Dynamique des écosystèmes aquatiques : Peuplements piscicoles, suivis scientifiques et signalisation maritime

L'importance de la connaissance des peuplements piscicoles

Pour protéger efficacement l’environnement, il faut bien le connaître. Aussi, depuis 30 ans, les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) observent les peuplements des poissons des cours d’eau et des plans d’eau en collectant des données sur près de 1 500 stations réparties sur l’ensemble du territoire métropolitain. Durant le mois d’août, le service départemental de l’OFB réalise des inventaires piscicoles sur des cours d’eau du département des Hautes-Alpes. Ces pêches, qui permettent de connaître les peuplements de poissons, contribuent également au suivi de l’évolution de la qualité des eaux. Dans les Hautes-Alpes, 15 stations sont suivies chaque été, elles sont situées notamment sur le Drac, le Guil, la Clarée, la Méouge, le Buëch, le torrent de Réallon, etc.

La pêche à l’électricité : une méthodologie scientifique

Dans les cours d’eau, la méthode couramment employée pour les inventaires piscicoles est celle de la pêche à l’électricité. Cette méthode de pêche à but scientifique est la plus utilisée en Europe. L’intensité du courant est réglée sur le terrain pour chaque pêche, en fonction des caractéristiques de l’eau (température, conductivité…) et des espèces et tailles des poissons attendus. L’objectif est de maximiser les captures tout en minimisant l’impact sur les poissons. Le champ électrique produit ne tue pas les poissons mais a pour effet d’inhiber la nage du poisson, voire de forcer cette nage (électrostimulation nerveuse et musculaire) en direction de l’anode (cercle métallique au bout d’un manche). La capture du poisson à l’aide d’épuisettes est alors possible. Après avoir été endormis, ils sont ensuite identifiés, comptés, mesurés et pesés, avant d’être relâchés dans leur milieu naturel. Plusieurs centaines de volts et jusqu’à dix ampères sont délivrés, ce qui implique d’importantes mesures de sécurité et une formation obligatoire des opérateurs. Une opération de pêche à l’électricité, selon l’objectif et la taille du cours d’eau, peut mobiliser jusqu’à plusieurs dizaines de personnes. Généralement, entre 6 et 12 personnes sont nécessaires. Chaque opérateur a un rôle bien précis, que ce soit pour capturer les poissons ou pour les mesurer.

Indicateurs biologiques et état des populations

Quelles sont les espèces de poissons présentes dans la rivière ? En quelle quantité ? Sont-elles en bonne santé ? Les données recueillies permettent d’établir différentes statistiques sur les peuplements (classes de taille et de poids, évolution du nombre d’espèces, carte de répartition, biomasse, etc.) et déterminer l’état des populations de poissons dans la rivière. Les poissons constituent de bons indicateurs biologiques de l’état des cours d’eau et permettent de calculer l’indice poisson rivière (IPR). L’IPR représente l’écart entre la composition du peuplement piscicole observée lors de la pêche à l’électricité et ce qui aurait dû être trouvé si la rivière ne subissait aucune pression humaine excessive.

Classification et diversité biologique des poissons

Les poissons sont des vertébrés aquatiques à branchies pourvus de nageoires. Ils sont pour la plupart d’entre eux recouverts d’écailles. La classe des poissons est l’une des plus importantes du règne animal avec plus de 25 000 espèces différentes dans le monde. Il existe de nombreuses classifications et autres répartitions des espèces de poissons. Pour des informations détaillées espèce par espèce, nous vous invitons à consulter les fiches poissons.

La zonation longitudinale des cours d’eau

Sur un cours d’eau, depuis l’amont (sources) vers l’aval (estuaire), il existe une distribution longitudinale des espèces de poissons. La zonation de Huet (1954) met ainsi en évidence 4 zones différentes dans lesquels, d’un cours d’eau à l’autre, nous sommes susceptibles de retrouver les mêmes espèces. La zone à Truite se situe dans la partie amont du cours d’eau. Elle se caractérise par des eaux vives, fraiches (de 4 à 12°C environ) et bien oxygénées. Le courant y est fort du fait de la pente relativement importante et la végétation aquatique est rare voire quasiment absente. Les poissons présents sont le plus souvent très sensibles aux pollutions. Les espèces majeures sont la Truite fario, le Chabot, la Loche, le Vairon ou encore la Lamproie de planer. La zone à Ombre se distingue par une température d’eau légèrement plus chaude comprise en entre 8 et 14°C. Les eaux y sont également vives et bien oxygénées. Les premières plantes aquatiques apparaissent. Concernant les espèces de poissons, on y trouve encore la Truite fario ainsi que l’ombre commun et le vairon. On y trouve aussi certaines espèces dites « rhéophiles » ce qui signifie qu’elles sont capables de vivre dans un fort courant. On y trouve par exemple le goujon ou le hotu. La zone à Barbeau abrite une faune mixte avec des espèces de cyprinidés comme le Barbeau, le Chevesne, le Gardon ou le Rotengle. La température de l’eau est en général comprise entre 12 et 18°C. La vitesse du courant diminue nettement du fait de l’augmentation progressive de la largeur de la rivière. Le fond de la rivière devient quant à lui sableux à vaseux. La végétation rivulaire apparait tandis que les plantes immergées et submergées sont de plus en plus nombreuses. La zone à Brème correspond aux zones où la rivière est profonde, large et envahie par une végétation luxuriante. Tous les salmonidés ont disparus pour laisser place à des espèces telles que la Brème, l’Ablette et autres poissons de fourrages servant ainsi de proies aux espèces carnassières comme le Sandre, le Brochet, le Silure et autre Perche. La vitesse du courant y est très faible et la température de l’eau est comprise entre 16 et 20°C.

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Répartition selon la profondeur et les comportements alimentaires

Plus les milieux sont profonds et plus une organisation nette peut être observée. Visible notamment dans les lacs, cette répartition est également valable pour les cours d’eau peu profonds. La vitesse du courant est maximale à la surface et diminue avec la profondeur du fait des frottements avec le fond de la rivière. Les espèces vont ainsi se répartir selon leur résistance face au courant. On distingue ainsi les espèces s’enfouissant comme la Lamproie de Planer ou l’Anguille, qui ont besoin de zones où les sédiments sont meubles. On trouve également les espèces se maintenant sur le fond grâce à leurs nageoires pectorales développées comme le Chabot ou la Loche Franche, et enfin les espèces au corps de plus en plus fusiforme qui se répartissent dans la colonne d’eau telles que la Truite fario, le Saumon ou le Vairon. Les milieux aquatiques offrent des ressources alimentaires variées et il est possible de distinguer les poissons se nourrissant d’invertébrés aquatiques comme la plupart des cyprinidés (Gardon, Tanche, Chabot,…), les poissons carnassiers dont le régime alimentaire est composé principalement d’autres poissons tels que le Brochet, le Sandre, le Silure (l’Aspe étant un cas particulier puisqu’il s’agit d’un cyprinidé carnassier), et les poissons herbivores se nourrissant d'algues et de végétaux comme le Rotengle ou le Hotu.

Cycle de vie et espèces migratrices

Au-delà des migrateurs emblématiques comme le Saumon, il est possible de distinguer des poissons aux modes de migration différents. Les espèces réalisant une partie de leur cycle de vie en mer et une autre en rivière se divisent en deux sous-catégories : les espèces se reproduisant en mer et grandissant en rivière (Anguille, Flet,…) et, à l’inverse, les espèces se reproduisant en rivière et grandissant en mer (Saumon, Alose, Lamproie,…). Enfin, certaines espèces migrent uniquement en eau douce afin de rejoindre les zones nécessaires pour l’accomplissement de certaines phases de leur cycle biologique comme la reproduction (Brochet, Truite fario…).

Enjeux de la biodiversité : espèces autochtones et exotiques envahissantes

Une espèce naturellement présente sur un territoire donné est dite autochtone. Au contraire, une espèce introduite est dite allochtone. Exemples d’espèces autochtones en France : Loche Franche, Bouvière, Goujon, Vairon, Truite fario, Brochet. Exemples d’espèces allochtones en France : Gambusie, Sandre, Carassin, Amour blanc. Une espèce introduite est susceptible d’entrer en concurrence avec les espèces naturellement présentes. Cette concurrence peut être alimentaire ou encore spatiale. Dans le cas du Sandre, il y a eu acclimatation de l’espèce qui a trouvé un équilibre avec les autres espèces déjà présentes. Lorsque la concurrence devient trop forte et que l’espèce introduite menace les espèces présentes naturellement, elle est classée comme espèce exotique envahissante par le Code de l’Environnement. Il s’agit des espèces dont l’introduction par l’homme sur un territoire menace les milieux ou les espèces originelles avec des conséquences écologiques, économiques et sanitaires parfois lourdes. La liste des espèces de poissons et d'écrevisses susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques dans les eaux et dont l’introduction est interdite fait mention notamment du poisson-chat, de la perche soleil et de nombreuses espèces d'écrevisses. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd’hui considérées comme l’une des plus grandes menaces pour la biodiversité.

Sécurité nautique et signalisation sur le littoral

La gestion des espaces aquatiques implique également une signalétique rigoureuse pour garantir la sécurité. Les bouées jaunes, sur une partie du littoral, sont positionnées par les services maritimes à 300 m du rivage. Elles matérialisent toute navigation des bateaux à moteur à l’intérieur des espaces compris entre les lignes formées par les bouées et le rivage. Pour les bateaux, leur franchissement est passible de contraventions. Les chenaux traversiers, visibles sur les grandes plages où plusieurs activités nautiques sont pratiquées, doivent être respectés. Pour des raisons évidentes de sécurité, il est interdit de nager dans les chenaux dits traversiers, y compris de les traverser à la nage. Une bouée d’avertissement balise les zones où les navigateurs doivent être avertis de la présence de dangers comme des zones de tir, de régates, des bases d’hydravions, des ouvrages sous-marins, des zones où il n’existe aucun chenal sûr, des zones de séparation de trafic et des exploitations d’aquicultures. La bouée de mouillage (ancrage) balise le périmètre d’une zone de mouillage. Elle est blanche et porte un sigle distinctif sur deux côtés opposés : le contour d’un cercle orange situé entre deux bandes horizontales de même couleur, ou un losange orange à l’intérieur duquel se dessine une croix de même couleur. Si la plongée se fait à partir d’un bateau, celui-ci doit arborer le pavillon A (bleu et blanc) du code international des signaux qui signifie « J’ai un plongeur à l’eau; écartez-vous largement à basse vitesse». Le pavillon Alpha doit être hissé sur l’embarcation de plongée dès son ancrage ou lorsque les plongeurs sont mis à l’eau. Enfin, les bouées cardinales signalent l’emplacement du chenal le plus sécuritaire ou le plus profond par rapport aux points cardinaux.

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