Le KFA Mako V2 : Une Analyse Approfondie d'un Foil d'Exception

Le monde du foil est en constante évolution, et parmi les équipements qui suscitent un vif intérêt et des retours passionnés, le KFA Mako V2 se distingue. Cet article propose une exploration détaillée de ce foil, de ses caractéristiques techniques à son comportement en navigation, en passant par son histoire et les témoignages d'utilisateurs expérimentés.

Le KFA Mako V2 : Plaisir Pur et Sensations Fortes

Le foil KFA Mako V2, avec son aile et son mât, suscite un enthousiasme considérable, allant jusqu'à suggérer que ses concepteurs mériteraient une reconnaissance accrue. Il est perçu comme une pièce technologique phénoménale, spécialement conçue pour procurer un pur plaisir. Les mots peinent à décrire l'exaltation pure qu'il est capable d'offrir. L'expérience de glisser en downwind free foiling sur la houle ondulante en pleine mer est décrite comme une sensation épique, sans équivalent. Le sentiment d'union et d'harmonie qui se manifeste lorsque le vent apparent devient nul, combiné à la vitesse et au silence, est assimilé à du Zen pur, un véritable paradis, le nirvana.

Malgré ces éloges, il est essentiel de noter que le KFA Mako V2 n'est pas un équipement destiné à l'apprentissage du foil. Il est décrit comme une pièce d'équipement exigeante, qui requiert un certain respect et un état d'esprit prudent. À l'instar d'une Lamborghini, il peut être dangereux de l'utiliser sans une connaissance ou une expérience préalable des performances élevées. Les bords de fuite de l'aile et du mât du Mako V2 sont extrêmement tranchants. Initialement, lors de l'apprentissage des manœuvres avec n'importe quel foil, les jambes des débutants ont tendance à subir de multiples blessures dues au contact avec les bords du foil sous l'eau. En dehors de ce point, aucun inconvénient majeur n'est généralement perçu. Les aspects positifs l'emportent largement sur les rares inconvénients, s'il y en a.

Ce foil se révèle remarquablement robuste. Il a subi de nombreux contacts avec des bancs de sable, parfois à grande vitesse et avec force. Plus d'une fois, la pensée "oh zut, maintenant j'ai sûrement cassé quelque chose" a traversé l'esprit des utilisateurs après une collision à grande vitesse, pour finalement s'éloigner en pensant "mince, quelle chance". Il est même rapporté qu'il est entré en collision avec un objet dur, comme une tortue, laissant une rayure solide sur l'aile avant gauche, mais continuant à naviguer de manière fidèle et stable à grande vitesse, du début à ce jour. Non seulement il est stable à grande vitesse, mais il est aussi remarquablement réactif au décollage.

La joie procurée par le KFA Mako 2 (Kitefoil Australia) est unanimement appréciée. Il est considéré comme le foil ayant le moins de traînée sur le marché à ce jour, grâce à son mât de 12 mm d'épaisseur et à son design profilé. L'équipe derrière KFA s'efforce continuellement d'améliorer et de faire progresser le Mako, avec une équipe travaillant à l'échelle mondiale. Des progrès significatifs ont été réalisés depuis le Mk1 de 2013, et l'apprentissage se poursuit grâce à l'équipe et aux foileurs en Australie et ailleurs. Concernant l'idée que le Mako ne serait pas un bon foil pour apprendre, il est à noter que de nombreuses personnes à Townsville et dans le monde entier ont appris avec ce foil. Il est vrai que les extrémités des ailes sont assez coupantes, tout comme les bords de fuite. Cependant, les extrémités peuvent être poncées pour les émousser avec du papier de verre de grain 800, ce qui n'altérera ni les performances ni le ressenti du foil.

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Conception et Évolution : De l'Atelier au Carve Pro

L'histoire du foil Mako est jalonnée d'évolutions significatives. Initialement, il faudrait connaître l'histoire de ce foil avant de juger quoi que ce soit. Ce foil appartient au club Neptune à La Ciotat. Il s'agit d'une DP 77 à l'avant, et c'est une des premières ailes fabriquées. La peinture blanche que l'on a pu observer sur certaines des premières versions vient du fait que la finition a été réalisée hors atelier, chez Makofoil, suite à un problème de délai. Depuis un bon moment maintenant, tous les Mako sortent de chez les fabricants avec la finition appropriée.

Les discussions techniques ont également mis en lumière des aspects cruciaux de la conception. Par exemple, le système de cales a été un point de débat. Quand on voit le système de cales qui a été développé, l'utilisation de vulgaires rondelles pour un pseudo calage a pu être jugée décevante. Il y a un consensus sur le fait que le calage était parfois inapproprié (et en plus, à l'envers sur l'aile avant, bref passons), ce qui n'a pas lieu d'être étant donné que les cales sont disponibles et permettent plusieurs réglages validés. Il est donc évident qu'une DP77 réglée de la sorte fonctionne moins bien que prévu.

Le développement des foils Mako ne s'est pas arrêté. Dix-huit prototypes ont été nécessaires pour développer les trois nouvelles tailles du Mako Carve Pro. Une nouveauté notable est que les tailles M et L sont en réalité des hybrides entre le Mako Carve et le Mako Glide. Ces versions sont pensées pour les personnes souhaitant un compromis entre ces deux modèles. Elles combinent la facilité d'un Mako Glide tout en offrant une très bonne maniabilité pour une pratique polyvalente, s'adaptant à toutes tailles d'aile avant et à toutes pratiques. La construction a également évolué de manière significative, avec un stabilisateur moulé en carbone Ultra Haut Module (UHM). Cette stratification spécifique permet d'obtenir une excellente rigidité, malgré une finesse très marquée, et un comportement très direct, éliminant tout décrochage lié à la souplesse du stabilisateur.

Performances en Navigation et Retours d'Expérience Utilisateur

Les retours d'expérience sur les foils Mako sont nombreux et détaillés, couvrant diverses configurations et conditions. Un utilisateur a acquis un Mako d'occasion, équipé de l'aile Free M et du grand stabilisateur. Les premières navigations ont eu lieu par vent léger, ce qui a permis de se familiariser progressivement avec ce foil. Il est rapporté que le foil démarre tôt mais qu'il est très vif comparé à ceux que l'utilisateur possédait auparavant. La glisse est jugée terrible et offre suffisamment de temps dans les manœuvres. La révélation a été que, malgré la faible surface (850) pour un poids de 95 kg, le départ est super facile et l'aile offre un énorme rendement à bas régime. Ensuite, il est possible de pousser fort sans crainte et d'atteindre des vitesses élevées, avec un cap très important.

L'aile Free L, quant à elle, est décrite comme un mélange des deux mondes, offrant beaucoup de portance mais une envergure moindre pour les conditions compliquées, comme des vents de 10 à 25 nœuds avec des molles. Cela permet de passer ces sections sans être débordé lorsque le vent remonte. Un essai du petit stabilisateur de 180 a été fait, mais l'utilisateur n'était pas suffisamment à l'aise avec.

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D'autres configurations ont été testées, notamment la Free XL, qualifiée de véritable arme pour le light wind. Avec la Free XL, le décollage ne change pas grand-chose, mais ensuite, c'est un monstre de maniabilité et de pumping avec un très beau glide. Étant donné que cette Free XL est utilisée uniquement dans les très vents légers (moins de 10 nœuds), ces qualités sont formidables. Elle offre la possibilité de passer "facilement" les manœuvres quasi 100% en pumping avec une très bonne projection, rendant les gybes accessibles même avec très peu de vent. Lorsque le vent est un peu plus soutenu (entre 9 et 10 nœuds), la maniabilité permet d'effectuer des tacks avec des angles impressionnants sans aucun problème de remise à plat, légèrement inspiré par K. Adgate, un véritable moteur de motivation. Le seul bémol est que ce foil est un peu trop maniable pour aller vite quand le vent monte.

Avec la Slalom S, l'expérience est qualifiée de "débile" en termes de performance. Sur des spots clapoteux et agités, c'est un monstre pour avaler du terrain à grande vitesse confortablement et pour effectuer des manœuvres super radicales. Les plus beaux tacks de l'utilisateur sont réalisés avec cette petite bombe.

Foils de Race versus Foils de Wing : Un Débat Permanent

La discussion sur les foils ne se limite pas à un seul modèle, mais s'étend aux comparaisons entre différentes catégories. Le concept des foils de race utilisés en wingfoil est un sujet de débat passionnant. Il y a quelques mois, un utilisateur a commencé à utiliser son foil de race (Chubanga) "pour voir". D'abord curieux, il est maintenant convaincu et l'utilise de plus en plus lorsque la houle n'est pas au rendez-vous. Les avantages sont clairs : c'est rapide (atteignant 29.5 nœuds) et très agréable, avec un foil qui glisse et qui renvoie très peu dans le pied avant. Les longs bords à fond deviennent vraiment grisants. Il perd un peu en plage basse par rapport à son foil de wing (990cm²), mais pas énormément. Avec une 4,5m et 83kg, une session récente par 16-20 nœuds irréguliers s'est déroulée de manière assez tranquille. Pour des sessions sans houle, dans une optique de "bump & jump", c'est vraiment super kiffant.

Cependant, il existe également des inconvénients. Il faut une planche avec un boîtier Tuttle et un minimum de volume (55 litres pour l'utilisateur en question), ce qui exclut les planches de racefoil en 135x40cm (sauf par 35 nœuds de vent établi). Il faut toujours maintenir un minimum de pression dans la wing, sinon le foil décroche assez rapidement et replaque directement. Pour les transitions, rien d'impossible, mais il faut aller un peu plus vite dans le changement d'amure, en évitant le "free-fly" où la wing flotte en drapeau pendant plusieurs secondes.

Des annonces pour de super foils de race "ancienne génération", bien rigides, fabriqués avec art par des artisans passionnés (loin du made in China) peuvent faire d'excellents foils de wing pour le "bump & jump" à un coût "minime". Des exemples incluent le Foil Enata à 600 euros ou le Foil Spotz Shark 90cm (mât super rigide) à 450 euros. Certains ont même adapté des ailerons de race de windfoil sur des moules de Shark pour atteindre un compromis vitesse/confort. Des mâts de Shark ont été fabriqués pour des riders qui possédaient du Takuma avec Kujira et qui souhaitaient un mât supérieur en glisse par rapport aux mâts en aluminium d'origine, avec des retours très positifs. Il semble que l'on se dirige vers des mâts plus performants avec le matériel de wing.

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La question du confort a été longuement débattue. Un foil de race glisse, est équilibré, et offre peu d'appui de renvoi. Il y a de la longueur de mât pour s'affranchir confortablement d'un gros clapot. Certains affirment qu'un foil de 850 (de windfoil de race) n'est pas une "charrue" et fonctionne très bien avec un mât de race en wing pour un objectif freerace. Il est vrai que c'est un peu plus compliqué de bricoler en associant du matériel de différentes disciplines, mais pour un objectif freerace, c'est tout à fait probant. Le confort en navigation n'est pas toujours ce que l'on croit. Si par confortable, on sous-entend "tolérant", alors un foil de race est moins évident. Passer un virement de bord en wing avec un foil de race, c'est un peu comme vouloir emprunter le half pipe en ski de géant : pas impossible pour certains riders, mais cela se complique. De même pour repartir et déjauger dans une "molle" à 12-15 nœuds.

Le foil de race en wing reste accessible et très agréable pour un pratiquant bien débrouillé, à condition d'avoir une planche avec un minimum de volume (50 litres minimum), un minimum de vent (18-20 nœuds minimum pour 83kg et 5m), et que l'on se contente de tirer des bords et des jibes. L'analogie est faite avec un châssis de Formule 1 monté avec un moteur de voiturette sans permis, l'intérêt étant limité. Un foil de race, comme le Spotz Shark de 2017 (à 450 euros), est un super foil full carbone Haut Module fièrement fabriqué en Finistère à la main par un passionné, avec une connexion mât-fuselage sérieuse et un ensemble vraiment rigide.

Les vitesses atteintes sont impressionnantes. Un rider en Levitaz R5 (racefoil), avec une wing de 5m, peut atteindre des vitesses bien au-delà de 29,4 nœuds. Nico Goyard, qui frôle les 40 nœuds en windfoil, utilise une aile avant de 350 cm² Phantom, disponible à la vente, et a même utilisé un stabilisateur comme aile avant lorsque les ailes aussi petites n'existaient pas encore. Il a frôlé les 30 nœuds avec le stab Starboard 330 en aile avant et a poussé la 900 Starboard (IQ foil) à plus de 32 nœuds.

Le débat sur le confort et la performance continue. Il est tout à fait possible d'aller très vite (plus de 25 nœuds) en wing, ce qui est déjà rapide, tout en conservant du confort dans les transitions et les vagues. L'étape freerace est importante. Il est d'ailleurs utile de rappeler qu'avec un foil de freerace, on peut allègrement dépasser les 30 nœuds en kitefoil. En kitefoil, la pratique freerace/balade est courante, avec des navigations de plusieurs dizaines de kilomètres, des sauts, et parfois des courses amicales. Pour ce type de freeride, un foil de race avec une aile à caisson mid/ratio est le combo idéal. Cependant, passer les 30 nœuds avec un foil de 850cm en kitefoil comme en wingfoil relève d'un sacré "tempérament", nécessitant de solides appuis.

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