Le monde du sport de haut niveau, et plus particulièrement celui du canoë-kayak en France, a été récemment secoué par une série d'incidents impliquant des entraîneurs de la discipline. Ces événements, variés dans leur nature mais tous préoccupants, ont mis en lumière des comportements inacceptables et ont entraîné des conséquences judiciaires et professionnelles significatives pour les personnes concernées. Deux affaires distinctes ont particulièrement attiré l'attention, l'une concernant des violences contre des policiers, l'autre des accusations d'agressions sexuelles et de viols sur des mineurs.
L'Affaire Guillaume Berge : Rébellion et Violences Contre les Forces de l'Ordre à Paris
Un événement majeur s'est produit impliquant Guillaume Berge, âgé de 33 ans, l'un des entraîneurs de la Fédération française de canoë-kayak sprint (FFCK). Dans la nuit du lundi 29 juillet, Guillaume Berge a été placé en garde à vue pour des faits de rébellion et de violences volontaires sur agent dépositaire de l’autorité publique, une situation qui a rapidement fait l'objet d'une enquête ouverte par le parquet de Paris.
Les faits se sont déroulés vers 3 heures du matin, ou plus précisément aux alentours de 2h50 du matin, dans le XIe arrondissement de Paris, au niveau du passage Louis-Philippe. L'entraîneur, alors qu'il était surpris en train d’uriner contre un mur à la vue de tous, a d'abord tenté de prendre la fuite, selon les informations rapportées. Cette tentative d'évasion a marqué le début d'une altercation tendue avec une patrouille de police qui l'avait interpellé.
Face aux forces de l'ordre, l'ancien kayakiste aurait manifesté un refus catégorique de se laisser interpeller. Le Parisien, citant des sources policières, rapporte qu'il aurait alors frappé deux agents. La situation a rapidement dégénéré. L'entraîneur, décrit comme ayant un physique imposant, serait tombé à terre en entraînant dans sa chute l'un des policiers. À ce moment, il lui aurait asséné un coup de poing au visage. Ne s'arrêtant pas là, il aurait ensuite frappé deux autres agents venus prêter main-forte à leur collègue, l'un sur le crâne et un autre au niveau des lèvres, démontrant une résistance physique intense à l'interpellation.
Devant cette opposition, un des policiers aurait fait usage de son pistolet à impulsion électrique pour tenter de le maîtriser. L'utilisation du Taser aurait eu lieu à trois reprises, une première fois au niveau de la cuisse, puis une seconde au niveau du dos du sportif, cette fois à bout touchant, et une troisième fois sur le flanc du récalcitrant. Cependant, les rapports initiaux indiquent que ces utilisations du pistolet à impulsion électrique se sont avérées "sans effet apparent", ou plus précisément "n’ayant aucun effet ni physique, ni dissuasif", selon une source policière citée.
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Face à la persistance de la résistance de Guillaume Berge, les policiers auraient eu recours à des moyens supplémentaires pour le maîtriser. Un autre agent aurait asséné plusieurs coups à l'entraîneur afin de "l’inciter à se laisser faire et à cesser ses tentatives de frapper les fonctionnaires de police", toujours selon la même source policière. Il est également rapporté que l'entraîneur aurait reçu un coup de pied au visage lors de cette intervention. Après plusieurs tentatives et une lutte acharnée, les policiers sont finalement parvenus à le menotter. Guillaume Berge a ensuite été conduit au commissariat du XIe arrondissement, où il a été placé en garde à vue pour les chefs d'accusation de rébellion et de violences volontaires sur agent dépositaire de l'autorité publique. L'enquête préliminaire, confiée au commissariat du 11ème arrondissement, se poursuit et l'entraîneur français sera reconvoqué dans ce cadre. Il a été précisé que l'intégralité de l'intervention de la police aurait été filmée par la caméra piéton de l'un des agents, ce qui pourrait fournir des éléments clés à l'enquête.
Cet incident s'est produit dans un contexte particulier, peu après la victoire de Nicolas Gestin, champion olympique de slalom en canoë monoplace C1, aux Jeux olympiques de Paris. Certains se sont interrogés si cet événement malheureux aurait pu être lié à une célébration excessive de cette performance sportive majeure. Toutefois, les motivations exactes derrière le comportement de Guillaume Berge n'ont pas été formellement établies.
Les conséquences professionnelles pour Guillaume Berge ont été rapides et significatives. Ludovic Royé, directeur technique national de la FFCK, a réagi vivement à l'annonce de l'incident, qualifiant ce comportement d'"inacceptable". Il a également précisé que l'entraîneur "ne fait plus partie de l’équipe olympique" et qu'il était toujours dans les effectifs de la fédération, mais que des démarches étaient en cours pour une rupture conventionnelle avec lui. Le responsable a exprimé son étonnement face à la situation : "C’est un comportement inacceptable ! Il y a à peu près soixante-dix personnes à la fédération et il y en a un qui a dérapé. Cela surprend forcément de se faire réveiller à 7 heures du matin pour ça !"
Il est à noter que Guillaume Berge occupait auparavant une position de responsable des kayaks femmes au sein de l'équipe de France de canoë-kayak, mais il avait été "débarqué" en septembre 2023. Il faisait partie des trois entraîneurs nationaux, missionnés en tant que "chefs de projet" et détenteurs de contrats de droit privé, qui n'avaient pas vu leurs contrats reconduits par la Direction Technique Nationale (DTN), officiellement pour "manque de résultat supposé". Son contrat, qui devait s'arrêter le 30 septembre, n'avait pas été renouvelé. Il lui avait alors été proposé un poste à la fédération, au pôle de Vaires-sur-Marne, le site même des épreuves olympiques, qu'il avait finalement accepté. Cette éviction antérieure lui aurait, semble-t-il, laissé un "goût amer". Il avait d'ailleurs confié au quotidien L'Équipe : "Je suis allé à mon entretien du 26 septembre (…) la fleur au fusil. Je ne sais pas si j’attendais des félicitations mais au moins qu’on allait encourager le projet. À l’arrivée, c’est beaucoup de frustration. Ce qui anime un entraîneur, c’est d’aller au bout d’une démarche, au-delà de l’envergure de l’événement, de ce qu’il véhicule comme valeur. J’ai le sentiment qu’on ne se met pas dans les meilleures dispositions pour les athlètes à dix mois des Jeux…". Ce contexte professionnel tendu pourrait avoir contribué à son état d'esprit au moment des faits.
Les Accusations d'Agressions Sexuelles et de Viols : Le Cas Jean-Yves Prigent, Une Figure du Canoë-Kayak
Outre l'affaire Guillaume Berge, le milieu du canoë-kayak a été profondément ébranlé par des révélations et des procédures judiciaires concernant des agressions sexuelles et des viols, impliquant une figure reconnue de la discipline, Jean-Yves Prigent. Les informations disponibles décrivent une chronologie d'événements qui s'est étendue sur plusieurs mois, voire plusieurs années, et qui a abouti à de multiples accusations et à un placement en détention provisoire.
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Première Vague d'Accusations et Condamnation Initiale
Un entraîneur de canoë-kayak, présenté initialement comme anonyme, a été accusé d'agressions sexuelles sur des mineurs. Il a été révélé par la suite qu'il s'agissait de Jean-Yves Prigent, 70 ans, une figure emblématique du canoë-kayak français, ayant travaillé pendant près de cinquante ans auprès des jeunes kayakistes et ayant été un ancien champion du monde de la discipline.
Les faits initiaux dénoncés concernaient des agressions sexuelles sur deux élèves de 16 ans. La première agression aurait eu lieu durant la nuit du 15 au 16 mars, suivie d'une seconde la nuit suivante. Ces incidents se seraient produits à l'occasion d'une compétition qui se tenait à Châteauneuf-sur-Cher, dans le département du Cher. Une plainte avait été déposée à la gendarmerie de Bruz, près de Rennes, le 26 mars. Philippe Astruc, procureur de la République de Rennes, avait alors fait savoir qu'un parent s'était présenté pour dénoncer des faits d’agression sexuelle commis sur son fils âgé de 16 ans par son entraîneur de canoë-kayak. Les attouchements incriminés auraient eu lieu alors qu'ils dormaient ensemble dans le camping-car du mis en cause. Un deuxième mineur aurait subi des faits similaires dans des conditions identiques.
Lors de sa garde à vue concernant ces premières accusations, le suspect, Jean-Yves Prigent, a reconnu l'ensemble des faits. Suite à ces aveux, il a été placé sous contrôle judiciaire, avec des interdictions strictes : celle de mener une activité avec des mineurs et celle de s'approcher des victimes. Un procès était alors programmé pour le 12 juillet. En effet, la figure du kayak en France, Jean-Yves Prigent, avait déjà été condamné en juillet dernier pour agressions sexuelles, ce qui confirme que la procédure du 12 juillet a bien abouti à une condamnation.
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