Les racines d'un futur champion au Brésil
Le surf brésilien ne possède pas, dans l'imaginaire collectif, la réputation la plus prestigieuse concernant les vagues de très grande taille, et c'est un euphémisme. Pourtant, il existe des zones où la pratique est nettement plus « costaud » qu'ailleurs. C'est le cas de Saquarema, une ville située à une centaine de kilomètres à l'Est de Rio de Janeiro. C'est dans cet environnement que Lucas Chianca a grandi. Il est monté très tôt sur une planche, à l'âge de 3 ans, dans le sillage de son père, qui l'initie aux vagues solides dès ses 12 ans.
Bien qu'il ait commencé son parcours dans son pays natal, son évolution a rapidement franchi les frontières. Le Brésilien n'en a toujours que 14 lorsqu'il entreprend un voyage initiatique à Hawaii, terre sacrée du surf. Durant cette période, resté au pays, son oncle Marco Monteiro, surfeur de grosses vagues reconnu, lui apporte de précieux conseils par téléphone. Ce premier baptême dans les vagues hawaiennes, notamment à Waimea, a marqué un tournant décisif dans sa compréhension de la puissance océanique.
L'influence déterminante de Carlos Burle
Au Brésil, le chargeur de référence se nomme Carlos Burle, devenu le tout premier champion du monde de grosses vagues en 2009/2010. En mai, le Brésilien de 49 ans a pris la décision de tirer un trait définitif sur la compétition, motivé par l'envie de transmettre son inestimable expérience à ses jeunes compatriotes. Au premier rang de cette relève se trouve Lucas Chianca.
Leur collaboration a débuté en octobre 2016, après une rencontre en juin de la même année en marge du Puerto Escondido Challenge. « Je vais entraîner Lucas, qui va faire ses débuts sur le circuit mondial de grosses vagues en 2017. Je commence une nouvelle phase de ma vie avec ce gamin hyper talentueux. Je suis très motivé à l'idée de l'accompagner dans son évolution », exposait lors de la cérémonie des Big Wave Awards 2017 celui qui est également le mentor de Maya Gabeira. Cette transmission de savoir a permis à Chianca de structurer son approche technique et mentale.
L'abandon du circuit qualificatif pour la passion des géants
Le circuit qualificatif de la World Surf League, le QS, est une étape que Lucas Chianca a choisie de ne pas poursuivre. Comme tout surfeur/compétiteur auriverde qui se respecte, Chianca a toutefois tenté le coup par le passé. En 2015 d'abord, le Brésilien participe à quatre compétitions. Idem, l'année suivante. Pour deux quarts à Arica (QS 1 500) et une demie à Cloud 9 (QS 1 500) en guise de meilleurs résultats.
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Son désintérêt pour le format classique s'explique par une connexion spécifique avec l'océan : « Quand les vagues oscillent entre 2 et 4 pieds, je ne me sens pas à l'aise. Alors que lorsque je surfe des vagues de 18, 20 ou 30 pieds, je me sens connecté avec l'océan ». Cette préférence pour les conditions extrêmes a naturellement orienté ses ambitions vers le Big Wave Tour.
L'entrée dans l'élite du Big Wave Tour
À partir de sa rencontre avec Carlos Burle, Lucas Chianca n'a plus qu'une idée en tête : intégrer le circuit mondial de grosses vagues ou Big Wave Tour. Objectif atteint en 2017 grâce à une ascension fulgurante. Auparavant, le Brésilien s'était déjà fait remarquer sur les plus célèbres spots de gros tels Puerto Escondido, Nazaré ou encore Mavericks. Multi nommé aux WSL Big Wave Awards, le chargeur auriverde a même été désigné dauphin de Jamie Mitchell au Best Overall Performance Award, décerné au surfeur qui a réalisé le plus grand nombre de performances exceptionnelles sur des spots différents.
Le surf de grosses vagues, selon sa vision, est en pleine mutation. « Je pense que le big wave surfing ne consiste pas seulement à survivre à la vague, mais à la surfer. Pour moi, je vois Mavericks comme un grand J-Bay. Je veux surfer sur la vague, faire des manoeuvres, passer les sections. À l'avenir, je pense que nous surferons sur les grosses vagues comme nous le faisons aujourd'hui sur les petites », expliquait Lucas Chianca au magazine Surfer en juin 2017.
Blessé à la cheville, il a dû renoncer au Puerto Escondido Challenge en juillet. C'est donc à Jaws, en novembre, que le Brésilien a effectué ses grands débuts sur le circuit mondial de grosses vagues. Il y signe une victoire au premier tour avant d'échouer de peu à rallier la finale du Pe'ahi Challenge : malgré un total de 22,19 points, qui lui aurait permis de gagner l'autre demie, il passe à la trappe à l'issue d'une série intense où Ryan Hipwood et Ian Walsh postent un 10, et Kai Lenny un 9,27.
Une domination sur les spots mondiaux
À ce jour, Lucas Chianca est le seul chargeur cité dans la catégorie reine du Ride of the year des WSL Big Wave Awards pour des vagues validées sur trois spots différents : Nazaré, pour un monstre liquide dompté à la rame, Jaws et Mavericks. Ces trois rides ont été réalisés en moins de quinze jours grâce aux fortes dépressions constatées en janvier dans l'Atlantique et le Pacifique. Cette capacité à performer sur des terrains de jeux variés et radicalement différents, allant du pic hawaiien à la vague de fond portugaise, confirme sa place dans le cercle très restreint des meilleurs chasseurs de grosses vagues de la planète.
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