas incluse dans les jeux panhelléniques. Elle n’a été considérée comme un sport qu’au XIXe siècle, se déroulant en plein air et heurtant la morale puritaine de l'époque en raison de la nudité.

Lire aussi: Nager avec votre chien: Guide

La natation sportive a été l’une des neuf disciplines des premiers Jeux olympiques modernes à Athènes en 1896. Quatre épreuves ont été organisées dans le port du Pirée : le 100 mètres nage libre, le 200 mètres course d’obstacles, le 100 mètres pour marins et la nage sous l’eau. Le Hongrois Alfréd Hajós est devenu le premier champion olympique de l’histoire en remportant le 100 mètres nage libre. Les premières épreuves en bassin sont apparues en 1908 aux Jeux olympiques de Londres.

La Fédération internationale de natation (FINA), aujourd’hui World Aquatics, a été fondée à l’initiative des pays participant à cette olympiade. Cet organisme est à l’origine de la fixation des règles de ce sport. Contrairement à d’autres disciplines olympiques, la natation s’est féminisée rapidement, avec des épreuves spécifiques organisées dès les Jeux olympiques de 1912 à Stockholm.

La FINA et le Comité international olympique (CIO) ont fait évoluer le sport jusqu’à la dernière olympiade de Tokyo en 2021. La FINA a imposé les épreuves chronométrées et défini les dimensions du bassin pour les Jeux olympiques de Paris de 1924 : longueur, profondeur et largeur des couloirs. L’action conjointe de la FINA et du CIO a aussi concerné les styles de nage. Si la brasse a été la première technique utilisée à Athènes en 1896 et le dos en 1900, le crawl est apparu dans les années 20 et le papillon en 1956 pour les Jeux de Melbourne. Ces quatre nages sont les seules à être pratiquées en compétition aujourd’hui.

Depuis les Jeux de Tokyo en 2021, les programmes masculin et féminin sont identiques. Le dos, le papillon et la brasse ne comptent que deux épreuves : le 100 mètres et le 200 mètres, tout comme le quatre nages avec le 200 mètres et le 400 mètres. Pour les épreuves par équipes, il existe les relais 4 x 100 mètres et 4 x 100 mètres en nage libre, et un relais 4 x 100 mètres quatre nages. Une nouvelle épreuve est apparue en 2021 à Tokyo : le relais 4 x 100 mètres mixte hommes/femmes quatre nages, s’ajoutant aux 36 autres.

Les États-Unis dominent le palmarès de la natation sportive olympique avec 489 médailles, dont 214 en or, 155 en argent et 120 en bronze, tous sexes confondus. Chez les hommes, Michael Phelps est le nageur le plus médaillé avec 23 médailles d’or, 3 d’argent et 2 de bronze remportées en quatre olympiades (2004-2016) dans les épreuves de nage libre, papillon et quatre nages. Chez les femmes, Jenny Thompson domine avec 12 médailles (8 en or, 3 en argent et 1 en bronze) remportées entre les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et ceux d’Athènes en 2004.

Lire aussi: Vainqueur 100m Nage Libre

Le monnayage olympique n’apparaît qu’en 1952 pour les Jeux d’été à Helsinki. Des monnaies commémoratives sur la natation sont émises à partir de 1976 pour les Jeux de Montréal. Le Canada a émis une monnaie en argent de 10 $ canadiens honorant cette discipline. D’autres pays ont commémoré les compétitions nautiques, comme l’Égypte avec une monnaie en or de 100 pounds pour les Jeux de Barcelone en 1992. La France a sorti en 2021 des monnaies commémoratives de 50 € or, 10 € argent et ¼ € pour célébrer l’olympiade de 2024.

L'Évolution du Papillon

Le papillon est la dernière des quatre nages à avoir été reconnue par la FINA. Son origine est liée au manque de précision du règlement de la brasse. Certains nageurs se sont inspirés du « trudgeon » pour inventer l’ancêtre du papillon : alors que la grande nouveauté du « trudgeon » est de faire passer les bras alternés au-dessus de l’eau, les nageurs ont essayé de les faire passer de façon simultanée. Le mouvement est bien plus en adéquation avec le ciseau de jambes de brasse. Ainsi, en 1926, lors d'une course de brasse, l'Allemand Erich Rademacher termine l’épreuve en ramenant ses bras au-dessus de l'eau pour toucher le mur plus rapidement que ses adversaires. En prenant idée, c’est Myers qui systématise le retour aérien des bras comme la technique de « Brasse-Papillon ».

La Brasse-Papillon

La technique de « Brasse-Papillon » est de plus en plus utilisée dans les années 30 en compétition car elle est bien plus rapide que sa petite sœur, la brasse. Malgré tout, la « brasse-papillon » est aussi plus éprouvante que la brasse. C'est pourquoi on assiste pendant environ 25 ans (1920-1945) à des courses de Brasse mélangeant différentes techniques (Brasse sous-marine, Brasse, et Brasse-Papillon). En 1946, on imposa tout d'abord au nageur l'obligation de conserver le même style de nage pendant toute la course. La « brasse-papillon » trop fatigante sur les courses longues était alors parfois abandonnée, mais pas toujours, car les nageurs arrivaient de mieux en mieux entraînés. Ainsi, en 1952, aux Jeux olympiques d'Helsinki, les 8 finalistes du 100 mètres Brasse nageaient en « Brasse Papillon ».

La Séparation de la Brasse et du Papillon

En 1953, on sépare nettement la Brasse et le Papillon. En brasse, le retour de bras se fait obligatoirement sous la surface de l’eau, les mains ne peuvent dépasser la ligne des hanches. Aux JO de Rome, en 1960, Counsilman, de l’université Indiana aux USA, nagera en papillon avec 2 ondulations par mouvement de bras. En papillon aussi les coulées se prolongent, comme en dos à la fin des années 1980. Le russe, Pankratov, en est le roi avec ses 40m de coulée au départ des épreuves de papillon aux JO d’Atlanta en 1996.

Règles et Techniques du Papillon

Le papillon, également appelé brasse papillon, est une nage symétrique très réglementée qui se nage sur le ventre. Les bras effectuent simultanément un mouvement de rotation en avant et sortent de la surface de l’eau à chaque « battement ». Les jambes exécutent un battement de dauphin.

Lire aussi: Couloir de nage : quelle largeur ?

Les Aspects Techniques Essentiels

  1. Départ : Le départ des courses de papillon se fait à partir de plots de départ.
  2. Mouvement des Bras : Les bras doivent se déplacer simultanément vers l'avant au-dessus de l'eau, puis être ramenés vers l'arrière sous l'eau.
  3. Battement de Jambes : Les jambes doivent effectuer un mouvement de dauphin simultané, créant une ondulation qui contribue à la propulsion.
  4. Virages et Touches : Les nageurs doivent toucher le mur avec les deux mains simultanément à chaque virage et à la fin de la course.

Autres Styles de Nage

La Brasse

La brasse est également une nage très réglementée, caractérisée par une symétrie de mouvements entre les bras et les jambes. Elle est une nage occidentale dont l'origine remonte à l'Antiquité. Certains témoignages persistent de cette période et elle émane d'une visée utilitaire, inspirée avant tout par l'instinct de conservation. À la fin du XIXe siècle, la brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb participe largement à construire la réputation de la brasse comme nage d’endurance en traversant le premier le chenal de la Manche à la nage, en 21 heures et 45 minutes. La brasse « Anglaise » se nage sur le côté avec les bras alternés. Le retour reste malgré tout sous-marin. En contrepartie, elle est vivement contestée sur le plan de la vitesse. Très vite, on abandonne la Brasse anglaise à quatre temps en faveur de la Brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace. La française Cartonnet, elle, ramène les mains hors de l’eau vers 1935, dans le but de limiter les résistances. Les nageurs sortent tellement de l’eau, qu’ils n’y mettent même plus la tête ! Les nageurs cherchent de nouvelles solutions et aux JO de Rome les chronos de l’américaine Jastremski descendent grâce à une technique coudes hauts, genoux serrés. On passe alors d’un coup de pied qui ne propulse guerre qu’avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W » (les talons sont plus écartés que les genoux). La propulsion se fait alors par l’intérieur des pieds et les tibias. A Munich, en 1972, les nageurs de l’ex-URSS introduisent un style ondulé en brasse. Rien ne l’empêche alors dans le règlement. Et dans ce cas, le règlement l’autorisera par la suite : l’immersion totale de la tête est autorisée en brasse en 1986.

Le Crawl ou Nage Libre

La nage libre, souvent pratiquée en crawl australien, n'impose pas de style spécifique, mais le crawl est le plus couramment utilisé en raison de son efficacité. La FINA ne réglemente pas le Crawl mais la nage libre. Au XIXe siècle, les marins reviennent des Antilles, de Somalie, des Îles Pacifique, avec de nouvelles techniques, empruntées aux populations indigènes. En respirant sur le côté en brasse, la nouvelle technique répond à l’objectif de vitesse. Mais la poussée des jambes en brasse devient incompatible avec l'inclinaison du corps et se transforme en ciseaux de jambes (dans un plan sagittal). C’est la technique de « l’english side stroke », inventée (ou importée) en 1840 environ. Jusqu’alors, comme en brasse, le retour des bras est réalisé sous l’eau. Cependant, on se rend compte que le retour sous-marin des bras produit une grande résistance à l'avancement. Dès lors, les bras auront une action alternée (semblable à la nage indienne) mais avec un retour du bras supérieur hors de l'eau. Vers 1880, Trudgen, après avoir observé les amérindiens, repositionne le nageur en nage ventrale pour permette un retour alternatif des deux bras hors de l'eau. Le « trudgeon » est alors adopté, car bien plus rapide que « l’over arm stroke » sur les courses de vitesse. Puis la greffe des ciseaux de jambes de brasse sur sa technique donne naissance en Australie au « double over arm stroke ». En effet, cette technique permet plus facilement d’obtenir un ciseau de brasse, comme celui connu actuellement. En 1893, les frères Wickham prennent modèle sur les habitants de l’île Salomon du Pacifique. Ils transforment l’action des jambes en battement. Ce sont les frères Cavill qui rendront cette technique populaire. En 1902, Richard Cavill bat le record du monde du 100 yards en nageant l'épreuve de bout en bout en crawl. La technique du crawl est alors à la fois la plus rapide des nages et celle qui offre le meilleur rendement. Et puis, en 1906, un certain Tartakover impressionne en France. En compétition, il fait la démonstration de cette nouvelle technique à Joinville-le-Pont, près de Paris. « Tartakover » sera d’abord le nom accordé à cette technique, et plus tard elle deviendra le « crawl » reconnu actuellement. A partir de 1900, il existe 3 épreuves en compétition. La brasse, le dos et la nage libre. En effet, le crawl n’a jamais été codifié. C’est ce qui explique que sa technique est en perpétuelle mutation. En 1922 sous la barre mythique de la minute au 100 mètres nage libre, son compatriote Johnny Weissmuller - le futur Tarzan - confirme la suprématie du crawl. Ensuite, Gertrude Ederle devient la première femme à traverser la Manche en 1926. Non seulement elle établit le record de la traversée, mais aussi, elle utilise le crawl pendant toute la durée de l’épreuve. Si le crawl est à la fois la nage la plus rapide et la plus économique, c’est parce qu’elle résout les problèmes respiratoires qui permettent de nager à plat sur des longues distances. En France aussi, les nageurs savent nager en crawl en endurance, puisqu’en 1931, la française détient le record du monde du 400m nage libre, et Alex Jany le détiendra (ainsi que celui du 100m nage libre) en 1946 et 1947. En 1952, c’est le tour de Jean Boiteux d’être sacré champion Olympique du 400m nage libre à Helsinki. Il a d’ailleurs été le premier champion Olympique de la natation française. Plus tard, dans les années 1960, les coordinations se différencient entre le sprint (battements 6 temps) et le demi-fond (battements 2 ou 4 temps). En 1956, à l’image de Fraser qui deviendra la première femme sous la minute au 100m crawl quelques années plus tard (en 1962), les Australiens dominent les épreuves de crawl aux JO de Melbourne. Leur battement 2 temps, libère toute l’énergie sur les bras, le véritable moteur en natation. Malgré tout, la première à avoir nagé en battement 2 temps en crawl est elle aussi Australienne et se nomme Healey. En 1963, c’est la fin de l’obligation de toucher le mur avec la main qui provoque la chute des records. Grâce à sa culbute, l’américaine Schollender sera la première femme sous la barrière des 2 minutes au 200m nage libre. En sprint, en 1976 à Montéral, Mongoméry devient le premier homme sous la barre des 50 secondes en crawl. Les techniques et coordinations du crawl se multiplient. Ian Thorpe sera le précurseur d’une coordination en semi-rattrapé avec un battement 6 temps sur les distances de demi-fond (200-400m). Sur les mêmes épreuves, Laure Manaudou nage en superposition avec un battement 2 temps. Alors que Michael Phelps plus tard, lui utilise une coordination appelée « crawl boiteux », avec un battement 4 temps, sur le 200m nage libre. Parallèlement, le corps ne doit plus rester à plat mais osciller autour de l’axe horizontal pour permettre l’augmentation de la longueur des trajets et par conséquence l’amplitude de nage ou la distance parcourue par cycle de nage (autour de 3 mètres à pleine vitesse pour les meilleurs nageurs). Et d’un autre côté, certains nageurs préfèrent laisser leur corps à plat sur l’eau. Récemment, depuis les années 2000, le traditionnel « S » du trajet du bras sous-marin, est parfois abandonné en crawl.

Le Dos

Le dos impose au nageur de rester sur le dos, sauf lors des virages. Généralement, le nageur effectue un battement des pieds et alterne les bras en crawl. L'origine du Dos est probablement lointaine. Au départ, l’atout principal de cette nage était sa capacité à maintenir le visage émergé. En 1907, la première épreuve de Dos apparaît aux championnats de France ; la technique utilisée est alors celle du « Dos brassé ». La position est assise, avec action simultanée des bras et des jambes de Brasse. Aux jeux olympiques de Stockholm (en 1912), Hebner, un nageur américain, utilise une technique dorsale fortement inspirée du « Trudgen » ; le « Dos trudgen ». Positionné à plat, le nageur pédale et appuis bras tendus. Le retour des bras est aérien, alterné et fléchi. Le battement de jambes arrive au cours des années 20 notamment sous l'influence des nageurs japonais : c’est le « Dos crawlé » connu actuellement. Amster nage en position dorsale, avec une action alternée des bras, un retour aérien axé, et un battement de jambes. Et oui, en dos comme en crawl, les Japonais mettent le paquet sur les jambes. Les évolutions suivantes concerneront les oscillations (les épaules roulent sur l’eau pour rechercher des appuis plus profond), et les virages. Avant 1920, les nageurs réalisent un retournement simple après avoir touché le mur à la main. Puis, dans les années 30, 3 techniques coexistent. Le virage japonais et le virage hollandais consistent en une translation horizontale plus ou moins en surface, en restant sur le dos à partir d’un appui de la main sur le mur, alors que le virage Kiefer, du nom de son inventeuse, est une technique de culbute. Elle réalise une sorte de culbute tout en conservant les épaules orientées vers le haut, pour rester sur le dos : le « cross over turn ». A croire que c’est une bonne technique puisque la nageuse américaine conservera son titre de championne du monde durant 17 années !! Et c’est une française qui la détrônera : Bozon, en détenant le record du monde du 100m dos. Les diverses techniques posent des problèmes de jugement, c’est pourquoi, en 1991, on laisse la possibilité de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps. Et, en 1994, on autorise le passage sur le ventre avant le déclenchement de la rotation. La culbute actuelle est alors inventée : « le roll over turn ». A Séoul, en 1988, Berkoff, le nageur américain et Suzuki, le japonais, réalisent d’excellentes performances sur leurs épreuves de dos grâce aux ondulations sous-marine qu’ils placent au début de la course et après les virages.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *