Aurélie Lefèvre Vallet : Parcours d'une chercheuse et enseignante dédiée au corps en mouvement

Introduction à une trajectoire dédiée aux sciences du sport

Le parcours d’Aurélie Lefèvre Vallet se dessine à la croisée des chemins entre l’enseignement de terrain, la recherche académique en sciences sociales du sport et une réflexion profonde sur les enjeux de l’éducation physique et de la santé. Son itinéraire, marqué par une longue expérience en tant que professeure d’éducation physique et sportive (EPS) puis formatrice à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE), témoigne d’une volonté constante de relier la pratique pédagogique aux besoins de publics variés, qu'il s'agisse d'élèves en milieu scolaire ou de personnes engagées dans des dispositifs de sport-santé.

L’ancrage dans la formation et les sciences sociales du sport

Durant douze années, Aurélie Lefèvre Vallet a formé aux métiers de professeur des écoles, de professeur d’EPS et d’enseignant spécialisé au sein de l’IUFM, devenu par la suite l’INSPE à Strasbourg. Son engagement ne se limitait pas à la transmission théorique ; elle a également été investie dans la formation continue auprès des maîtres-formateurs et des directeurs, tout en assumant des responsabilités administratives et pédagogiques, notamment comme chargée de mission danse ou responsable de Master spécialisé.

Parallèlement à cette carrière d’enseignante-formatrice, elle a approfondi ses études en Sciences sociales du sport. Cette spécialisation a abouti à l’obtention d’un Master STAPS en Activités Physiques Adaptées et Santé (2011) et d’un doctorat soutenu en 2019, récompensé par les félicitations du jury. Cette thèse, intitulée « Obésité adolescente et expérience corporelle en EPS : entre agir et subir les contraintes normatives », a été dirigée par Gilles Vieille Marchiset avec Christelle Marsault. Elle propose une immersion ethnographique dans le vécu des adolescents obèses, utilisant l’anthropologie existentiale pour comprendre comment ces élèves naviguent entre les exigences de l’école et leur propre réalité corporelle.

Phénoménologie du corps et engagement dans l’activité physique

Le travail de recherche d’Aurélie Lefèvre Vallet repose sur une approche phénoménologique et microsociologique rigoureuse. Ses publications récentes, notamment dans des revues telles que Santé Publique ou CORPS, mettent en lumière la manière dont les bénéficiaires de programmes comme « Mulhouse Sport Santé » mobilisent des appuis corporels, relationnels, matériels et spatiaux pour maintenir leur engagement. L’étude démontre que la pratique ne dépend pas uniquement de l’intention individuelle, mais d’une pluralité de soutiens activés en situation.

Dans une recherche plus large sur le grand âge, menée lors des « olympiades des aînés » en EHPAD, elle explore la dynamique du « corps à soi » (vital), du « corps pour soi » (physiologique) et du « corps pour les autres » (corps montré), en s’appuyant sur les théories de Dagognet. Ces recherches illustrent une compréhension fine des émotions et des défis physiques vécus par les résidents, soulignant que l’activité physique, même à un âge avancé, demeure un vecteur essentiel d’expression et de socialisation.

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Le sport au prisme de l’inclusivité et de l’environnement

L’engagement scientifique d’Aurélie Lefèvre Vallet s’inscrit dans des projets d’envergure internationale. Elle participe activement au projet RESPIRE (2022-2025), financé par le Fonds National Suisse, qui vise à repenser les pratiques éducatives pour favoriser l’inclusivité. De même, son implication dans le projet européen Erasmus+ « QualiTePe » témoigne d’une volonté de standardiser et d’améliorer la qualité de l’éducation physique à travers l’Europe. L’adaptation du modèle « MAIN-TEACH » à la didactique de l’EPS, issue d’un consensus Delphi impliquant plus de 300 experts, confirme que, malgré des spécificités nationales, les enjeux de qualité dans l’enseignement du sport sont largement partagés.

La chercheuse s’intéresse également à la relation entre l’humain et la nature, notamment à travers le concept scandinave de Friluftsliv. Dans des études portant sur des expéditions hivernales d’étudiants internationaux, elle analyse comment le défi du milieu naturel transforme les perspectives anthropocentrées en visions plus écocentrées. Cette approche se retrouve dans son exploration du parapente comme « sport cosmique », où le corps, en dialogue permanent avec les forces invisibles de l’air et de la gravité, accède à une conscience écologique renouvelée.

Les défis de la réussite scolaire et l'accompagnement des élèves

La question de l'accrochage scolaire constitue un autre pilier de son travail. À travers le dispositif « Apprendre à Apprendre » (2023-2026), Aurélie Lefèvre Vallet accompagne les enseignants du secondaire pour prévenir le décrochage. Ses recherches montrent que le burnout scolaire médié par le besoin de compétence est un facteur déterminant dans la désaffection des élèves. Son analyse croisée, combinant psychologie cognitive et sociologie de l’engagement, offre des pistes concrètes pour aider les Conseillers Principaux d’Éducation (CPE) à mieux appréhender et prévenir ces risques, en insistant sur la satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux.

En matière de mixité en EPS, ses travaux révèlent des disparités persistantes : les filles, particulièrement dans les contextes urbains et favorisés, sont plus souvent en retrait face aux activités de performance ou d’opposition. En utilisant une méthodologie mixte - mêlant accélérométrie et entretiens de groupe - elle met en évidence que ce n'est pas seulement le manque d'aptitude qui limite la participation féminine, mais un ressenti de malaise social face au jugement, notamment celui des pairs masculins.

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