Deux Destins Entrelacés : Yann Guillarme, le Comédien en Pleine Ascension, et Yann Eliès, le Navigateur Émérite

La scène médiatique et sportive française est riche en personnalités marquantes, et il arrive que certains prénoms résonnent particulièrement, porteurs de trajectoires professionnelles distinctes mais toutes aussi fascinantes. C'est le cas du prénom Yann, qui, sous les feux des projecteurs, désigne à la fois un humoriste talentueux et un skipper aguerri. Bien que le titre puisse suggérer la métamorphose d'un comédien en navigateur, les informations disponibles révèlent en réalité deux parcours singuliers et indépendants, chacun ayant forgé son excellence dans son domaine de prédilection. Cet article se propose d'explorer en profondeur la carrière et la philosophie de vie de Yann Guillarme, l'artiste de la scène, ainsi que le cheminement exemplaire de Yann Eliès, l'homme des océans.

Yann Guillarme, le Comédien aux Multiples Facettes

Yann Guillarme, aujourd'hui reconnu comme humoriste, chroniqueur dans l'émission Quotidien sur TMC et actuellement en tournée avec son spectacle « Libre ! », a un parcours jalonné de virages inattendus et de choix audacieux. Sa vie est un témoignage éloquent de la capacité à se réinventer et à poursuivre ses aspirations profondes, même lorsque le chemin n'est pas tracé d'avance.

Des Racines Rurales à la Révélation Théâtrale

Yann Guillarme est né en Bretagne, à Quimper. Cependant, dès l'âge de trois ans, il est « redescendu avec mes parents dans un village qui s’appelle Haute‑Rivoire, à mi‑chemin entre Lyon et Saint‑Étienne ». Il y est resté jusqu’à ses 18 ans, forgeant une connexion particulière avec la ruralité qu'il évoque parfois dans son humour. Ses études l'ont ensuite conduit à Lyon, où il a commencé une première vie professionnelle loin des planches. Il a ainsi « tenu un magasin », et a même exercé la fonction de « directeur de supermarché ». Cette expérience, bien que fructueuse, ne correspondait pas aux aspirations profondes qui l'animaient.

À 24 ans, Yann Guillarme a pris une décision radicale : « j’ai tout arrêté ». Il a quitté la campagne pour s'installer à Lyon, marquant un tournant majeur dans son existence. C'est alors qu'il est « entré à l’Acting Studio, l’école de Joëlle Sevilla et Alexandre Astier », où il a suivi une formation. Ce choix n'était pas nécessairement motivé par une passion singulière et clairement identifiée. Comme il le confie : « Je ne sais pas si j’étais passionné par quelque chose en particulier, mais je savais que je ne voulais pas d’un travail avec les mêmes horaires tous les jours ». Il possédait en revanche une aptitude naturelle : « J’avais une facilité pour faire rire ». Bien que cette capacité ne fût pas « destinée à devenir un métier », elle lui « permettait déjà de passer de bonnes soirées ».

Ce fut le début d'une longue carrière artistique. Il a attaqué le monde du spectacle, devenant « intermittent du spectacle » depuis vingt ans. Durant ces années, il a « joué beaucoup de pièces de théâtre », naviguant entre « la comédie de boulevard à Lyon » et le « théâtre subventionné ». Son répertoire est vaste, ayant interprété des auteurs classiques comme Shakespeare, et "beaucoup, beaucoup Molière". Cette immersion dans le théâtre lui a offert une solide expérience de la scène et une compréhension approfondie du jeu d'acteur, des bases précieuses pour la suite de sa carrière.

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Du Théâtre Classique à l'Art Exigeant du Stand-Up

La transition vers le stand-up n'a pas été immédiate pour Yann Guillarme. Il a écrit un premier one-man-show en 2007, qu'il a tourné « jusqu’en 2010 », mais cette expérience ne l'a pas pleinement satisfait : « ça ne m’éclatait pas tant que ça ». À cette époque, le stand-up n'était pas encore le phénomène qu'il est devenu aujourd'hui. Il observe d'ailleurs : « Aujourd’hui, le stand‑up c’est la mode : dès que t’es jeune et que t’écris trois blagues, tu te dis “je vais faire du stand‑up” ».

Lui, en revanche, n'avait pas d'ambition démesurée au départ : « je n’avais aucune ambition. Je voulais juste m’amuser et passer ma vie à m’amuser ». Le théâtre a été un « bon moyen de le faire », et il « bossait beaucoup ». Cependant, il y a « six ou sept ans », une prise de conscience s'est opérée : « je me suis dit : “En fait, peut‑être que l’ambition est là.” Alors je suis monté à Paris ».

Cette décision a marqué un engagement total envers le stand-up. Depuis « trois ans », il ne fait « que du stand‑up ». Il a fréquenté assidûment les « comedy clubs, qui sont de vraies salles de boxe pour s’entraîner, taper dans le sac, et en sortir avec un mélange intéressant ». Cette pratique intensive lui a permis de développer un style unique. Pour le public, cela donne un « truc hybride : vingt ans de théâtre, donc un vrai jeu, de la générosité, et en même temps des vannes ciselées qu’on ne trouve qu’en stand‑up ». L'évolution de son art l'a conduit à une forme d'humour plus directe et rythmée : « Il n’y a plus de place pour les longues prémices : c’est vanne, vanne, vanne ». Il s'inspire même de légendes de l'humour, rappelant que « Coluche était déjà un excellent stand‑upper, avec une punchline toutes les secondes ». Il cite une observation pertinente de Coluche : « C’est difficile d’être seul sur scène, parce qu’il faut une vanne, un rire, toutes les quatre secondes. Huit secondes, c’est un effet. Douze secondes, c’est un bide ». Fort de cette compréhension, il estime qu'à partir du moment où l'on maîtrise ce principe, concevoir « un spectacle d’1h15 ou 1h30 avec le nombre de vannes escomptées… ben c’est bon ». La transition du théâtre classique à l'écriture de stand-up s'est faite "assez facilement", car il s'agit avant tout d'une "question de savoir quel est ton comédien intérieur". Il a réalisé que son "état de jeu très proche de la réalité" était un atout. S'éloignant de l'envie initiale de faire rire, il a appris à "rapproche-toi de la vérité", à "être, et ne plus jouer à être", une démarche qu'il décrit comme un "parcours de comédien, plus qu’un changement de registre". Ayant "joué des pièces très drôles" et souvent eu "le rôle principal", il a "appris à façonner [son] clown". Le stand-up a été la concrétisation de ce qu'il cherchait depuis longtemps, où "chaque mot, chaque phrase, tu la dis dans les yeux, et les gens doivent y croire autant qu’un alexandrin". Cette évolution s'est donc faite "naturel" et "avec l’envie".

Un Humour Populaire et Généreux, Ancré dans les Réalités Sociales

Lorsqu'on lui demande de décrire son univers, Yann Guillarme le caractérise comme un « humour populaire, généreux, organique. Ça transpire ». Son style vise à créer une identification forte avec le public. Il se présente comme « un homme moyen : mi‑beau, mi‑gros, mi‑vieux… donc 70 % des hommes de France ». Cette représentativité s'étend « même des femmes, évidemment, parce qu’elles sont aussi concernées par les effets de vie entre la gauche, la droite, le monde rural, le monde citadin, les bobos et les bobeaufs… ». Il s'identifie lui-même comme un « bobeauf », un « boomer moderne ».

À 40 ans, il se positionne « entre deux générations ». Il a été « éduqué par des parents dans un monde qui n’existe plus », et il vit désormais « dans le monde de [son] fils ». Cette observation met en lumière la rapidité des changements sociétaux : « On a changé de génération très vite, et nous, les gens des années 90, on s’adapte ». Son fils, âgé de 11 ans, appartient à la génération Alpha. Pour lui, c'est une perspective « cool », car toutes les questions liées au « wokisme, féminisme… ça a explosé ces dix dernières années ». Ces évolutions, portées « Par la génération des 20 ans, qui a surpris tous les vieux, tous les boomers, et même ma génération », ont contraint à une adaptation. Il anticipe que « La génération de mon fils va en bénéficier : il n’y aura pas les excès qu’on peut voir aujourd’hui. Ce sera plus réglé, plus normal ». Pour cette jeune génération, des réalités comme « Mon voisin est trans ? Normal. Il y a de l’immigration ? Normal » ne seront pas des sujets de débat, mais des faits acceptés, voire source d'enrichissement : « Et au contraire : “Qu’est‑ce que l’autre peut m’apporter ?” ». Il exprime son admiration : « Je vois mon fils, il a déjà une ouverture qui me fascine. Je trouve ça chouette ».

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Yann Guillarme s'efforce d'apporter à son fils ce qu'il peut, tout en reconnaissant ses propres limites : « je sais que je suis un homme déconstruit… avec de vieux réflexes ». À 45 ans, il admet qu'il ne pourra « jamais être totalement… voilà ». Il y a des « phrases qui sortent, de l’humour, des conneries », qu'il assume avec une certaine autodérision. Il se voit comme « ton tonton un peu con, mais que t’as quand même envie de voir aux repas de famille. Parce qu’il est con, mais il n’est ni méchant, ni raciste, ni quoi que ce soit. Je suis juste un gars rigolo. Je donne pas de leçons. Je sais pas… je kiffe. Je suis un kiffeur ». Cet humour bon enfant et inclusif est la marque de fabrique de son personnage.

Le Grand Saut : Abandonner la Routine pour la Passion

La décision de Yann Guillarme de quitter une vie confortable pour se lancer dans l'incertitude du spectacle est un aspect central de son histoire. Alors qu'il avait « tout - un boulot, une femme, un chien, une villa, une tondeuse », il a choisi de « tout quitter ». La raison est profonde : « Autant je ne savais pas si j’allais faire un métier artistique - comédien, chanteur, ou autre - autant j’étais sûr que la situation dans laquelle j’étais n’était pas ce à quoi j’aspirais au fond de moi ».

Il avait suivi un « parcours “normal” », non pas « sous l’impulsion de mes parents », mais simplement « parce que c’est comme ça que ça se passe ». Il est « tombé amoureux », était « avec une fille », a « continué [ses] études ». Mais un jour, confronté à « des objectifs plus sérieux », il s'est interrogé : « “Attends… est‑ce que vraiment c’est ça ?” ».

Ayant « grandi à la campagne » et ayant « adoré ça », il exprimait déjà à « 15‑16 ans » à ses amis son désir de partir, « comme quelqu’un qui veut quitter sa banlieue ou son village pour aller à l’étranger ». Il reconnaît que certains peuvent « rester chez toi et être très bien avec ça », mais il savait que « ce ne serait pas [son] cas ». Il a pourtant « continué le cursus “normal” », avant de se dire un jour : « “En fait non.” J’ai débranché la tondeuse, et je suis parti à Lyon ». À « 22‑23 ans », il était « cadre », avec un « plan de carrière tout tracé : directeur de magasin, puis directeur commercial, puis directeur régional… Un truc bien établi ». Mais il admet avoir aimé « le côté précaire, le fait de ne pas trop savoir de quoi demain est fait ». L'idée de ne pas savoir ce qu'il allait faire, en se disant « que potentiellement demain je meurs », lui plaisait.

Ce changement radical n'a pas été perçu comme particulièrement difficile sur le plan pratique. « En vrai, pas grand‑chose », affirme-t-il. Son « statut pro » lui a permis de comprendre « pas mal de choses administratives », et il a « monté un dossier pour être subventionné par l’État pour [sa] formation de théâtre - autant dire que [il a] fait un bon dossier ». L'arrivée à Lyon a été vécue comme un « tourbillon de fête permanente. Pas la fête la nuit, mais la fête culturelle : prendre des cours de théâtre, découvrir un autre univers, entendre parler d’auteurs… C’était une ivresse culturelle ». Il se souvient des rencontres et des découvertes : « Le mardi soir je vais voir une pièce, après je bois un coup avec le comédien, le lendemain je rencontre d’autres gens, j’apprends du texte, des grands textes, des grands auteurs… Je me suis passionné pour ça ». Ce fut une révélation qui l'a poussé à ne « pas revenir en arrière. Et maintenant, encore moins ».

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Il estime que « Le plus difficile, je crois, c’est de rester dans une situation qui ne nous plaît pas ». À ceux qui lui disent : « “J’aurais bien aimé faire ce que t’as fait” », il répond : « “Fais‑le !” ». Bien qu'il qualifie ce conseil d'« un peu con » car « tout le monde a ses obligations », il est convaincu que « quand une situation ne nous convient pas, la changer offre quand même une chance sur une pour que ce soit mieux après ». Sa situation personnelle, bien que confortable, ne le satisfaisait pas pleinement, et il savait qu'il ferait « autre chose ». Le début a été fait de tâtonnements. L'avantage et l'inconvénient de sa situation était qu'à « 25 ans », il avait « déjà gagné de l’argent… et tout dépensé, comme maintenant ». Mais cela signifiait qu'il avait « connu un certain confort, donc [il n'avait] pas le choix : il fallait que je bosse ». Connaissant ce qu'était une « situation correcte », il a « tout fait pour retrouver ce confort. [Il a] travaillé tout de suite ». Après « un an et demi [à faire son] statut », il n'a « jamais arrêté de faire du théâtre. Jamais. Depuis vingt ans ».

L'Exigence du Travail et l'Évolution de l'Art Scénique

Yann Guillarme partage une vision du talent qui privilégie le travail et l'effort continu. Lorsqu'on évoque l'adage « le talent, c’est le travail », il y adhère en citant des figures inspirantes. Il rectifie en riant : « J’ai dit ça ? Oui… enfin c’est Brel qui l’a dit, je ne vais pas paraphraser un génie ». Il ajoute une autre citation, dont il ne se souvient plus l'auteur : « On a tous du génie, mais il faut beaucoup de travail pour avoir un peu de talent ». Cette maxime trouve un écho particulier dans son parcours.

Il illustre cette idée par une comparaison simple : « Je suis meilleur sur scène qu’en dessin, donc ça aurait été con de choisir le dessin ». Le choix de sa voie est donc aussi une question de reconnaissance de ses propres aptitudes. « Tu vois ce dont tu es capable, et après… j’ai fait des milliers d’heures de scène. Ça commence à faire beaucoup ». Pour lui, « Travailler, c’est apprendre à se connaître. Plus on se connaît, meilleur on est ». Il précise que ce n'est pas de la prétention : « plus tu travailles, plus tu te bonifies, et plus une forme de talent arrive ».

Cette approche du travail est ce qui justifie l'attente du public. « Les gens paient pour voir ça parce qu’il y a une performance agréable à entendre ». Il fait une analogie avec le boucher : « Mon boucher fait de très bonnes vannes, mais je ne vais pas mettre 20 balles pour aller l’écouter. Je veux qu’il me fasse de la bonne viande. Enfin… mon boucher… ça peut être Naturalia à côté, je dis n’importe quoi ». Il ne s'agit pas d'une corvée, mais d'un processus de création. « Ce n’est pas la besogne. Je n’aime pas l’idée de “travailler pour travailler, ou pour réussir” ». Il préfère la notion de « façonner, comme un artisan ». Son matériau, son « bois, c’est [sa] façon de parler, [sa] diction. Comme un musicien qui travaille ses gammes chez lui ». Ce dévouement à son art, cette rigueur artisanale, est la pierre angulaire de sa réussite.

L'Aventure Télévisuelle : S'adapter à Quotidien sans Trahir son Univers

L'arrivée de Yann Guillarme à l'émission Quotidien a été une étape marquante de sa carrière, bien que, paradoxalement, elle ait semblé « très vite, au final ». Cependant, il reprend la phrase de Jimmy Page pour contextualiser ce succès rapide : « Il m’a fallu 30 ans pour mettre 30 secondes de solo de guitare ». C'est une trajectoire de longue haleine qui a précédé cette opportunité.

Après être monté à Paris, il a multiplié les expériences. L'émergence des réseaux sociaux a joué un rôle important : « Je me suis mis à faire des vidéos, qui ont entraîné des rencontres, dont une avec Pablo Mira ». Il a notamment participé à un prime avec lui, « en jouant un personnage un peu de droite ». Ensuite, ses « vidéos de maires, qui ont bien marché », ont « fait évoluer [sa] notoriété ».

Avant Quotidien, il a été « chroniqueur sur Rire & Chansons », poste qu'il a quitté en « septembre 2024 ». Il est ensuite « entré tout de suite chez Nova, avec Guillaume Meurice », en « novembre 2024 », participant à « la saison entre Guillaume Meurice et Akim Omiri dans La Riposte », une collaboration qui a « très bien marché ».

Le producteur de Quotidien, Laurent Bon, était à la recherche d'humoristes pour « renforcer l’équipe ». Le nom de Yann Guillarme est « arrivé sur la table » car « le directeur des flux de TF1, sa femme, et pas mal de gens avaient entendu parler de [lui] : une vidéo, un spectacle, un passage quelque part… ». Le rendez-vous avec le patron a été concluant : « On s’amuse bien. Il me dit que je vais lui faire du bien ». Questionné sur la nécessité d'appuyer son « côté beauf », la réponse a été claire : « “Non, pas besoin.” ». Une « vanne » lancée, des rires partagés, et « c’est parti. J’étais très content ».

Cependant, les débuts n'ont pas été dénués d'une certaine appréhension. Il décrit la situation avec une analogie piquante : « c’est un peu comme si t’étais invité au mariage de ton ex‑femme : t’es invité, mais personne n’a vraiment envie que tu sois là. C’est le père de la mariée qui te dit : “Viens raconter des blagues, parce que mon nouveau gendre est chiant.” Il y a ce petit côté‑là… ». Ce ressenti de ne pas être attendu par tous s'explique par la réputation de l'émission, considérée comme « un peu de gauche, bien‑pensante, élitiste, parisienne ». Laurent Bon, avec intelligence, a cherché à faire « un petit pas de côté » : « “On ne peut pas tailler CNews tous les jours en disant qu’ils reçoivent de vieux ronchons, et nous recevoir Dominique de Villepin tous les trois jours sans que personne ne nous le dise.” Le mieux, c’est d’avoir de l’autodérision. Et quelqu’un qui le dise en interne, dans nos propres rangs ».

Malgré ces dynamiques initiales, l'intégration s'est très bien passée : « Mais on s’entend hyper bien avec Yann Barthès et l’équipe, donc c’est super ». Il fait partie de l'équipe « depuis septembre 2025 ». La principale difficulté réside dans l'ampleur de l'émission : « quand je parle du mariage de l’ex, c’est que t’es invité, mais c’est impressionnant. Quotidien, ça dépasse tout le monde ». L'émission elle-même est la star : « la ligne éditoriale, la façon de traiter l’actu, Yann Barthès… Donc la place de l’humoriste, personne ne t’attend. C’est à toi de t’adapter ». Malgré cela, il est « très content, parce que les gens qui me découvrent dans Quotidien ne se disent pas que je fais l’inverse en spectacle ». Il maintient une cohérence : « C’est la même ligne. Mon univers : populaire, vrai, brut, généreux. Je ne triche pas ».

La Liberté d'Expression entre Scène et Écran

L'environnement de la télévision, et plus particulièrement une émission de grande écoute, a nécessairement influencé la manière d'écrire de Yann Guillarme. « La télé oblige à changer un peu la manière d’écrire. C’est une heure de grande écoute ». La différence fondamentale avec la scène réside dans la relation avec le public. Sur scène, « les gens paient pour te voir, ils ont décidé de venir jusqu’à toi. Donc tu ne fais pas de concessions : ils viennent pour ça ». À la télévision, c'est l'inverse : « tu rentres chez les gens. Ils n’ont pas demandé - enfin, ils regardent, mais tu vois ce que je veux dire ». Il faut alors « les respecter davantage. Pas être “mainstream”, mais y aller plus doucement. Prendre le temps d’entrer chez eux, et ensuite les emmener vers toi, vers ton univers, sans que ça paraisse abrupt ».

Concernant la liberté sur scène et à l'écran, il nuance l'idée reçue. « En fait, la liberté ne vient pas de l’écriture. Elle vient de la façon dont les choses sont reçues ». Il rejette l'affirmation « on ne peut plus rien dire ». Selon lui, « On peut tout dire : des horreurs, des trucs très drôles, tant mieux ». L'essentiel est que « la personne qui écoute comprenne l’intention ».

Sur scène, cette compréhension est facilitée : « les gens connaissent ton univers. Même s’ils te découvrent, ils savent qu’ils entrent dans un espace où le but, c’est de rire ». À la télévision, la perception peut être différente : « certains pensent que tout ce que tu dis est au premier degré. Il y a moins de second degré. Et sur les réseaux sociaux, n’en parlons pas ». Mais il assure que « si les gens comprennent que tu ne penses pas ce que tu dis, ça passe ». Il cite l'exemple d'un de ses personnages : « je fais un personnage de droite, très ancré dans les valeurs traditionnelles, mais en débordant exprès pour que ce soit caricatural, donc drôle, et sans arrière‑pensée pour celui qui reçoit ». Le titre de son spectacle, « Libre ! », venu « en cours d’écriture », reflète probablement cette quête constante d'authenticité et de liberté dans l'expression, malgré les contraintes des différents médias.

Yann Eliès, le Navigateur d'Exception

Contrastant avec le parcours de Yann Guillarme, le nom de Yann Eliès évoque immédiatement le grand large, la performance nautique et l'endurance sur les océans. Sa carrière est celle d'un marin professionnel dont le talent et l'expérience en font un équipier et co-skipper des plus recherchés dans le monde de la course au large.

Une Passion Précoce pour les Multicoques

L'engagement de Yann Eliès envers la voile a débuté de manière significative à un jeune âge. C'est à vingt ans qu'il a « découvert le catamaran Tornado », un événement qui a marqué le véritable point de départ de sa « passion pour les multicoques ». Cette révélation l'a orienté vers une spécialisation qui allait définir l'essentiel de sa carrière nautique. Son expérience olympique a consolidé ses compétences, le transformant rapidement en un barreur et équipier très sollicité dans l'univers exigeant des multicoques.

Des Courses au Large aux Défis Solitaires

Au fil des années, Yann Eliès a navigué sur des voiliers emblématiques et participé à des courses de renom. On le retrouve ainsi « sur des 60’ yachts » tels que « La Trinitaine » et « Gitana 11 », des bateaux qui exigent une maîtrise technique et tactique hors pair. Sa polyvalence s'est également illustrée sur des « maxis » imposants comme « Orange II » et « Groupama 3 », des multicoques conçus pour la performance extrême et les records.

Le passage « des régates côtières et des courses océaniques » à des défis encore plus ambitieux s'est fait de manière logique pour Yann Eliès, avec notamment la genèse du « projet Trophée Jules Verne ». Ce type de défi, qui consiste à battre le record du tour du monde en équipage sans escale et sans assistance, symbolise l'apogée de la navigation en multicoque.

Avide de challenges, Yann Eliès a également démontré ses capacités en solitaire, un exercice où le marin est seul face à l'immensité de l'océan. Il a ainsi pris la décision de « courir la Route du Rhum » en 2015, une transatlantique en solitaire qu'il a effectuée « à bord du maxi trimaran ». Cette course exigeante met à l'épreuve l'endurance, la stratégie et la capacité de gérer un bateau complexe en autonomie totale. Sa réputation et son expertise ont même dépassé les frontières françaises, puisqu'en 2016, il a été le « seul Français à être invité à participer au mondialement connu World Match Racing Tour », une compétition de match-racing qui réunit les meilleurs barreurs du monde.

L'Expérience Cruciale de The Ocean Race avec Team Malizia

Plus récemment, Yann Eliès a ajouté une nouvelle ligne prestigieuse à son palmarès en embarquant « comme équipier avec Team Malizia sur deux étapes de The Ocean Race », le tour du monde en équipage avec escales. Il a participé à deux segments particulièrement ardus : « Cap-Vert/Le Cap et Newport/Aarhus ».

Du point de vue sportif, Yann Eliès a exprimé le souhait d'avoir « fait un peu mieux ». Sur l'étape menant au Cap (Afrique du Sud), l'équipage a terminé « 4es » après avoir « mené une partie de la course », ce qui a été « un peu décevant de ne pas concrétiser ». Quant à l'étape vers Aarhus, ils ont fini « 3es à seulement 5 minutes du 2e ». D'un « point de vue purement comptable, ce n’est pas dingue », concède-t-il.

Cependant, au-delà des classements, cette participation a permis de prouver la valeur du bateau et de l'équipage. Yann Eliès souligne : « En revanche, nous avons démontré que Malizia a un vrai potentiel ». Il précise même que sur l'étape Cap-Vert/Cape Town, « c’est l’une des toutes premières fois où on a prouvé que cet Imoca est très bon, qu’il peut rivaliser avec les meilleurs et qu’il est fait pour les mers du Sud ». L'étape suivante, entre Newport et Aarhus, a également été riche en enseignements et en performances, malgré la deuxième place manquée.

Records et Potentiel des Imoca

C'est sur le parcours entre Newport et Aarhus que l'équipage de Team Malizia, avec Yann Eliès à bord, a réalisé un exploit notable en battant le « record des 24 heures en monocoque (641,13 milles) ». Cette performance exceptionnelle, avec une moyenne de « 26,7 nœuds de moyenne sur 24 heures », témoigne des capacités du bateau et de l'équipage.

Yann Eliès raconte la genèse de ce record : « C’est assez étonnant car on n’a pas spécialement cherché à battre ce record, du moins sur les 20 premières heures ». C'est en réalisant qu'ils « en approchaient » qu'ils ont commencé à « être davantage sur les réglages », transformant le record en « un but en soi ». Cette anecdote illustre la capacité d'adaptation et la détermination des marins à saisir les opportunités offertes par les conditions.

Il met en lumière le potentiel des nouveaux Imoca, ces monocoques de course sophistiqués : « Les nouveaux Imoca ne demandent qu’à accélérer ». Ce record témoigne d'une évolution technologique remarquable, permettant de « se rapprocher des performances des grands multicoques du début des années 2000 comme Orange 2, qui faisait 40 mètres de long ». Ces performances sont rendues possibles par des conditions météorologiques idéales, comme celles dont ils ont bénéficié : « Nous avons profité de conditions incroyables sur toute la traversée de l’Atlantique qui a duré seulement cinq jours, à plus de 20 nœuds de moyenne tout le temps ».

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