Maîtriser la Pêche du Bar en Kayak : Techniques, Stratégies et Équipement Essentiel

La pêche du bar en kayak est devenue une pratique de plus en plus prisée, gagnant en importance notable depuis les cinq dernières années, notamment avec l'avènement des kayaks à pédales. Cette approche offre une excellente alternative à la pêche du bord et en bateau, permettant une immersion plus profonde dans l'environnement marin. Elle incarne la discrétion, l'évasion et la liberté, des atouts qui séduisent un nombre croissant de pêcheurs. La flexibilité du kayak permet aux pêcheurs de s'approcher des meilleurs postes de chasse du bar sans les effrayer, offrant ainsi des opportunités uniques pour la traque de ce poisson emblématique.

I. Le Kayak de Pêche : Une Approche Privilégiée pour le Bar

Le kayak de pêche se distingue par sa capacité à accéder à des zones inatteignables pour d'autres embarcations. Cette petite embarcation se démocratise, car elle permet d’approcher les meilleurs postes de chasse du bar sans les effrayer.

A. Pourquoi Pêcher le Bar en Kayak ? Discrétion et Accès

L'un des principaux avantages du kayak réside dans sa discrétion. La capacité de multiplier les dérives sur une même zone en toute quiétude constitue un atout majeur. Le kayak offre une discrétion et une précision de dérive qui lui confèrent un avantage certain sur le bateau, surtout lorsque l'on privilégie la pêche en finesse et des bordures. Cette embarcation à propulsion manuelle ou pédestre permet d'approcher des postes difficiles d'accès en bateau, tels que les hauts-fonds encombrés ou les secteurs très boisés.

La pêche en kayak est possible jusqu'à 2 miles d'un abri, et à plusieurs personnes, cette limite peut s'étendre jusqu'à 6 miles, offrant une belle autonomie. L'absence de bruit de moteur, caractéristique des kayaks de pêche, assure un contact étroit avec l'environnement et décuple le plaisir de la pêche. De plus, certains modèles de kayaks permettent de pêcher debout, ce qui est un avantage considérable dans les eaux claires pour mieux visualiser les fonds et les mouvements des poissons. La légèreté et la maniabilité du kayak sont idéales pour la pêche des bordures, là où le bar vient profiter des eaux chaudes et se nourrir activement.

B. Types de Kayaks et Mobilité : L'Émergence des Modèles à Pédales

L'évolution du marché des kayaks de pêche a vu l'arrivée des « kayaks à pédales », transformant l'expérience de pêche. Ces kayaks sont équipés d’un système de propulsion actionné par les jambes du pêcheur, offrant plus d'endurance qu'un kayak à pagaie. Cette innovation rend certaines zones plus facilement accessibles aux pêcheurs, notamment les secteurs éloignés qui nécessiteraient autrement un effort considérable.

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Les préoccupations des kayakistes, notamment celles des utilisateurs de modèles à pédales, ne sont pas très éloignées de celles des bars qu'ils traquent : se déplacer avec un minimum d’efforts. Si un bateau à moteur permet de se rendre d’un poste à l’autre sans trop se fatiguer, en kayak, les choses sont différentes. Savoir se ménager en utilisant les courants permet de pêcher plus longtemps et d'optimiser l'énergie dépensée. Les kayaks équipés d’un système de propulsion animé par la force des jambes permettent de continuer à pêcher même pendant les déplacements, ce qui est un atout indéniable lors des longues sessions ou pour suivre des chasses.

II. La Préparation de Votre Sortie : Maîtriser l'Environnement

Une sortie de pêche en kayak réussie repose en grande partie sur une préparation minutieuse, qui intègre l'analyse des conditions environnementales et la connaissance approfondie des postes de pêche.

A. Analyser les Conditions Météorologiques et Marines : Des Outils Indispensables

Avant d’envisager une sortie, il est crucial de consulter plusieurs sites pour connaître les conditions météorologiques, les marées, la houle et la direction du vent. Windguru est un allié de choix, permettant de consulter des modèles météorologiques d'une fiabilité reconnue. Des conditions de vent de Sud faible à modéré, jusqu'à 20 nœuds, sont souvent préférables. Un temps calme peut être agréable, mais la réactivité des poissons n'est pas toujours à son maximum dans ces conditions. Les vents de Sud, voire d'Ouest en début de saison, sont souvent bénéfiques, notamment pour des secteurs comme l'Archipel de Bréhat, car ils augmentent la température de l'eau et apportent ainsi de la nourriture. Il est recommandé de privilégier un secteur à l'abri du vent plutôt que son spot favori pour des raisons de sécurité et de confort de pêche, car cela permet de mieux ressentir les touches et d'être protégé si la mer se lève. En cas de fortes dépressions menant à des vents importants sur plusieurs jours, les secteurs abrités peuvent réserver de belles surprises.

En parallèle, le site marée-info est essentiel pour consulter les horaires de marées et les coefficients. Il est souvent judicieux de privilégier des coefficients entre 50 et 85. Pour les horaires, aucune préférence stricte n'est requise, l'habitude étant d'établir son parcours en fonction des hauteurs d'eau. Un poste médiocre à marée haute peut se révéler exceptionnel à mi-marée ou à marée basse, et inversement, soulignant l'importance d'une adaptation constante.

B. Le Repérage des Postes de Pêche : L'Œil de l'Expert

Une fois les conditions favorables confirmées, le repérage des zones de pêche est primordial. Une application simpliste mais précieuse comme Google Maps en version satellite est un outil d'une grande efficacité. Elle permet de "lire" les zones privilégiées : les endroits sablo-rocheux, les ridins de sables, les veines de courant. Il est rare de pêcher au-delà de 7 à 8 mètres de profondeur pour le bar en kayak, ce qui rend la lecture de ces informations sur l'application relativement simple. Certains pêcheurs l'utilisent presque plus que leur combiné sondeur/GPS pour découvrir des zones exceptionnelles.

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En début de saison, les bars se regroupent et recherchent constamment de la nourriture. Pour cela, ils privilégient des secteurs très prolifiques comme des bancs de sable regorgeant de lançons, des têtes de roche ou encore des estuaires riches en crabes. Il est alors pertinent de s'orienter vers les bancs de sable et les têtes de roche, la pêche en estuaire étant plus technique et difficile en kayak. Parcourir 1 à 2 miles à la recherche de fonds entre 8 et 20 mètres est une pratique courante, avec une analyse préalable des fonds sur des cartographies pour identifier les bancs de sable ou les têtes de roches. Généralement, ces secteurs sont propices aux rassemblements de bars, et l'échosondeur ne manquera pas de l'indiquer.

C. L'Influence des Marées et des Saisons : Comprendre le Comportement du Bar

Le choix du bon moment est une évidence, car le poisson doit se nourrir tous les jours. Les périodes d'activité se cantonneront souvent aux moments où le plan d'eau est tranquille, loin des activités nautiques estivales. Si la fin de journée est ciblée par beaucoup, le lever du jour est souvent préférable, juste à l'aube. Il est fréquent de réaliser de belles prises dès le premier lancer à ce moment-là. L'idéal est que le lever du jour coïncide avec la marée basse, facilitant la débusque de jolis bars sur les bordures.

Le printemps est particulièrement attendu par tous les pêcheurs de bars, notamment ceux qui pratiquent près de la côte. Dès que la température de l'eau monte de quelques degrés, la vie explose sur les zones peu profondes proches du rivage. C'est le moment pour les poissons, partis frayer au large, de revenir sur la côte pour se refaire une santé, se nourrissant de crevettes, crabes, gobies et autres proies vivant dans quelques mètres d'eau. À la fin du printemps, les bars font bombance et se nourrissent beaucoup, une aubaine pour le pêcheur au leurre. En début de saison, les bars sont en mouvement constant, ce qui peut rendre la pêche irrégulière. L'observation météorologique est alors le point le plus important, tant pour la sécurité que pour la réussite de la pêche.

La compréhension des courants est également fondamentale. Un mauvais poste à marée haute peut être exceptionnel à mi-marée ou basse et inversement. Le courant puissant ne permet pas toujours de s'attarder sur un poste, imposant l'alternance entre différentes techniques. La renverse, c'est-à-dire le changement de sens du courant, est un moment clé : le courant montant englobe la fin de marée montante et le début de la marée descendante, tandis que le courant descendant prend la fin de marée descendante et le début de la marée montante. Cette gymnastique des marées, bien que complexe, est essentielle à maîtriser pour optimiser ses dérives.

III. Stratégies et Techniques de Pêche du Bar en Kayak

Une fois sur zone, une approche méthodique et l'adaptation des techniques sont essentielles pour réussir sa pêche du bar en kayak.

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A. L'Approche Initiale et la Prospection

Sur zone, il est courant de commencer la prospection avec un leurre tel que le Crazy Sand Eel 120. Son animation rapide permet de détecter la présence de poissons actifs très rapidement. Si aucune touche n'est enregistrée dans le premier quart d'heure et que la zone semble prometteuse, il est judicieux d'insister avec des leurres comme le Black Eel 110 ou le Black Minnow 90.

Lorsque l'activité est établie, il convient d'analyser le comportement des poissons, notamment le ratio touche/prise. À partir de ce moment, il faut moduler le choix du leurre, de la tête plombée et des coloris pour trouver le combo parfait.

B. Adapter son Animation et Choisir les Leurres

Une fois que le leurre touche l’eau, il est important de fermer le pick-up et de contrôler la descente jusqu’à la profondeur voulue. L'animation peut ensuite consister en un ramené linéaire lent ou quelques tirées tout proche du fond. Par exemple, sur un fond rocheux à 7 mètres de profondeur, il est conseillé de compter 7 secondes avant de débuter l'animation. Le Crazy Paddle Tail 150 est un leurre polyvalent qui s'anime en linéaire lent non loin du fond ou par quelques tractions légères, en gardant un contrôle permanent sur la ligne.

Pour le début de saison, le lançon étant le premier poisson fourrage présent à la côte, il est recommandé de s'orienter vers des leurres longilignes avec de fortes vibrations pour capter l'attention des bars. Le Crazy Sand Eel est un leurre d'excellence pour cette période, avec sa nage ultra-réaliste et rapide qui joue sur l'agressivité des poissons, qu'il soit animé en linéaire ou en traction. Le Crazy Paddle Tail, dans ses tailles 120 ou 150, complète cette sélection grâce à son paddle inversé qui permet une nage très efficace et attractive à la descente. La possibilité de l'animer en linéaire lent proche du fond en fait un leurre indispensable. D'autres leurres comme le Black Eel, le Black Minnow ou le Power Tail peuvent être utilisés si des chasses sont rencontrées.

C. Pêche à Gratter et Lancer-Ramener : Deux Approches Complémentaires

Lors des sessions de pêche en kayak, l'alternance entre deux techniques principales est courante : le lancer-ramener et la pêche à gratter.

Sur des postes bien marqués et lorsque le courant est puissant, les poissons réagissent souvent rapidement. Le lancer-ramener est alors privilégié, utilisant un shad ou un slug. L'objectif est de lancer en direction de la côte ou de rochers et de ramener le leurre en linéaire, le faisant évoluer plus ou moins profondément. Les leurres souples de type slug ou avec des queues en faucille, comme le Megabass X Layer Curly, sont parfaits à ces moments. Cette technique, bien que simple, permet souvent de toucher les plus beaux poissons, qui sont généralement plus fainéants et se nourrissent au fond.

Pour rechercher ces gros individus, qui se nourrissent au fond en ramassant ce qui passe, il est nécessaire de lester davantage les leurres. L'objectif est de traverser la couche d'eau et d'atteindre le fond malgré le courant. L'animation est alors simple : faire rebondir le leurre par petits à-coups près du substrat, gardant un contact permanent avec la ligne sans trop brider le leurre, afin qu'il imite le comportement d'un petit poisson agonisant ballotté par le courant. Cela demande un peu d'entraînement pour sentir le moment où le leurre touche le fond, ou plus précisément juste avant qu'il ne le touche, notamment dans les zones de roches. L'idéal est d'anticiper et, avant que le leurre ne se pose, de donner un petit coup de poignet pour le faire remonter. Lorsque les fonds sont encombrés, des têtes de type texan sont utilisées pour limiter les risques d’accrochages. Il faut sélectionner différentes tailles d’hameçon et surtout différents grammages pour s'adapter aux différentes profondeurs et situations. L'action de pêche avec une tête texan est similaire à une tête classique, à l'exception du ferrage.

Des leurres très peu lestés, entre 5 et 20 grammes, sont souvent utilisés. Pour gratter le fond, deux types de leurres sont efficaces : des modèles fins de type Slug ou finess, souvent sans appendices vibratoires, ou des virgules. Des petits shads peuvent également être efficaces. Quand ils touchent le fond, une animation faite de tirées sèches leur donne vie.

D. Exploiter les Chasses et les Moments Clés

Les chasses du bar, avec leurs explosions en surface et les oiseaux en maraude, sont des moments d'intense activité à ne pas manquer. Lors de grandes marées, des coefficients importants peuvent déclencher d'énormes chasses, comme celles observées en rade de Brest avec des centaines d'oiseaux plongeant sur des bancs d'anchois et de sardines. L'avantage d'un kayak propulsé est alors de pouvoir se déplacer rapidement et manœuvrer d'une chasse à l'autre.

Le lever du jour est un moment privilégié, surtout lorsque l'eau est calme et que les touristes ne sont pas encore levés. C'est le moment idéal pour utiliser des poissons nageurs tels que les YoZuri 3DB Jerkbait en 110 SP, qui ont démontré leur efficacité dans de nombreuses régions. Ces poissons nageurs bruiteurs, disponibles dans une bonne gamme de couleurs, sont excellents pour ratisser différentes hauteurs d'eau (entre 2 et 6 mètres). N'hésitez pas à lancer dans le goémon un leurre souple monté en texan, il passe bien partout et s'accroche beaucoup moins. Pour les pêches de surface, un 3DR Pencil peut également donner d'excellents résultats. Il est important de capitaliser sur ces périodes d'activité courtes, car avec trop de lumière ou de bruit, les chances de piquer un poisson diminuent.

IV. Le Matériel Essentiel pour la Pêche du Bar en Kayak

Le choix du matériel est crucial pour la pêche du bar en kayak, où chaque élément, de la canne au leurre, doit être adapté aux spécificités de cette pratique.

A. Cannes à Pêche : Puissance et Action

Les cannes à pêche se déclinent en différentes puissances et actions. La puissance, souvent indiquée comme légère, moyenne ou lourde, correspond à la souplesse de la canne : plus la puissance augmente, plus la souplesse diminue. Les cannes ultra-légères offrent beaucoup de souplesse, tandis que les cannes très lourdes sont extrêmement rigides. La plupart des pêcheurs de bar optent pour une canne de puissance moyenne pour une configuration polyvalente. Cependant, à mesure que le pêcheur se spécialise, il utilisera des cannes de presque toutes les puissances :

  • Heavy (Lourde) : Pour le pitching et le flipping, le frogging, le swimbaiting, exigeant une grande puissance pour extraire de gros poissons d'un couvert dense.
  • Medium Heavy (MH - Moyenne Lourde) : Idéale pour les spinnerbaits, les jigs, les crankbaits plongeants.
  • Medium (Moyenne) : Une canne polyvalente, adaptée aux squarebills, bladed jigs (chatterbaits) et shaky head jigs.

L'action (ou vitesse) de la canne se réfère à la profondeur de sa courbure sous contrainte. Une canne à action rapide se plie principalement au niveau du scion, offrant une grande sensibilité pour détecter les morsures subtiles. Une canne à action lente se plie sur toute sa longueur, jusqu'à la poignée, offrant un meilleur contrôle du poisson pendant le combat. Chaque action a sa place :

  • Action Rapide : Pour les spinnerbaits, la pêche en surface (topwater), le frogging, le pitching, où la sensibilité est primordiale.
  • Action Modérée : Pour les crankbaits, les bladed jigs et le flipping, offrant un bon équilibre entre sensibilité et contrôle.

Les cannes doivent être adaptées, comme une canne d’une longueur comprise entre 1,80 et 2,30 mètres et d’une puissance de 10-20 grammes, considérée comme parfaite pour cette pêche. Pour des pêches plus spécifiques, une canne Megabass Levante Oshu Edition F5 de 2,25 mètres et d’une puissance de 7 à 28 grammes, reconnue pour sa sensibilité, est un excellent choix.

Le débat entre cannes spinning et casting est persistant. De nombreux professionnels de la pêche au bar en kayak utilisent des cannes baitcasting pour leur puissance, essentielle pour extraire de gros poissons d'un environnement encombré. Les cannes à lancer (casting) peuvent enrouler des lignes très lourdes et possèdent généralement les ratios d'engrenage nécessaires pour une grande puissance ou vitesse. Cependant, les cannes spinning excellent pour les techniques plus fines, avec des lignes et des leurres légers, permettant des présentations plus subtiles et une détection plus facile des morsures profondes. Il est possible d'utiliser un mélange des deux types, selon les présentations spécifiques souhaitées.

B. Moulinets : Taille, Ratio et Freinage

Le choix du moulinet est aussi important que celui de la canne, et plusieurs facteurs sont à considérer pour les moulinets spinning et casting : la taille et le rapport de vitesse.

Pour les moulinets casting, des éléments supplémentaires entrent en jeu, comme le freinage et le contrôle de la tension de la bobine. Une fois le pouce relâché sur un moulinet casting, la bobine tourne librement, ce qui permet de lancer loin mais peut aussi causer des emmêlements, surtout en apprentissage. Les boutons de tension de la bobine aident à ralentir cette rotation libre, permettant de se concent concentrer sur le mouvement de lancer et la technique de contrôle au pouce. Les freins, destinés à la fin du lancer, ralentissent la bobine pour éviter qu'elle ne tourne trop vite et ne provoque de perruques. Il existe trois types principaux de freins : magnétiques, centrifuges et hybrides, chacun avec des approches légèrement différentes.

Le rapport de vitesse est le nombre de tours que fait la bobine pour chaque tour de manivelle.

  • Rapports de vitesse inférieurs (par exemple, 5.1:1 ou 6.1:1) sont généralement plus "puissants" car ils créent un couple plus important. Ils sont idéaux pour les gros appâts qui tirent fort, comme les crankbaits profonds, car ils demandent moins d'effort à récupérer.
  • Rapports de vitesse élevés (par exemple, 7.1:1 ou 8.1:1) sont préférables si l'on pêche un leurre qui est principalement animé par la canne. Cela permet de reprendre rapidement le fil lorsque le poisson mord.

Pour les moulinets spinning, des tailles 2500 ou 3000 sont couramment utilisées. Pour les pêches plus musclées, un moulinet en taille 4000 avec un ratio assez haut peut être employé pour des animations amples et rapides.

C. Lignes de Pêche : Monofilament, Fluorocarbone et Tresse

La technologie a fait évoluer les lignes de pêche, offrant des choix raffinés et spécialisés.

  • Monofilament (Mono) : C'est la ligne traditionnelle, l'option la moins chère. Elle coule très lentement, ce qui en fait un excellent choix pour les présentations en surface (topwater) en eau libre. Sa grande élasticité agit comme un amortisseur lors du ferrage.
  • Fluorocarbone (Fluoro) : C'est un matériau plus récent, presque invisible dans l'eau, ce qui est un avantage pour les techniques furtives. Plus rigide que le mono, il peut être difficile à nouer avec certains nœuds traditionnels. Il présente très peu d'étirement, ce qui exige d'alléger un peu le ferrage.
  • Tresse : Elle possède un rapport résistance/taille très élevé, permettant d'utiliser une ligne de 50 lb de test avec un diamètre équivalent à un mono ou un fluoro de 12 lb. Cela signifie plus de fil et une plus grande résistance sur le moulinet. La tresse est plus visible pour les poissons que le mono ou le fluoro, c'est pourquoi elle est disponible en diverses couleurs, certaines étant moins détectables dans certains types d'eaux.

Il est courant d'associer un moulinet garni de tresse de 0,14 ou 0,16 mm (par exemple, YGK real sports G soul super Jigman X8 en PE 0.8), ce qui permet de bonnes distances de lancer avec des leurres souples faiblement lestés et offre une grande discrétion. Un bas de ligne en fluorocarbone de 0,20 à 0,25 mm, d'une longueur de deux à quatre mètres, est souvent utilisé pour sa discrétion près du leurre.

D. Leurres Spécifiques et Montages

Le choix des leurres et des montages est déterminant pour s'adapter aux conditions et aux comportements des bars.

  • Leurres Souples :

    • Crazy Sand Eel 120 : Pour la prospection rapide et la traque en début de saison, avec une nage ultra-réaliste.
    • Black Eel 110 et Black Minnow 90 : Pour insister sur des zones favorables ou en présence d'activité.
    • Crazy Paddle Tail 120 ou 150 : Efficace à la descente grâce à son paddle inversé, et excellent en linéaire lent proche du fond.
    • Sawamura One Up Slug : Une arme redoutable pour une présentation très naturelle, même avec peu d'animation, surtout près des roches en verticale. Le coloris gripan shad (58) en 5 pouces est un classique.
    • Megabass X Layer et X Layer Curly : Très efficaces, animés à la volée sur des zones rocheuses. Le coloris ayu est une constante.
    • Megabass Hazedong 4.2 : Utilisé pour gratter les bancs de sable avec de longues tirées douces.
    • Megabass Superspindle 5" : Associé à des têtes plus lourdes, son wobbling puissant est recherché, notamment en ramener scion haut.
    • SAYORI SHAD EVO 2 (120 mm) : Avec une caudale massive et une gomme moins tonique, il vibre plus vite sur des plombées légères, idéal pour les pêches où les bars montent chercher le leurre.
    • Petits Shads : Peuvent être très efficaces en grattant le fond avec des tirées sèches.
  • Poissons Nageurs :

    • YoZuri 3DB Jerkbait 110 SP : Un poisson nageur bruiteur, excellent en début de session ou pour exploiter des chasses.
    • Deep Diver (90 et 110 mm) : Pour ratisser différentes profondeurs (2 à 6 mètres).
    • 3DR Pencil : Pour la pêche de surface lors des chasses.
    • DUO Hacker : Idéal pour pêcher au ras du fond, notamment sur des plateaux rocheux avec un cassant, en faisant remonter le longbill juste devant le nez des poissons. Le coloris dark iwashi s'est avéré très efficace.
  • Montages et Hameçons :

    • Têtes Texan : Indispensables sur les fonds encombrés pour limiter les accrochages, avec des grammages et tailles d'hameçons variés pour s'adapter aux profondeurs.
    • Têtes plombées : De 5 à 20 grammes pour les leurres peu lestés, ou jusqu'à 15 grammes pour des pêches plus précises. La DECOY SV67 en 10 ou 15 grammes est une bonne option.
    • Hameçons simples (DECOY Single 27 en taille 2/0 ou 3/0) : Fortement recommandés en kayak ou float-tube pour éviter les blessures du poisson et les crevaisons, tout en assurant un ferrage propre et efficace.

V. Sécurité et Éthique en Mer

La pratique de la pêche en kayak en mer ne doit jamais faire l'impasse sur la sécurité et le respect de l'environnement.

A. Les Impératifs de Sécurité en Kayak

On n’est jamais trop prudent sur l’eau. Il est fondamental de se rappeler que ce n’est pas uniquement la sécurité du pêcheur qui est mise en jeu en mer, mais aussi celle des sauveteurs qui interviendraient en cas de problème. Les capacités d’un kayak pour la mise à l’eau et sa tenue sur la mer sont moindres que celles d’un bateau, il faut donc s'y plier et surveiller les éléments. Les conditions météorologiques favorables (pas trop de vagues et une houle raisonnable) sont une condition sine qua non pour une sortie sereine.

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