La pratique du kayak, bien que souvent perçue comme moins traumatisante pour les genoux que d'autres activités, n'est pas exempte de défis en matière de confort et de santé articulaire. Des douleurs spécifiques peuvent apparaître, soulignant l'importance d'une compréhension approfondie de la posture, du calage et même des mécanismes physiologiques sous-jacents. Cette exploration détaillée vise à fournir des conseils pour une position confortable et à prévenir les traumatismes liés à cette activité nautique.
Identifier et Comprendre les Douleurs au Genou en Kayak
Les pratiquants de kayak peuvent rencontrer diverses formes de douleurs au genou. Il est observé que ces douleurs peuvent survenir ou s'aggraver spécifiquement lors de la pratique, comme l'a noté un utilisateur : "j'ai vraiment du mal à croire que la pratique du CK n'y soit pour rien". Un autre a affirmé : "En réalité je crois que c'est essentiellement en pagayant un EZ que mes douleurs sont apparues." Ces témoignages suggèrent un lien direct entre l'activité et l'apparition des symptômes.
Les douleurs peuvent se manifester sur l'extérieur du genou, notamment lors de pratiques intensives telles que le VTT ou la marche en haute montagne, des activités qui sollicitent les mouvements latéraux de l'articulation. Un médecin du sport a pu diagnostiquer un "problème ligamentaire grand ligament externe hanche/genou et des ligaments latéraux du genoux" suite à un mouvement répétitif de torsion latérale du genou. Ce type de problème peut rapidement être handicapant, d'où l'importance de consulter sans tarder. Le "syndrome de l'essuie-glace" est une affection fréquemment citée, et pour laquelle des étirements, une tonification si nécessaire et des conseils d'hygiène de vie peuvent rapidement améliorer la situation. Les soins anti-inflammatoires locaux, sous forme de massages transversaux ou d'ultrasons, sont également des approches thérapeutiques possibles.
Certains experts suggèrent que l'apparition de douleurs pourrait être liée à un déséquilibre musculaire. Il est possible que le kayak développe excessivement un muscle intérieur sans solliciter adéquatement son pendant extérieur, pourtant essentiel lors d'activités comme la course à pied. La musculature des jambes ne travaillant pas vraiment intensément dans la position kayak, cette explication "tient la route" selon certains, car elle met en lumière un développement asymétrique.
L'Importance Cruciale du Calage et de la Posture dans l'Embarcation
La manière dont le kayakiste est installé dans son embarcation est fondamentale pour prévenir les douleurs. Un calage inadapté peut être la cause principale des problèmes de genoux. Comme il a été souligné, "ça vient peut être de ton calage dans le bateau. Tu es peut être plus calé au niveau des genoux et c'est là que se répartit l'effort en torsion latérale (exactement comme il ne faut pas) et pas suffisamment au niveau des cuisses." Cela signifie qu'un appui excessif sur les genoux, avec une force répartie en torsion latérale, est une erreur de positionnement à éviter.
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La contrainte en charge du genou, associée à des calages plus ou moins serrés, joue un rôle majeur. La rotation des genoux en positions valgum (genoux qui se touchent, plus fréquente chez les femmes) ou varum (genoux en arceau, comme "Lucky Luke", plus fréquente chez les hommes) peut entraîner une contrainte sur les bords extérieurs ou intérieurs des genoux. Ces contraintes expliquent souvent les douleurs ressenties à la sortie du kayak, voire même avant.
Le réglage de l'assise est le point de départ essentiel de toute posture. Il est conseillé d'épouser le relief de l'assise tout en ayant les fesses "un chouia en arrière", mais sans pour autant toucher le dosseret. Si le dosseret est touché dès le départ, cela peut indiquer que le dos est trop en arrière, signe d'une mauvaise posture ou d'une fatigue prématurée. Certains utilisent le dosseret "bandé en avant comme un arrêt d'angle du bas du dos" pour un calage volontaire, agissant comme un témoin de rappel maximal.
Après l'assise, les réglages des cale-pieds et des cales-genoux sont primordiaux. Placer les pieds sur les repose-pieds à l'intérieur du kayak, en les gardant légèrement fléchis, est une recommandation générale. Toutefois, il est important de ne pas être "trop tendu" au niveau des genoux et des pieds, car cela peut entraîner des douleurs aux chevilles. Chaque individu ayant un angle d'appui du pied qui lui est propre, un ajustement personnalisé des cale-pieds est souvent nécessaire. Pour certains kayaks, il peut même être utile de "confectionner un plateau" si le cale-pied est une simple barre transversale, afin d'optimiser l'appui. L'expérience montre que le ressenti et les réglages personnalisés sont déterminants : "le ressenti et "full" réglages reste perso". Des kayaks comme l'ancien surf-ski, où les genoux sont libres et l'appui se fait sur un palonnier, peuvent s'avérer moins problématiques pour certains.
Les Aspects Neurologiques des Douleurs et Fourmillements
Au-delà des problèmes articulaires et musculaires, les douleurs et les sensations de fourmillements peuvent trouver leur origine dans des mécanismes neurologiques complexes. Les neurosciences et la neurologie offrent des explications pertinentes aux douleurs locales, soulignant que "la tension mécanique excessive peut causer une hypoxie (manque d'oxygène) et des lésions aux nerfs, menant à intensifier la sensibilité mécanique et à la douleur (de ces nerfs)". Dans ces circonstances, "les mouvements qui sollicitent mécaniquement les tissus neuraux peuvent provoquer des symptômes (douleurs)".
Les nerfs possèdent leur propre innervation et surtout leur propre vascularisation, essentielle à leur bon fonctionnement. Lorsqu'ils sont soumis à un étirement, les nerfs ont des mécanismes protecteurs. En effet, "when nerves are elongated within physiologic (normal) limits, adequate neural blood flow is maintained, but only up to the point where the normal vascular protective mechanisms are preserved". La maintenance du flux sanguin intraneural lors d'un étirement nerveux est rendue possible par les vaisseaux sanguins des nerfs qui contiennent des ondulations et des enroulements. Lorsque les nerfs sont détendus, ces convolutions vasculaires sont accentuées.
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Cependant, si le nerf est étiré au-delà de ses limites physiologiques, "the vascular coils follow the nerve elongation and are pulled taut". De plus, le lumen des vaisseaux se réduit, et une occlusion peut survenir, "particularly when the nerve is stretched beyond the limit of protection (Lundborg & Rydevik 1973)". Dans ce cas, les vaisseaux sanguins sont "étranglés", le flux sanguin intraneural est compromis, et la fonction nerveuse se détériore (Ogata & Ngaito 1986).
Si l'étirement dépasse légèrement les limites de protection et n'est que de courte durée, "nerve function is likely to return rapidly to normal (Lundborg et at 1982)". Cependant, si la contrainte exercée sur le nerf est "particularly severe or sustained, the alterations in nerve function will be permanent". Cette perturbation du flux sanguin intraneural peut donc entraîner une anoxie et des lésions nerveuses, rendant le nerf hypersensible à la mécanique et provoquant de la douleur.
Des expériences personnelles illustrent ces phénomènes : une luxation d'épaule avec élongation brutale et importante des nerfs du creux axillaire a entraîné des conséquences durables. Même si l'épaule n'est restée luxée que quelques minutes, il a fallu "4 mois pour récupérer la sensation de ce que je faisais avec les doigts, et plus de 18 mois plus tard j'ai encore des fourmillements, et une sensibilité accrue avec une augmentation des fourmillements lors de positions qui étirent un peu le creux axillaire". Il est donc crucial de pouvoir distinguer "des simples fourmillements par compression vasculaire et des fourmillements d'origine nerveuse" pour un diagnostic et un traitement appropriés.
Prévention et Solutions Thérapeutiques face aux Problèmes de Genoux
Face aux douleurs ou aux gênes au genou, l'action la plus recommandée est de ne pas laisser traîner la situation, car "attendre peut aggraver les choses". Il est impératif de "consulter" rapidement un spécialiste. "Va faire un tour chez un kiné, c'est toujours mieux que de laisser traîner ça", est un conseil unanime. Le médecin du sport, tout comme le kinésithérapeute, sera à même de poser un diagnostic précis et de proposer un plan de traitement adapté.
Pour les syndromes de l'essuie-glace et d'autres problèmes similaires, des interventions spécifiques peuvent être mises en place. Des "étirements" réguliers, une "tonification" musculaire ciblée si nécessaire, et des "conseils d'hygiène de vie" sont des piliers de la récupération et de la prévention. Les traitements physiques peuvent inclure des "soins anti inflammatoires locaux à type de massages transversaux, ultra-sons". Pour accélérer la récupération en cas de crise aiguë, des "anti-inflammatoire pour récupérer plus vite" peuvent être prescrits.
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En ce qui concerne l'équipement, une "genouillère avec des renforts latéraux" peut être conseillée dans certains cas, bien qu'il soit mentionné que pour des activités comme le vélo, la marche ou la course, il faut parfois "juste oublier" cette solution en raison de son inefficacité ou de sa gêne. L'accent doit être mis sur l'optimisation du calage dans le kayak, en s'assurant que l'effort n'est pas réparti en torsion latérale sur les genoux, mais plutôt absorbé par les cuisses et les fesses.
Il est également important de noter que toutes les "formes de kayak ne conviennent pas plus ou moins". Certains kayaks peuvent être plus propices à l'apparition de douleurs, tandis que d'autres, grâce à leur conception, offrent plus de liberté et de confort pour les genoux. Ainsi, le choix de l'embarcation peut avoir un impact significatif sur le bien-être articulaire du pagayeur.
L'Impact du Choix du Kayak et des Conditions de Pratique
Le type d'embarcation et les conditions environnementales influencent directement le confort et la prévention des traumatismes en kayak. L'expérience d'un pratiquant illustre bien ce point : "mon ancien surf-ski, jamais eu de soucis, car genoux libre et appui sur un palonnier". À l'inverse, l'usage d'un "EZ" a pu coïncider avec l'apparition de douleurs pour un autre. Cela confirme qu'il existe des "formes de kayak qui conviennent plus ou moins" à la morphologie et aux sensibilités de chacun.
Lors du choix de l'embarcation, il est primordial de considérer que les réglages sont très personnels. Un kayak qui convient parfaitement à une personne peut ne pas être adapté à une autre. Un utilisateur a mentionné qu'il devait lui-même "confectionner un plateau" pour un Bélouga, car "chacun a son angle d'appui du pied". Sur un Xatrac, il a fallu "reprendre" le cale-pied. À l'inverse, son "ancien épic16x" est le seul kayak sur lequel il n'a "rien eu à bricoler", soulignant que "le ressenti et "full" réglages reste perso".
En plus du choix de l'embarcation, les conditions de pratique sont essentielles, surtout pour les débutants. La pratique du kayak est souvent associée à une activité estivale. Pour autant, l’été n’est pas forcément la saison la plus favorable pour débuter. Les journées sont en effet très chaudes et les usagers de la mer "nombreu·ses·x" en cette période de congés annuels. Bateaux et autres jets-skis sillonnent les eaux, et peuvent constituer une source de stress supplémentaire pour les débutant·e·s en randonnée kayak.
Il est préférable de privilégier "une belle journée de printemps ou d'automne, ensoleillée ou même un peu nuageuse, et surtout sans vent". Pour éviter ce dernier, "le mieux est de partir le matin : moment de la journée où les conditions météorologiques et la mer sont calmes". Il n’est pas rare de trouver une mer d’huile à 8h du matin. Cependant, il est crucial de toujours "relever la météo et la marée avant de partir, car une mer calme à 8h peut devenir houleuse et ventée à 10h". De plus, "un fort coefficient de marée contre vous peut s'avérer dangereux". Enfin, "il ne vous reste plus qu’à trouver un·e compagn·e·on d’aventure expérimenté·e qui vous montrera les spots adaptés et les fondamentaux de la navigation". Pour la sécurité, le port du gilet de sauvetage est obligatoire tout au long de la sortie en kayak.