La plongée sous-marine est une activité accessible à tous, conseillée à partir de 8 ans. Cependant, nous évoluons dans un environnement spécifique car la pression augmente avec la profondeur. De plus, la respiration n’est pas si facile qu’à la surface. Cela peut avoir des conséquences sur des personnes présentant certaines pathologies. Il est important de prendre connaissance de la liste des contre-indications, mais si vous avez un doute, il faudra en parler à votre médecin traitant. La plongée sous-marine et l’apnée récréative nécessitent une bonne santé physique et mentale. Pour votre sécurité et celle des autres personnes susceptibles de plonger avec vous, il est primordial de répondre honnêtement à toutes les questions et de comprendre que vous devez accepter la responsabilité des conséquences résultant de toute question à laquelle vous pourriez avoir répondu de manière inexacte, ou de votre omission de divulguer tout problème de santé existants ou passés. Les références à la «plongée» sur ce formulaire englobent à la fois la plongée sous-marine de loisir et l’apnée.
Le certificat médical est obligatoire pour les stages de formation à partir du niveau 1. La fédération française de plongée et la commission médicale ont dressé un tableau indicatif des contre-indications. Il y a quelques conditions médicales qui peuvent être dangereuses pendant la plongée. Ceux qui ont ou sont prédisposés à l’une de ces conditions doivent être évalués par un médecin. Un questionnaire médical pour plongeurs fournit une base pour déterminer si vous devez demander cette évaluation. Si vous avez des inquiétudes concernant votre condition physique pour la plongée qui ne sont pas reprises sur ce formulaire, consultez votre médecin avant de plonger. Si vous vous sentez mal, évitez de plonger. Si vous pensez avoir possiblement une maladie contagieuse, protégez-vous et protégez les autres en ne participant pas à la formation et / ou aux activités de plongée.
Les Exigences Médicales et Contre-Indications Générales à la Plongée
L'environnement sous-marin, avec ses variations de pression et les contraintes spécifiques sur la respiration, requiert une intégrité physiologique particulière. Le texte ci-dessous est un échantillon du Examen Médical du Plongeur | Questionnaire du participant qu’il vous sera demandé de lire et de signer au centre de plongée avant de plonger. Une note importante aux femmes précise : Si vous êtes enceinte ou tentez de devenir enceinte, ne plongez pas.
Les problèmes avec les poumons, la respiration, le cœur ou le sang, affectant les performances physiques ou mentales normales, constituent des contre-indications sérieuses. Cela inclut des antécédents de chirurgie thoracique, chirurgie cardiaque, chirurgie valvulaire cardiaque, pose de stent ou pneumothorax (poumon effondré). De même, l'asthme, la respiration sifflante, les allergies graves, le rhume des foins ou les voies respiratoires congestionnées au cours des 12 derniers mois, qui limitent l'activité physique ou l'exercice, sont des motifs d'évaluation médicale approfondie. Un problème ou une maladie touchant le cœur tels que l'angine de poitrine, une douleur thoracique à l’effort, l'insuffisance cardiaque, un œdème pulmonaire d’immersion, une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral, ou la prise de médicaments pour toute affection cardiaque, nécessitent impérativement un avis médical. La bronchite récurrente et une toux actuelle au cours des 12 derniers mois, ou un diagnostic d’emphysème, sont également des signaux d'alerte. Les symptômes affectant les poumons, la respiration, le cœur et/ou le sang au cours des 30 derniers jours qui altèrent les performances physiques ou mentales appellent à la prudence et à une consultation médicale.
L'âge est également un facteur à considérer. Pour ceux qui sont âgés de plus de 45 ans, des critères supplémentaires s'appliquent. Fumer ou inhaler de la nicotine par d’autres moyens, ainsi qu'avoir une tension artérielle élevée, sont des éléments à ne pas négliger. Les antécédents familiaux sont également importants : si un parent proche est décédé subitement ou d’une maladie cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral avant l’âge de 50 ans, ou s'il existe des antécédents familiaux de maladie cardiaque avant l’âge de 50 ans (y compris des troubles du rythme cardiaque, une maladie coronarienne ou une cardiomyopathie), une évaluation est requise.
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Les difficultés à faire des efforts physiques modérés, par exemple, marcher 2 km en 15 minutes ou nager 200 mètres sans se reposer, ou le fait de ne pas avoir pu participer à une activité physique normale pour des raisons de forme physique ou de santé depuis 12 mois, indiquent une condition physique potentiellement insuffisante pour la plongée.
Les problèmes aux yeux, aux oreilles, aux conduites nasales ou sinus sont également des préoccupations. Une chirurgie des sinus au cours des 6 derniers mois, une maladie ou chirurgie de l’oreille, une perte auditive ou des problèmes d’équilibre, une sinusite récurrente au cours des 12 derniers mois, ou une chirurgie oculaire au cours des 3 derniers mois, sont des éléments nécessitant une évaluation.
Toute intervention chirurgicale subie au cours des 12 derniers mois, ou la présence de problèmes chroniques liés à une intervention chirurgicale antérieure, doit être signalée.
Des antécédents neurologiques, tels qu'une perte de connaissance, des migraines, des convulsions, un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien important ou la souffrance de lésions ou maladies neurologiques persistantes, sont des contre-indications potentielles. Un traumatisme crânien avec perte de conscience au cours des 5 dernières années, une lésion ou maladie neurologique persistante, des migraines récurrentes au cours des 12 derniers mois (ou la prise de médicaments pour les prévenir), des syncopes, absences ou évanouissements (perte totale ou partielle de la conscience) au cours des 5 dernières années, ou l'épilepsie (ou la prise de médicaments pour les prévenir), nécessitent une consultation médicale.
Les problèmes psychologiques ne sont pas à sous-estimer. Être actuellement sous traitement (ou avoir eu besoin d’un traitement au cours des cinq dernières années) pour des problèmes psychologiques, des troubles de la personnalité, des crises de panique ou une dépendance à la drogue ou à l’alcool, ou un diagnostic de trouble d’apprentissage, exigent une évaluation. Cela inclut des problèmes de comportement, des problèmes mentaux ou psychologiques nécessitant un traitement médical et/ou psychiatrique, une dépression majeure, des idées suicidaires, des attaques de panique, un trouble bipolaire non contrôlé nécessitant un traitement médicamenteux ou psychiatrique, un diagnostic de problème de la santé mentale ou un trouble d’apprentissage ou de développement qui nécessite des soins continus, ou une dépendance à la drogue ou à l’alcool nécessitant un traitement au cours des 5 dernières années.
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Les problèmes de dos récurrents au cours des 6 derniers mois qui limitent l'activité quotidienne, une chirurgie du dos ou de la colonne vertébrale au cours des 12 derniers mois, le diabète (contrôlé par médicament ou par régime, ou un diabète gestationnel au cours des 12 derniers mois), une hernie non corrigée qui limite les capacités physiques, ou des ulcères cutanés actifs ou non traités, des plaies chroniques ou une intervention chirurgicale pour ulcère au cours des 6 derniers mois, sont également des points d'attention.
Enfin, des problèmes d’estomac ou d’intestin, y compris une diarrhée récente, sont explicitement mentionnés. Cela englobe une chirurgie pour stomie (gastrostomie, colostomie ou néphrostomie) sans avoir déjà l’autorisation médicale pour nager ou faire des activités physiques. Une déshydratation nécessitant une intervention médicale au cours des 7 derniers jours est aussi un facteur à considérer. Des ulcères gastriques ou intestinaux actifs ou non traités, ou un traitement chirurgical de ces ulcères au cours des 6 derniers mois, ainsi que des brûlures d’estomac fréquentes, une régurgitation ou un reflux gastro-œsophagien (RGO), constituent des motifs d'examen. Il est clairement stipulé qu'une colite ulcéreuse active ou non contrôlée, ou la Maladie de Crohn, nécessite une évaluation médicale. Une chirurgie bariatrique au cours des 12 derniers mois est également une condition exigeant un avis médical. La prise de médicaments sur ordonnance médicale (à l’exception des contraceptifs ou des antipaludéens autres que la méfloquine (Lariam)) est un dernier point d'attention générale.
Si vous avez répondu NON pour toutes les questions ci-dessus, une évaluation médicale n’est pas requise. Si vous avez répondu OUI à l’une des sous-questions, veuillez imprimer, lire et accepter la déclaration originale en la signant et la datant ET amenez les trois pages de ce formulaire (Questionnaire du participant et Évaluation du médecin) à votre médecin pour une évaluation médicale.
La Maladie de Crohn : Une Affection Chronique aux Multiples Facettes
La maladie de Crohn est l’une des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) avec la rectocolite hémorragique. Elle est liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif. De manière générale, les MICI sont partout en augmentation. L’Europe du Nord, de l’Ouest et les États-Unis sont les régions du globe où la maladie de Crohn est la plus prévalente. La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique du tube digestif dont la cause reste inconnue à ce jour.
L’inflammation se traduit par une muqueuse intestinale fragile, inflammatoire (« irritée »), siège d’ulcérations plus ou moins profondes qui peuvent aller jusqu’à la perforation, pouvant provoquer des abcès au contact de l’intestin malade voire une péritonite, des fistules (communication entre l’intestin malade et d’autres organes de voisinage comme l’intestin, la vessie ou la peau) ou des rétrécissements inflammatoires du calibre du tube digestif (sténoses). Tous les segments du tube digestif sont potentiellement concernés, depuis la bouche jusqu’à l’anus. Le plus souvent, l’iléon et le côlon sont touchés.
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Manifestations et Diagnostic
Le pic de fréquence de la maladie de Crohn se situe entre 20 et 30 ans mais elle peut débuter à tout âge. Quoique ces symptômes puissent débuter à tout âge, ils font souvent une première apparition chez les enfants et les jeunes adultes. Le tableau clinique est fonction de l’étendue, de la localisation et de l’intensité inflammatoire des lésions. Les symptômes peuvent comprendre de la diarrhée de façon prolongée, parfois sanglante (rectorragies), des douleurs abdominales, des crampes, un besoin impérieux d’aller à la selle, une incontinence, une perte de poids, un manque d’appétit, de la fièvre, de la fatigue, des saignements rectaux, une anémie, des nausées et des vomissements, ainsi que des fissures, des abcès ou des fistules dans le rectum et l’anus. Il peut même y avoir un évitement de l’ingestion d’aliments à cause de la douleur qu’ils occasionnent en s’acheminant à travers l’appareil digestif, ou encore l’évitement de sorties en raison d’inquiétudes entourant les habitudes intestinales. La fatigue et l’anorexie sont souvent le lot des malades de Crohn. L’expérience de tels symptômes, qui peuvent être graves et avoir une incidence considérable sur la qualité de vie, incite la plupart des gens à consulter un omnipraticien.
Habituellement, ce médecin généraliste se penchera sur vos antécédents médicaux et vos symptômes, effectuera un examen physique et prescrira quelques tests. Bon nombre d’affections provoquent des symptômes semblables à ceux présents dans la maladie de Crohn, de sorte qu’il peut s’écouler bien des années avant d’obtenir un diagnostic. Cette période d’incertitude peut être frustrante et accablante. Certaines évaluations peuvent aider le médecin à établir un diagnostic de la maladie de Crohn et à surveiller l’état de la maladie. Elles comprennent les analyses sanguines (protéine C réactive, pharmacovigilance thérapeutique, hémoglobine, etc.) et les analyses de selles pour la recherche de biomarqueurs (calprotectine et lactoferrine) et de pathogènes intestinaux (p. ex., C. difficile, parasites, etc.). L’endoscopie est l’outil le plus précis, puisqu’elle permet au médecin de regarder à l’intérieur du tube digestif, soit par le haut, soit par le bas, pour visuellement rechercher des signes d’inflammation et prélever des échantillons de tissus à des fins d’analyse. La maladie de Crohn se manifeste de façon unique chez chaque personne, de sorte que le diagnostic peut différer sur le plan de la gravité (légère, modérée, grave, ou soudaine et grave) et de la localisation de la maladie, celle-ci pouvant se manifester dans n’importe quelle partie du tube digestif.
Évolution, Traitements et Complications
La maladie de Crohn évolue souvent par des phases d'activité appelées « poussées » totalement imprévisibles et très variables en intensité, entrecoupées de périodes de rémission. Son impact sur la qualité de vie peut être considérable. Même lorsque la maladie de Crohn est traitée, de nouveaux symptômes peuvent apparaître. De plus, la maladie peut s’aggraver ou s’atténuer. Il peut donc être nécessaire de modifier les médicaments ou de procéder à de nouvelles évaluations. Des examens de routine s’imposent pour surveiller l’activité de la maladie et les effets secondaires des médicaments. Malgré cela, de nombreux patients connaissent des poussées qui sont caractérisées par un retour de l’inflammation et des symptômes. Il est alors nécessaire de procéder à d’autres tests et de potentiellement ajuster le plan de traitement.
Qui présente un risque ? Le tabagisme favorise et aggrave la maladie de Crohn. Le tabac joue un rôle majeur car il est associé à des formes plus graves de la maladie et plus difficiles à traiter. Il expose aussi à des rechutes plus fréquentes et à un surrisque d’opérations chirurgicales. L’arrêt du tabac conditionne la réussite du traitement. Les apparentés au premier degré de personnes ayant une maladie de Crohn ont effectivement un surrisque de développer la maladie par rapport au reste de la population, mais qui reste faible. Pour autant, la maladie de Crohn n’est pas une maladie héréditaire, ce qui n’exclut pas une susceptibilité génétique. En effet, certains gènes ont été identifiés comme favorisant l’apparition de la maladie lorsqu’ils sont mutés, à l’exemple du gène CARD15/NOD2 qui multiplie par 4 ou 5 le risque de souffrir de la maladie. 10 % à 25 % des personnes atteintes ont des antécédents familiaux de maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI). Aucune étude à ce jour n’a confirmé l’influence du stress ou d’un régime d’exclusion de certains aliments sur le déclenchement de la maladie ou de ses poussées. En revanche, le risque de carences (fer, vitamine D) et de dénutrition est important.
La physiopathologie de cette maladie est complexe. Le traitement ne permet pas de guérir la maladie. Compte tenu du grand nombre de médicaments disponibles, ainsi que les variations dans la gravité et la localisation de la maladie de Crohn, son traitement est différent pour chaque personne. Les médicaments jouent un rôle essentiel, et comprennent les anti-inflammatoires pris de façon continue et les traitements médicamenteux symptomatiques suivis de temps à autre. Vous pourriez devoir essayer plusieurs médicaments différents jusqu’à ce que vous en trouviez un qui fonctionne, puis, au fil du temps, vous devrez peut-être changer de médicament ou en prendre une dose modifiée. Un médicament pourrait ne pas vous convenir en raison de certains effets secondaires, et alors, votre médecin vous en prescrira un autre. Plusieurs lignes de traitement existent, dont la corticothérapie. Les médicaments immunosuppresseurs constitués des thiopurines (azathioprine, 6-mercaptopurine) et du méthotrexate agissent de manière très ciblée sur certains acteurs du système immunitaire afin de calmer les réactions inflammatoires. Ils sont parfois utilisés seuls mais le plus souvent en combinaison avec les biothérapies. Celles-ci sont en majorité des « anticorps monoclonaux » qui modifient la réponse biologique en prenant pour cible des voies de l’inflammation digestive dont la plus connue est le facteur de nécrose tumorale (TNF). Quatre sont commercialisés : les anti-TNF infliximab et adalimumab et, plus récemment, l’ustekinumab, ciblant d’autres acteurs de l’inflammation, prescrit chez les patients réfractaires aux autres thérapeutiques. Un autre anticorps monoclonal, le vedolizumab, module l’immunité spécifiquement au niveau du tube digestif, avec l’avantage de limiter le risque d’infections et d’immunodépression généralisée. Concernant la sécurité de ces médicaments, il est vrai et faux que ces médicaments sont potentiellement dangereux. Ils le sont s’ils sont administrés en cas d’infection évolutive. Mais dans l’immense majorité des cas, leur sécurité d’emploi est bonne.
Une chirurgie peut s’avérer nécessaire à un certain moment du parcours. Elle pourrait consister en la réparation de fistules et de fissures, une résection et une reconnexion de l’intestin, ou la pratique d’une stomie. De multiples interventions chirurgicales sont parfois nécessaires. Dans la maladie de Crohn, 50 à 70 % des patients devront subir une intervention chirurgicale dans les dix ans. Malheureusement, la chirurgie n’empêche pas les récidives de la maladie, lesquelles sont presque constantes, dans 90 % des cas, y compris en l’absence de tout symptôme. C’est pourquoi toutes les précautions sont prises pour reséquer uniquement les segments d’intestin malade afin de le préserver au maximum. Dans certains cas, le chirurgien recourt de façon temporaire à une stomie (anus artificiel). La nécessité d’une stomie va dépendre de l’indication opératoire. Il est vrai et faux que je vais être opéré de la maladie de Crohn. En cas de complication (abcès, péritonite), le chirurgien ne peut suturer les bords de l’intestin après résection sans prendre le risque qu’elle n’induise une fistule (abouchement anormal d'une cavité dans une autre). Cette suture doit pour cette raison être protégée par une stomie pour laisser le temps de la cicatrisation. Son rôle est de dériver les selles. Le rétablissement de la continuité sera effectué dans un second temps opératoire, deux à trois mois après. La maladie de Crohn peut aussi s’étendre à l’anus et détruire l’appareil sphinctérien anal, au risque d’induire une incontinence. D’où la nécessité de dépister ces lésions précocement pour en limiter les conséquences.
Certains signes sont le témoin d’une complication de la maladie de Crohn, au rang desquels figurent un amaigrissement important et une dénutrition dus à une malabsorption ou à une atteinte étendue de la maladie, une fièvre, des douleurs intenses inhabituelles, des diarrhées sanglantes, une occlusion intestinale se manifestant par un arrêt du transit et des vomissements. Ils imposent un bilan rapide, par scanner (tomodensitométrie) notamment.
Vivre avec la Maladie de Crohn : Perspectives et Soutien
Il peut prendre un certain temps avant de bien connaître cette maladie chronique. Votre médecin pourrait vous diriger vers de nombreuses ressources, mais vous pourriez aussi avoir à faire vos propres recherches pour trouver diverses ressources éducatives fiables, sous format imprimé ou sur Internet, des groupes de soutien et des communautés en ligne, de même que des services de counseling individuel ou en famille. Une personne atteinte de la maladie de Crohn nécessite les soins de toute une équipe, pouvant comprendre un gastro-entérologue, des infirmières, un diététiste professionnel, un intervenant d’un programme de soutien aux patients, un professionnel de la santé mentale, un dermatologue, un kinésiologue, un ophtalmologue, un rhumatologue et un neurologue. En outre, elle doit parfois faire des visites à la salle d’urgence de l’hôpital.
La grossesse d’une femme souffrant de la maladie de Crohn est envisageable, cependant son impact sur la maladie est imprévisible. Elle peut calmer la maladie, à l’inverse déclencher des poussées (avec le risque d’avortement spontané ou de croissance difficile du fœtus) ou même n’influencer en rien l’état de santé de la femme. Il est néanmoins préférable de programmer une grossesse en période de rémission et de suivre son traitement à la lettre afin de ne pas favoriser les poussées.
Certains patients doivent prévoir des dispositions spéciales à l’école ou au travail. D’autres peuvent nécessiter un soutien financier pour couvrir les frais de médicaments, par exemple, puisqu’il peut leur être difficile de travailler en cas de maladie sévère. La rémission est le but ultime.
Grandir avec une pathologie chronique bouleverse toute une vie de projets, mais n’empêche en rien de réaliser ses rêves, voire d’en forger de plus beaux. L’adolescence tranquille de Pierre-Louis s’est morcelée d’un coup, alors qu’il n’avait pas encore 17 ans : « J’ai ressenti des symptômes de gastro : diarrhées, douleurs abdominales, troubles digestifs… et je me suis dit "ça va passer". Sauf que ça n’est pas passé. Ça a même empiré au fil des semaines, jusqu’à avoir du sang dans mes selles. » Une consultation et des examens gastrologiques plus tard, le diagnostic tombe : Pierre-Louis souffre d’une maladie de Crohn, une Maladie Inflammatoire Chronique Intestinale (MICI) particulièrement handicapante. Il ne le sait pas encore, mais sa vie vient de prendre un grand tournant. Difficile de sortir, difficile de voir ses amis, difficile de partir en vacances… L’épée de Damoclès est toujours là et le jeune homme se refuse à en parler, à s’ouvrir. “J’étais parfois obligé de faire demi-tour sur le chemin des cours, pour rentrer en vitesse chez moi. Ce n’est pas évident de s’épanouir et de suivre ses études dans ces conditions, d’autant que cette maladie va par phases. Le plus dur reste à venir."
Passionné de navigation, Pierre-Louis s’est toujours vu dans la Marine Nationale… mais son Crohn lui en ferme les écoutilles. « C’est là que j’ai réalisé que j’allais devoir lutter et apprendre à me construire avec mon handicap. Et je l’ai fait ! Si je n’avais pas été malade, je n’aurais peut-être jamais trouvé le courage de me confronter à mes rêves. » La marine se refuse à lui ? L’idée n’est pas forcément de leur dire de partir sillonner les océans, mais parfois simplement d’oser sortir de chez eux pour passer une soirée entre amis. La maladie de Crohn est très désocialisante. Un constat qui pousse Pierre-Louis à s’investir toujours plus dans l’information et la formation, en parallèle de sa carrière de navigateur. Après les usagers, il se tourne vers les professionnels de santé et les industriels. À aujourd’hui 24 ans, Pierre-Louis croque la vie à pleines dents et déborde de projets. « Côté pro, j’ai réalisé mon premier grand rêve avec la Solitaire du Figaro, alors… je m’en suis construit de nouveaux, avec toujours plus de courses au large et comme point d’orgue la Route du Rhum. “Je développe notamment une collaboration avec l’IMAD2 du CHU de Nantes, que j’accompagne pour faire le relais entre la recherche et les patients, afin de valoriser et rendre plus visible l’innovation. Et je vais passer mon Diplôme Universitaire (DU) de patient expert pour m’engager toujours plus dans la sensibilisation des parties prenantes et le déploiement de la démocratie sanitaire." Son projet Vogue avec un Crohn est un défi sportif et solidaire de course au large à la voile, lancé en janvier 2017.