Depuis ses origines hawaïennes jusqu’à l’engouement de l’après-guerre pour le surf, ce sport a été un défi à l’éthique calviniste du travail et aux pressions commerciales du capitalisme. Mais ces forces sociales délétères pourraient finalement réussir à éteindre l’esprit du surf.
Les origines du surf
Le surf, bien plus qu'un simple sport, est un héritage des peuples polynésiens qui l'ont inventé il y a des siècles. Les premières planches étaient fabriquées à partir de bois locaux comme le koa ou le wiliwili, mesurant jusqu'à 6 mètres de long et symbolisant le statut social de leur propriétaire. Des récits anciens décrivent comment les indigènes utilisaient des planches de surf en bois qui ressemblaient à des longboards pour glisser sur les vagues. Diverses formes de surf remontent à des siècles dans ce qui est aujourd’hui le Pérou et l’Afrique de l’Ouest, mais les origines de ce que la plupart des gens considèrent comme le surf, s’allonger sur une planche et pagayer avec les bras dans une vague, sont indéniablement hawaïennes. Le surf est apparu à Hawaii il y a plus de 3000 années. Les premiers surfeurs étaient probablement des pêcheurs qui ont découvert que glisser sur les vagues était un moyen rapide de rentrer à la maison avec leur prise.
La signification culturelle du surf à Hawaï
Dans l’ancienne culture hawaïenne, le surf était une activité réservée à l’élite. Les rois et les chefs de tribu étaient souvent les surfeurs les plus compétents, et les planches qu’ils utilisaient étaient considérées comme sacrées. Ces planches, appelées « olo », pouvaient mesurer jusqu’à 7 mètres de long et peser plus de 70 kg. Les femmes et les hommes de toutes les classes sociales pratiquaient le surf, mais certains affirment que les meilleures vagues étaient réservées aux ali’i, l’élite sociale indigène de Hawaï. Le surf fait partie intégrante de la culture hawaïenne depuis des siècles.
L’interdiction du surf et sa renaissance
Le surf fut un temps interdit au XIXe siècle à Hawaï par les colons américains, car il était généralement pratiqué nu, et alors considéré comme « dépravant ». À mesure qu’ils gagnaient en influence politique parmi les ali’i, les arrivants chrétiens supprimèrent la religion et la culture traditionnelles, notamment la hula (danse) et le mele (chant ou chanson). Méfiants à l’égard de la chair humaine, ils ont imposé le port de vêtements de style occidental dans la chaleur tropicale. Mais le surf était aussi perçu par ces calvinistes nord-américains comme une perte de temps frivole. Ils méprisaient le surf sur les vagues et d’autres aspects du mode de vie athlétique des indigènes, qu’ils considéraient comme de la paresse et de la folie païennes. Cette doctrine de choc du XIXe siècle, enveloppée dans un moralisme calviniste, a porté un coup presque fatal au surf. Cependant, lorsque le roi David Kalākaua monta sur le trône dans les années 1870, il fit renaître le surf.
La diffusion du surf dans le monde
Au début du 20e siècle, le surf commence à gagner en popularité au-delà des îles hawaïennes, grâce notamment à des figures comme Duke Kahanamoku. Il fit de nombreuses démonstrations aux Etats-Unis en Australie mais également en Nouvelle Zélande. Ancien champion olympique mais aussi acteur, c’est notamment grâce à sa notoriété que le surf va se diffuser. La diffusion se fait également par le biais de Alexander Hume Ford et Jack London au travers de leurs écris. Jack London, célèbre écrivain américain connu pour ses récits d'aventure et de nature sauvage, a joué un rôle notable dans la popularisation du surf au début du XXe siècle. En vacances dans les îles, le magnat des chemins de fer Henry Huntington aperçoit le jeune George Freeth en train de profiter des vagues de Waikiki. Il recrute le hapa haole (métis) hawaïen-irlandais pour faire des démonstrations quotidiennes de surf dans la station balnéaire de Huntington à Redondo Beach.
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Le rôle de Duke Kahanamoku
Né à Honolulu en 1890, Duke Kahanamoku est souvent considéré comme le « père du surf moderne ». Champion olympique de natation, il a utilisé sa notoriété pour promouvoir le surf à l’échelle internationale. Parce que Duke Kahanamoku a propagé le surf dans le monde entier, il est désormais également connu comme le "père du surf". Duke n’a pas seulement popularisé le surf, il a également contribué à son évolution. Il a notamment été l’un des premiers à utiliser des planches plus légères et plus maniables, qui ont rendu le surf plus accessible.
L’introduction du surf en France
L’histoire du surf en France commence dans les années 1950. Cela se fit grâce à Peter Viergel qui était en tournage à Biarritz. En voyant les déferlantes, il fit envoyer une planche de Californie. Ce sont les « tontons surfeurs » qui développent cette activité sur le mythique spot de la Côte des Basques à Biarritz. En 1957, lors d'une escale à Biarritz avant de commencer le tournage de son film "Le Soleil se lève aussi" en Espagne, le scénariste et passionné de surf américain Peter Viertel a croisé le chemin de celui qui deviendrait une figure emblématique du surf français, Joël de Rosnay. Biarritz est donc souvent citée comme le point de départ du surf en France, se forgeant rapidement une réputation comme l'un des hotspots du surf européen.
L’évolution du matériel de surf
Entre le 18 -ème siècle et les années 60, le développement du surf passe par de nombreux progrès techniques. Les planches ont des shapes et des poids spécifiques qui favorisent certaines figures plutôt que d’autres, puisque ces paramètres influent sur la stabilité et la maniabilité. Les planches sont plus courtes, plus fines, plus effilées moins volumineuses et moins lourdes. Toutes ces caractéristiques permettent aux surfeurs d’avoir plus de liberté de mouvement sur la vague. Globalement, plus une planche est courte et légère, plus elle est maniable.
Les premières planches
La planche de surf la plus ancienne connue à ce jour a été retrouvé en 1905 à Ko’Okena, sur Big Island, à Hawaï, dans le tombeau d’une « chefesse » du XIVe siècle nommée Kaneamuna. Cette planche, était directement sculptée dans le bois d’un arbre à pain, bien différente du matériel que l’on connait aujourd’hui, d’un niveau technique pareil aux premiers skis. A cette période, la majorité des planches de surf sont confectionnées comme les planches de types « Olo ». Pluridisciplinaires, ces planches sont également utilisées pour la pratique de la course à rame et du sauvetage en mer.
Le passage au balsa et à la fibre de verre
Dans les années 1930 et 1940, le surf a connu une véritable révolution. Les planches en bois massif, lourdes et difficiles à manier, ont commencé à être remplacées par des planches en balsa, beaucoup plus légères. Puis, dans les années 1950, une autre innovation a changé la face du surf : l’introduction de la mousse de polyuréthane et de la fibre de verre. Ces nouvelles planches étaient encore plus légères et plus durables que les planches en balsa. Le bois est remplacé par le polyester et des matériaux alternatifs plus léger.
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Les différents types de planches modernes
Aujourd’hui, avec l’évolution des planches et les nouvelles technologies, il existe de nombreux shapes différents :
- Les planches évolutives ou hybrides mesurent entre 1,90 et 2,20 m pour une largeur de 49 à 52 cm. En restant larges et épaisses, ces planches ni courtes ni longues conservent plus de stabilité qu’un shortboard tout en offrant une bonne maniabilité. Elles sont souvent employées par les surfeurs moyens pour mettre le pied à l’étrier avant de passer au shortboard.
- Les planches dites fish sont relativement semblables aux évolutives mais en plus courtes et plus larges. D’une longueur comprise entre 1,70 et 1,90 m pour au moins 52 cm de large, les fishs sont beaucoup plus volumineuses que leurs grandes sœurs évolutives. Elles sont dotées d’une forme assez ronde et leur queue est coupée en deux ailerons à la manière d’un poisson. Elles sont surtout utilisées dans les petites vagues, où les longboards et mini-malibus seraient malaisés.
- Le mini-malibu une des planches la plus simple à surfer : entre 2,20 et 2,60 m de long pour 52 à 56 cm de large, avec son nez arrondi, elle est la chouchoute des débutants et surfeurs moyens pour des vagues molles et moyennes.
- Le gun est la planche réservée aux surfeurs experts et un peu fous souhaitant s’attaquer à des murs d’eau géants. D’une longueur de 2,10 à 3 m, les guns sont très volumineux tout en restant fins, ce qui permet un take-off très rapide sur les grosses vagues.
- Le shortboard. Cette planche est généralement la plus commune pour les surfeurs et surfeuses de niveaux intermédiaires jusqu’à profesionnels. Aux formes plus fines, courtes et étroites (1,5 à 2 m pour 44 à 49 cm de large), elle offre un maximum de radicalité à ses utilisateurs. Planche généralement utilisée sur des vagues puissantes et rapides de tailles variables. A partir d’1 m/1m50 de haute de vague, ce type de board peut s’avérer être très agréable pour les surfeurs qui recherchent de la maniabilité et de la réactivité.
- Le longboard, aussi appelé malibu, avec une longueur de 9 pieds (2,75 m) minimum, 56 cm de large et une épaisseur importante, est la planche la plus lourde et la plus difficile à manœuvrer. Elle permet une glisse tout en douceur sur des centaines de mètres le long des vagues à la façon années 1960.
La technique du surf
Le surf est bien plus qu'une simple pratique sportive, cette activité offre une interaction brute avec l'océan. Ancré dans une véritable culture riche de traditions, le surf incarne notamment un respect marqué pour l'environnement. Il propose une expérience singulière, où se croisent montée d'adrénaline lorsqu'on prend sa première vague et une forme de tranquillité quand on se trouve porté au rythme avec l'eau. Pour les novices, l'apprentissage du surf commence par la compréhension des bases : la sélection d'une planche adaptée, la lecture des vagues, et les techniques de rame pour atteindre le line-up, l'endroit où les vagues commencent à se former.
Les bases du surf
Le paddle est la partie la plus importante du surf. Il est important d'utiliser une forme et une technique appropriées pour conserver l'énergie et attraper les vagues. Pour vous tenir debout sur la planche, vous devrez vous relever à partir d'une position allongée et mettre vos pieds dans la bonne position. Une fois que vous êtes debout et que vous surfez sur une vague, il est important de déplacer votre poids pour maintenir l'équilibre et le contrôle.
Manœuvres et figures de base
Parmi les manœuvres de base, le take-off est la première étape cruciale, où le surfeur passe de la position allongée à debout sur la planche pour commencer à glisser sur la vague. Une fois debout, le bottom turn, ou virage en bas de la vague, permet au surfeur de changer de direction et de gagner en vitesse pour attaquer la section suivante de la vague. En progressant, les surfeurs aspirent à réaliser des figures plus avancées. Le cutback est une manœuvre qui ramène le surfeur vers la partie plus puissante de la vague après s'en être éloigné. Le snap est un virage serré et rapide sur le haut de la vague, permettant de changer brusquement de direction. Pour les plus audacieux, le tube riding est l'art de se glisser à l'intérieur de la cavité d'une vague qui déferle, offrant l'une des sensations les plus exaltantes du surf.
Sécurité et environnement
La sécurité est primordiale et les débutants sont encouragés à commencer dans des zones surveillées. Il s'agit d'abords d'apprendre les règles de priorité sur les vagues, et à toujours garder une distance respectueuse avec les autres surfeurs. Soyez toujours conscient de votre environnement et respectez la puissance de l'océan. Ne surfez jamais seul et portez toujours un leash pour éviter les blessures. Il est déconseillé de surfer si vous ne savez pas nager. Le surf est un sport nautique, et savoir nager est essentiel pour votre sécurité. Il est important de prendre des cours de natation avant d'essayer de surfer.
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L’équipement du surfeur
Pour débuter en surf, le choix du matériel est crucial. En plus d'une planche de surf, vous aurez besoin d'une combinaison, d'une laisse, de cire et de palmes. Selon la météo et les conditions de l'eau, vous aurez peut-être aussi besoin de gants, de bottes et d'une cagoule. Une planche de surf adaptée à votre taille et à votre niveau est essentielle. Les débutants optent souvent pour des planches en mousse, plus stables et sécurisantes. Une combinaison est également nécessaire pour se protéger du froid et des irritations; son épaisseur variera selon la température de l'eau.
La planche de surf
La bonne planche de surf pour vous dépend de votre niveau d'expérience, de votre taille, de votre poids et du type de vagues que vous allez surfer. Il est préférable de consulter un professionnel ou un surfeur expérimenté pour vous aider à choisir la planche adaptée à vos besoins. Tout bon surfshop propose différents shapes.
La combinaison
Une combinaison est également nécessaire pour se protéger du froid et des irritations; son épaisseur variera selon la température de l'eau.
Les accessoires
En plus d'une planche de surf, vous aurez besoin d'une combinaison, d'une laisse, de cire et de palmes. Selon la météo et les conditions de l'eau, vous aurez peut-être aussi besoin de gants, de bottes et d'une cagoule.
Le surf professionnel et les compétitions
Le surf professionnel a eu des origines plutôt modestes dans les années 1970. Buzzy Kerbox, un jeune haole d’Hawaï, se souvient que lorsqu’il a commencé à participer à des compétitions internationales, son premier sponsor lui a offert un T-shirt et quelques barres de cire (« wax »). Les surfeurs professionnels gagnaient un peu d’argent en remportant des compétitions, mais leurs véritables revenus provenaient de leurs sponsors vestimentaires. Le championnat de surf est organisé chaque année par la World Surf League. Ce championnat se déroule de février à décembre, à l’issue duquel sont désignés le champion et la championne du monde de surf.
Les grands noms du surf
- Kelly Slater: Considéré comme le meilleur surfeur de tous les temps, Kelly Slater est un champion du monde à onze reprises. Sa carrière s'étend sur plusieurs décennies, au cours desquelles il a révolutionné le sport avec son style, sa technique et son engagement envers l'innovation dans le surf.
- Duke Kahanamoku: Souvent appelé le père du surf moderne, Duke Kahanamoku était un nageur olympique hawaïen qui a popularisé le surf à travers le monde au début du 20e siècle. Il est respecté non seulement pour ses talents de surfeur, mais aussi pour sa générosité et son rôle de pionnier dans la transmission de la culture du surf.
- Laird Hamilton: Innovateur et pionnier du surf de gros, Laird Hamilton est célèbre pour avoir repoussé les limites de ce qui est possible en surf. Sa maîtrise des vagues géantes et son développement du tow-in surfing, où le surfeur est remorqué dans une vague par un jet-ski, ont ouvert de nouveaux horizons au surf de gros.
- Mick Fanning: Surnommé "White Lightning", est un surfeur professionnel australien né le 13 juin 1981. Trois fois champion du monde (2007, 2009, 2013), il est célèbre pour son style puissant et sa combativité exceptionnelle. Fanning a également survécu à une rencontre avec un requin en compétition en 2015, renforçant sa légende dans le monde du surf.
La culture du surf
La culture du surf est aussi complexe et diversifiée que le terrain de jeu qui accueille ces pratiquants. Au-delà d'un sport, le surf représente un état d'esprit, marqué par un respect profond pour l'environnement, un désir d'indépendance et une solidarité entre passionnés. Elle s'est développée au cours des décennies, laissant son empreinte sur la musique, la mode, le cinéma et le langage, contribuant à l'émergence d'un milieu distinct et dynamique autour du surf. De nombreuses tactiques de Miki Dora sont critiquables. Si son flirt avec les symboles nazis révèle un racisme profondément ancré, il faut surtout y voir une rage alimentée par la testostérone et une provocation à l’égard des normes sociales bourgeoises. Sans la moindre complaisance pour ses actes proprement odieux, nous devons reconnaître que Miki Dora détestait la marchandisation de la culture surf et qu’il a donc tenté de la sauver en la rendant invendable.
L’influence du surf sur la musique, la mode et l’art
Dans les années 1960, la surf music, avec ses guitares électriques réverbérées, a capturé l'essence de la liberté et de l'aventure associées à la culture du surf. De même, la mode surf, caractérisée par des shorts de bain colorés, des chemises à motifs et des sandales, reflète un style de vie décontracté et connecté à la nature. L'art du surf, qu'il s'agisse de photographie, de peinture ou de cinéma, célèbre la beauté des vagues et l'élégance des surfeurs en action, capturant l'essence éphémère de ce sport.