Figures emblématiques et transmission : une fresque du canoë-kayak français

Le monde du canoë-kayak en France ne se résume pas à la simple pratique sportive ; il est le théâtre d'une transmission intergénérationnelle où des figures marquantes, par leur engagement bénévole, technique et humain, ont façonné l'identité de cette discipline. À travers les parcours de vie, les engagements associatifs et les succès sportifs, se dessine une culture de la passion partagée.

La genèse de la passion et l'engagement des bénévoles

L'histoire du canoë-kayak est portée par des individus qui, bien souvent, ont découvert la discipline par hasard, parfois tardivement, mais avec une détermination sans faille. René Corde, par exemple, est venu au canoë tardivement, à 40 ans, entraîné dans l'aventure par ses enfants, Muriel, Patrice et Jean-Marc. « J’ignorais tout de cette discipline, jusqu’à son existence », confessait-il. Il en a fait l’apprentissage au contact des dirigeants, Michel Turlier, Michel Picard, René Henri, etc., et des compétiteurs, avec attention, respect et pugnacité pour finalement pointer au sommet de la pyramide CCN et mener, sans anicroches, une politique faite de sérieux et d’anticipation.

Cet engagement se retrouve chez de nombreux autres acteurs. Marcel Deschildre est de ces bénévoles qui ont donné beaucoup au canoë-kayak et aux jeunes qu’il a contribué à former vers la compétition, vers le monitorat et parfois vers un projet professionnel au sein de la FFCK. Son engagement bénévole l’a amené à occuper notamment les fonctions de Président du club de Quesnoy-sur-Deûle, de Vice-Président du comité régional du Nord Pas de Calais, et enfin de Président du comité départemental du Nord. De même, Daniel Marguerie, l'un des fondateurs du club de Carentan, a été un bénévole très actif, apprécié par tous les licenciés, dans les années 80.

La transmission technique et le rôle des cadres

La structuration du canoë-kayak français repose sur une expertise technique transmise avec rigueur. Daniel Gaime, grande figure des sports de plein-air et du canoë-kayak en Auvergne, a marqué pendant 19 ans plusieurs générations de kayakistes à tous les niveaux de pratique. Après une longue carrière en tant que conseiller technique régional de Canoë-Kayak, il intègrera la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports en Auvergne, prenant la responsabilité du service formation et pilotant l’ensemble des formations dans le domaine des sports de nature et l’organisation des examens.

La formation est un domaine de compétence à part entière. Diriger une formation suppose des facultés à savoir apprécier et estimer son déroulement. Il est indispensable, dans tout projet de formation, d’être en mesure d’analyser les contextes professionnels pour en estimer la légitimité et le bien fondé. Cette démarche nécessite non seulement un choix judicieux des médias, mais aussi de savoir en exploiter les ressources. On peut, suivant le besoin, faire appel aux TICE pour enrichir un cours traditionnel ou les utiliser à part entière dans le cadre d’une formation à distance.

Lire aussi: Fabien Gilot : De champion à entrepreneur

L'exemple de Michel, cadre technique de la FFCK, souligne l'importance de cette vision. Sa plus grande réussite humaine dans le domaine de la formation et de la transmission fut la création en 1977 de la Section Sport Etudes de Caen. Il permettra à de nombreux jeunes athlètes de s’exprimer jusqu’au plus haut niveau. Cette médaille favorisera le développement des centres d’initiation de canoë-kayak (CAPS) dont Michel fut un cadre pionnier à Caen.

L'excellence sportive et l'innovation comme moteurs

Au-delà de l'encadrement, la quête de performance a toujours été un moteur pour la discipline. Jean Laudet, aux Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952, avec Georges Turlier, remportent le titre en canoë biplace 10 000 m. Ils ne figuraient pas parmi les favoris mais ils construisent une victoire par la qualité et le volume de leur préparation, leur ingéniosité dans la conception de leur bateau, la recherche permanente d’innovations techniques et un mental à toute épreuve.

Cette recherche constante d'innovation se retrouve dans les propos sur Alain : « Alain aimait les choses claires et ordonnées (…), il était très observateur et plutôt taiseux mais mille choses bouillonnaient en lui. Il avait plein d’idées sur la technique, la tactique, la préparation physique, le matériel… ». Entraîneur de Cyrille Carré, Alain savait que comme tout perfectionniste, il était souvent frustré, ce qui le stimulait encore plus.

L'aménagement du territoire et le soutien institutionnel

Le développement des sports de pagaie est indissociable de l'aménagement des sites et du soutien des élus locaux. Jean-Paul Navaud, maire de Treignac durant 13 années, a particulièrement soutenu les événements canoë-kayak entre 2000 et 2014. Il a contribué à la préparation des Championnats du monde descente qui avaient nécessité d’importants travaux et la mise en place du comité d’organisation Treignac Vézère 2000. Il restera dans l’histoire du canoë-kayak à Treignac car déjà impliqué en 1959 lors des 1ers mondiaux de rivière sportive en tant que jeune bénévole.

De même, Paul Chandelier, ancien maire de Thury-Harcourt, a œuvré au développement du Canoë Kayak par la mise en place sur le territoire normand des Championnats d’Europe de Kayak Polo en 2007, puis des Championnats du Monde en 2014. Ces infrastructures permettent non seulement l'accueil de grandes compétitions, mais aussi la pérennisation de la pratique pour les générations futures.

Lire aussi: l'art du kayak en eaux vives

#

Lire aussi: La quête de réalité chez Fabien Mérelle

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *