Essais du Trimaran Speed 770 : Agilité, Polyvalence et Plaisir en Multicoque

L'univers de la plaisance est en constante évolution, et les choix des navigateurs reflètent cette diversité croissante, allant du voilier traditionnel aux unités plus audacieuses et polyvalentes. Dans cette quête de la navigation idéale, le multicoque, et plus particulièrement le trimaran, occupe une place de choix, offrant des expériences nautiques différentes, iconoclastes et souvent surprenantes. Les qualificatifs ne manquent pas pour parler de ces bateaux qui sortent de l'ordinaire, à l'image du Tortue 147, un catamaran dont la croisière se vit autrement. L'enthousiasme est palpable lorsqu'il s'agit d'explorer les spécificités de ces embarcations, comme lors d'un comparatif opportuniste à Saint-Malo à bord de deux Muscadet, ou face à un K.I.S.S, un trimaran au look ravageur qui se veut bien plus qu’un simple support de loisir, mais la résultante d'une vision. C'est dans ce contexte d'innovation et d'adaptabilité que s'inscrit l'intérêt grandissant pour des modèles spécifiques, tels que le Speed 770, un trimaran qui cristallise de nombreuses attentes en termes de performance, de praticité et de réduction des coûts de possession. Le choix d’un trimaran, même s'il reste pour certains purement théorique avant la première navigation, représente une orientation forte vers une philosophie de navigation singulière, où le plaisir et l'accessibilité sont prioritaires.

Le Speed 770 : Une Réponse aux Exigences Modernes du Plaisancier

L'acquisition d'un nouveau bateau est souvent le fruit d'une mûre réflexion, motivée par des expériences passées et des aspirations futures. C'est le cas d'un propriétaire de Bavaria 37 Saloon, basé en Crête, qui exprime sa volonté de changement. Ce plaisancier a décidé de vendre son monocoque, car le coût et la maintenance du bateau se trouvent être trop élevés pour naviguer seulement deux mois de l'année, en juillet et août. De plus, une contrainte personnelle majeure s'ajoute : sa femme ne veut plus naviguer. Ayant décidé de rester en mer Égée, ce marin recherche une alternative plus adaptée à ses nouvelles exigences et à son mode de vie. C'est dans cette perspective qu'il souhaite acquérir un Speed 770, spécifiquement avec sa remorque route.

Cette orientation vers le Speed 770 est dictée par des motivations très claires et pragmatiques. L'objectif premier est de continuer à se balader dans les îles, mais avec une approche renouvelée, débarrassée des lourdeurs logistiques et financières. L'un des avantages majeurs réside dans l'élimination pure et simple des frais de mise hors et à l'eau chaque année, des postes de dépenses qui pèsent significativement sur le budget d'un propriétaire. De surcroît, la possibilité d'entreposer le trimaran directement devant sa maison de vacances représente un gain de temps et de commodité inestimable. Face à un tel projet, la question se pose naturellement : quelqu'un peut-il donner son avis sur ce petit trimaran ? L'interrogation, "C'est vraiment un mouille cul, le Speed ?", bien que familière, traduit une préoccupation légitime sur sa capacité à répondre à des attentes de navigation moins axées sur la haute performance et plus sur l'agrément des sorties à la journée ou des petites croisières côtières. Le Speed 770 est envisagé comme un bateau qui, par sa conception, offre une simplicité d'usage et une autonomie de gestion, loin des contraintes d'un grand croiseur.

Caractéristiques et Positionnement du Speed 770 face à ses Pairs

Le Speed 770 se distingue par des particularités qui le différencient de ses concurrents, notamment le Trimaki. L'un des atouts majeurs du Speed réside dans l'intégration de deux petites couchettes, offrant ainsi une capacité d'hébergement rudimentaire mais fonctionnelle, là où d'autres unités de taille comparable pourraient être plus spartiates. Par ailleurs, il propose une plateforme plus spacieuse, un avantage non négligeable pour le confort à bord, qu'il s'agisse de se déplacer ou d'installer du matériel. Ces éléments contribuent à l'appréciation globale du bateau, notamment pour ceux qui recherchent un minimum de commodités.

Cependant, la comparaison avec le Trimaki révèle également les forces de ce dernier. Pour le reste, le Trimaki est reconnu comme un bateau qui mouille peu, une qualité appréciable pour l'accès aux zones peu profondes et la réduction de la traînée. Il présente une bonne capacité de charge, ce qui est essentiel pour les navigations nécessitant un certain emport de matériel ou de provisions. En termes de performance, il va vite, même au près, une caractéristique souvent recherchée par les amateurs de sensations et de vitesse, possible grâce à sa profonde dérive. Le Trimaki se distingue également par un cockpit beaucoup plus confortable que celui du Speed, un critère de choix pour ceux qui privilégient les longs moments passés en extérieur. Enfin, sa facilité de manipulation est un argument de poids : il est montable et démontable à deux en 1h30, ce qui facilite grandement son transport et son stockage hors de l'eau. Il est important de noter que, sous le même nom, il existe en fait trois évolutions différentes du bateau Trimaki, une information qui n'a pas toujours été clairement communiquée, y compris aux autorités ou dans la presse spécialisée comme la revue Voile & Voiliers. Cette dynamique de modèles évolutifs est courante dans le monde des multicoques, avec des chantiers comme Tricat qui, avec le 23.5, ont conservé la forme des flotteurs de leur petit frère, le 22, tout en apportant des améliorations.

Lire aussi: découvrez la performance du Kayak Héron

Le marché des trimarans offre une variété de modèles répondant à des besoins spécifiques. Les versions des Astus et Tricat, par exemple, peuvent être perçues, selon le budget et les attentes, comme moins habitables ou moins "hauturiers" que d'autres modèles, ce qui souligne l'importance de bien définir son programme de navigation.

Les Atouts Généralistes du Trimaran : Vitesse, Stabilité et Accessibilité

Les trimarans, au-delà des spécificités de chaque modèle comme le Speed 770 ou le Trimaki, partagent des caractéristiques fondamentales qui expliquent leur popularité croissante auprès des navigateurs. L'une des promesses principales du trimaran est sa capacité à générer des vitesses impressionnantes. Sur l'eau, il n'est pas rare de se retrouver rapidement à 10 nœuds, voire plus, offrant des sensations de glisse que les monocoques peinent à égaler. Cette performance est intrinsèquement liée à leur conception : légers comparés à un monocoque ou à un dériveur intégral, ils bénéficient de rapports poids/surface de voile optimisés et d'une faible surface mouillée.

La stabilité est un autre argument majeur en faveur du trimaran. Contrairement aux monocoques, ils ne connaissent pratiquement pas de gîte, ce qui améliore considérablement le confort à bord pour l'équipage, notamment les passagers sensibles au mal de mer. Cette stabilité, sans gîte, contribue également à la sécurité, permettant de manœuvrer sereinement bien avant que la situation ne devienne critique. Les forces exercées sur la structure sont mieux réparties, garantissant des qualités marines importantes pour une longueur de flottaison limitée. En outre, la surface de pont d'un trimaran peut être étonnamment grande, beaucoup plus grande que celle d'un bateau normal, parfois même équivalente ou supérieure à la surface de pont d'un bateau de 11 mètres, offrant un espace de vie extérieur très appréciable.

L'accessibilité est un atout fonctionnel remarquable. Grâce à leur faible tirant d'eau, les trimarans permettent d'explorer des zones inaccessibles aux quilles profondes. Il est ainsi possible d'accéder aux plages en toute tranquillité, sans risque d'échouement, et de se faufiler dans tous les abers et recoins côtiers. Cette capacité à naviguer en eaux peu profondes offre une liberté de mouillage incomparable. La transportabilité, souvent facilitée par des systèmes de repliage des flotteurs, est une autre facette de cette accessibilité. Certains trimarans, comme le Trimaki mentionné précédemment, sont montables et démontables à deux en un temps record d'une heure et demie, permettant de profiter de la marée pour la mise à l'eau sans dépendre des infrastructures portuaires classiques. Le concept de "croiseur de poche" transportable, tel que celui que démontre l'étendue du talent d'Antoine Mainfray, créateur de l'Atelier Interface, et en particulier son sens du design, trouve dans le trimaran une incarnation presque parfaite, alliant volume et confort à un plaisir de navigation dynamique, façon petit bolide, comme les Tricat.

Les Compromis des Multicoques : Espace Intérieur et Questions Logistiques

Si les avantages des trimarans sont nombreux et séduisants, il est essentiel de considérer également les compromis inhérents à leur conception. L'un des aspects les plus souvent cités concerne le volume habitable limité et la hauteur sous barrots réduite. Cette configuration est une conséquence directe de la légèreté et de la finesse des coques centrales, optimisées pour la performance. Pour les navigateurs habitués aux monocoques plus spacieux, l'espace intérieur d'un trimaran peut apparaître comme un inconvénient, en particulier pour des séjours prolongés à bord ou lorsque l'on recherche un certain niveau de confort sédentaire. Le désir d'avoir un grand départ, un projet de charter ou simplement d'accueillir une famille nombreuse peut rapidement amener à reconsidérer la taille et le type de bateau, orientant potentiellement vers des multicoques plus grands ou des monocoques.

Lire aussi: Découvrez les catamarans de croisière Lagoon

Les questions logistiques liées à la grande largeur des trimarans, même repliés, peuvent également poser des défis. Les ports étant parfois encombrés, l'amarrage sur corps-mort est une option que de nombreux propriétaires de multicoques envisagent sérieusement. Cette solution permet d'éviter les places de port coûteuses et parfois difficiles à trouver, mais elle soulève d'autres interrogations pratiques, notamment sur la sécurité et l'accessibilité à terre. Un autre aspect à prendre en compte est l'échouage à marée basse. Bien que de nombreux trimarans soient conçus pour échouer sans dommage, la question se pose de savoir si cela n'abîmerait pas trop le bateau à la longue. La consultation d'experts et le respect des spécifications du constructeur sont alors primordiaux pour préserver l'intégrité de l'embarcation. La rareté de certains modèles, comme le F24 qui semble assez rare sur le marché, peut également compliquer l'achat et la recherche de pièces spécifiques. Ces considérations soulignent l'importance d'une planification minutieuse et d'une bonne connaissance des spécificités techniques et logistiques propres aux trimarans.

L'Achat d'un Trimaran : De la Réflexion Personnelle à la Transaction Internationale

L'acquisition d'un premier voilier, et plus encore d'un trimaran, est une étape marquante pour tout passionné de nautisme, souvent précédée d'une longue période de réflexion et de recherche. Tristan, la trentaine, en est un exemple éloquent, envisageant de faire l’acquisition de son premier voilier, un trimaran. Il tient à remercier les membres des forums spécialisés qui, à travers leurs posts, l’ont énormément aidé dans sa réflexion, soulignant l'importance de la communauté nautique dans le processus de décision. Son parcours est révélateur de l'engagement que représente un tel achat : il est "tombé dedans dès l’enfance", naviguant avec son grand-père tous les étés en Méditerranée. Étudiant, il a ensuite pas mal régaté sur différents monocoques tels que le Melge 24, le 747 OD, le X35 et le J80, enrichissant ainsi son expérience de la voile. Puis, il a été propriétaire d’un skiff (B14), avec lequel il a navigué et régaté sur lac. Enfin, depuis son arrivée à Rennes, il a achevé de mûrir l’achat d’un voilier qui le "trotte dans la tête" depuis plusieurs années.

Le choix d’un trimaran, et du F24 en particulier, est pour le moment purement théorique, comme il le confie lui-même. Il n’a pas encore eu l’occasion de naviguer sur un trimaran, ni d’en visiter un, ce qui met en lumière l'étape cruciale de la validation pratique : il reste tout de même à valider qu’il "accroche au support". La recherche d'expériences concrètes est essentielle, bien qu'il ait trouvé quelques Tricat à la location, aucun F24 n'était disponible pour un essai. Pour lui, les versions des Astus et Tricat, considérées dans son budget, lui semblent moins habitables et moins "hauturières" que le F24, ce qui oriente ses préférences.

Le processus d'achat peut également s'étendre au-delà des frontières nationales, comme le montre la découverte d'une annonce pour un F24 en Grèce, via le site yachtworld.com. Ce bateau a l’air en bon état, mais sans expérience dans l’achat et sans personne réellement sachante autour de lui, Tristan se demande s’il est bien raisonnable d’envisager une transaction aussi lointaine. Cette situation soulève des questions fondamentales sur la limitation des risques lors d’un premier achat, d'autant plus à l’étranger. Les conseils sont précieux dans ce contexte : mandater un expert sur place est une démarche fortement recommandée pour inspecter le bateau et éviter les mauvaises surprises. Le marché de l'occasion offre des opportunités intéressantes, comme un trimaran Dragonfly de cinq ans d’âge mais sans une ride, prêt à partir, un genre d’occasion qui représente une valeur sûre pour l'acheteur averti.

Lire aussi: Voile : l'engagement de Banque Populaire

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *