L'Utilisation du Leash en Planche à Voile : Sécurité, Controverses et Pratiques Émergentes

La planche à voile, sport de glisse par excellence, suscite depuis longtemps des débats passionnés au sein de sa communauté, notamment en ce qui concerne l'intégration de dispositifs de sécurité tels que le leash et d'autres lignes d'attache. Alors que d'autres disciplines nautiques comme le surf, le stand-up paddle (SUP), le kitefoil ou le wingfoil ont largement adopté le leash comme équipement de sécurité indispensable, son usage en planche à voile reste un sujet de controverse, confrontant les impératifs de sécurité aux spécificités techniques et aux risques perçus. Cet article explore les différentes facettes de cette problématique, des expériences personnelles aux recommandations professionnelles, en passant par les évolutions techniques et les stratégies de survie en mer.

Le Leash en Planche à Voile : Un Équilibre Délicat entre Sécurité et Contraintes

L'idée d'attacher sa planche à voile via un leash, à l'instar des surfeurs, émerge souvent d'une volonté première de sécurité. L'optique, c'est la sécurité, car en cas de grosses galères, la planche est un bon moyen de survie. Cependant, cette pratique est loin de faire l'unanimité et est souvent considérée comme trop dangereuse et incompatible avec toutes les manœuvres où le rider passe par-devant du pied de mât. L'argument principal en faveur du leash réside dans la prévention de la perte irrémédiable de la planche, un scénario qui peut rapidement devenir critique. Par exemple, il m'est arrivé au moins 4 ou 5 fois, dont une fois par plus de 40 nœuds de vent, de m'épuiser à nager tant que l'on espère rattraper le gréement. Ensuite, on est tellement vidé qu'il faut un bon moment de récupération avant de repartir naviguer, et ce, quand le bonhomme, la planche et le gréement restent intacts.

La force du vent, surtout si elle dépasse les 40 nœuds, ou l'amplitude des vagues, même des vagues de 1m, peuvent rapidement entraîner la planche de plus en plus loin si elle se met mal, c'est-à-dire si elle ne se retourne pas. Dans ces conditions, la planche, tout comme le sac à dos avec de l'eau, à manger, une fusée, un sifflet, du bout et même des dirhams si on dérive de l'autre côté, devient un élément crucial de survie. La simple pensée de voir la board prendre la direction de Tanger, assez rapidement, suite à une casse de leash au large par Tramontane, suffit à justifier la quête de solutions pour éviter une telle situation.

Pourtant, les réticences face au leash en planche à voile sont nombreuses et fondées sur des expériences concrètes et des analyses des risques. Un leash en planche à voile est dangereux, et encore plus en windsurf waterstart. Les manœuvres devant le pied de mât sont, selon certains, "not possible" avec un leash attaché. Sur un front loop, une figure que peu de pratiquants maîtrisent parfaitement, le risque de se prendre le leash dans la figure est bien réel, surtout pour ceux qui passent à la lessiveuse. Pire encore, attacher le leash sur le pied de mât est considéré comme malheureux, car cela pourrait sectionner un tendon, aggravant considérablement une situation déjà délicate. Un ancien membre du forum, dont le nom est oublié, a dérivé durant 4 heures en 2007 après avoir cassé le ridicule petit carré de laiton qui retient le pied de mât, illustrant la gravité d'une perte de matériel en mer.

L'effet fronde du leash est également une préoccupation majeure. Se reprendre le matos dessus avec l'effet fronde du leash, comme dit David, ça existe en surf et en sup. Personnellement, cela m'est arrivé deux fois en 28 ans, avec un single shortboard en 1989 à Lacanau et la dernière fois en juin à Biscarosse, au point de me demander si je ne devrais pas porter mon casque de windsurf. Je venais de me prendre ma Bic 7'9" en thruster au même endroit qu'en 89. Un peu sonné mais pas au point de penser à surfer sans leash. Cette observation met en lumière un risque de blessure que l'on retrouve aussi en planche à voile, où la vitesse et la taille du matériel peuvent amplifier les conséquences d'un retour de planche. Le casque était rare il y a 10 ans et maintenant une majorité en porte, ce qui témoigne d'une évolution des mentalités envers la sécurité, évolution qui pourrait, à terme, toucher aussi l'acceptation du leash.

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Expériences Personnelles et Alternatives Testées

Face à ces enjeux, des planchistes avancés et des pratiquants de divers niveaux ont testé différentes approches pour sécuriser leur planche. Un planchiste a expérimenté un leash de surf d'environ 10 pieds, avec attache velcro au strap arrière et soit à la cheville gauche, soit à la cheville droite. Le but, pour un nageur pas rapide que je suis, était de ne pas voir sa planche s'éloigner irrémédiablement à cause de la force du vent ou des vagues. Ce premier test a été réalisé sur un plan d'eau "safe" - plat et le vent n'était pas si fort, entre 15 et 30 nœuds, avec une 4,2 et un quad 74l pour 72kg. Malgré l'irrégularité du vent, qui a souvent occasionné un manque de volume et des chutes, l'utilisateur a pu effectuer des waterstarts sans nager.

Lors des beach-starts ou water-starts, avec le leash au pied arrière ou au pied avant, aucun problème n'a été rencontré pour faire tourner la planche et l'orienter. Comme en surf, parfois le leash se sent du mauvais côté ; il suffit de lever la jambe et il passe de l'autre côté. Une petite traction sur le câble a même permis de ramener l'arrière de la planche dans l'axe. Cependant, les manœuvres devant le pied de mât se sont avérées "not possible", et l'expérience a aussi provoqué un "réchauffage de mains". Pour ce premier test, l'expérimentateur s'est dit plutôt confiant et satisfait, et était désireux d'avoir des retours d'autres systèmes essayés. Le lendemain, lors d'un deuxième test à La Palme, une éjection en jibe au changement de pied a montré l'efficacité du système : la planche est partie toute seule à 2m et s'est arrêtée. Ces expériences suggèrent que si l'on ne fait pas beaucoup de sauts et que l'on ne fait que du jibe, alors le leash peut passer, mais l'usage le dira.

Certains pratiquants privilégient la liberté et ont abandonné le leash. Depuis 1 mois et 25 sessions, un rider ne met pas de leash. Son leash avait cassé sur une chute à plus de 20 nœuds. Il trouve l'expérience super agréable, bien moins stressante dans ses sauts, car quand il veut éjecter la planche, elle part vraiment. Il s'aperçoit même qu'il va plus vite qu'en kitefoil il y a 4-5 ans, à 20-25 nœuds, et saute presque aussi haut, sans jamais avoir mis de leash en kitefoil. Sur lac, il n'en met jamais, le trouvant plus agréable dans les sauts et les changements de pied.

Pour ceux qui choisissent de naviguer sans leash, des techniques de récupération alternatives sont essentielles. Savoir se positionner avec son matériel pour revenir en ramant sur sa planche avec la voile est une compétence précieuse. La nage tractée, qui consiste à se faire tirer par la voile avec le bord d'attaque dans l'eau, est une autre méthode efficace. En avril dernier, un pratiquant s'est payé une traversée de l'étang de Thau en nage tractée à la poursuite de son flotteur suite à la casse de son leash, par 35 nœuds de tramontane. Il n'a jamais réussi à la rattraper car il n'est pas très dynamique et pas très technique (niveau intermédiaire). Un autre s'est fait un downwind en nage tractée (bord d'attaque dans l'eau) derrière sa board dans 40-45 nœuds à l'Almanarre, suite à un dénouage de leash. Cela a bien marché et lui a sauvé sa session, sa board et pas mal d'énergie. Mais ne faisant pas de sauts, il préfère son leash, mollet arrière sur son bon stance. Ces témoignages soulignent que la nage tractée, bien que potentiellement salvatrice, n'est pas toujours suffisante ou facile à maîtriser pour tous les niveaux et dans toutes les conditions.

D'autres solutions incluent l'utilisation de palmes de bodyboard, attachées à la ceinture. Un utilisateur a vu Bruno André naviguer avec ça dans le gros temps. Il se demande cependant si c'est toujours efficace quand il y a des algues. En SUP de race, ils utilisent un leash "téléphone" attaché à la taille pour éviter l'effet de traîne. En SUP balade, certains accrochent aussi leur leash à leur ceinture, mais pas en surf.

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L'Exemple du Wingfoil : Une Leçon d'Adaptation et de Sécurité

Le wingfoil, discipline plus récente, offre un contre-exemple frappant à la réticence historique du windsurf envers le leash. En wingfoil, le leash est un équipement de sécurité indispensable, pourtant souvent négligé par les pratiquants. Le leash de wingfoil est un accessoire de sécurité obligatoire, pour l'aile comme pour la planche. Leash ceinture, cheville, poignet, spiral ou Dyneema : chaque modèle répond à un usage précis. Une planche de wingfoil avec un foil qui dérive seule représente un danger pour les autres pratiquants.

Le leash de planche relie le rider à son board pour éviter de la perdre en cas de chute. C'est un accessoire particulièrement utile en mer, lorsque le courant ou le vent peuvent emporter la planche loin de vous en quelques secondes. Le leash de planche permet de récupérer instantanément la planche après une chute, de reprendre plus vite votre session et surtout d'assurer votre sécurité. Cependant, le leash de planche présente un risque d'enchevêtrement : il peut se coincer sous l'eau ou s'emmêler avec l'aile lors des figures. La tension du leash lors d'une chute peut aussi ramener la planche et son foil vers vous à grande vitesse - un danger réel si vous n'êtes pas attentif.

Différents types de leashes sont disponibles, chacun avec ses avantages et inconvénients. Le leash ceinture se fixe à la taille via un belt dédié. Il offre une excellente liberté de mouvement et limite considérablement les risques d'enchevêtrement avec le foil ou les jambes. C'est le modèle le plus utilisé par les pratiquants réguliers, idéal pour le freeride et les longues sessions. Ce modèle ajoute un système de décrochage rapide (quick release) qui permet de se libérer instantanément de la planche en cas de danger. Il est indispensable en conditions fortes, dans le courant ou pour les riders qui naviguent seuls. En tirant sur la poignée, le leash se détache en une fraction de seconde.

Inspiré du surf, le leash cheville s'attache au niveau de la cheville ou du mollet. C'est le modèle le plus simple d'utilisation, mais il présente un inconvénient majeur en wingfoil : le leash peut s'enrouler autour du mât de foil lors des chutes, ce qui crée un risque de blessure.

Le leash d'aile, quant à lui, relie la wing au pratiquant, généralement au niveau du poignet. C'est un équipement de sécurité obligatoire : sans leash, une aile lâchée dans le vent devient un projectile incontrôlable qui peut blesser d'autres riders, nageurs ou promeneurs sur la plage. Un leash d'aile bien choisi est léger, discret et ne gêne pas la navigation. Lors des longues sessions, le leash de poignet peut devenir légèrement gênant, surtout si le bracelet est rigide ou mal ajusté.

Lire aussi: Leash de bodyboard : Installation étape par étape

Le choix entre un leash spiral et un leash Dyneema influence directement le confort et la praticité. Le leash spiral est enroulé comme un ressort. Ce design réduit la traînée dans l'eau et limite les risques d'enchevêtrement. Il est plus durable que le Dyneema et se rétracte naturellement quand il n'est pas sous tension. Le leash en Dyneema est ultra-léger et se fait complètement oublier en navigation, ce qui en fait le favori des riders qui enchaînent les transitions et les figures. En revanche, il est parfois un peu plus fragile sur le long terme et peut traîner dans l'eau s'il n'est pas assez court.

La longueur du leash impacte directement le confort et la sécurité. Un leash court (moins de 1 m) est idéal pour le freestyle et les manœuvres rapides, car la planche reste proche. Pour le freeride et le freestyle en wingfoil, un leash court (moins de 1 m) garde la planche proche, tandis que pour le downwind, un leash de 1,5 à 2,5 m offre plus de liberté.

Une recommandation cruciale est de n'utiliser jamais un leash de surf pour le wingfoil. C'est non, c'est déconseillé. Les leashes de surf ne sont pas conçus pour les contraintes du foil (vitesse, angle de chute, mât). Ils peuvent s'accrocher au foil et créer des situations dangereuses. Les leashes de wingfoil sont disponibles dans une fourchette de prix de 19,99 € à 81 € selon les modèles.

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