La position de Michel Barnier sur les enjeux sociétaux et l’intégration républicaine

Michel Barnier est un homme politique français, ancien premier ministre du gouvernement français. Né en 1951 à La Tronche (Isère), Michel Barnier s’engage très tôt en politique, adhérent à l’adolescence au parti gaulliste l’Union des démocrates pour la République (UDR). Michel Barnier obtient son premier mandat électoral en 1973, en devenant conseiller général de la Savoie. Il est alors, à 22 ans, le plus jeune conseiller général de France. Il enchaîne en parallèle les postes de conseiller ministériel (Pierre Mazeaud, Antoine Rufenacht), jusqu’à son élection comme député de Savoie aux élections législatives de 1978. En 1982, Michel Barnier devient président du conseil général de la Savoie. Un mandat étroitement lié aux Jeux olympiques d’hiver de 1992 à Albertville, puisque Michel Barnier porte cette candidature avec l’ancien skieur Jean-Claude Killy, puis copréside avec lui le comité d’organisation de ces Jeux. Michel Barnier engage aussi, comme président du département, une politique de protection de l’environnement en 1986, avant de publier un rapport parlementaire sur la question qu’il publiera sous le titre Chacun pour tous, le défi écologique (Stock, 1990). C’est comme ministre de l’environnement que Michel Barnier fait pour la première fois son entrée au gouvernement, dans l’équipe d’Édouard Balladur (1993-1995). Michel Barnier est aussi une figure de la politique européenne. De 1999 à 2004, il est commissaire européen à la politique régional, sous la présidence de l’Italien Romano Prodi. Élu député européen aux élections européennes de 2009, il exerce un deuxième mandat de commissaire de 2010 à 2014, sous la présidence de José Manuel Barroso. En charge du marché intérieur, il est également vice-président de la Commission européenne.

En 2021, Michel Barnier revient sur la scène politique nationale, où il souhaite concourir à l’élection présidentielle de 2022. Il se présente à la primaire de la droite, défendant notamment un moratoire sur l’immigration dans l’Union européenne (UE). Le 2 décembre, il arrive troisième au premier tour de cette primaire avec 23,93 %, derrière Éric Ciotti (25,59 %) et Valérie Pécresse (25 %), et devant Xavier Bertrand (22,36 %). Le 5 septembre 2023, Michel Barnier est nommé premier ministre par Emmanuel Macron. Cette nomination intervient deux mois après les législatives anticipées qui ont suivi la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par le président de la République. Le 2 décembre 2024, Michel Barnier déclenche le 49.3 à l’Assemblée nationale engageant le gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le groupe La France Insoumise dépose une motion de censure, suivi de près par le Rassemblement national (RN) qui annonce également vouloir voter la motion de censure de la gauche. 331 députés votent la censure du gouvernement Barnier, contraignant le premier ministre à donner sa démission à Emmanuel Macron. Michel Barnier sera resté 90 jours au pouvoir. Dimanche 28 septembre 2025, Michel Barnier a remporté l’élection législative partielle dans la 2e circonscription de Paris avec 62 % des voix face à la candidate socialiste.

La conception de l’engagement politique et du rôle du ministre

Le rendez-vous avec Michel Barnier est fixé à « La Chope », un café de Bondy nord. Samedi, 9 heures et quelques minutes, le ministre candidat arrive, portable contre l’oreille gauche, il serre quelques mains tout en poursuivant sa conversation au téléphone sur la grippe porcine. Il raccroche et nous demande de nous présenter ! On lui explique, vite fait, ce qu’est le Bondy Blog et il nous répond : « Je me suis toujours fait une idée des interventions politiques, donc je ne vais pas changer, on vous dit d’aller dans des émissions de variété, chacun est dans son rôle, vous voyez ce que je veux dire. » Evidemment ! Michel Barnier tient à planter le décors de suite. Il est encore sous le coup de la polémique suscitée par Rachida Dati quelques jours auparavant avec les jeunes populaires. Nous lui proposons de commencer l’interview sur la base de cette réflexion. Après tout, c’est sa réponse préméditée qui nous met en orbite.

Le Bondy Blog demande si sa conception de la politique diffère de celle de Rachida Dati, qui prône le rire. Il répond : « Ah non ! Vous pouvez être décontracté, vous pouvez rire, vous n’êtes pas obligé d’être sinistre. Franchement chacun son comportement, c’est autre chose. J’ai trouvé que la polémique à ce propos n’était pas juste, car j’ai assisté à cette réunion des Jeunes populaires. Réunion très sérieuse sur la mobilité, sur l’emploi, sur la crise, sur ce que peut apporter l’Europe. Puis à la fin, il y avait un moment un peu décalé avec un quizz, des questions réponses, un peu décontracté. C’est à ce moment-là que c’était vraiment très décontracté. Faut bien séparer les choses, un ministre est un homme politique ou une femme politique, il a un engagement citoyen. Il a ses soirées pour faire des réunions, il n’est pas enfermé dans son cabinet. »

La vision de l’Europe et la question de l’identité nationale

Michel Barnier souligne que le débat européen est déconnecté du débat national depuis 40 ans, situation qu’il juge démocratiquement anormale. Le parlement européen vote des lois qui, pour 60 %, concernent et encadrent la vie nationale. « Donc, on n’est pas à coté, nous avons choisi depuis 50 ans d’être dans cet ensemble européen non pas pour fusionner mais pour mutualiser, pour coordonner, pour décider, se protéger et agir ensemble. Les hommes politiques de gauche et de droite ont toujours trouvé cette situation très commode. Je veux changer cela, c’est pour ça que je veux quitter le gouvernement pour un nouveau temps d’action européen. »

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Sur la question de l’immigration et de l’identité, il précise : « Je pense que c’est un progrès important qu’a accompli Brice Hortefeux quand il était ministre de l’immigration, que d’avoir mis en place un pacte européen qui permet une politique commune de l’immigration et d’éviter le chacun pour soi, le chacun chez soi. Et en même temps, ce pacte comprend le respect des droits de l’homme, la maîtrise de l’immigration, le partenariat avec les pays d’où partent les personnes immigrées et l’intransigeance totale contre les trafics d’hommes, de femmes et d’enfants. »

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