Les Jeux Paralympiques, célébrant l'excellence sportive des athlètes handicapés, ont une histoire riche et continuent de gagner en popularité. Cet article se penche sur l'histoire des Jeux Paralympiques, les règles du para-aviron, les catégories de handicap et l'évolution de ce sport captivant.
Une brève histoire des Jeux Paralympiques
Les Jeux Paralympiques ont vu le jour en 1960 à Rome, 64 ans après les premiers Jeux Olympiques modernes de 1896. À leurs débuts, seulement 400 athlètes en fauteuil roulant de 23 pays y participaient. L'origine des Paralympiques remonte aux Jeux de Stoke Mandeville, un événement organisé en 1948 pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale, dans un village au nord de Londres.
Aujourd'hui, les Jeux Paralympiques acceptent dix types de handicap, répartis en trois grandes catégories : physique, visuelle et cognitive. Chaque athlète est classé dans une catégorie de handicap en fonction des caractéristiques de son handicap et de son impact sur sa pratique sportive.
En 2024, les Jeux Paralympiques de Paris se dérouleront du 28 août au 8 septembre. Le village olympique de Seine-Saint-Denis est devenu paralympique, accueillant 549 épreuves dans 22 disciplines, soit 200 épreuves de plus que pour les Jeux olympiques.
Il est important de noter que seulement trois disciplines représentent le handicap psychique et mental (sport adapté) : le para-athlétisme, la para-natation et le para-tennis de table. De plus, les sourds et malentendants ne participent pas aux Jeux Paralympiques, mais organisent leurs propres Deaflympics depuis 1924.
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Introduction au para-aviron
Le para-aviron est un sport qui combine l'exigence physique, la technique et le plaisir de la glisse. Il s'adresse aux personnes en situation de handicap physique ou sensoriel, et la Fédération Française d'Aviron est délégataire pour ces publics. La Fédération Française du Sport Adapté est délégataire pour le public en situation de handicap mental.
Historique du para-aviron
La première mention du para-aviron est apparue au début du XXe siècle en Grande-Bretagne. George Clifford Brown, directeur d'une école pour non-voyants, a voulu démontrer le principe de l'égalité en promouvant des sports où ses élèves pouvaient concourir sans modifications. Après la Première et la Deuxième Guerre mondiale, des vétérans aveugles et des civils avec des problèmes visuels ont utilisé le para-aviron pour se rééduquer.
En 1980, le Philadelphia Rowing Program for the Disabled, le premier club d'aviron dédié aux personnes en situation de handicap, a été créé. La FISA a proposé des événements en vue de faire du para-aviron une discipline paralympique, ce qui a été réalisé aux Jeux de Pékin en 2008. Initialement disputées sur 1000 mètres, les épreuves ont été rallongées à 2000 mètres à Tokyo, s'alignant sur la distance des Jeux Olympiques.
Les épreuves de para-aviron aux Jeux Paralympiques de Paris 2024
Les épreuves de para-aviron des Jeux Paralympiques de Paris 2024 auront lieu du 30 août au 1er septembre au stade nautique de Vaires-sur-Marne. Les spectateurs retrouveront les mêmes types d'épreuves qu'aux Jeux Olympiques :
- Skiff (PR1) : Bateau individuel à une place.
- Deux de couple mixte (PR2) : Embarcation à deux rameurs, chacun ayant deux rames.
- Quatre barré mixte (PR3) : Quatre rameurs tenant chacun une rame, avec un barreur dirigeant l'embarcation.
Catégories de handicap en para-aviron
Trois catégories de handicap sont représentées en para-aviron : PR1, PR2 et PR3. PR signifie "pararowing" (para-aviron, en anglais), et le chiffre indique le type de handicap, allant du plus lourd (PR1) au plus léger (PR3). Les handicaps concernés sont principalement les handicaps visuels, les amputations et les handicaps des membres inférieurs et supérieurs (perte de force musculaire ou de mobilité articulaire).
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- PR1 : Rameurs ne pouvant pas utiliser leurs jambes et leur tronc. Ils utilisent un siège fixe et un sanglage. Des flotteurs sont ajoutés pour améliorer la stabilité. Cette catégorie est réservée au skiff, avec des épreuves masculines et féminines.
- PR2 : Rameurs ne pouvant utiliser que le haut du corps pour ramer. Leur siège est fixe, et ils ne peuvent pas utiliser leurs jambes pour propulser. Cette catégorie est réservée au deux de couple mixte.
- PR3 : Rameurs utilisant leurs bras, leur tronc et leurs jambes. Cette catégorie comprend le deux de couple mixte et le quatre de pointe mixte avec barreur. L'équipage du quatre barré est composé de quatre rameurs (deux femmes et deux hommes) et d'un barreur.
Règles du para-aviron
Les règles du para-aviron sont similaires à celles de l'aviron traditionnel, avec des adaptations pour tenir compte des différents types de handicap. Toutes les épreuves se pratiquent sur une distance de 2000 mètres.
L'entraînement alterne séances sur l'eau et en salle (musculation et "rameur"). Les courses peuvent durer jusqu'à dix minutes et demandent un effort physique particulièrement important.
Au départ de la course, les bateaux sont alignés côte à côte. Lorsqu'un bateau prend de l'avance, il doit éviter de gêner les autres concurrents en restant dans son couloir assigné. La victoire est déterminée par le premier bateau à franchir la ligne d'arrivée.
La France en para-aviron
La France est présente aux Jeux Paralympiques en para-aviron depuis 2012. Bien que relativement jeune dans ce sport, elle a remporté plusieurs médailles :
- Deux médailles d'argent aux Jeux de Londres 2012.
- Une médaille de bronze aux Jeux de Rio 2016.
- Deux médailles de bronze aux Jeux de Tokyo 2020.
Pour les Jeux de Paris 2024, la France a récupéré cinq quotas non nominatifs, soit un par catégorie. Plusieurs athlètes français se sont distingués lors des Mondiaux à Belgrade en 2023 et des compétitions de qualification à Lucerne en 2024 :
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- Le quatre barré mixte PR3 a terminé 5ème aux Mondiaux de Belgrade, assurant une place pour Paris. L'équipage était composé de Margot Boulet, Erika Sauzeau, Rémy Taranto, Grégoire Bireau et Emilie Acquistapace.
- Elur Alberdi et Laurent Cadot ont remporté la médaille de bronze en deux de couple mixte PR2 aux Mondiaux de Belgrade.
- Nathalie Benoit a décroché l'argent en skiff féminin PR1 aux Mondiaux de Belgrade.
- Alexis Sanchez a remporté l'or en skiff PR1 à Lucerne, obtenant un quota pour les Jeux.
- Perle Bouge et Benjamin Daviet se sont associés en deux de couple mixte PR2, Daviet venant du biathlon et ski de fond, et ont réussi à se qualifier pour les Jeux.