Le Mal de Mer en Mer : Comprendre, Prévenir et Traiter Efficacement les Maux de la Navigation

Voyager par la mer est une expérience merveilleuse, un pont entre le quotidien et la découverte, où le bleu profond de la mer s’étend à l’horizon et la brise caresse le visage, promettant de nouvelles aventures. Pourtant, pour certains, cet idyllique moment peut être assombri par un invité indésirable : le mal de mer. Certains des meilleurs sites de plongée au monde ne sont accessibles que par bateau, et malheureusement le mal de mer empêche des plongeurs de visiter la destination de leurs rêves. Le mal de mer non maîtrisé rendra tout voyage en bateau pénible, et si aucun soulagement n’est trouvé, ses effets peuvent constituer une menace sérieuse pour la santé du plongeur. Le mal de mer, ou naupathie, est un mal des transports ressenti spécifiquement en mer, bien que le mal des transports puisse survenir lors d’un trajet en bateau, en avion ou en voiture. Le terme « mal de mer » est en quelque sorte un abus de langage, car c’est le mouvement, et non l’eau, qui provoque le malaise des personnes concernées.

Qu'est-ce que le Mal de Mer et ses Mécanismes ?

Le mal de mer, également connu sous le nom scientifique de cinétose, est une réponse naturelle de notre corps à un conflit sensoriel. Il s’agit d’un trouble de l’adaptation au mouvement de l’eau. Ce phénomène est causé par un conflit entre les signaux envoyés par les yeux, les oreilles et les muscles, au cerveau. L'oreille interne, ou système vestibulaire, agit comme un gyroscope miniature permettant au corps de s'orienter dans l'espace et de maintenir son équilibre. À bord d’un bateau, les mouvements de la houle et les variations d’équilibre sont perçus par l’oreille interne, qui transmet ces informations au centre de l'équilibre situé dans le cerveau.

Cependant, si les yeux sont fixés sur un point à l’intérieur du bateau, ils perçoivent un environnement immobile et n’indiquent pas le même mouvement. Si un passager se trouve à l’intérieur d’une cabine sans hublot, il peut ressentir le bateau monter et descendre dans ses muscles et ses articulations, et son oreille interne lui indique de s’équilibrer selon ce mouvement perçu. Or, ses yeux voient un environnement immobile. Ce conflit d'informations peut dérouter le cerveau et provoquer les symptômes caractéristiques du mal de mer. Les muscles, quant à eux, envoient des signaux au cerveau indiquant la position du corps, ajoutant une couche supplémentaire à cette incohérence. Ce « court-circuit » d’informations désoriente le cerveau et déclenche les symptômes. Qu’il s’agisse d’un trajet en mer, dans les airs ou sur route, le mécanisme à l’origine du trouble est fondamentalement le même : un conflit entre les différentes données sensorielles transmises au cerveau lors du trajet. Durant les premières heures ou les premiers jours de votre croisière, vous allez ressentir principalement une disjonction entre ce que vous voyez et ce que vous ressentez. Dans certaines conditions de stimuli moteurs et de durée d’exposition, tout le monde peut souffrir du mal des transports, mais certaines personnes y sont plus sensibles.

Les Symptômes du Mal de Mer

Les symptômes du mal de mer varient d'une personne à l'autre, mais certains sont particulièrement courants. Les signes typiques incluent les nausées, qui peuvent être suivies de vomissements, des étourdissements, une transpiration excessive, une pâleur visible du visage, des maux de tête, une fatigue générale et une perte d'appétit. Être fatigué, bien que parfois perçu comme un symptôme, est avant tout un facteur aggravant majeur du mal de mer, et se reposer est donc une mesure préventive cruciale.

Facteurs Aggravants et Comment les Atténuer

Plusieurs éléments peuvent aggraver ou favoriser le risque de souffrir du mal de mer. Ces facteurs sont souvent résumés par la règle des 4F : le froid, la faim, la fatigue et la frousse (la peur ou l'anxiété). Certaines sources évoquent d’ailleurs plutôt la règle des 5F, la cinquième étant la soif, soulignant l'importance de se couvrir avant d’avoir froid et de boire avant d’avoir soif. Cette règle est bien connue des marins. L’appréhension d’un voyage peut non seulement contribuer à accentuer les symptômes du mal de mer, mais aussi inciter à anticiper le voyage en adoptant les mesures qui permettront de les limiter.

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D'autres éléments peuvent également exacerber le mal de mer. Les odeurs agressives, telles que le carburant, la cigarette ou certains parfums, sont à éviter. Le fait de quitter le pont et de s’enfermer dans une cabine peut également aggraver la sensation d’inconfort en privant les yeux d'un horizon stable. Enfin, l'anxiété elle-même est un facteur aggravant significatif.

Prévention du Mal de Mer : Stratégies Efficaces

La prévention du mal de mer est plus facile que de le traiter une fois qu’il s’est installé. Une planification attentive et l'adoption de quelques bonnes pratiques peuvent considérablement améliorer votre expérience en mer.

Préparation Avant le Départ

  • Choix du Bateau et Positionnement Optimal : Faites vos recherches et choisissez le plus grand bateau possible. Si disponible, privilégiez un catamaran. En général, plus la largeur de la coque est importante, plus le bateau est stable. Une fois à bord, pour réduire les mouvements subis, il est conseillé de se placer au centre du bateau, l’endroit le plus stable.
  • Repos Adéquat : Avoir une bonne nuit de sommeil avant le voyage est primordial. La fatigue est l'un des facteurs majeurs du mal de mer. Bien dormir permet de limiter considérablement la nausée, avant et pendant la traversée.
  • Alimentation et Hydratation : Évitez l’alcool et les repas copieux la veille du départ et le jour même. Consommer des boissons alcoolisées ou fumer de la nicotine provoquent un aggravant du mal de mer. Il est préférable de bannir les apéros et d'éviter de fumer autant que possible ; vous aurez amplement l’occasion de boire votre cocktail favori à terre, c’est-à-dire plus tard. Contrairement à une idée reçue, il ne faut pas partir à jeun. Il est faux de penser qu'avoir le ventre vide limite les ballonnements. Avant d’embarquer, il faut penser à bien s’alimenter avec des aliments sains et équilibrés, en mangeant léger. L'hydratation est essentielle : buvez beaucoup d’eau avant et pendant la traversée. Boire de l’eau peut aider à atténuer le mal de mer, car la déshydratation aggrave souvent les symptômes. Le mal de mer est dû à un conflit entre les sens.
  • Gestion du Stress : L’appréhension d’un voyage peut accentuer les symptômes du mal de mer. Pour réduire l'anxiété, il est recommandé d'arriver tôt au port et de se détendre sur le bateau.
  • Préparation de l'Équipement : Une fois à bord, montez votre équipement de plongée sur le quai ou avant que le bateau ne lève l’ancre. Cela évite d'avoir à manipuler du matériel dans un bateau en mouvement.
  • Vêtements Adaptés : Prévoyez des vêtements adaptés. Le froid est un facteur majeur du mal de mer. Il faudra bien vous équiper et bien vous couvrir avant de prendre le large, que ce soit pour quelques heures ou pour plusieurs jours. Il vaut mieux avoir trop chaud que l’inverse, quitte à enlever des couches au fur et à mesure de votre croisière. L'excès de froid ou de chaud favorise l’apparition des symptômes.

Stratégies Pendant la Traversée

  • Fixer l'Horizon : C’est l’une des stratégies les plus efficaces. Dans la mesure du possible, regardez un point immobile à l’horizon. Cela aide à réduire le conflit d'informations entre vos yeux et vos oreilles. Essayez de garder la tête bien droite et d’éviter un maximum de baisser la tête.
  • Prendre l'Air et Éviter les Odeurs : Placez-vous dans une zone bien ventilée et restez autant que possible à l’extérieur, sur les ponts ou dans des zones bien ventilées. L’air frais aide à soulager les nausées. Évitez les odeurs agressives comme le carburant, la cigarette ou certains parfums, qui peuvent déclencher ou aggraver les nausées.
  • Mouvements et Activités : Évitez les mouvements brusques de la tête ou du corps. Évitez de lire ou de regarder des écrans, car cela peut intensifier le conflit sensoriel. Pour vous occuper, concentrez-vous sur autre chose, avec des activités agréables comme la musique ou des discussions légères, ce qui aide à détourner l'esprit. Fermer les yeux ou dormir peut également aider à réduire le conflit d'informations entre les yeux et les oreilles.

Solutions Médicamenteuses et Traitements

Lorsqu'il s'agit de traiter le mal de mer, diverses options médicamenteuses sont disponibles, certaines en vente libre et d'autres sur ordonnance. Il est toujours recommandé de tester l'effet de tout médicament ou remède naturel avant une journée où vous auriez besoin de conduire, de manipuler des machines lourdes ou d’être pleinement lucide. Prenez une dose et évaluez votre état pour anticiper d’éventuels effets secondaires. Il est fortement déconseillé d’associer plusieurs traitements contre le mal de mer.

Médicaments en Vente Libre

Plusieurs médicaments anti-nauséeux agissent en supprimant les voies nerveuses entre le centre de contrôle cérébral responsable du réflexe de vomissement et les autres centres de régulation. Ils sont à la fois préventifs et curatifs.

  • Antihistaminiques : Des médicaments tels que le Bonine (méclozine), le Dramamine Less-Drowsy (méclozine), le Dramamine (dimenhydrinate), le Marezine (cyclizine) et le Benadryl (diphenhydramine) sont des antihistaminiques. Ils limitent les risques de nausée et peuvent être très efficaces. Le Gravol est également un médicament connu pour aider à prévenir les nausées, les vomissements et les étourdissements causés par le mal de mer, disponible sous différentes formes comme les pastilles au gingembre ou les comprimés à croquer à dissolution rapide. Certains plongeurs constatent que le Bonine ou le Dramamine pris la veille au soir est plus efficace que pris le matin même. Vérifiez la notice pour connaître le délai d’action et la durée d’effet. Ces médicaments peuvent être obtenus sans ordonnance, néanmoins leur utilisation sans avis médical est déconseillée chez la personne âgée et chez la femme enceinte ou qui allaite. Ils sont également responsables de somnolence et comportent des contre-indications, en particulier l’hypertrophie bénigne de la prostate et le glaucome.
  • Vogalib : Ce médicament limite les vomissements et se vend librement en pharmacie.

Médicaments sur Ordonnance

  • Patch de Scopolamine : Certains plongeurs obtiennent une ordonnance pour le patch de scopolamine (Scopoderm®), qui agit en réduisant l’activité nerveuse de l’oreille interne pour prévenir le mal des transports. Ce médicament bloque la transmission d’informations perturbantes de l’oreille interne vers le cerveau. Les effets indésirables les plus courants sont la sécheresse buccale et la vision floue. Chez les enfants et les personnes âgées, on peut également observer des hallucinations, de la confusion, de l'agitation et de la désorientation. La scopolamine peut poser problème aux sujets glaucomateux ou présentant une hypertrophie prostatique. Le patch ne doit pas être utilisé chez l’enfant de moins de 15 ans. Il est important de noter que le port du patch au-delà de trois jours peut entraîner un syndrome de sevrage mimant certains symptômes de la maladie de décompression, ce qui complique le diagnostic.
  • Métopimazine : Pour des cas plus sévères ou récurrents, des médicaments comme la métopimazine peuvent être prescrits.

Remèdes Naturels et Approches Alternatives

Au-delà des médicaments, de nombreux remèdes naturels et méthodes alternatives sont explorés pour prévenir ou soulager le mal de mer.

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Le Gingembre

La plante reine pour lutter contre les nausées est le gingembre. Pour certains, boire du thé au gingembre, mâcher des bonbons au gingembre ou boire du ginger ale apaise l’estomac. Le gingembre peut être très efficace pour prévenir et arrêter les nausées et les vomissements. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le recommande d'ailleurs. Le rhizome de gingembre, sous forme de poudre ou de jus, peut être proposé dans la prévention et le traitement des nausées dues au mal des transports et au mal de mer. Il est disponible en poudre, en liquide, frais, en tisane, en huile essentielle ou en capsules (comme Zintona). En plus de ses propriétés olfactives, le gingembre peut être ingéré pour réduire les nausées, les étourdissements et les sueurs froides. Il était utilisé dans les pratiques maritimes anciennes, souvent mâché en morceaux pour combattre le mal de mer. Fait important, les femmes enceintes peuvent l’utiliser sans risque.

L'Acupression

Selon la médecine traditionnelle chinoise, exercer une pression sur un point du poignet appelé « P6 » (ou Nei-Kuan) peut réduire les nausées liées au mal des transports. Les bracelets d’acupression sont des dispositifs conçus à cet effet. Ils vont appuyer sur des points particuliers à l’intérieur des poignets, situés à environ deux ou trois doigts de la pliure du poignet, entre les deux tendons centraux. Ce dispositif anti-nausées, inspiré de la médecine chinoise, a le gros avantage de pouvoir convenir à tout le monde : enfants, femmes enceintes, personnes prenant des traitements, car il n’y a aucune contre-indication à son utilisation puisqu’il n’y a pas d’ingestion de médicaments. En l'absence de bracelet, il est possible de masser le point P6 en appliquant une pression ferme avec ses doigts.

Les Huiles Essentielles

L’aromathérapie pourra également venir à votre secours si vous souffrez du mal de mer.

  • Menthe Poivrée : L’huile essentielle de Menthe poivrée lutte très efficacement contre les nausées et son effet tonifiant sera également apprécié pour vous redonner un coup de fouet. Elle peut soulager les nausées et les maux d'estomac. Le thé à la menthe poivrée peut être bu avant ou pendant le voyage et l’huile essentielle de menthe poivrée peut être inhalée ou appliquée sur les tempes et les poignets. En revanche, elle est contre-indiquée chez les enfants avant 7 ans, chez les femmes enceintes et les personnes épileptiques.
  • Gingembre (en huile essentielle) : L’huile essentielle de Gingembre peut également être utilisée pour stopper les vomissements en mettant 1 goutte sur un comprimé neutre, maxi 3 fois par jour.

La Vitamine C

La vitamine C est efficace pour décomposer le neurotransmetteur histamine, souvent associé aux réactions allergiques et aux nausées. Le Professeur Dr. Reinhart Jarisch a confirmé son efficacité dans plusieurs études. Il est conseillé de commencer à prendre de la vitamine C une semaine avant votre voyage en mer, à raison d'un à deux grammes par jour. Les agrumes comme les oranges et les citrons, ainsi que les poivrons et les cassis, sont de bonnes sources naturelles de vitamine C.

L'Homéopathie

L’homéopathie est une autre option pour prévenir le mal des transports. L’homéopathie doit être commencée la veille du départ. Les comprimés de Cocculine contre le mal de mer peuvent être utilisés chez les bébés dès l’âge de 18 mois à condition de les faire fondre dans un peu d’eau. Les femmes enceintes peuvent également utiliser Cocculine pour le mal des transports. Il existe également d'autres médicaments homéopathiques contre le mal des transports.

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Dispositifs Spécifiques

  • Lunettes Anti Mal de Mer : Des lunettes spéciales, comme les lunettes Boarding ring, utilisent un système de cercles liquides pour recréer artificiellement un horizon stable dans votre champ de vision, aidant ainsi votre cerveau à mieux interpréter les mouvements du bateau. L’Agence d’innovation de la Défense a d’ailleurs participé à la mise au point du Boarding light, un système de colonnes lumineuses contre le mal des transports, à destination du personnel de la Marine nationale.
  • Bouchons d'Oreille Asymétriques : Un bouchon d'oreille porté dans une seule oreille, celle de votre choix, vise à perturber délibérément l'équilibre naturel de votre oreille interne. En créant une légère asymétrie auditive, il encourage le cerveau à se fier davantage à la vue pour maintenir l'équilibre.

Que Faire si le Mal de Mer se Déclare ?

Même avec toutes les précautions, le mal de mer peut parfois se manifester. Dans ce cas, certaines actions peuvent aider à en atténuer les symptômes.

  • Chercher le Centre du Bateau et l'Air Frais : Si vous commencez à sentir les premiers vertiges, allez mettre votre nez dehors et placez-vous au centre du bateau, l’endroit le plus stable. Cela vous permettra de mieux subir les mouvements et d'avoir accès à de l'air frais.
  • Hydratation et Alimentation Légère : Continuez à boire beaucoup d’eau. Optez pour des collations faciles à digérer comme des crackers secs, du pain tout au long de la journée ou des galettes salées, qui peuvent calmer l'estomac. Avoir le ventre vide peut parfois aggraver les nausées. Du jus de citron ou du chewing-gum peuvent aussi être tentés.
  • Fixer l'Horizon : Maintenez votre regard sur un point fixe à l'horizon pour aider à réaligner vos sens.
  • Plonger : Une fois immergé, le corps ne reçoit plus de signaux contradictoires entre les yeux et les membres, ce qui peut soulager les nausées. Si vous commencez à vous sentir mal, demandez à être l’un des premiers à entrer dans l’eau. Faites une plongée en palier peu profonde et économisez votre air pour rester sous l’eau aussi longtemps que possible en toute sécurité. Si vous êtes malade sous l’eau, gardez votre détendeur principal en bouche et vomissez par son intermédiaire.
  • Détente : Si malgré tous vos efforts, le mal de mer se manifeste, essayer de se détendre reste l’une des meilleures stratégies pour en atténuer les symptômes : allongez-vous, fermez les yeux, respirez lentement et profondément.
  • Assistance du Personnel de Bord : Le personnel de bord est souvent formé pour assister les passagers souffrant du mal de mer. Sur des navires stables, comme ceux conçus sur mesure pour des traversées spécifiques, la majorité des passagers ne souffrent d’aucun symptôme.

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