Dans l'exploration des mondes qui nous entourent, qu'il s'agisse de capturer des moments visuels à travers un objectif ou de sonder les mystères de notre planète, la notion de perspective est fondamentale. Cet article propose d'explorer deux facettes distinctes, mais toutes deux liées à la manière dont nous percevons et interagissons avec le monde : les techniques de prise de vue en plongée et contre-plongée, qui façonnent notre perception visuelle, et l'expédition scientifique menée par le navire Joides Resolution, qui plonge littéralement dans les profondeurs océanographiques pour révéler les secrets de l'histoire terrestre.
Les Techniques de Prise de Vue en Plongée et Contre-Plongée : Maîtriser la Perspective et le Message Visuel
Les techniques de la plongée et de la contre-plongée représentent des variations fondamentales des axes de prises de vue. Ces approches sont utilisées avec une égale importance et efficacité, que ce soit dans l’univers du cinéma pour la narration visuelle ou dans le vaste domaine de la photographie pour composer des images saisissantes. Elles sont conçues pour aider à varier les cadrages en photographie, tout en leur apportant une certaine dynamique, laquelle est déterminée en fonction du résultat souhaité par l'artiste ou le technicien. Il est à noter que, bien qu’ils soient tous les deux faciles et rapides à réaliser dans leur application de base, ces angles de prises de vue spécifiques nécessitent néanmoins une petite réflexion stratégique en amont afin d'optimiser leur impact.
Chaque photographe, qu’il soit un professionnel aguerri, un amateur passionné ou un expert éclairé, comprend et sait à quel point la variation des angles de prises de vue constitue un élément d'une importance capitale dans la pratique de la photographie. Changer délibérément l’angle de prise de vue permet non seulement de progresser de manière significative dans sa pratique artistique et technique, mais également de faire évoluer son œil photographique, affûtant ainsi sa capacité à voir le monde différemment. De surcroît, cette modification d'angle participe activement à la construction du message précis que l’on souhaite transmettre à travers l'image finale.
La prise de vue en plongée ou en contre-plongée se distingue fondamentalement du classique angle horizontal. Dans ce dernier cas, le photographe positionne son appareil photo directement face au sujet, à une même hauteur, créant ainsi une perspective frontale et neutre. C’est précisément en faisant varier la hauteur de l’angle de la prise de vue que le photographe est capable de réaliser une photographie distinctive, soit en plongée, soit en contre-plongée, modifiant ainsi radicalement la perception de l'objet ou de la scène photographiée.
La Prise de Vue en Plongée : Réduire, Aplatir et Affiner les Perspectives
L’angle en plongée consiste de manière spécifique à placer l’appareil photo nettement au-dessus du sujet à immortaliser. Dans cette configuration, le photographe est physiquement placé au-dessus du sujet, ce qui a pour effet de lui donner l’impression d’être plus petit. De plus, cette technique a pour caractéristique visuelle d'écraser les perspectives, compressant ainsi l'espace et les distances perçues. La photographie en plongée implique donc de capturer un sujet en orientant délibérément la prise de vue du haut vers le bas. Cet angle de prise de vue particulier confère une impression de sujet plus petit que le photographe lui-même ; le sujet se retrouve littéralement « écrasé » par la dominance visuelle de l'angle.
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La variation précise de la hauteur et de l’inclinaison de l’appareil photo est une décision qui dépendra intrinsèquement du type de sujet photographié et de l'intention artistique. Par exemple, pour la photographie de paysages vastes ou pour la photographie de rue, où l'effet recherché peut varier considérablement, un angle de prise de vue très en hauteur ne provoquera généralement pas de choc visuel ou de sensation d'anomalie. Bien évidemment, tout dépend à chaque fois de l’effet recherché, ce qui souligne l'importance de la réflexion préalable.
En photographie de portrait, cet angle de prise de vue spécifique peut être employé pour affiner délicatement les traits du visage du sujet, à condition qu'il soit utilisé avec parcimonie et discernement. Au-delà de l'aspect esthétique, il apporte également une certaine fragilité perçue au sujet, ce qui le rendra potentiellement plus touchant et plus « proche » de la personne qui observe la photographie. Il est crucial de veiller à bien « doser » avec précision la hauteur et l’inclinaison de l’appareil photo afin de valoriser au mieux votre sujet, évitant ainsi des effets indésirables. En effet, une utilisation excessive ou mal maîtrisée de la prise de vue en plongée pourrait non seulement déséquilibrer l'ensemble de la photo, mais aussi donner au lecteur de l'image une sensation d’oppression ou d'écrasement du sujet. C'est pourquoi, par exemple, on évite généralement de photographier son enfant en plongée, afin de ne pas accentuer une perception de faiblesse ou d'écrasement.
La Prise de Vue en Contre-Plongée : Amplifier la Grandeur et la Dominance
Contrairement à la technique de la plongée, la contre-plongée consiste à prendre une photo en orientant la vue du bas vers le haut. Dans cette configuration, le sujet se trouve donc visuellement en hauteur par rapport à l’appareil photo, instaurant une dynamique différente. Cette fois-ci, c’est le sujet lui-même qui domine littéralement la scène, occupant une position de supériorité visuelle. Ce type de prise de vue confère de ce fait une impression immédiate de grandeur et une importance significative au sujet représenté.
Bien que la contre-plongée puisse paraître facile à réaliser, la photographie en contre-plongée doit être abordée et réalisée avec une certaine précaution pour en maîtriser les effets. Il est impératif d'avoir en tête que, par cet angle, le sujet se retrouvera au cœur même de la scène, sans que de multiples éléments périphériques ne puissent servir de « distraction ». Ce type de prise de vue est souvent considéré comme plutôt original et, de ce fait, bien souvent peu utilisé dans la pratique courante, sauf lorsqu'il s'agit de sujets qui ont naturellement tendance à nous dépasser par leur taille ou leur majesté.
La principale difficulté inhérente à cette prise de vue réside dans le risque d'une accentuation trop forte de la perspective, souvent accompagnée de déformations optiques si l'angle n'est pas géré avec habileté. Cependant, cet angle de prise de vue s'avère idéal et particulièrement efficace pour les vastes paysages ou les photographies de monuments imposants. Cela permet, en effet, de leur apporter un sentiment accru de grandeur, de les valoriser et, plus important encore, de les rendre incontestablement les sujets principaux du cliché. C’est également un angle parfait pour photographier la nature dans sa splendeur, comme des champs de fleurs s'étendant à l'infini ou encore des forêts de sapins majestueux, amplifiant ainsi leur dimension et leur présence.
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Matériel et Expérimentation pour des Prises de Vue Innovantes
En ce qui concerne l'équipement, tout appareil photo classique, qu'il s'agisse d'un reflex numérique, d'un hybride ou même d'un smartphone, permet de réaliser avec succès des prises de vue en plongée ou en contre-plongée. Toutefois, il convient de noter la grande facilité et la commodité qu’apportent, notamment, les appareils photos munis d’écrans orientables dans la réalisation de certaines prises de vues spécifiques. C’est particulièrement le cas par exemple lorsque l’on souhaite créer des clichés en contre-plongée au ras du sol, une position qui serait autrement inconfortable ou difficile à atteindre avec un écran fixe.
Dans le contexte de photographier des champs de fleurs, l'utilisation d'un tel angle de prise de vue ne fera que renforcer la dimension de grandeur déjà intrinsèque au sujet, magnifiée par l’effet de contre-plongée. L'avantage d'utiliser un appareil photo avec un écran orientable est qu'il permet de rendre la réalisation de ce genre de clichés beaucoup plus simple et accessible. En plus de leur utilité pour ces situations spécifiques, ce type d’accessoires peut également s'avérer précieux pour d'autres prises de vue, pouvant vous aider grandement à prendre de la hauteur, littéralement ou métaphoriquement, en toute sécurité. Vous pourrez ainsi, avec un équipement adéquat, réaliser des prises de vue en plongée depuis des angles élevés sans risquer d'endommager votre appareil photo ou de vous mettre en danger. En tout état de cause, quels que soient vos sujets photographiques et l'équipement dont vous disposez, il est vivement recommandé de ne jamais hésiter à expérimenter. Ces deux angles de prises de vue, la plongée et la contre-plongée, vous offriront les outils nécessaires pour affirmer avec force vos choix artistiques et développer votre propre signature visuelle.
L'Expédition Joides Resolution : Une Plongée Scientifique au Cœur de la Terre
Si les techniques photographiques de plongée et de contre-plongée offrent des perspectives visuelles uniques, l'exploration scientifique, notamment celle menée par le Joides Resolution, implique une forme de "plongée" tout aussi profonde, mais dans les strates temporelles et géologiques de notre planète. C'est ainsi que l'on est invité à découvrir ici la visite du Joides Resolution, un navire de forage océanographique de renommée mondiale. Une connexion a été établie avec le bateau de forage Joides Resolution, où Raphaël B. a souligné la présence de deux collègues bien connus, dont Emmanuelle Ducassou, enseignante-chercheuse à l’UMR EPOC et à l'université de Bordeaux. Elles étaient présentes pour raconter en détail ce qu'elles font sur ce bateau, offrant un aperçu précieux de la vie et du travail à bord.
L'expédition en cours, désignée sous le nom d'expédition 401, a pour objectif principal de s'intéresser aux connexions fondamentales qui ont eu lieu entre la Méditerranée et l'Atlantique à une certaine période de temps géologique. Cette période est identifiée comme une période de crise environnementale importante, offrant des défis scientifiques complexes. Le but ultime de cette expédition est d'acquérir des séquences sédimentaires précises de cette période particulière qu’est le Messinien, une ère située globalement entre 5,33 et 6 millions d'années. La raison d'un tel intérêt réside dans le fait que c'est une période de crise où l'on a observé une fermeture significative et un assèchement partiel de la Méditerranée, conduisant à d'importants dépôts de sels.
Il est connu qu'il existe déjà beaucoup d’affleurements et de carottages provenant de cette période, mais la présence de sel empêche souvent d'obtenir une bonne stratigraphie et une compréhension claire des événements passés. Face à cette problématique, les scientifiques de l'expédition Joides Resolution se sont orientés vers des sites où cette complication n'est pas présente. L'un des objectifs cruciaux de ces sites est de révéler l'impact potentiel de cette crise majeure sur le climat global de la Terre, et plus spécifiquement sur la répartition des masses d'eau dans l'Atlantique Nord. En outre, les recherches visent à comprendre tout un tas de changements climatiques qui ont eu lieu autour de cette période. L'équipage compte des spécialistes de nombreuses disciplines travaillant à bord, notamment des experts en pollens, en biomarqueurs, en chimie des eaux, et en diagénèse, garantissant une approche multidisciplinaire de l'étude. Cette mission de recherche océanographique, qui vient tout juste de prendre fin, s'est déroulée stratégiquement au niveau du détroit de Gibraltar, couvrant ainsi des zones importantes tant du côté Atlantique que du côté méditerranéen. Cette visite immersive nous plonge directement dans le monde fascinant des océanographes et des chercheurs. Il est important de noter que certains termes utilisés au cours de cette visite peuvent se révéler un peu compliqués, car elle était spécifiquement destinée à des étudiants déjà spécialisés en océanographie et en Sciences de la Mer.
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Les Stratégies de Forage : Ciblage des Sites Clés pour Comprendre les Connexions
Une carte illustrant cette connexion entre la Méditerranée et l'Atlantique, telle qu'elle existait il y a un peu plus de 8 millions d'années, sert de base à l'orientation des forages. La question de savoir si le détroit de Gibraltar existait déjà à ce moment-là demeure une interrogation clé pour les scientifiques. Dans le cadre de cette expédition, un total de quatre sites de forage distincts ont été méticuleusement sélectionnés et forés.
Le premier site se situe précisément à un endroit où un courant important sort de la Méditerranée. Ce site a été choisi avec soin car sa partie supérieure, correspondant aux périodes Quaternaire-Pliocène, est relativement érodée. Cette érosion a permis aux chercheurs d'atteindre plus facilement la période d'intérêt, s'étendant entre 8 millions d'années et 4,5 millions d'années, ce qui était l'objectif principal de ce forage. À cet emplacement, étant sous le trajet des eaux qui sortent, l'équipe cherchait à déterminer à quel moment exact ce passage particulier est enregistré dans les sédiments.
Un deuxième puits a été foré dans le golfe de Cadix, une zone plus proximale par rapport au détroit de Gibraltar. Ici, les scientifiques étaient certains d'enregistrer les informations recherchées, et il a été constaté qu'il y a aussi beaucoup d'événements tectoniques enregistrés dans ces couches sédimentaires. Des systèmes turbiditiques complexes sont également présents dans cette zone, faisant de ce puits un forage très profond et riche en données.
Un troisième site, initialement considéré comme alternatif, a pu être réalisé grâce à une fenêtre météo favorable. Bien qu'il ne figure pas sur la carte de référence, ce site, un peu plus profond, n'est pas actuellement sous l'influence directe du courant sortant. Cependant, il enregistre de manière exceptionnelle les cycles climatiques passés et les autres masses d'eau. Les données obtenues de ce site sont cruciales pour comprendre comment la réorganisation des masses d'eau a pu se produire lors de la fermeture de cette "vanne" naturelle entre l'Atlantique et la Méditerranée, et au moment de sa réouverture.
Actuellement, le Joides Resolution se trouve en Méditerranée, ayant passé le détroit de Gibraltar aux alentours du 17 janvier. À cet endroit, un puits a été foré avec une profondeur visée de 1700 mètres, ce qui le classe parmi les cinq puits les plus profonds jamais réalisés dans le cadre des programmes IODP (International Ocean Discovery Program). L'équipe était sur ce site depuis un certain temps, avec encore quelques jours de forage avant de devoir s'arrêter le dimanche suivant pour entamer le transit de retour, marquant ainsi la fin imminente de l'expédition. Ce puits particulier est très spécial car il est situé de l’autre côté du détroit, côté Méditerranée. À l'époque de la crise messinienne, la mer d’Alboran, située à cet endroit, n'était pas vraiment une mer telle que nous la connaissons aujourd'hui. Elle appartenait plutôt à cette zone de détroit, et les scientifiques s'attendent donc à ce qu'elle enregistre des phénomènes assez particuliers liés à cette période. Les acquisitions de données étaient toujours en cours, et un deuxième puits parallèle était également en cours de réalisation. Les carottes qui arrivaient et qui étaient décrites lors de cette visite provenaient de ce deuxième puits, offrant une vision directe du travail scientifique.
Le Navire de Recherche Joides Resolution : Une Plateforme d'Exploration Sophistiquée
Le Joides Resolution est une véritable prouesse d'ingénierie maritime, s'étendant sur 143 mètres de long. Son derrick, la structure métallique utilisée pour le forage, s'élève à environ 62 mètres de haut. Ce derrick est essentiel pour aligner tous les "pipes" ou tubes de forage. Il est important de noter que le sommet des sédiments n'a pas été récupéré sur certains sites, car il ne présentait pas un intérêt scientifique nouveau, ayant déjà été foré par des puits ODP (Ocean Drilling Program) dans les années 1980-1990. La visite du navire ne représente d'ailleurs qu'une fraction minime de son étendue, Emmanuelle D. précisant que ce qui était observé ne constituait même pas 5 % de la totalité du bateau. Une grande partie de l'espace est spécifiquement réservée aux opérations de forage, au stockage des pipes et des carottes, ainsi qu'à l'ensemble des machineries nécessaires à l'autonomie du navire en électricité et en eau, entre autres. Le reste de l'espace, comme l'a noté Natacha F., est destiné aux besoins essentiels de l'équipage, tels que le sommeil et l'alimentation. Seule une petite partie de la vie à bord est ainsi visible lors d'une telle visite.
Du pont d'observation, la vue sur le derrick est la meilleure, permettant d'apprécier l'ampleur de l'opération. Un élément notable visible depuis cette position est un appareillage jaune suspendu en l'air. Ce dernier bougeait à peine car la mer était calme et la houle faible, mais il s'agit d'un compensateur de pilonnement. Cet équipement est d'une importance capitale lors du forage, car il doit maintenir une pression constante au fond du puits, quelle que soit la hauteur des vagues. Bien que le système puisse tolérer une certaine houle, à 4 mètres de vagues, la récupération des carottes devient trop compliquée, entraînant un arrêt des opérations. Le compensateur est donc là pour assurer cette stabilité de pression, et en cas de houle, on peut l'observer naviguer de haut en bas pour remplir sa fonction.
Concernant la navigation et le positionnement du navire, lorsque le Joides Resolution est en phase de forage, il n'est pas dirigé depuis la passerelle traditionnelle. Le bateau est en réalité contrôlé depuis une pièce distincte située à l'arrière, spécifiquement conçue pour le positionnement dynamique. Douze moteurs dynamiques permettent au navire de rester en position statique avec une précision remarquable. Cette capacité est essentielle car, lorsque le bateau reste quinze jours au même endroit, sur un point de forage précis, il est impératif qu'il ne bouge pas, surtout au-dessus d'un trou d'un diamètre inférieur à 50 cm. Une pièce entière du navire est dédiée à ce système de stabilisation. Il est d'ailleurs courant que le bateau tourne légèrement de temps en temps pour s'adapter au vent, à la marée et aux vagues, ce qui peut rendre le réveil du matin un peu étrange pour l'équipage.
Sur la passerelle, où l'on pourrait s'attendre à trouver le capitaine, il est normal de ne voir personne lorsque le navire fore, car les commandes sont ailleurs. Tous les instruments nécessaires à la navigation sont présents. Frankie Villafranca, le second capitaine à bord, assure la gestion de ces systèmes. C'est un positionnement classique pour les personnes habituées à embarquer, comprenant un système de radar pour une localisation précise. Un ensemble de systèmes extérieurs est également activé pour signaler que le navire est en position statique et en pleine opération. Ceci est crucial, car le Joides Resolution ne peut pas dégager la voie rapidement en cas d'urgence, nécessitant plusieurs heures pour remonter les pipes. Les outils observés sont des instruments classiques de navigation, utilisés principalement lors des transits. L'expédition n'a pas connu beaucoup de transits longs, à part au début et à la fin, avec des déplacements maximaux de deux jours entre chaque site de forage, ce qui signifie que le navire n'a pas beaucoup navigué au sens traditionnel.
La passerelle est également le point d'observation des activités de logging et des diagraphies. Les outils acoustiques, par exemple, ne peuvent pas être utilisés, surtout dans les eaux espagnoles, s'il y a des mammifères marins à proximité. Les observations sont donc réalisées depuis la passerelle, uniquement de jour, avec des jumelles pour une surveillance à 360°. Au moindre signe d'un dauphin, toutes les opérations sont immédiatement arrêtées. Il a d'ailleurs été noté qu'il y a eu pas mal de dauphins ces derniers jours, la Méditerranée étant une mer très riche, abritant également des baleines. Depuis le navire, la côte espagnole est visible, avec Malaga et Marbella à environ 12 km, et parfois la Sierra Nevada avec ses sommets enneigés, offrant un spectacle assez agréable. Le soir, le soleil se couche majestueusement dans l'axe de Gibraltar, permettant d'observer le Rocher et la côte marocaine.
En termes de sécurité, le navire est équipé de deux canots de sauvetage de chaque côté (donc quatre au total), chacun pouvant contenir 70 personnes. Des exercices d'évacuation sont organisés tous les dimanches, où chacun doit apporter sa combinaison de survie, son casque et ses lunettes, en prévision d'une éventuelle évacuation.
Le Forage et la Récupération des Carottes : Une Opération de Précision Sous-Marine
L'opération de forage est une succession de manœuvres délicates. Lorsqu'une carotte est en cours d'arrivée, cela signifie qu'elle est en train de remonter des profondeurs. Le pont sur lequel arrivent les carottes est appelé le "rig floor". Tout l'arrière du navire est dédié au stockage des pipes de forage et des outils diagraphiques, qui sont descendus par cette zone. On peut observer le tube de forage sortir, qui est ensuite rallongé, et juste en dessous, se trouve le pont où la carotte est récupérée. Une carotte standard mesure 9,7 mètres exactement et contient un liner en plastique à l'intérieur. Le forage progresse généralement par sections de 10 mètres à la fois.
La présence de grosses vagues rend le forage impossible non seulement à cause de la complexité de la récupération, mais aussi en raison des risques inhérents. Les appareillages et les objets manipulés sur le pont sont extrêmement lourds, ce qui rend l'environnement hyper dangereux pour le personnel travaillant sur cette zone. L'activité est également hyper bruyante. Sous le pont où les carottes arrivent se trouve ce que l'on appelle le "catwalk", l'endroit où la carotte est réceptionnée. Plusieurs techniciens sont nécessaires pour la porter, car elle mesure 10 mètres avant d'être découpée. Les liners en plastique sont positionnés au-dessus. Une fois arrivée, la carotte est allongée sur des supports. Elle est ensuite découpée avec un outillage spécifique, tous les 1,50 mètre, en sections d’1,50 mètre. Ces sections sont immédiatement référencées.
Les têtes de forage sont un élément crucial. Certaines sont conçues pour le "brush down", un forage sans récupération de carotte, utilisé pour atteindre une certaine profondeur initiale. D'autres, les têtes de forage carotté, sont spécifiquement conçues pour la récupération des échantillons. Parmi celles-ci, l'APC (Advanced Piston Corer) est utilisée pour récupérer les sédiments encore assez meubles, grâce à une partie tranchante invisible en surface. Pour les roches ou les sédiments plus indurés, un système en rotation est employé. Le changement de tête de forage est une opération qui prend du temps, nécessitant plusieurs heures pour remonter la totalité du pipe et effectuer la substitution. En tant que co-chef d'expédition, Manue est impliquée dans la supervision de ces opérations critiques.
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