Définition et évolution de la musique brass band

La musique de fanfare, un genre musical riche et varié, a une longue histoire qui remonte à l'Antiquité. Des formations militaires romaines aux fanfares étudiantes modernes, ces ensembles musicaux ont évolué au fil des siècles, s'adaptant aux différents contextes culturels et sociaux. Cet article explorera la définition de la musique de fanfare, ses origines, son évolution à travers l'histoire, les différents types de fanfares et leur rôle dans la société.

Origines et histoire de la musique brass band

Les premières traces de fanfares remontent à l'Antiquité, notamment dans les formations militaires des légions romaines. Des instruments tels que la trompe grecque, le salpinx ou la trompe gauloise, le carnyx, étaient utilisés pour donner des signaux et accompagner les troupes. Au Moyen Âge, les enluminures conservées en France et au Royaume-Uni témoignent de la présence des premières formations de fanfares. La Società Filarmonica Guido Moretti, créée en 1518, est la fanfare la plus ancienne encore active aujourd'hui.

Dès la fin du Moyen Âge, les musiciens, les ménétriers et les cornemuseux offraient leurs services lors des fêtes de village ou privées. Cependant, il faut attendre Louis XV et l'ordonnance royale de 1764 pour voir se constituer les premiers ensembles d'harmonie. Durant la dernière décennie du XVIIIe siècle, la fanfare et l'orchestre d'harmonie occupent une place importante dans les cérémonies nationales. La Marseillaise, qui obtient un grand succès et devient « chant national » en 1795, mais n'est définitivement adoptée comme hymne national que le 14 février 1879, incarne cette recherche d'unité nationale.

Après la Révolution française, la musique militaire a un fort impact sur la musique populaire, renforcée par la musique de la Garde Nationale dirigée par Gossec, l'héritière directe de la Musique des Gardes françaises de Louis XVI. Ces ensembles musicaux existent aussi de manière plus anonyme auprès des associations de Sapeurs-Pompiers. Les sonorités musicales des fanfares se doivent d’être exaltantes et ces formations populaires sont présentes lors de toutes les fêtes républicaines.

Qu'est-ce qu'une fanfare ?

Le terme « fanfare » a deux sens : il désigne un air de musique ou une formation instrumentale. Une fanfare est définie à l'origine comme un orchestre uniquement composé d'instruments de cuivre (clairon, cor, trompette…), parfois accompagné de percussions. Les instruments naturels (instruments sans pistons, apparus vers 1815), notamment les trompes, ont participé à la naissance des fanfares.

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Au début du XIXe siècle, avec l'introduction des instruments à pistons, les fanfares intègrent différents instruments à pistons (ou à systèmes) tels que bugles, cornets, trombones à coulisse ou à pistons, cors à piston, ophicléides, toute la famille des saxhorns ainsi qu'une percussion. Les fanfares de cavalerie étaient composées de 16 trompettes, 6 cors, 3 trombones et d’une paire de timbales. En effet, les instruments à piston peuvent se tenir d'une seule main et sont donc adaptés aux musiques de cavalerie. Le clairon pour l’infanterie, inventé en 1822 par le facteur d'instrument Antoine Courtois, est un instrument sans piston ni coulisse, à son dit naturel, à ne pas confondre avec la trompette de cavalerie qui n'a pas la même forme de tuyau. Le cor pour les chasseurs est utilisé dès 1830.

Dans les années 1950, la fanfare se transforme en batterie-fanfare en se dotant d’une batterie et du tambour.

Les différents types de fanfares et autres formations musicales

Il existe plusieurs types de fanfares, chacune ayant ses propres caractéristiques et son propre répertoire. Parmi les plus courantes, on trouve :

  • L’Orchestre d’harmonie : un ensemble musical réunissant trois familles d’instruments : les bois, les cuivres et les percussions. En France, les effectifs d’un orchestre d’harmonie au complet se déclinent autour de plusieurs familles d’instruments : les clarinettes, les saxophones, les vents, les cuivres, les flûtes et les hautbois et les cors anglais, bassons et contrebassons.
  • La batterie-fanfare : une formation restreinte, qui se rapproche le plus des formations militaires destinées au défilé. Outre les percussions, les cuivres sont prédominants constitués des instruments dits « naturels », c’est-à-dire sans pistons, coulisses ni autres mécaniques.
  • Les orphéons : des chœurs d’hommes accompagnés de musiciens issus de milieux modestes. Ces chœurs se sont constitués en sociétés musicales qui se sont considérablement développés au cours du XIXe siècle. La création des orphéons est liée à la suppression des maîtrises à la révolution française.
  • L‘ orchestre à plectre : un ensemble composé principalement d'instruments de la famille des instruments à cordes pincées (mandolines et de guitares), complété par des instruments à vent de la famille des bois et des percussions.
  • Le Banda : une fanfare ambulatoire, issue du sud-ouest de la France. Cet orchestre a pour rôle d'animer les défilés de rue lors des ferias ou d’accompagner dans les arènes les courses de taureaux.
  • Le brass band : un ensemble musical composé d'instruments de la famille des cuivres et d'une section de percussions. Il se distingue de la fanfare par son instrumentarium plus diversité (banjos, guitare, basse…), par son origine géographique (États -Unis) et par son répertoire très jazz.
  • La batucada : un genre de musique avec des percussions traditionnelles du Brésil.

Le XIXe siècle : un tournant décisif pour les fanfares

À partir de 1840, le développement des sociétés de musique s'accélère, progressant surtout dans les régions rurales. Ces formations, créées sur le modèle des formations militaires, sont encouragées par les municipalités. Au début du XXe siècle, presque chaque commune détient au moins une société musicale.

Après la révolution de 1848, qui voit naître la Deuxième République, la musique se démocratise et le peuple s’empare de cette discipline artistique. De nombreuses sociétés musicales se créent dans les communes françaises, rencontrant un franc succès parmi les classes ouvrières puisque les instruments joués au sein de ces sociétés sont essentiellement des cuivres et des bois.

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Avec le développement industriel, les patrons souhaitent proposer des loisirs aux ouvriers. Créer une fanfare équivaut à améliorer les relations entre les individus et apaiser les rapports sociaux. La pratique musicale est bénéfique pour les familles puisqu’elle permet aux ouvriers de ne pas trop fréquenter les bars et les syndicats. Ce phénomène est particulièrement sensible dans les bassins miniers où les fanfares sont omniprésentes, en particulier dans le Nord-Pas-de-Calais. Chaque compagnie minière a même plusieurs sociétés, par exemple Les Houillères d'Anzin comptent sept sociétés musicales en 1864. Les musiciens talentueux sont privilégiés et se voient parfois offrir de meilleurs postes au travail. Plusieurs responsables des mines du Nord sont même allés jusqu’à embaucher des musiciens de la Garde Républicaine.

La pratique musicale s’est organisée autour du prix d’achat des instruments et de la facture instrumentale. En effet, les instruments comme la clarinette, le saxophone, le cornet, la trompette, le cor, le trombone, l’ensemble des instruments - surtout des cuivres- que l’on retrouve dans les orchestres d’harmonie ont historiquement appartenu à la petite et moyenne bourgeoisie et parfois à la classe ouvrière. Durant cette période, la fanfare va progressivement supplanter l'harmonie, si bien qu'avant la première guerre mondiale les fanfares représentent les ¾ des effectifs des sociétés de musique. Dans le même temps, ces sociétés musicales se regroupent autour de fédérations dès la fin du XIXe siècle.

Répertoires et compositeurs

Au XIXe siècle, de nombreux compositeurs ont écrit des pièces en lien avec des faits marquants. Par exemple, Hector Berlioz a composé la « Symphonie funèbre et triomphal » en 1840 pour commémorer le soulèvement de juillet 1830. Pendant la guerre Franco-prussienne (1870-1871), Camille Saint-Saëns s’engage dans la Garde Nationale et compose « la Marche Héroïque » et « Occident et Orient ». Presqu'à la même époque, Charles Gounod compose plusieurs marches notamment « Marche-Fanfare » en 1876. Le patrimoine musical comprend le grand répertoire de la musique militaire et beaucoup de transcriptions de grandes œuvres symphoniques. De grands compositeurs comme Lully (1633-1687) avec « Fanfare pour un Carrousel Royal » et Haendel (1685-1759) avec «Fireworks music» ont contribué au développement des fanfares.

À partir des années 1950, de nombreux compositeurs développent des pièces pour batterie fanfare comme « La Douzanie » de Robert Goute ou « la marche des Bouffons » de Jacques Devogel. Dans les années 1960, «la Mazurka» et «Pépita» de Jacques Devogel, ou encore «Bugle Riff » de Guy Luypaerts. Dans les années 70, « Mirage » de Roger Fayeulle apporte aux orchestres un répertoire riche pour tous les niveaux de musiciens. Ce répertoire touche tous les styles musicaux - traditionnel, jazz, variété, musique de film, musique contemporaine, emprunt ou transcription de pièces classiques… Pour exemple, dans les années 1980 avec l’arrivée de Pierre Saaorborg, musicien de jazz, qui compose des pièces comme « Décors » et « Caroline et Virginie » ou avec Guy Coutanson et son morceau « Swing March ». De la fin des années 1990 à aujourd'hui des compositeurs comme Marc Steckar, Jean-Pierre Pommier, Jérôme Naulais, Andy Emler, Alex Grillo, Désiré Dondeyne, Ida Gotkovsky, Serge Lancen, Roger Boutry ont enrichi le répertoire avec des créations pour orchestres d'harmonie ou fanfares.

Rôle social et éducatif de la fanfare

La fanfare est avant tout un lieu de socialisation, elle renforce des liens, à plus forte raison lorsqu'on est d'un même village ou d'une même usine ou mine. La musique participe pleinement à la vie du village ou du quartier. Elle anime les fêtes et les commémorations. La fanfare est une pratique musicale collective jouée par des musiciens amateurs et le plus souvent en plein air. La fanfare déambule ou défile pour animer la cité.

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Jusque dans les années 1950, la fanfare est une formation éducative importante puisqu’elle permet à de nombreuses personnes d'apprendre gratuitement la musique et d'utiliser un instrument. Pour beaucoup de musiciens, les sorties de la fanfare représentent les seules occasions de sortir de son village ou de son quartier et de découvrir d'autres lieux. Elle a contribué à jouer un rôle important pour la démocratisation de la musique.

Structuration des sociétés musicales

Les fanfares et les batteries-fanfares se sont au fur et à mesure regroupées au sein de fédérations nationales :

  • CMF : La confédération musicale de France fondée en 1833
  • FSCF : Fédération sportive et culturelle en France fondée en 1898
  • UFF : Union des fanfares de France fondée en 1906
  • CFBF : La Confédération Française des Batteries et Fanfares fondée en 1980

Toutes ces fédérations font la promotion de la pratique musicale en amateur en favorisant l’enseignement musical et la pratique collective.

Déclin et renouveau de la fanfare

Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'attrait de la fanfare diminue à la faveur d’autres musiques comme la mode « yéyé ». La fanfare véhicule une image ringarde, démodée par l’uniforme et le répertoire proposé. Simultanément les conservatoires et écoles de musique se multiplient et offrent de nouvelles possibilités d’apprentissage. À partir des années 1970, le déclin des sociétés musicales s’amorce par le développement d’autres loisirs (la radio, le disque, la télévision, les discothèques). Malgré tout, la partie nord de la France a su garder une culture de la fanfare à travers une tradition sociale (classe ouvrière). En revanche dans le sud de la France, depuis le XIXe siècle, on peut constater une diminution des orchestres et fanfares plus ou moins accentuée selon les régions.

Les sociétés musicales essaient de rajeunir leur image en adoptant des musiques plus modernes, en acceptant des femmes et en modernisant la tenue, mais cela n’est pas suffisant. Selon une enquête du ministère de la Culture de 1995, elle rassemble 8 % des musiciens amateurs. En plus de 200 ans, la fanfare a connu de grandes évolutions, beaucoup de ses orchestres ont disparu, d’autres ont fusionné et quelques-uns sont nés avec la volonté de rendre les nouvelles fanfares plus attractives. Le renouvellement du répertoire garantit la survie des fanfares d’autant que la France est l’un des pays le mieux doté en patrimoine musical pour les orchestres d’harmonie et fanfares et que la création des batteries-fanfares est une spécificité française inscrite dans notre patrimoine.

L’arrivée avec succès des fanfares au sein des grandes écoles ou des universités a contribué à renouveler le public pratiquant et les répertoires. Au sein de l’École nationale des Beaux-Arts et des Écoles Nationales Supérieures d'Architecture, la première fanfare constituée est la fanfare de l’atelier libre d’architecture Madelain en 1948, suit en 1955 « la fanfare Léon Malaquais » qui a donné lieu depuis à de nombreuses autres fanfares. Ces fanfares sont toujours très actives. Aujourd’hui il existe également la fanfare de l’École normale supérieure de Paris l’Ernestphone, ou Fanfarovis à l’École normale de Lyon, la fanfare. Les MaKaBés de la faculté de médecine du Kremlin Bicêtre.

La musique militaire et son association avec la fanfare

La fanfare s’est développée grâce à la vie militaire tant par son répertoire que sa fonction sociale. Les fanfares, puis les batteries-fanfares, sont présentes aux cérémonies officielles et aux défilés. La fanfare est identifiée comme une musique «d’extérieur » proposant un répertoire de musique militaire notamment de marches guerr…

Le brass band : une variante venue d'outre-manche

Le "brass band" est en quelque sorte l’équivalent britannique de la fanfare. Il s’en distingue cependant par son instrumentarium, son répertoire et sa zone géographique. Il est surtout répandu dans le Royaume-Uni et ses anciennes colonies, mais d’autres pays l’ont aussi adopté. Composé d’instruments de la famille des cuivres, il comporte surtout des saxhorns (10 cornets à pistons, 1 buggle, 3 saxhorns altos, 2 saxhorns barytons, 2 euphoniums), plus 1 trombone et 4 tubas mais pas de cor ni de trompette.

Au Royaume-Uni, dès le milieu du XIXe siècle, des compétitions ont été organisées afin de désigner les meilleurs brass bands du pays. Pour mettre tous les groupes à égalité, ces concours impliquaient que les concurrents soient strictement comparables du point de vue de leur composition. Les morceaux interprétés dans ces concours visaient à mettre en valeur la virtuosité technique des musiciens.

Brass band britannique et New Orleans : une comparaison

CaractéristiqueBrass Band BritanniqueBrass Band New Orleans
OrigineVilles minières d’Angleterre, vers 1850Fanfares militaires, début XXe siècle
ContexteSoutien des sociétés minières pour les mineursÉvénements communautaires, développement du jazz
InstrumentationCuivres et percussions (nomenclature précise)Cuivres, percussions, parfois bois et cordes
RépertoireVarié (pop, rock, classique)Jazz, musiques populaires

Le brass band en France et en Europe

La France connaît un développement récent mais prometteur des brass bands, avec le Paris Brass Band et le Hauts-de-France Brass Band comme principales formations. En Europe, les brass bands connaissent une popularité variable selon les pays. La Suisse se distingue particulièrement avec des ensembles reconnus mondialement comme le Valaisia Brass Band, champion du British Open en 2017. Les pays nordiques entretiennent également une forte tradition de brass bands. À partir des années 2000, le nombre de brass bands créés annuellement en France a presque doublé, stimulé notamment par la sortie du film « Les Virtuoses » en 1997 et l’organisation du premier championnat national en 2004. Le mouvement brass band français, avec ses 53 ensembles actuellement actifs, représente une part significative du paysage musical hexagonal.

Événements et compétitions de brass bands

Les championnats nationaux, comme le Championnat National de Brass Band organisé par la Confédération Musicale de France depuis 2004, sont des compétitions majeures pour les ensembles français. Le système de jugement repose sur un jury d’experts internationaux qui évaluent la performance musicale, la technique et l’interprétation de chaque formation. Les brass bands s’affrontent dans différentes divisions, allant de la quatrième à la catégorie Honneur, avec des exigences de répertoire spécifiques à chaque niveau.

Les festivals internationaux, tels que l’Open de France à Amboise et le RNCM International Brass Band Festival à Manchester, jouent un rôle déterminant dans le développement et le rayonnement des brass bands à l’échelle mondiale. Ils favorisent les échanges entre musiciens de différents pays tout en permettant la diffusion de nouvelles compositions et arrangements.

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