Pourquoi les gilets de sauvetage ne sont pas dans les cabines : une analyse de la sécurité maritime

La question de savoir pourquoi les gilets de sauvetage ne sont pas systématiquement entreposés dans les cabines d’un navire, mais plutôt répartis dans des zones stratégiques ou portés en permanence, relève de logiques de sécurité, d'ergonomie et de risques opérationnels. Bien que l'emport de gilets de sauvetage soit obligatoire sur toute embarcation, avec au moins un exemplaire par personne à bord, leur accessibilité doit être immédiate en cas de crise, ce qui rend le stockage intérieur potentiellement dangereux.

Les risques liés au stockage en cabine

L'argument principal contre le rangement des gilets de sauvetage dans les cabines réside dans la configuration des situations d'urgence. En cas de chavirement ou d'envahissement rapide du navire, une cabine peut devenir un piège. Si un gilet est stocké à l'intérieur, il devient physiquement impossible d'y accéder alors que l'eau submerge les espaces clos.

De plus, les gilets à gonflage automatique présentent un risque spécifique en milieu confiné : en cas de retournement de l’embarcation, vous pouvez rester coincé sous le cockpit ou dans la cabine, plaqué par la flottaison de votre gilet contre le fond du bateau. C'est pour cette raison que la recommandation prioritaire des sauveteurs en mer est le port permanent du gilet, dès que vous posez le pied sur un bateau, où que vous soyez par rapport au rivage. Les accidents n’arrivent, en effet, pas qu’au large, et une chute par-dessus bord peut survenir à la suite d'un malaise ou d'une projection par la bôme, rendant la victime immédiatement inconsciente.

La nature et le fonctionnement des dispositifs de flottabilité

Pour comprendre pourquoi l'emplacement compte, il faut comprendre l'objet lui-même. Un gilet de sauvetage est conçu pour vous maintenir à la surface de l’eau dans une position « tête vers le haut », garantissant que votre bouche et vos narines restent hors de l’eau pour prévenir tout risque de noyade. Il ne s'agit pas de vêtements destinés à tenir chaud ; s’il existe un risque que vous tombiez dans de l’eau froide, il est impératif de porter des vêtements chauds ou de protection adaptés.

Il existe deux grandes familles de gilets, dont le choix dépend de l'usage :

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  1. Les gilets en mousse : Ils offrent une flottabilité permanente dès l’instant où l’on tombe dans l’eau. Ils sont adaptés à la voile légère, aux catamarans de sport ou à la planche, car ils offrent une protection contre les chocs et le vent. Toutefois, ils prennent beaucoup de place sur un bateau, ce qui limite leur stockage.
  2. Les gilets gonflables : Ils sont disponibles en 100, 150 et 275 Newtons (N). Ils se gonflent automatiquement au contact de l’eau ou manuellement via une poignée. Ces modèles sont prisés pour leur ergonomie, leur compacité, leur faible poids et leur capacité à retourner automatiquement une personne inconsciente sur le dos.

La flottabilité, exprimée en newtons, est le critère déterminant. Un gilet 50N est une simple aide à la flottabilité, insuffisante pour retourner une personne inconsciente. Pour la haute mer ou par mauvaise condition, il est recommandé de choisir une flottabilité supérieure à 150 N, car un gilet de 150 N ne sera pas en mesure de retourner une personne portant un ciré lourd. Les modèles 275 N sont conçus pour avoir une force suffisante pour retourner sur le dos toutes personnes portant des cirés lourds après être passées par-dessus bord.

La réglementation et l'obligation d'emport

La réglementation, notamment la division 240, n'impose pas le « port » du gilet à bord, mais elle impose son « emport ». Le propriétaire du navire doit garantir qu'il y a au moins un gilet par personne embarquée. Cette distinction est cruciale : si la loi ne vous verbalisera pas pour le simple fait de ne pas porter votre gilet, la responsabilité du commandant de bord est engagée quant à la disponibilité de ces équipements.

Lors de l'utilisation, le choix doit être dicté par la pratique, la morphologie et le poids. Il est rappelé que les gilets de sauvetage ne fonctionnent jamais en fonction du poids de l'utilisateur, mais ajoutent des kilos au poids normal. Ils doivent être parfaitement ajustés, idéalement avec une sangle sous-cutale pour éviter que le gilet ne remonte en cas d'immersion. Pour les enfants, le port du gilet est une nécessité absolue, que ce soit en navigation, au mouillage ou au ponton.

Entretien et fiabilité des systèmes automatiques

La question de la maintenance est centrale : un gilet qui n'est pas entretenu est un gilet qui ne fonctionne pas. Tous les gilets de sauvetage doivent être inspectés conformément aux instructions du fabricant. Il est conseillé de retirer le gilet de sa housse chaque mois pour une inspection visuelle.

Les systèmes de gonflage, comme le système UML MK5 ou Pro Sensor Elite, sont d'une grande fiabilité. Ils reposent sur une pastille hydrosoluble ou un détecteur de pression de l'eau qui déclenche la percussion d'une cartouche de CO₂ en trois à quatre secondes. Une erreur fréquente est de croire que ces gilets ont une date de péremption : ils n'en ont pas au sens propre, mais leur capacité à ajouter des kilos de flottabilité peut s'altérer avec le temps, notamment si les étanchéités sont brisées ou si la cartouche est corrodée.

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Le transport aérien des gilets de sauvetage

Le transport de gilets de sauvetage en avion, souvent source de confusion, est régi par les règles de l'OACI et de l'IATA. En principe, il est possible d’emporter jusqu’à deux dispositifs de sécurité individuels autogonflables avec leurs cartouches de CO₂ en bagage de cabine ou en soute, avec l'autorisation préalable de la compagnie aérienne.

Il est vital de distinguer les cartouches de CO₂ des gilets de sauvetage des autres petites cartouches de gaz. La limite de 28 g ou 50 ml, souvent appliquée à tort par le personnel au sol, ne concerne pas les gilets de sauvetage. Cependant, il est fortement conseillé d'obtenir une autorisation écrite, de la joindre à sa réservation et d'être préparé à justifier le matériel lors du contrôle de sûreté.

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