La question de la sécurité en mer dépasse largement le cadre des simples équipements individuels ; elle s'inscrit dans une dynamique globale où la technologie de surveillance et la sensibilisation humaine se rejoignent. Si les défis posés par les comportements numériques sur le web et les exigences de sécurité sur le littoral semblent éloignés, ils partagent une problématique commune : l'optimisation des ressources face à des risques croissants et la nécessité d'une vigilance constante.
La prévention sur le littoral : L'exemple du Finistère
Jeudi 15 août, la préfecture maritime de l’Atlantique a organisé une « opération sécurité mer » dans tous les départements de la façade atlantique. Ici, pas de répression, mais de l’information et de la sensibilisation sur la sécurité en mer et les comportements à adopter. « Affaires maritimes. Contrôle de sécurité ! » Debout sur un canot pneumatique, Frédéric Le Meil, chef de l’unité littorale de Brest, fait signe à l’embarcation de s’arrêter. Chacun s’exécute de bonnes grâces. Cette initiative met en lumière le décalage parfois persistant entre la possession d'un équipement et son utilisation effective. « C’est bien d’avoir le gilet de sauvetage, mais pourquoi vous ne vous le mettez pas ? », questionne Frédéric Le Meil.
L'enjeu n'est pas seulement d'avoir l'équipement à bord, mais de s'assurer qu'il répond aux normes en vigueur. « Malheureusement, cela fait des années que votre gilet de sauvetage n’est plus aux normes », constate Frédéric Le Meil, en tenant l’un d’eux en pain de mousse. « Vous n’en avez pas d’autre ? Alors vous allez devoir rentrer au port. Je ne verbalise pas, mais je vous laisse ma carte. » Cette approche pédagogique vise à ancrer des réflexes vitaux chez les marins professionnels comme chez les plaisanciers.
L'efficacité prouvée du gilet de sauvetage
Le naufrage du Ker-Avel illustre de manière tragique, mais exemplaire, l'importance cruciale de ces dispositifs. Au retour du sauvetage des marins du Ker-Avel, François Léa s'entretient avec Patrick Cabioch, patron du Garlizenn, qui a secouru les deux marins, victimes du naufrage. On peut estimer que les deux marins du Ker-Avel doivent leur vie sauve en partie au port du gilet de sauvetage.
Interrogé sur la validation de ce travail de sensibilisation mené depuis plusieurs années, les autorités confirment : « Oui, le premier marin s'est retrouvé à l'eau tout de suite et le port de son gilet lui a permis de rester à la surface, en sécurité. Le patron, José Le Gall a, lui, dû s'extraire de sa cabine où il est resté piégé quelques minutes. On peut même considérer que ce gilet, plus souple qu'une brassière auto-gonflante, a évité le pire. Il a dû fournir un effort violent pour se propulser hors du bateau, ce gilet était vraiment adapté. »
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Évolutions techniques et acceptation des VFI
Une critique récurrente concerne le confort des VFI (vêtement à flottabilité intégrée) lors des manipulations complexes à bord. Certains reprochent à ces VFI de ne pas être faciles à porter pour toutes les tâches et manœuvres sur le bateau. Cependant, la réponse est sans équivoque : « Oui, beaucoup disent que ce n'est pas pratique, mais lors de nos opérations de sécurité nous démontrons qu'ils sont appropriés. Ils sont de moins en moins encombrants et de mieux en mieux adaptés aux manœuvres. Ils n'empêchent pas les gestes techniques. Et leur efficacité est démontrée. »
La comparaison avec d'autres dispositifs de sécurité est pertinente : « Même si, à eux seuls, ils n'empêchent pas les drames, ils permettent aux marins tombés à l'eau de pouvoir attendre les secours plus sereinement, sans dépenser trop de calories. Ils agissent comme une ceinture de sécurité. Elle n'évite pas la mort dans tous les cas, mais elle évite beaucoup de drames. »
Éveil des consciences et dynamique de groupe
La transformation des mentalités dans le monde de la mer ne s'est pas faite sans heurt. Les formations de sécurité organisées et les nombreux drames de la mer qu'a connus la Bretagne ces dernières années ont dû éveiller les consciences. « Oui, hélas, les accidents font prendre violemment conscience au monde de la mer que ses métiers sont dangereux. Le port du gilet et du matériel de sécurité entrent dans les mœurs depuis quelques années. Les patrons sont responsables de leur équipe et la plupart exigent qu'ils portent ces gilets ou brassières lors des manœuvres les plus dangereuses. »
Le facteur humain joue un rôle clé : « Le bouche à oreille permet aussi de convaincre les plus réticents. Les plus anciens qui répondaient "on ne tombe jamais à l'eau de toute façon", prennent conscience du danger. Nous essayons aussi de sensibiliser les plaisanciers, qui n'ont aucune obligation. Les plaisanciers qui ont obtenu leur permis à Roscoff ont, par exemple, tous signé une charte de sécurité. Ils sont 1 500 à avoir signé pour l'instant. Et on voit de plus en plus souvent des plaisanciers prendre la mer avec leur gilet. »
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