Être plongé dans l’univers sous-marin comporte des risques. Connaître la chaîne de secours et les protocoles d’alerte en cas d’accident est essentiel pour garantir une intervention efficace. Avant de plonger, assurez-vous d’être bien informé et préparé. Votre rapidité de décision et d’action est primordiale. En 2022, on a atteint pour la première fois plus de 300 opérations (353) de secours sur une année. Juillet-août représentent 30% des opérations.
Les fondements de la sécurité et l’autocontrôle
L'autocontrôle constitue un élément fondamental pour garantir la sécurité des activités de plongée. L’autocontrôle doit être documenté et accessible en cas d’inspection. Tous les encadrants sont formés aux mesures à prendre pour prévenir et puis réagir en cas d’accident, mais presque rien n’est fait ensuite pour tester l’efficacité des mesures mises en place ou envisagées. La plupart des services d’organisation des secours réalisent des simulations d’intervention. Ce n’est pas le cas ou trop peu souvent, dans nos structures de plongée. Testez-vous.
Vous même et vos salariés permanents ou saisonniers êtes tous titulaires a minima d'un PSE1. Parfois obtenu il y a bien longtemps. Attention toutefois à l'usage systématique du nitrox. Si ses avantages en terme d’ADD (entre autres) sont certains, attention toutefois à ne pas laisser penser qu'il prévient de tous types de risque et notament inciter à dépasser les limites d’efforts que le plongeur se serait imposées à l’air (Accident cardiaque, …). Porter une attention particulière aux plongeurs (et encadrants) qui pourraient être sous l’emprise de stupéfiants. C’est un facteur très aggravant. L’hydratation est également indispensable pour tous, après chaque plongée.
Le rôle central des CROSS et l’organisation des secours en mer
En France, le système d’aide médicale en mer est régi par l’instruction n°112/SGMer, émise par le secrétariat général de la Mer, qui dépend du Premier ministre. Ce cadre juridique a été établi par le décret n° 95-1232 du 22 novembre 1995. Cette instruction vise à uniformiser la procédure de secours en cas d’accident subaquatique. Les CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage) cumulent plusieurs missions, ce qui permet de réduire les temps d’interventions et de prises de décision, critère primordial pour maximiser les chances de la victime.
Les CROSS sont chargés de la surveillance et du sauvetage en mer, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Par exemple, le CROSS Méditerranée est situé à Toulon-La Garde. Le Centre de consultation médicale maritime (CCMM) est localisé à Saint-Lys, à 20 km de Toulouse. Les structures SMUR-M sont mobilisées à la suite de la régulation médicale du CCMM. En cas d’accident en mer, le canal 16 de la VHF est le moyen de communication prioritaire pour alerter un CROSS. Autant que possible la VHF doit toujours être privilégiée. Elle permet d’alerter simultanément tous les navires à proximité (gendarmerie, aires marines, SNSM, structures de plongée, …) qui pourraient faciliter les opérations, notamment pour la prise en charge des autres palanquées encore en immersion ou à ramener à terre. Le 16 est également utilisable par téléphone en Nouvelle-Calédonie.
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La procédure d’alerte et la gestion de l’accident
La fiche de prise d’alerte, jointe à l’instruction n°76/SGMer, est un outil clé pour la gestion des alertes en cas d’accident de plongée. L’opérateur s’en sert pour recueillir des informations auprès de la personne qui signale l’accident. Les informations demandées concernent dans un premier temps le bateau, le site de plongée, et le type de plongée, avant de se concentrer sur l’état de la victime. Les détails cruciaux incluent le nom du site de plongée, ses coordonnées GPS, ainsi que la distance jusqu’au port le plus proche.
Au moindre doute, ne pas hésiter et appeler le CROSS (196), même si les signes apparaissent lors du retour à terre. Dans ce contact radio, le plongeur doit préciser le site de plongée, le nombre de plongeurs et la durée, puis attendre les instructions avant toute action. Le message d’alerte doit être précis et doit mentionner le nom de l’appelant, la localisation exacte du lieu de l’accident, le nombre de plongeurs accidentés, l’état de la victime en précisant son état de conscience et l’état de ses capacités vitales, sans oublier de préciser les gestes déjà effectués.
Conduite à tenir en cas d’accident de plongée scaphandre
En cas d’accident, il faut en premier lieu éviter le suraccident avec mise en sécurité des autres plongeurs, des secouristes et même du bateau support de plongée. Effectuez les manœuvres de réanimation nécessaires. Considérez que tout incident ou accident qui survient au décours d’une plongée (dans les 24 heures) doit être considéré a priori comme un accident de plongée.
Si l’accidenté est conscient et ne vomit pas, installez-le de la manière la plus confortable possible et déshabillez-le. Toute personne qui a un accident de plongée doit être mis au plus tôt sous oxygène, avec un masque à haute concentration à 15 l/mn sans rupture jusqu’à sa prise en charge hospitalière. Ne jamais interrompre l’administration d’O2 ou les soins sans avis médical. Lorsque la victime principale mobilise l’O² médical, pensez que les membres de la palanquée peuvent éventuellement bénéficier d’un pony ou à défaut, en préventif, de tout mélange suroxygéné (Nitrox).
Prévoyez une hydratation : au moins un litre en 30 minutes et plus si possible dans l’heure. Proposez de l’aspirine (recommandations fédérales 500 mg) si l’accidenté ne présente pas d’allergie ou de troubles de conscience. Veillez à ce que l’accidenté soit dirigé directement vers un centre équipé. Bien penser à remplir la fiche de sécurité et joindre l’ordinateur du plongeur. Certains documents sont indispensables, notamment la fiche d’évacuation obligatoire (Code du Sport Art. A. 322-78-1).
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Spécificités de l’accident d’apnée
En cas d’accident d’apnée, la prévention reste la règle d’or. Il est conseillé de suivre les recommandations de la Commission Nationale Apnée, en particulier les règles de surveillance de l’apnéiste et les moyens à mettre en œuvre pour assurer l’étanchéité et le maintien des voies aériennes hors de l’eau et la mise en sécurité de l’accidenté.
Il convient d’éviter le sur-accident en mettant en sécurité le plongeur accidenté de même que tous les plongeurs de la palanquée ainsi que les secouristes intervenants. Administrez de l’oxygène avec un débit de 15 L/min en respiration spontanée avec un masque facial. Si le plongeur est en détresse respiratoire ou circulatoire ou inconscient, l’oxygène devra être administré avec un système insufflateur. Si le plongeur est inconscient, placez-le en position latérale de sécurité. En cas d’arrêt circulatoire, débutez le massage cardiaque avec utilisation éventuelle d’un défibrillateur s’il y en a un à disposition.
Formalités administratives et études post-accidentelles
Après la phase d’urgence, plusieurs démarches sont nécessaires : déclarer l’accident aux assurances dans les 5 jours et effectuer une déclaration à la Préfecture du siège social de l’association. Concernant le questionnaire « Étude Accident », celui-ci n’est pas une enquête au sens judiciaire du terme. Il ne vise pas à établir de responsabilité, ni à juger et encore moins à culpabiliser. Ce questionnaire est uniquement à but médical et reste entre les mains des médecins fédéraux. Il est confidentiel et a pour but de collecter toutes les informations utiles, afin de cerner et tenter de comprendre les circonstances et les conditions qui ont conduit à l’accident, afin d’améliorer nos connaissances et nos comportements de plongeurs. Il faut le faire remplir par le plongeur accidenté (ou le directeur de plongée) et le transmettre au président de la CMP IR AURA pour enregistrement et envoi à la CMPN.
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