La pratique de la pêche en float tube, ou même en kayak et en bateau, nécessite une attention particulière à la sécurité. Parmi les équipements indispensables, le gilet de sauvetage occupe une place primordiale. Il est souvent source de questions pour les débutants qui souhaitent s'équiper, notamment concernant le type de gilet le plus adapté et les normes à respecter. L'objectif est de s'assurer d'un équipement qui offre une sécurité maximale, sans entraver la liberté de mouvement ou le confort, des aspects essentiels lors de longues sessions de pêche. La question de l'obligation légale, des performances des différents modèles ou encore des particularités liées à l'utilisation de waders multicouche sont des préoccupations légitimes qui méritent des réponses détaillées et précises.
Obligation Légale et Bon Sens : Le Float Tube comme Embarcation
La première interrogation qui se pose souvent est de savoir si un gilet de sauvetage en float tube est obligatoire. La réponse à cette question est un "oui" catégorique. Même si la loi ne l'imposait pas, le bon sens voudrait que l'on en porte un quand même. Sur la question du port du gilet, aux yeux de la loi, le float tube est considéré comme une embarcation, rendant le port du gilet de sauvetage obligatoire. Il importe peu que vous soyez champion du monde de votre village de natation, c'est obligatoire ! Tous les ans des pêcheurs en barque meurent noyés parce qu’ils ne portaient pas de gilet de sauvetage. Cet accessoire est obligatoire dans le bateau. Un gilet de sauvetage est un élément de sécurité que tout usager à bord d’une embarcation se doit de posséder. Cependant il n’est pas obligé de le porter s’il se trouve proche d’un abri ou de la côte. Néanmoins sur l’eau nous ne sommes rien et un accident est vite arrivé. C’est pourquoi il est fortement conseillé de porter son gilet de sauvetage à bord de son navire de plaisance. Si le port d'un gilet de sauvetage pour la pratique de la pêche en mer depuis une embarcation, comme le kayak, est plus ou moins bien respecté, il reste du chemin à faire en ce qui concerne la pratique en eau douce. En ce qui concerne les différentes législations pour la pratique de la pêche depuis une embarcation sur les eaux intérieures, il est vrai que certains flous juridiques n'arrangent rien.
Flottabilité et Normes : Distinguer Aide et Sauvetage
Le critère probablement le plus important pour choisir un gilet est celui de la flottabilité, car c'est votre vie qui en dépend directement. Les gilets sont classés par flottabilité qui s’exprime en Newton (N). L’indice de flottabilité en newton (il y en a quatre selon la norme ISO 12402) exprime une valeur de référence moyenne. Il n’existe pas un mais des gilets de sauvetage. En effet, selon le poids du porteur, il faut choisir des modèles bien spécifiques. Attention, il peut y avoir quelques différences entre les marques, il est donc crucial de regarder toujours les recommandations propres à la marque.
Les gilets d'aide à la flottabilité et les gilets de sauvetage se distinguent clairement par leur indice de flottabilité. On parle d’aide à la flottabilité et non de gilet de sauvetage pour les modèles dont l'indice de flottabilité est de 50 Newtons. Un gilet d'aide à la flottabilité (50 Newtons) ne suffit pas toujours. Comme leur nom l'indique, ce sont des aides, et surtout pas des gilets de sauvetage. Pour se faire une idée, 50 Newton, c'est la flottabilité d'une bouteille d'eau de 5 litres (vide, bien entendu !!!). Compter sur cela pour se tenir en surface et se déplacer avec de gros vêtements de pêche mouillés qui empêchent de faire des mouvements relève de la bravoure. À un sens, les gilets d'aide à la flottaison sont à utiliser uniquement quand l'eau est chaude, que l'on est en tee-shirt/baskets et pas trop fatigué par la journée de pêche ou un repas un peu copieux. Pour une personne consciente en eau tranquille, deux valeurs pour les gilets d'aides à la flottabilité sont de 50 newtons. Le plus simple des gilets est bien celui en mousse, aussi appelé gilet de flottaison. De faible Newton, de 50N à 100N, c'est une aide à la flottabilité plus qu'un réel outil qui peut sauver la vie. Le gilet d'aide à la flottabilité est bien souvent un gilet en mousse.
On commence à parler de gilet de sauvetage à partir de 100 N. Une flottabilité de 100 newtons est adaptée pour une personne sans vêtements encombrants en eau protégée. Pour info, 100 Newton est la norme minimale des gilets à avoir sur un bateau dans le cadre de l'armement obligatoire pour chaque occupant. C'est également l'indice obligatoire pour les enfants de moins de 30 kg. Pour un pêcheur de 70kg et plus, chez Plastimo par exemple, il sera recommandé un gilet 100N.
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Cependant, il est souvent préconisé, surtout en float tube, d'opter pour une flottabilité supérieure. En float-tube (comme en kayak et en bateau d'ailleurs), si l'on veut parler sécurité, c'est un gilet de sauvetage 150N, et pas moins. Le gilet de sauvetage 150N assure une flottabilité bien meilleure qu'un simple gilet en mousse, en effet la flottabilité d'un gilet autogonflant est au minimum de 150 Newtons. Un gilet de 150 newtons est conçu pour une navigation loin des côtes et avec des habits encombrants. Christophe Lamaud, après réflexion, a commandé un 150N manuel. Il est important de noter que la flottaison est moindre en eau douce qu'en mer, donc la logique voudrait qu'on ait un gilet de plus grande flottaison théorique en eau douce qu'en mer. Partir du principe que "qui peut le plus peut le moins" est une approche judicieuse en matière de sécurité. Le gilet 170 N Deckvest Lite de chez Spinlock répond parfaitement à la pratique de la pêche en toute sécurité, que ce soit en mer ou en eau douce. Son indice de flottabilité est de 170 newtons.
Pour des conditions extrêmes, des gilets de 275 newtons sont disponibles pour une navigation en conditions extrêmes et avec des vêtements très lourds. Ces deux dernières valeurs (150N et 275N) assurent en outre un retournement sur le dos en cinq secondes maximum pour les personnes inconscientes. Plus le nombre de newtons est important, plus le gilet sera efficace. Plus le nombre est grand, plus le gilet va vous faire flotter et sera conseillé pour des conditions extrêmes, de grosses embarcations ou un fort éloignement de la côte. Et vice versa, plus le chiffre est petit, plus il sera adapté à une pratique proche du bord ou par temps calme.
Le Mythe des Waders et la Réalité de la Flottaison
Une préoccupation fréquente chez les pêcheurs en float tube est le risque lié aux waders multicouche qui peuvent se remplir une fois dans l'eau. Il est crucial de dissiper une idée reçue : un wader rempli d'eau ne va pas entraîner le pêcheur au fond de l'eau. Au pire, cela va le gêner dans ses mouvements, ni plus, ni moins. Cette affirmation est corroborée par plusieurs expériences et témoignages. Cependant, cette gêne n'est pas à sous-estimer, surtout avec de gros vêtements de pêche mouillés qui peuvent empêcher les mouvements. Il faut noter que si les waders sont en néoprène, cela peut même aider à la flottabilité. En cas de chute avec des waders, même s'ils ne font pas couler, la sensation peut être très désagréable et déstabilisante. Pour éviter l'affolement en cas de chute imprévue, un conseil qui peut paraître inhabituel mais pertinent est de tester volontairement la situation. À l'occasion, prendre tout ce qu'il faut pour se changer et remplir volontairement ses waders pour voir ce que ça fait (une piscine est l'idéal pour cet exercice). De cette façon, en cas d'accident, on restera maître de soi, ayant déjà expérimenté la sensation. En outre, attention si vous portez des waders, le surpoids d'eau en cas de chute est à prendre en considération lors du choix du gilet.
Types de Gilet : Mousse contre Autogonflant
Concernant les types de gilets, il existe principalement deux grandes catégories : les gilets en mousse et les gilets autogonflants. Chaque type de gilet a ses avantages et ses inconvénients.
Le gilet en mousse est certainement le moins cher de tous. À la manière d'un gilet de pêche, il peut être équipé de poches de rangement ou non. On retrouve généralement trois plaques de mousse sur ce type de vêtement : une dorsale et deux au niveau du torse. Le gilet d'aide à la flottabilité est bien souvent un gilet en mousse. Le gilet en mousse est souvent moins cher.
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Les gilets autogonflants, bien que plus onéreux, offrent un confort et une liberté de mouvements incomparables. Les gilets actuellement en vente et destinés à la pêche sont des modèles automatiques qui se gonflent et se déploient comme un airbag dès que son porteur se retrouve immergé. Le principe est simple : un percuteur perce une bouteille de gaz qui remplit très rapidement une vessie en plastique qui fait alors office de bouée et supporte la tête hors de l'eau pour libérer les voies respiratoires. Dans les gilets autogonflants, on retrouve deux familles : à déclenchement manuel et à déclenchement automatique. Un gilet à cartouche de CO2 est muni, comme son nom l’indique, d’une cartouche de CO2 qui, une fois percutée, vient gonfler un boudin autour de votre cou, ce qui permet de maintenir la tête hors de l’eau.
Déclenchement Manuel ou Automatique : Un Choix Stratégique
Le choix entre un gilet à déclenchement manuel ou automatique est un point de débat important, car il a des implications directes sur la sécurité en cas d'incident.
Le gilet à déclenchement manuel : Il existe des modèles manuels qui se déclenchent grâce à une poignée que l'on tire pour faire actionner le système. Ils sont adaptés aux personnes habituées à être sur l'eau qui ne stressent pas une fois tombées à l'eau, pour des conditions calmes ou lorsque plusieurs personnes sont présentes sur l'embarcation. Cependant, un accident est vite arrivé. Le gilet à déclenchement manuel est une solution économique. Cependant, cela n'est valable que si l'on est conscient quand on tombe à l'eau. Si l'on s'assomme en tombant à l'eau ou que l'on fait une hydrocution, on ne peut pas déclencher le système. C'est bien là que le côté manuel de ce type de gilet trouve ses limites. Beaucoup de pêcheurs optent pour le déclenchement manuel sans hésitation. En étant très près de l'eau, il est fort probable qu'un gilet automatique à pastille de sel se déclenche seul, c'est pourquoi un gilet à déclenchement manuel est préféré par certains utilisateurs pour le float tube.
Le gilet à déclenchement automatique : Ces modèles se déclenchent en cas de chute dans l'eau grâce à une cartouche de gaz. Ils sont privilégiés par ceux qui pêchent parfois seuls, car en cas de choc sur la tête, de malaise dû à la chaleur ou autre, il serait impossible de tirer sur la manette pour le déclencher. Ces modèles sont très compacts et se font très vite oublier. Il est toujours préférable d'avoir sur soi un gilet à déclenchement automatique qu'un gilet à gonflage manuel. On peut très bien tomber à l'eau inconscient. Le système de déploiement est automatique pour certains modèles.
Il existe des compromis, comme certains gilets gonflables qui possèdent un percuteur spécial pouvant être basculé en mode automatique ou en mode manuel grâce à un système propre à la marque. Un exemple est l'adaptateur manuel SECUMAR, qui limite le fonctionnement du dispositif de gonflage automatique SECUMATIC 4001S au mode semi-automatique.
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Les Systèmes de Déclenchement Automatique
Deux systèmes de déclenchement sont disponibles actuellement sur ce genre de gilets.
Le système à pastille de sel ou de cellulose : Le plus connu est l'UML (United Mouders Limited) qui contient une cartouche hydrosoluble en cellulose qui, au contact de l'eau, fond immédiatement et libère le percuteur. Ces cartouches, qui fonctionnent aussi en manuel, sont équipées de repères verts qui deviennent rouges en cas de fonctionnement. Un troisième système, de moins en moins courant, est basé sur le même principe, mais c'est une cartouche de sel qui gère le déclenchement automatique. Ces déclencheurs sont sensibles à l'humidité et ne supportent pas le stockage dans des coffres humides de bateau. Ce premier système est fortement avantageux lorsqu'il faut changer la cartouche car elle se trouve à l'extérieur du boudin.
Le système hydrostatique ou Hammar : C'est un déclencheur onéreux mais ne craignant pas l'eau, puisqu'il se sert de la pression de celle-ci une fois immergé pour se déclencher. Le second système se déclenche à la pression de l'eau lorsque le gilet est immergé de quelques centimètres dans le liquide. Il peut ainsi être éclaboussé sans risque que le système percute. Quand on est en kayak, avec une combinaison "sèche", cela peut limiter l'effet "hydrocution" en cas de bain forcé, puisque l'eau ne va pas s'engouffrer dans le vêtement, mais un déclenchement hydrostatique reste le plus sûr. Pour la pêche en kayak, un gilet d'aide à la flottabilité peut convenir, mais si l'on est souvent mouillé à bord de son bateau, un système Hammar sera plus adapté.
Confort et Ergonomie : L'Importance d'un Gilet Porté
Les gilets de sauvetage ont fait d'énormes progrès en matière de confort. Désormais, on peut les porter toute une journée sans éprouver la moindre gêne dans ses mouvements. La coupe plus fine, plus légère et un tissu plus doux font que le gilet se fait vite oublier en action de pêche. Les mouvements de lancer ne sont pas gênés. Ces gilets sont conçus pour supporter la pluie ou les embruns. Il est essentiel que le gilet soit confortable, car si votre gilet n'est pas confortable, vous ne le mettrez pas et donc il ne servira à rien. Les modèles autogonflants sont très compacts et se font très vite oublier. L'essayage du gilet est une étape cruciale pour s'assurer de son confort. Un gilet 170 N Deckvest Lite de chez Spinlock est très léger et confortable, contrairement au gilet d'aide qui, lui, couvre plus le corps, est moins confortable en action de pêche et tient plus chaud. La coupe s'adapte à toutes les morphologies car certains gilets sont à taille unique, comme le modèle Crewfit qui est un best-seller dont le rapport qualité prix est très bon. Compact, il reste l'un des gilets les plus légers de sa catégorie. Certains modèles, comme le Tribord de Decathlon, sont également qualitatifs et ne gênent pas les mouvements.
Coût et Entretien : Investir dans la Sécurité
Le prix ne devrait pas être un frein quand il s'agit de la sécurité. "Peu importe le prix, vous serez bien content d'avoir économisé 10€ si vous vous retrouvez au fond de l'eau !!!" Pour donner un ordre d'idée, la gamme des gilets en mousse va de 16€ à 200€ et pour les gonflables de 50€ à 800€ pour certains modèles pro. Mais inutile d'y mettre ce prix pour la pêche en float tube ou en barque. Contrairement au gilet à cartouche de CO2 où il faudra compter minimum 100 euros pour vous en équiper.
Outre le prix du gilet lui-même, il faut penser au prix des cartouches de rechange. Il faudra opter pour la capacité correspondant à votre gilet (100N = 24g, 150N = 33g…). En moyenne, il convient de remplacer les systèmes de déclenchement tous les 3 ans ou selon la date préconisée et inscrite sur le déclencheur.
À l'heure actuelle, il n'y a pas d'obligation sur le point de l'entretien. Néanmoins, le gilet de sauvetage étant un élément de sécurité, il ne faut pas le négliger. On a le choix entre une "révision" dans les ateliers de la marque ou de le faire soi-même. Voici les points à vérifier (non exhaustifs) : le bon état général du gilet (usure, grignotage par rongeur…), l'état des sangles (toujours solides, pas effilochées…), l'état des systèmes d'attaches (particulièrement les boucles en plastique qui ont tendance à "cuire" au soleil et au gel), et la tête de percussion. Pour être tranquille, il est recommandé de vérifier régulièrement et de faire un check-up complet et poussé tous les ans. Il vaut mieux perdre 5 minutes à vérifier que de perdre la vie. Rappelez-vous, ça n'arrive pas qu'aux autres.