L'évolution technique et sportive des trimarans Ultim : L'épopée de François Gabart

Le monde de la voile de compétition a basculé dans une nouvelle dimension lorsque la classe Ultim, composée de trimarans géants de 32 mètres, a commencé à dominer les océans. Au cœur de cette révolution technologique se trouve François Gabart, dont le parcours, de ses débuts sur le circuit Figaro en 2008 à sa consécration sur le Vendée Globe 2012-2013, a forgé un marin-entrepreneur hors pair. L'aventure du trimaran Macif, conçu par le cabinet VPLP et mis à l'eau en 2015, incarne cette quête de performance et de fiabilité au service de records mondiaux.

La naissance et la mise au point du trimaran Macif

Trois semaines après la mise à l’eau du trimaran Macif (30m) le 18 août dernier à Lorient, François Gabart poursuit à Port-la-Forêt (29) la mise au point de ce nouveau multicoque conçu par les architectes du cabinet VPLP. Enthousiaste, le vainqueur du dernier Vendée Globe dresse un bilan positif des trois premières navigations, dont une d’une trentaine d’heures. Après sa mise à l'eau le 18 août à Lorient, les tests statiques le 20, la première sortie en mer, sous voile, a lieu le 22 août, sans les foils, devant Lorient.

Le bateau est assez léger et réactif malgré sa taille. Il est assez sûr et passe bien dans la mer. Il a un comportement agréable. Techniquement, on est très contents de ne pas avoir rencontré de mauvaise surprise. C’est rassurant, même s’il reste évidemment beaucoup de boulot. Les navigations sur le seul foil présent valident le concept initial, posant les bases d'une expertise que François Gabart et son équipe allaient affiner pendant plusieurs années.

La stratégie de compétition et l'apprentissage en double

Dès les premières phases, l'objectif était clair : engranger des milles et de l’expérience pour apprendre le bateau. Le 25 octobre prochain, il sera, en compagnie de Pascal Bidégorry, au départ au Havre de la Transat Jacques-Vabre en double à destination d’Itajai (Brésil). Il aura face à lui les tandems Coville-Nélias, Lemonchois-Jourdain et Le Blévec-Le Vaillant.

Cette année, l'objectif était de mettre au point et de fiabiliser le trimaran, tout en se mettant en mode course sans oublier les perspectives à long terme. Cette approche progressive a permis à l'équipage de tester les limites du multicoque. Le 24 novembre, le trimaran est de retour à Lorient, direction le chantier CDK, pour une optimisation majeure après les premières confrontations.

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La vie à bord et les conditions extrêmes en haute mer

Naviguer sur un tel engin demande une rigueur exceptionnelle. Dans des conditions musclées, comme lors de la tentative de record du tour du monde en solitaire, François Gabart est équipé de la veste de navigation, élément indispensable face aux éléments déchaînés. François Gabart a franchi vendredi à 0h15 le deuxième des trois caps de son tour du monde, le Cap Leeuwin, après 19 jours 14 heures et 10 minutes. La mer n’est pas énorme, 3-4 mètres, mais elle est très creuse, très courte, c’est assez violent. Le bateau fait quand même 30 mètres de long et quand la vague vient déferler à l’étrave, elle a tendance à l’emporter avec elle.

La fatigue devient un facteur critique. Je ne cache pas que je suis fatigué, ça fait deux-trois jours que je n’ai pas beaucoup dormi. Avec les chocs assez violents, c’est dur de fermer l’œil. Les choses toutes bêtes peuvent devenir très compliquées, comme arriver à rester allongé ou assis dans un endroit sans bouger dans tous les sens. Malgré cela, le skipper doit maintenir une vigilance constante, effectuant de petites réparations, comme la galette de J2 ou diverses fuites, pour préserver l'intégrité structurelle du navire.

L'innovation technologique après 2019

Le 22 mai 2019, le trimaran est remis à l'eau après un chantier d'envergure. À l'intérieur, le moteur a été déplacé pour modifier le centre de gravité, les systèmes de foils et safrans ont été revus, et la coque centrale a été découpée à l'arrière, façon Sodebo Ultim, pour plus de stabilité en vol. Ces modifications témoignent de la volonté constante de gagner en performance.

Chaque sortie, qu'il s'agisse de la Rolex Fastnet Race ou d'entraînements au large de Groix, sert de laboratoire. Les challenges techniques, comme les problèmes rencontrés lors de la livraison de nouveaux foils ou les réparations d'urgence après des collisions avec des OFNI, font partie intégrante de la gestion d'un projet de cette envergure. Le 25 septembre 2023, l'installation de nouveaux foils marque une étape décisive dans la quête de vitesse, permettant d'atteindre des pointes impressionnantes.

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