Garrett McNamara : Le Pionnier des Vagues Géantes de Nazaré

De temps en temps, l'univers conspire pour que quelque chose d'extraordinaire se produise. Dans le cas des vagues géantes de Nazaré, quelque chose d'extraordinaire se produit depuis aussi longtemps que les habitants s'en souviennent. Cependant, en dehors des frontières de cet ancien village de pêcheurs, personne ne le savait. Aujourd'hui, la force incroyable du Canyon Nord de Nazaré n'appartient plus seulement aux habitants de Nazaré, mais au monde entier, et au cœur de cette révélation mondiale se trouve Garrett McNamara, un nom indissociable des exploits les plus audacieux sur les murs d'eau les plus imposants de la planète.

L'Appel des Vagues Géantes : Nazaré, un Phénomène Naturel Révélé au Monde

Le village de Nazaré, au Portugal, avec sa topographie côtière unique, abrite un phénomène océanique d'une ampleur inégalée. Sous les eaux de l'Atlantique se cache un canyon sous-marin immense et très profond, s'étendant sur des dizaines de kilomètres. Lorsqu'une houle se crée au large, elle est piégée dans cette tranchée sous-marine et s'intensifie progressivement dans ce goulet d'étranglement naturel. Au dernier moment, toute cette énergie vient se fracasser une centaine de mètres au pied de la falaise, donnant naissance à des vagues d'une taille colossale. C'est pour cette raison que se forment d'aussi grosses vagues : rien ne les retient pendant des dizaines de kilomètres et au dernier moment un obstacle se dresse. Ce trésor naturel, longtemps connu des seuls pêcheurs locaux, a commencé son chemin vers la notoriété mondiale par un geste inattendu.

Tout a commencé par le premier courriel envoyé par la municipalité de Nazaré à un célèbre surfeur du monde entier. Peut-être était-ce la vision inspirée d'un rêveur, ou peut-être était-ce simplement la chance ou l'alignement parfait des étoiles qui a conduit à cette rencontre décisive. Cet homme est Garrett McNamara, un Américain connu depuis longtemps dans le monde du surf. En tant que surfeur professionnel de grandes vagues et waterman extrême, il était célèbre pour avoir chassé les tempêtes et suivi les houles dans le monde entier, cherchant sans cesse à repousser les limites de son sport. Son arrivée allait changer non seulement sa propre vie, mais aussi la destinée d'un petit village de pêcheurs, le transformant en la destination la plus célèbre du monde pour le surf sur les grandes vagues.

Garrett McNamara : Une Vie Dédicacée à l'Océan et à l'Extrême

Garrett McNamara, né à Pittsfield dans le Massachusetts, a eu une enfance pour le moins atypique, forgée dans des communautés hippies. Il a passé son enfance dans des communautés hippies, livré à lui-même, une jeunesse écorchée qui l'a mené au surf. Son histoire, il la doit d'abord à son enfance en autarcie, trimballé d'une communauté hippie à l'autre par des parents absents. S’il a testé la drogue à l’âge de 4 ans, bu de l’essence quelques années plus tard, ou encore fait la douloureuse expérience de manger un cactus dès son plus jeune âge, Garrett McNamara essaye d’en tirer le positif. « On était libres donc il fallait faire les bons choix sans le savoir à l’avance. Tu apprends vite d’une expérience à l’autre », déclare-t-il, ajoutant : « On est le produit de ce qu’on a vécu. » Il a vécu une partie de son enfance loin de son père et de son petit frère, Liam, la plupart du temps en vadrouille avec sa mère et ses différentes conquêtes. Il se souvient d’un périple durant lequel il a atterri dans une ferme, âgé d’une dizaine d’années.

Son premier vrai contact avec la mer survient en 1978, quand sa mère, suivant un nouvel amour, emménage à Cement City sur l’île d’O’ahu à Hawaï. La nuit, quand la houle est forte, il entend les fenêtres vibrer, une prélude aux sensations qu'il allait bientôt chercher. À 12 ans, un peu désoeuvré, il prend ses premières vagues sur une vieille planche à 10 dollars chinée par sa mère. C'est à Hawaï, où il vit sur le North Shore - le temple des surfeurs - depuis ses 10 ans, qu'il découvre les vagues. Les grosses vagues de la côte nord, comme Sunset et Pipeline, ne sont pas encore très populaires dans les années 80. Avec son frère Liam, il goûte aux belles hauteurs et aux joies du tube. Sa première rencontre avec Sunset, une vague mythique et très exigeante du North Shore hawaïen, à l'âge de 15 ans, fut mémorable : « Pour être honnête, mon premier souvenir est un cauchemar. J’ai pris un gadin énorme et j’ai mis du temps avant d’y retourner. Mais l’année d’après, j’ai découvert la joie du tube, le moment le plus critique de la vague où on se fait enfermer. C’était une révélation. Je suis passé du ‘big fail’ au ‘big love’ en une seule vague. » Il décrit le tube ainsi : « c’est tailler la face verticale d’un monstre outremer, avant d’être recraché par un tube bleu marine. Une insignifiante silhouette fragile sur sa planche fuyant une vague immense et blanche de colère. »

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La carrière du jeune Garrett le mène à devenir professionnel, parfois en concurrence avec son frère. Il décroche ses premiers sponsors japonais à 18 ans. Sa carrière est faite de hauts et de bas, un jour en haut du classement, le lendemain blessé, déchu. En 2002, il prend sa retraite du surf et ouvre un magasin, mais il se sent misérable car il ne surfe pas. Ce mal-être le pousse à élaborer un business plan pour continuer à surfer, et ce plan fonctionne. Ce fut un moment vraiment crucial, le menant à genoux et à pleurer après sa réussite. La même année, il découvre le surf tracté dans les murs d’eau de Jaws et remporte la Jaws Tow-In Competition. Il trouve alors sa voie et force son destin, transformant radicalement son mode de vie. Il arrête la fumette et les fêtes, devient adepte du yoga, de l’apnée et de la diététique. Garrett McNamara a voué sa vie au surf, et son tempérament aventurier et un brin casse-cou fait de lui un surfeur mythique. Le message du « boss » des grosses vagues est de la trempe des alpinistes : suivre ses rêves, ne jamais renoncer, avoir la splendeur du monde pour camarade. Il n'aime pas le format de compétition et s'oriente naturellement vers la chasse aux grosses vagues pour étancher sa soif d'adrénaline.

Des Exploits Précurseurs aux Records Mondiaux

Avant de graver son nom dans l’histoire du surf de grosses vagues à Nazaré, Garrett McNamara s'était déjà distingué par des exploits audacieux à travers le monde. Il était notamment célèbre pour avoir chassé les tempêtes et suivi les houles. Il a notamment réussi à surfer un monstrueux barrel au Jaws surf break, à Hawaï. Son parcours de "waterman extrême" l'a également mené à des expériences encore plus radicales. En 2007, il a chevauché un tsunami provoqué par le vêlage des glaciers en Alaska. Il se souvient de cette expérience avant laquelle il avait surfé tellement de vagues partout dans le monde qu’il était déjà en quelque sorte désensibilisé, mais il ressentait encore de l’excitation. Lorsque vous êtes excité, c’est alors que la peur s’installe dans votre esprit et ensuite c’est le tour de votre corps d’avoir peur et vous recevez des flots d’endorphines et de dopamine. Après 2007, lorsqu’il a surfé une vague sous un glacier en vêlage, il a regardé en l’air et a vu cette masse de glace de 100 mètres de haut et environ trois kilomètres de long, se dresser au-dessus de lui. Il était juste au-dessous, à 15 mètres de distance. S’il s’était effondré à ce moment-là, il aurait été écrasé au fond de la glace. L’excitation qu’il a ressentie à cet instant était si puissante qu’elle a étouffé sa capacité à craindre l’océan. Soudain, rien n’était aussi effrayant que cette expérience.

Cependant, c'est à Nazaré, au Portugal, qu'il a battu le record du monde de la plus grande vague jamais surfée. Son premier voyage à Nazaré en 2010 avait pour objectif ambitieux de conquérir une vague de 30 mètres. En novembre 2011, il a pris une vague de 78 pieds (24 m) à Praia do Norte, à Nazaré. Cet exploit, le premier record du monde de la plus grosse vague jamais surfée, a été possible non seulement parce qu'il a été remorqué dans la vague à partir d'un jet ski, mais aussi parce qu'il a osé y croire et a continué à croire qu'il était possible de surfer une vague encore plus grande. C’était à Nazaré au Portugal en 2011.

Deux ans plus tard, en janvier 2013, McNamara a récidivé, à l'âge de 46 ans, en battant son propre record du monde en surfant une vague de 30 m, également au large de Nazaré. Ce jour-là, le lundi 27 janvier 2013, un homme s’élançait depuis le sillage d’un jet-ski, sur une vague au large de "Praia do Norte" au nord d’une bourgade de pêcheur baptisée Nazaré. Le grand public découvrait alors l’image fascinante et terrifiante d’un homme en lévitation sur un surf chevauchant un monstre marin. C'est cette photo incroyable qui a fait le tour du monde. Avec le phare perché sur la falaise, on peut penser que la vague dépasse un immeuble de huit étages, voire dix ou douze étages selon Garrett, car « Il n’y a plus de limite à l’imagination ». À partir de ce moment, non seulement sa vie allait changer à jamais, mais la reconnaissance de Nazaré et du Portugal dans le monde ne serait plus jamais la même. Soudain, la ville de 12 000 habitants construite au pied d’une falaise vertigineuse devenait le centre d’un monde : le monde des chasseurs de vagues. Sur terre, il existe aujourd’hui plus d’hommes à avoir voyagé dans l’espace ou posé le pied sur la lune que d’individus ayant surfé une telle vague.

Les exploits de Garrett McNamara ont été reconnus par l'industrie du surf. Il revendique plusieurs titres auprès des XXL Awards, le système de récompenses sacrosaint orchestré par la marque australienne Billabong. En 2008, il raflait le titre de performance de l'année, et en 2009, celui de la plus grosse vague surfée. En 2012, c'est carton plein pour l'Hawaïen qui cumule trois récompenses : la plus belle vague de l'année, mais aussi la plus grosse vague sur la même période. Et preuve de son engagement couillu, il remportait aussi le titre du plus gros wipeout de l'année.

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Le Portugal : Une Histoire d'Amour et un Ancrage Personnel

L'expérience incroyable de Garrett McNamara à Nazaré n'a pas seulement redéfini sa carrière professionnelle ; elle occupe également une place spéciale pour le surfeur américain sur le plan personnel. Son lien avec le Portugal est si profond qu'il le décrit comme une véritable histoire d'amour. « Mon premier voyage devait être en France lorsque je suis arrivé en Europe, puis peut-être en Irlande ou en Écosse. Je n'ai jamais pensé à venir au Portugal, comme tous mes amis, et comme la plupart des Américains. Vous alliez en Italie, en France ou en Espagne, mais le Portugal n'était pas la destination souhaitée », explique M. McNamara au cours d’une interview. Il se souvient que lorsqu'il est finalement venu au Portugal, « ce fut le coup de foudre. »

« Lorsque je me suis approché du phare le premier jour et que j'ai vu les vagues géantes, j'ai été instantanément captivé », se souvient-il, partageant plusieurs moments au cours des 10 années qui ont abouti à battre le record du monde et à tomber amoureux de Nazaré. « C'est là que tous mes objectifs et mes rêves ont été finalisés. C'est là que je me suis marié. La particularité du Portugal et moi, c'est que c'est comme une histoire d'amour, comme un conte de fées… », garantit le surfeur. McNamara a épousé sa femme Nicole McNamara au phare qui surplombe Praia do Norte, scellant leur union dans ce lieu emblématique de leurs exploits. Le nom du deuxième enfant du couple, Theia Love Nazaré Celeste Rose, née en 2018, rend également hommage à cette terre magique, liant son identité au lien que la famille entretient avec "Nazaré" et "Celeste" (une restauratrice locale qui a cru en l'équipe de McNamara depuis le début et avec qui ils se retrouvent au restaurant Celeste, à Nazaré). Leur troisième enfant est attendu en décembre et naîtra à Nazaré, où le couple vit actuellement avec sa famille.

Garrett McNamara exprime un attachement profond au peuple portugais : « J'ai une histoire d'amour avec le Portugal et les Portugais », dit McNamara, « une fois que vous faites partie de la communauté, tout le monde est si chaleureux, et vous êtes comme une famille. » Il ajoute : « C'est super spécial pour les enfants parce que je sais qu'ils sont en sécurité ici. (…) Tout ici est une question de famille, et tout le monde veille sur tout le monde. » Cette perspective reflète non seulement un sentiment de sécurité et de communauté, mais aussi une appréciation de la qualité de vie.

Le surfeur professionnel souligne également la singularité du Portugal sur la scène mondiale du surf : « Tous les pays européens ont leurs tours, leurs ponts et leurs bâtiments, et ils sont tous assez semblables. L'un peut être rouge, l'un peut être en pierre, l'un peut être en brique… Ils ont tous tellement d'histoire et sont si emblématiques, si beaux, et ils sont là depuis toujours. Ils l'ont tous ! La chose qui sépare le Portugal de tous les autres pays du monde est qu'il possède la plus grande vague du monde. Aucun autre pays ne s'en approche ! » Grâce aux exploits de McNamara et d'autres, le Portugal est devenu une référence incontournable. Il observe que, « sur Internet, les photos et les vidéos de tous les surfeurs que nous avons invités circulent dans le monde entier, avec des millions et des millions de vues chaque jour. Le monde entier est en train de venir. »

À propos de la vie au Portugal, McNamara partage également son appréciation du paysage, de la nourriture et du peuple portugais. « Nous avons ces collines vierges et ces plages magnifiques, et cela ne changera jamais. Nous avons des gens chaleureux et accueillants qui préparent une nourriture extraordinaire. Nous sommes principalement sur le littoral, donc c'est surtout des fruits de mer, mais ils font tout bien ! De si bons produits, de si bons vins. Chaque région du Portugal est si différente, avec des coins et recoins particuliers, des manières d'être et de cuisiner, et des petits marchés dans la rue. La plupart des villes ont un grand marché où vous pouvez acheter vos produits, votre poisson et votre viande. C'est vraiment étonnant ! » Il considère le Portugal comme un lieu idéal pour élever une famille : « Je dirais que c'est l'un des meilleurs, sinon le meilleur endroit au monde pour élever un enfant en ce moment. Je ne vois pas d'endroit meilleur, plus sûr et plus stable. »

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Derrière l'Exploit : Préparation, Équipement et Stratégie

Le surf de grosses vagues, tel que pratiqué par Garrett McNamara, est bien plus qu'un simple sport ; c'est une discipline qui exige une préparation physique et mentale rigoureuse, un équipement de pointe et une stratégie méticuleuse. Décrire le sentiment que procure le surf sur d’aussi grosses vagues, McNamara l’assimile à « s’engager dans une course de voitures et conduire sur une route de montagne en essayant d’échapper à une avalanche qui vous arrive dessus. L’avalanche est en train d’engloutir la voiture et vous faites de votre mieux pour ne pas être emporté, mais en même temps vous essayez de rester sur le bord. » Une fois que vous l’avez fait souvent, dit-il, vous surfez avec votre cœur, pas avec votre cerveau, et vous vous sentez à l’aise. C’est très spirituel.

Pour atteindre et maintenir ce niveau, McNamara adopte une rigueur militaire à l’entraînement. « Pour ça il faut s’entraîner. Je mange bien, je dors bien, je fais attention à maintenir un certain équilibre. Mais ça ne suffit pas. Je m’entraîne trois fois par jour. » Sa routine commence tôt : « Le matin dès 5h30, j’ai un rituel pour réveiller mon esprit et mon corps. C’est très spirituel et ça peut faire sourire. Mais je sais que le physique ne fait pas tout. » Ensuite, à 6h00, il s’attèle au renforcement musculaire, collaborant avec plusieurs préparateurs pour varier les entraînements et éviter une routine physique qui pourrait créer un faux sentiment de maîtrise. « Il faut rester en alerte, c’est une question de survie. » Le surf lui-même constitue un entraînement naturel, et le soir à 18h00, il pratique le yoga pour connecter les deux mondes : physique et mental.

Le surf de grosses vagues, et notamment les records établis à Nazaré, est rendu possible grâce à des techniques avancées comme le tow-in surfing, où le surfeur est remorqué vers la vague par un jet-ski. Cette méthode nécessite une coordination parfaite entre le surfeur et son pilote. Dans l'antre de leur laboratoire secret, un garage dans la zone artisanale du port de commerce de Nazaré, McNamara et son équipe inspectent méticuleusement leur matériel. Ils utilisent trois jetskis de 1 400 cm3 dont l’injection et la puissance du moteur ont été modifiées pour répondre à leurs besoins sur les grosses vagues, chaque machine coûtant près de 20 000 €. L'un d'eux, un peu plus puissant, est destiné au pilote. McNamara insiste sur la relation vitale entre le pilote et le surfeur : « Il est capital de comprendre que la relation entre le pilote et le surfeur est vitale. On doit se comprendre, anticiper nos pensées et communiquer rapidement et efficacement pour ne pas s’élancer sur une vague qui n’est pas bonne. » Souvent, on a tendance à penser que le surfeur choisit sa vague, mais en réalité, le pilote la voit d’abord. Ensuite le binôme se parle pour savoir si ça vaut le coup d’y aller. Pour eux, c’est relativement simple : « plus c’est gros, plus on est chaud. »

L'équipement de surf lui-même est hautement spécialisé. Le « gun », la planche de surf longue et effilée, est spécifiquement conçue pour attraper les plus grosses vagues du monde. Un gun est dessiné avec un logiciel 3D et façonné par une machine pour trouver les paramètres parfaits. À la différence d’une planche classique, le profil est beaucoup plus effilé et la taille plus importante. Comme la vitesse est très élevée sur la vague, on a besoin d’un appui important pour virer sans trop se déporter. La partie sur laquelle on se repose est creusée, de sorte que, quand on transfère le poids sur les bords concaves, on tourne sans avoir à mettre tout le corps en dehors de la planche. Mais à plus de 60 km/h, on n’est pas libre d’aller où l’on veut, et il faudrait énormément d’énergie pour virer sec sur la vague, rendant la trajectoire primordiale.

Garrett McNamara a d'ailleurs collaboré étroitement avec Mercedes-Benz pour le développement de ces planches. Le constructeur allemand était venu le voir pour relancer la troisième branche de l’étoile, car le logo représente trois univers : le ciel, la terre et la mer, et ils voulaient un symbole pour ce dernier terrain d’aventure. Le vice-président du design, Gorden Wagener, étant passionné de surf, ils ont commencé à travailler sur une planche qu’il allait utiliser pour battre des records. L’étroite collaboration a démarré autour d’une série de planches pour "G-Mac" afin de surfer Nazaré dans les meilleures conditions. McNamara avait une liste de souhaits complexe, nécessitant de la flexibilité sur le nose et de la rigidité à l’arrière, et surtout, la planche devait encaisser les perturbations du clapot en surface de vagues sans se briser. L’équipe de Mercedes a apporté tout son savoir, intégrant du liège (produit en masse au Portugal) et du polyester pour le noyau, et lestant le milieu de la planche de 5 kilos pour plus de stabilité. Une fois sur la vague, la vitesse grimpe rapidement à plus de 60 km/h ; en novembre 2014, il a même été mesuré à près de 62,4 km/h sur une vague de 24 mètres.

La sécurité est également primordiale. Sous la combinaison en néoprène de 5 mm, sans fermeture éclair pour éviter de la déchirer en cas de chute, les surfeurs portent un gilet de flottaison, un peu comme ceux utilisés par les rugbymen pour encaisser les chocs. Toujours sous la combi, ils ont un gilet de sauvetage à cartouches de sel, avec quatre cartouches et autant de cavités pour maximiser les chances de rester à la surface. Ces gilets sont conçus pour maintenir le corps avec la tête en dehors de l’eau, afin que les jet-skis chargés de la sécurité puissent passer les prendre, même en cas d'inconscience.

Face à la question posée par certains détracteurs : « est-ce encore du surf ? », McNamara a trouvé sa réponse et sa voie. Il défend également d'autres surfeurs, comme Benjamin Sanchis, dont la vague avait créé la polémique. McNamara ne mâche pas ses mots : « Je ne comprends pas la politique du XXL là-dessus. Il l'a vraiment surfé sa vague. Je ne comprends pas la polémique. Les gens réalisent-ils l'engagement pris sur ce genre de vagues ? »

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