L'univers de la course au large est un théâtre d'aventures humaines et technologiques où la détermination et la préparation sont reines. Parmi les figures marquantes de ce milieu exigeant, Benoît Hochard se distingue par son parcours singulier, alliant une soif inextinguible de compétition à un sens aigu du collectif et un enracinement profond dans son territoire. Son histoire est celle d'un navigateur passionné qui, armé de ses expériences et d'un soutien indéfectible, a su construire un projet de course ambitieux, pierre après pierre, avec le Vendée Globe en ligne de mire.
Un Enracinement Profond au Cœur du Golfe du Morbihan
Benoît Hochard est avant tout un marin profondément lié à sa terre d'origine, le Morbihan. Adhérent du Yacht-club du Crouesty Arzon, il est un marin arzonnais dont les attaches familiales, par sa mère, le lient indissociablement à cette presqu'île. Cette connexion locale est un pilier fondamental de son projet de course au large, lui conférant un ancrage fort notamment sur le Pays de Vannes et la presqu'île de Rhuys. Ce rayonnement, bien que national, conserve une identité morbihannaise marquée. Tous les Arzonnais manifestent un soutien vibrant et soutiennent avec fierté Benoît Hochard, considérant son engagement comme une représentation de leur territoire sur la scène nautique.
L'année 2019 a marqué une étape significative dans son parcours avec un événement symbolique fort pour la communauté locale. En effet, Benoît Hochard a eu l'honneur de baptiser son bateau, un Figaro Bénéteau 3, au port du Crouesty à Arzon, le samedi 2 mars. Ce baptême n'était pas anodin : il s'agissait du premier bateau de course au large à être basé au Crouesty, une véritable fierté pour les habitants et les passionnés de voile de la région. Le Figaro Bénéteau 3, avec son équipement doté de foils, représente une nouvelle génération de voiliers, combinant performance et innovation. Pour cet événement mémorable, le skipper a eu pour parrain l'aventurier Matthieu Tordeur, connu pour être le premier Français et le plus jeune au monde à avoir atteint le Pôle Sud en solitaire, une figure inspirante qui incarnait parfaitement l'esprit d'aventure et de dépassement associé au projet de Benoît Hochard. Cet événement a consolidé les liens entre le skipper et son territoire, renforçant l'idée que son aventure était aussi celle de toute une communauté.
Une Carrière Forgée sur l'Eau et au-delà des Mers Glacées
Le parcours de Benoît Hochard n'est pas uniquement celui d'un compétiteur sur les circuits de course côtière ou transatlantique. Il est le fruit d'années d'expériences variées qui ont façonné ses compétences et son réseau. Dès ses jeunes années, les courses en solitaire ont été le creuset de son apprentissage, lui permettant d'acquérir une maîtrise technique et une résilience mentale essentielles. Mais son horizon s'est étendu bien au-delà des parcours balisés, jusqu'aux confins des mers australes. C'est en effet au cours d'expéditions en Antarctique à la voile qu'il a approfondi sa connaissance du milieu marin et, de manière cruciale, qu'il a noué des réseaux professionnels précieux. Ces rencontres ont transcendé le simple cadre professionnel, certains de ces contacts devenant par la suite des sponsors essentiels et même des proches, témoignant de la qualité des liens tissés au fil des aventures.
Naturellement, Benoît Hochard se déclare plus à l'aise sur l'eau que sur le terrain de l'entreprise, une affirmation qui souligne sa vocation intrinsèque pour la navigation. Cependant, ses projets de course en solitaire sont loin d'être un simple défi sportif ; ils sont une source constante d'enrichissement du point de vue personnel et professionnel. L'intense recherche de sponsors, couplée à des entraînements rigoureux, demande un investissement considérable de sa part et de celle de son équipe. Au fil des années, il a acquis une expérience précieuse, notamment en gestion de gros bateaux de course, développant une expertise en matière de vitesse et de réactivité, des qualités indispensables pour naviguer au plus haut niveau. Sa capacité à bien analyser les parcours, souvent en collaboration avec un météorologue pour étudier les différents scénarios, révèle une approche méthodique et stratégique de la course. C'est cette combinaison d'expérience pratique et d'analyse fine qui le rend concentré et motivé face aux défis qui se présentent.
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Les Grandes Étapes de son Parcours de Compétiteur
La carrière de Benoît Hochard est jalonnée de participations à des courses emblématiques, chacune représentant une étape clé dans sa quête d'excellence et son aspiration à des défis toujours plus grands.
La Transat Jacques-Vabre : Une Rampe de Lancement pour l'Ambition
Parmi les expériences formatrices ayant jalonné son parcours, la Transat Jacques-Vabre a occupé une place prépondérante. Le 5 novembre 2017, Benoît Hochard, alors âgé de 31 ans, a pris le départ de cette prestigieuse transatlantique en duo, naviguant sur « Eärendil » aux côtés de Catherine Pourre. Leur collaboration en mer s'était établie depuis un an avant cette course, permettant au skipper d'accumuler une expérience significative. Comme il l'expliquait, "Le chemin parcouru m'a beaucoup appris." Cette période a été particulièrement enrichissante, lui permettant d'acquérir encore plus d'expériences, notamment en gestion de gros bateaux de courses, en vitesse et en réactivité, des compétences capitales pour la suite de sa carrière.
La Transat Jacques-Vabre n'était pas seulement une course en soi, mais elle représentait une étape supplémentaire et cruciale vers le Vendée Globe, le rêve ultime du marin. L'idée de Benoît Hochard à l'époque était d'avoir son propre bateau dès le début de l'année suivante et de s'entraîner intensément pour cette course autour du monde en solitaire. Avant cela, la préparation pour la Jacques-Vabre était menée avec une grande confiance dans la gestion du bateau. L'équipage l'avait poussé de plus en plus et l'exploitait à fond, témoignant d'une maîtrise technique et d'une audace nécessaires pour la compétition à ce niveau. Cette transatlantique est restée une expérience pivot, renforçant sa détermination et ses aptitudes pour les défis futurs.
La 50e Solitaire du Figaro : L'Épreuve Monotype par Excellence
L'année 2019 a été marquée par un engagement majeur pour Benoît Hochard : sa participation à la 50e édition de la Solitaire du Figaro. Cette course emblématique représente un jalon essentiel dans le parcours de tout coureur au large français. Le départ de la première étape s'est tenu le dimanche 2 juin 2019, sous le pont de Saint-Nazaire, à 16h30. Pour Benoît Hochard, qui naviguait alors sur un Figaro Bénéteau 3, cette édition fut l'occasion de confronter ses compétences à celles d'une élite de navigateurs. La semaine précédant le départ fut chargée pour tous les skippers : contrôles de jauge rigoureux, présentations de chaque compétiteur au public, et rencontres inspirantes avec des scolaires. La ville de Nantes avait pour la première fois accueilli les bateaux de cette épreuve, transformant les quais de la Fosse en un village spécialement monté pour l'événement, créant une ambiance festive et populaire autour de la voile.
La Solitaire Urgo Le Figaro est une course monotype, ce qui signifie que tous les navigateurs concourent sur des bateaux identiques, les Figaro Bénéteau 3. Cette caractéristique fondamentale garantit une régate à armes égales, où la performance du marin fait toute la différence. C'est une épreuve sans assistance, au temps, qui se dispute sur quatre étapes le long des côtes françaises, couvrant une distance totale de 1 500 à 2 000 milles nautiques sur une période de 10 à 13 jours. Pour sa 50e édition, le Figaro Bénéteau 3 a introduit une innovation majeure : il s'est doté de foils, ces appendices qui permettent au bateau de "voler" partiellement hors de l'eau, promettant un spectacle accru dès le départ et une navigation plus rapide et plus dynamique.
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La préparation de Benoît Hochard pour cette épreuve fut méticuleuse. Il avait étudié l'épreuve avec une grande attention, analysant les différentes étapes et les stratégies possibles. Sa confiance en ses capacités était palpable : "J'ai arrêté d'être angoissé", rassurait-il, signe d'une préparation psychologique solide. Avant même le départ officiel sous le pont de Saint-Nazaire, une parade avait été organisée, les voiliers remontant la Loire en convoi après avoir parader en baie de La Baule, créant des images mémorables pour le public. Benoît Hochard lui-même était parti tôt le lundi matin, à 4h, pour passer sous le pont de Saint-Nazaire à 8h30 et entrer dans l'estuaire de la Loire à marée montante, aux alentours de midi, un timing précis dicté par les éléments.
La stratégie est un élément capital dans cette course, car "on peut tout perdre ou tout gagner sur des coups tactiques, puisque le temps est cumulé sur les quatre étapes", comme le soulignait le navigateur. Cette incertitude rend la course passionnante et imprévisible. Dans cette aventure exigeante, Benoît Hochard n'était pas seul. Son épouse, Marine, jouait un rôle essentiel à terre : "Je veille à ce qu'il mange bien. J'ai préparé la pharmacie et je m'occupe de l'intendance, dès son arrivée aux escales, pour le soulager", précisait-elle, ajoutant qu'il pouvait déguster quelques cakes aux fruits dans les moments difficiles en mer. Le skipper avait également prévu des plats appertisés en sachet, faciles à réchauffer au bain-marie et à consommer directement, optimisant ainsi son temps et son énergie. Son préparateur, Pierre, le suivait avec un camion, prêt à intervenir pour les éventuels ajustements techniques nécessaires sur le bateau entre les étapes. Ce soutien logistique et personnel est vital pour la performance du marin.
Une Vision à Long Terme : Au-delà de l'Horizon de la Compétition Immédiate
L'ambition de Benoît Hochard s'inscrit dans un programme de course au large planifié sur plusieurs années, bien au-delà de chaque course isolée. L'engagement pour la Solitaire du Figaro n'était pas un coup d'essai, mais une étape dans une stratégie plus vaste. Ainsi, l'équipe s'était déjà engagée dans la Solitaire du Figaro 2020, preuve d'une continuité et d'une volonté de s'inscrire durablement sur ce circuit. Au-delà, si les fonds nécessaires avaient pu être réunis, l'objectif était également de participer à la Transat AG2R en 2020. Ces engagements successifs visent à faire vibrer les sponsors et leurs salariés sur de nombreuses courses sur les années à venir, espérant que toutes ces émotions les convaincront de poursuivre cette aventure unique ensemble. Cette approche pluriannuelle témoigne d'une vision stratégique du sport de haut niveau, où chaque compétition sert de tremplin et de démonstration de la valeur du projet.
Le Cœur du Projet : Structuration, Équipe et Partenariats Essentiels
Derrière chaque marin de course au large, il y a un projet structuré et une équipe dévouée. Celui de Benoît Hochard ne fait pas exception, s'appuyant sur une dynamique collective et une gestion rigoureuse pour concrétiser ses ambitions. Le projet a été lancé quelques mois seulement avant son engagement dans la Solitaire du Figaro 2019, démontrant une réactivité et une efficacité remarquables dans sa mise en œuvre. Cette initiative a rapidement attiré l'attention, et de plus en plus de sponsors n'ont pas hésité à s'engager humainement, sportivement et financièrement aux côtés de l'équipe.
Le budget global nécessaire pour une année de compétition s'élève à 150 000 €, une somme conséquente qui témoigne de l'exigence financière de la course au large. Cependant, Benoît Hochard et son équipe n'ont pas attendu, en janvier, d'avoir réuni l'intégralité des fonds pour se jeter à l'eau, une preuve de leur audace et de leur détermination. Ils ont naturellement rassemblé, au sein de la Team Benoît Hochard, un réseau solide composé d'entrepreneurs du Golfe du Morbihan et au-delà, ainsi que des membres de ses entourages personnel et professionnel. Ce bel élan de soutien a été déterminant, permettant de réunir un tiers du budget en quelques semaines seulement. Cette mobilisation rapide a été cruciale non seulement pour la création de la SAS Gagner le large, la structure juridique du projet, mais aussi pour financer l'achat du bateau, le Figaro Bénéteau 3.
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Depuis cette impulsion initiale, le projet a été rejoint par des entreprises et des collectivités diverses. On compte parmi elles Proludic, basée en Indre-et-Loire, Coste Bois de Dordogne, Bak2Bazik, une entreprise parisienne, et la Golfe du Morbihan Vannes Agglomération. Ces partenaires bénéficient d'une visibilité et d'une notoriété stratégiques, amplifiées par l'engagement du skipper sur des courses populaires à fort retentissement médiatique. Le projet propose d'ailleurs différents niveaux de partenariat financier, avec trois niveaux de tickets distincts : 15 000, 75 000 et 150 000 euros, ce dernier permettant d'obtenir le naming du bateau, offrant ainsi une exposition maximale.
Au-delà de l'aspect financier, la recherche de sponsors et les entraînements intenses sont gérés avec le soutien d'une équipe solide. Le skipper insiste sur le fait qu'il est "bien entouré", soulignant l'investissement important de son équipe pour mener à bien l'ensemble du projet. Cette recherche de partenariats est également facilitée par les réseaux professionnels que Benoît Hochard a noués au fil de ses années de courses en solitaire et lors de ses expéditions en Antarctique à la voile. Certains de ces contacts sont devenus non seulement des sponsors, mais aussi des proches, témoignant de la force des relations humaines au cœur de cette aventure.
La communication joue également un rôle clé dans la valorisation du projet et de ses partenaires. C'est pourquoi l'équipe travaille étroitement avec Élodie Bannier-Mouate, de l'agence morbihannaise Homard Bleu, sur la communication et les retombées médiatiques du projet. Cette expertise externe permet d'assurer une visibilité optimale et de relayer l'aventure de Benoît Hochard auprès d'un public large, renforçant ainsi la valeur ajoutée pour les entreprises et collectivités engagées.