Reconnaissance des Brevets de Plongeur Militaire et Complexités des Équivalences Civiles en France

La question de l'équivalence des diplômes de plongée militaire dans le cadre civil est un sujet récurrent pour de nombreux professionnels des forces armées souhaitant poursuivre leur passion ou leur métier après leur service. Les plongeurs de la Marine nationale, par exemple, sont formés à des standards rigoureux, et il est légitime pour eux de s'interroger sur la reconnaissance de leurs compétences une fois qu'ils évoluent dans le milieu civil. Cependant, au-delà de la réponse directe à cette question spécifique, le système de reconnaissance des brevets de plongée en France révèle des couches de complexité qui touchent également les plongeurs étrangers et ceux ayant des certifications internationales.

Le Brevet de Plongeur de Bord et son Équivalence Civile Initiale

Pour un plongeur de bord au sein de la Marine nationale, la démarche initiale pour obtenir une équivalence civile est relativement claire. Selon les informations recueillies, notamment par N. Per, un plongeur de bord de la Marine nationale cherchant à connaître l'équivalence civile de son diplôme, des éclaircissements ont été apportés. Ainsi, il a été souligné qu'à priori, le certificat de plongeur de bord donne l'équivalence du niveau 2 FFESSM. Cette information, confirmée par plusieurs sources, dont Yvan Daumin et Florence Legal, ainsi qu'Ivan Bellevin du Club LEO MARE, représente le point de départ de la transition pour ces plongeurs.

Pour concrétiser cette équivalence, le processus est spécifique et demande certaines formalités administratives. Il faut simplement être licencié à la FFESSM et faire une demande au président de la Commission Technique Régionale (CTR). Cette demande doit être accompagnée d'une copie du diplôme de plongeur de bord, certifiée conforme. Maurice, Instructeur National FFESSM, a également précisé que si le plongeur est licencié à la FFESSM, il est conseillé d'investir dans le manuel du moniteur et du responsable fédéral, signe de l'importance de l'adhésion au cadre de la FFESSM pour la reconnaissance des prérogatives. En effet, cette demande doit être adressée au président de la CTR où l'on est licencié, avec une photocopie du certificat militaire et de la licence FFESSM. Ces directives soulignent la nécessité de s'intégrer au système fédéral français pour faire valoir ses compétences militaires dans le milieu civil organisé.

La Plongée en France : Un Cadre Réglementaire Complexe et la Question de la Reconnaissance

Cependant, la simplicité apparente de l'équivalence du brevet de plongeur de bord à un Niveau 2 FFESSM ne reflète pas l'intégralité des défis que peuvent rencontrer les plongeurs en France, surtout ceux dont les certifications proviennent de filières non conventionnelles ou internationales. Thierry Pitisi a d'ailleurs interpellé la communauté avec un "Faux!", signifiant que la situation n'est pas toujours aussi simple. Il n'est pas toujours facile de s’y retrouver lorsque l’on veut plonger en France. Bien sûr, dans certaines représentations, cette situation est amusante. Mais dans la réalité de notre monde de plongée, cette résistance particulière pose parfois de réels problèmes. Cela concerne autant les plongeurs étrangers que les plongeurs français ayant effectué un cursus à l’étranger ou dans une filière de formation non reconnue par le code du sport.

Le monde d’aujourd’hui favorise la mobilité et la découverte des richesses sous-marines aux quatre coins de la planète. Les gens sont plus mobiles et ont envie d’aller vers de nombreux horizons. De ce fait, nombre d’entre nous tirent profit de leurs vacances pour découvrir les merveilles du monde marin. Certains en profitent pour passer l’un ou l’autre brevets de plongée durant leurs vacances. D’autres veulent s’ouvrir à de multiples expériences, et ceux-là choisissent de faire un cursus "patchwork" dans divers organismes de certification. Cette diversité des parcours de formation crée inévitablement des frottements avec un système réglementaire national comme celui de la France.

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En effet, le code du sport français confère une prérogative importante aux directeurs de plongée des centres français, leur permettant de donner des prérogatives de plongée aux plongeurs et plongeuses qui fréquentent leurs établissements. Cette disposition, bien qu'elle vise à garantir la sécurité, ouvre la porte à des interprétations variées et à des refus de reconnaissance. La question se pose alors : peut-on décemment refuser de valider des prérogatives ? Et, pire encore, de déconsidérer un brevet parce qu’il n’est pas français ? La complexité du système français, comme l'ont montré de nombreux commentaires reçus, dépasse le "simple" Code du sport et nécessite une approche ouverte et respectueuse.

Défis de Reconnaissance des Brevets Étrangers et Internationaux : Une Étude de Cas

Pour illustrer ces défis, une situation vécue par une plongeuse lors d'un séjour en France met en lumière les difficultés concrètes de reconnaissance. C’est l’été et il fait beau. La plongeuse se rend dans un centre de plongée en France, invitée par son ami Jean à plonger avec lui dans le centre que fréquente sa collègue Lola. Peu après son arrivée, David, le responsable de cette structure - un centre de plongée PADI et FFESSM - vient la saluer et lui demande son niveau de plongée afin de composer les palanquées. Pleine d'enthousiasme à l'idée de découvrir le nouveau spot promis, elle lui donne bien volontiers son niveau : « Course director ».

La réaction du responsable fut immédiate et inattendue : la plongeuse en reste sans voix, réellement abasourdie, marquant un temps d’arrêt. Elle s'interroge sur la manière dont cette personne, responsable de surcroît d'un centre PADI (tout proche de NAUI), ose si ouvertement dénigrer les acquis, compétences et expériences de son binôme sans jamais l’avoir vu. Face à cette situation, elle décide de présenter une autre certification. Au lieu de cela, elle sort la carte de moniteur 3* CMAS de son binôme en lui demandant si cela lui convient. David regarde la carte de très près, comme pour vérifier si elle ne serait pas fausse.

La plongée était prévue sur un spot de -40 m de fond. David propose alors de former une palanquée avec Lola. Jean ayant un niveau de PE40 FFESSM (plongeur devant être encadré dans la zone des -20m à -40m), David lui attribue un de ses moniteurs. Naturellement, la plongeuse et son binôme proposent à David d’encadrer Jean, puisque tous deux sont moniteurs 3* CMAS. Mais sèchement, le responsable du centre leur répond : « Non ! Vous, vous n’encadrez pas ». Cette interdiction est d'autant plus surprenante que leur niveau de moniteurs 3* CMAS devrait, selon eux, les autoriser tout à fait à encadrer un membre de leur palanquée.

La discussion se poursuit au moment de rejoindre le bateau. David commence à dire « non tu n’es pas N4, je n’ai pas le droit, c’est une structure commerciale ici ». La plongeuse s'interroge alors sur la pertinence de cette justification en structure commerciale, se demandant pourquoi, dans l’associatif, on croirait qu'elle aurait le droit. Finalement, David cède ouvertement, en rajoutant « ok, tu le surveilles mais pas de bêtises, vous ne dépassez pas les -40m, promis ? ». Incrédules, ils forment donc une palanquée de 4 dans laquelle, en tant que moniteurs 3* CMAS, ils n’ont pas le droit d’encadrer leur ami plongeur PE40, qui est pris en charge par une plongeuse N3. Cet épisode illustre la confusion et la frustration que peuvent engendrer les différentes interprétations des réglementations.

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Interprétation du Code du Sport et Conséquences pour les Plongeurs

Aux yeux de la plongeuse concernée, ce qui s’est passé revient à dire que leur niveau ne vaut plus rien une fois entré sur le territoire français. De ce fait, elle est perplexe sur l’application de cette réglementation relative au sport en France. Bien que sa connaissance du code du sport français soit certainement imparfaite, elle prend l'habitude de se renseigner tout de même sur les réglementations en vigueur dans les pays où elle est amenée à plonger. Elle n’ignore pas que le directeur de centre/de plongée est seul juge des prérogatives de plongée accordées dans son centre pour les détenteurs de certifications non reconnues par le code du sport. Elle n’ignore pas non plus qu’il peut refuser de reconnaître les prérogatives liées à un brevet autre que ceux indiqués dans le code du sport. Cependant, elle estime que le faire avec politesse et courtoisie serait un minimum.

Ce qui est particulièrement interpellant dans cette situation, c'est l'interrogation sur le fait que le responsable du centre ne reconnaisse pas les prérogatives du porteur d’un brevet CMAS. Ce brevet est pourtant reconnu par le code du sport français. Ayant de nombreux amis et de la famille en France, la plongeuse s'y rend régulièrement pour plonger, mais jamais elle ne s’était retrouvée face à une telle situation. Elle a conscience que le code du sport en France ne facilite pas les choses et que, finalement, ce sont les professionnels du secteur qui en pâtissent. Mais pourtant, cela fait partie de la Loi et il leur faut bien faire avec.

Elle est convaincue qu'il y a une majorité de personnes de bonne volonté dans le secteur de la plongée. Cependant, elle se dit que, outre le code qui empêche parfois les professionnels de faire ce qu’ils souhaiteraient, un minimum de bonne volonté et d’ouverture enrayeraient facilement ce genre de situation de déconsidération des capacités et expériences des personnes. La question se pose même de savoir si les professionnels ne devraient pas demander purement et simplement une modification du code. Ces incidents soulignent un besoin d'harmonisation et de flexibilité pour s'adapter à la réalité d'une communauté de plongeurs de plus en plus mobile et diversifiée. L'apprentissage mutuel au travers de l'intelligence collective est un véritable bonheur pour ceux qui cherchent des solutions positives et constructives.

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