Le voile islamique, ou "Hidjab", représente un pilier fondamental de la tenue vestimentaire de la femme musulmane, symbolisant à la fois sa piété et sa pudeur. La question de son retrait, notamment dans le cadre professionnel, soulève des interrogations cruciales au sein de la communauté musulmane, nécessitant une compréhension approfondie des directives islamiques. Il s'agit d'une préoccupation majeure pour de nombreuses femmes qui se trouvent confrontées à des impératifs professionnels ou des contraintes sociétales.
Les Fondements de l'Obligation du Voile Islamique
L'habit de la femme musulmane est rigoureusement défini par les principes de la charia, se devant d'être ample et de couvrir tout le corps du regard des hommes ne faisant pas partie de son entourage, c'est-à-dire les non-mahrams. Cette exigence est capitale et vise à préserver la dignité et la pudeur de la femme. De plus, il ne doit pas être moulant de façon à ne pas épouser les formes du corps, ce qui irait à l'encontre de son objectif premier de couverture et de modestie.
Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a mis en garde contre des comportements contraires à ces principes, décrivant un groupe de femmes qui "sont vêtues mais dénudées, qui se déhanchent et qui sont attirantes. Elles n’entreront pas au paradis et n’en sentiront pas l’odeur." Cette expression "vêtues mais dénudées" est d'une grande pertinence et doit être comprise dans sa profondeur. Selon une certaine interprétation, elles sont effectivement habillées, mais en réalité elles sont dénudées. Cela consiste à mettre soit des vêtements légers et transparents qui laissent entrevoir la peau, ou soit un habit serré qui épouse les formes du corps comme les fesses, les avant-bras, ou autre. Or l’habit de la femme doit la couvrir de la tête au pied, de sorte qu’il ne laisse entrevoir ni la peau ni les formes, pour être épais et large. En substance, tout ce qui correspond et qui est imposé à chacun doit être respecté.
Il est imposé aux femmes de se couvrir et de se voiler sans dévoiler leurs parures ni s’exhiber. La sagesse derrière cette prescription divine est profonde et multiple. Allah a prescrit le "Hidjab" et le voile pour la femme pour qu'elle soit préservée d'être offensée et pour que la "Fitna" - la fascination, inévitable pour les hommes et les femmes - soit repoussée. Cette protection n'est pas seulement physique, mais aussi morale et spirituelle, assurant un environnement de respect et de dignité. Allah dit dans le Saint Coran : "O Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles ; elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux." Ce verset coranique établit clairement l'obligation et la sagesse derrière le port du voile, soulignant son rôle dans l'identification des femmes croyantes et leur protection.
L'abandon du "Hidjab" par la femme, c'est-à-dire le fait de ne pas le porter, est considéré comme un péché capital et incontestable. C'est un manquement grave à une injonction divine claire. Le "Hidjab" n'est donc pas un choix personnel au sens moderne du terme, mais une obligation religieuse dont la portée est immense. La tunique (jilbab), quant à elle, correspond au manteau (malâa). C’est ce qu’ibn Mas’ud appelle le pardessus (ridâ), alors qu’elle est couramment désignée par le bas ou la cape (izâr). C’est une longue cape qui couvre la tête et le reste du corps, complétant ainsi les exigences du voile.
Lire aussi: Le voile de mariée : guide complet
La Conduite de la Femme Musulmane et la Distinctivité
Au-delà de l'habillement, la charia islamique établit des lignes directrices pour la conduite générale de la femme, visant à la distinguer et à préserver sa modestie et sa chasteté. Il n'est pas légiféré pour la femme d’élever la voix, ni pour l’adhân (l’appel à la prière), ni pour la talbiya (invocation du pèlerin). Elle ne doit pas non plus monter sur les monticules de Safa et Marwa, ni se dévêtir durant sa sacralisation, contrairement à l’homme, qui lui ne doit pas mettre une chemise, un pantalon, un manteau ou des chaussons en état d'ihram. Ces règles spécifiques soulignent une distinction voulue dans les rôles et les manifestations extérieures de la piété entre les sexes.
S'il est clair que la femme doit absolument se distinguer de l’homme au niveau de l’apparence, de sorte qu’elle doit se couvrir et se voiler pour ne pas ressembler aux hommes, nous pouvons découvrir sur quel principe ce chapitre est fondé. Ce principe de distinction est fondamental en Islam et influence de nombreux aspects de la vie quotidienne. Il devient évident que les vêtements utilisés en général par les hommes deviennent interdits pour les femmes. Si à la fois dans son apparence, la femme manque de pudeur et ressemble aux hommes, l’interdiction s’étend à ces deux domaines, mais certes Allah seul sait. Le port du voile est donc une composante essentielle de cette distinction et de cette pudeur générale.
Dans un contexte particulier et parfois difficile, surtout dans certains pays, le mieux pour la musulmane est de rester à sa maison car c'est le lieu le plus préservé pour sa vertu, sa religion et sa chasteté. Surtout s'il existe parmi ses "Awliyas Oumourihas" (les personnes qui en sont responsables selon la Chariâ, comme le père, le mari, le frère) quelqu'un qui la prenne en charge, prend soin d'elle et lui assure ce dont elle a besoin. Dans ce cas, elle ne doit sortir de sa maison que si c'est nécessaire pour se préserver de la tentation. Cette directive est étayée par le verset coranique : "Restez dans vos foyers ; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes d'avant l'islam (Jahiliyah)." Ce verset coranique est l'origine de la détermination du domaine de la femme et de son lieu de stabilité : c'est la maison. C'est le lieu le plus préservé pour la femme musulmane : pour sa vertu, sa religion et sa chasteté.
Elle ne doit sortir de sa maison que si c'est nécessaire, comme c'était la conduite des femmes du Prophète Salla Allahou Alaïhi wa Sallam et la conduite des femmes de ses compagnons. Lorsqu'elle sort pour certains besoins, elle doit s'imposer une bonne tenue : celle de la femme musulmane quand elle sort de sa maison. Elle doit porter le Hidjab. Elle ne doit pas se mêler avec les hommes ou les fréquenter. Elle ne doit pas non plus marcher au milieu de la rue ou du trottoir, autant de mesures visant à maintenir sa pudeur et à éviter la tentation. Chaque fois qu'elle sort sans se conformer aux conditions imposées par la Chariâ pour la sortie de la femme, alors cette sortie est illicite, que ce soit pour le travail, une visite ou même pour la prière.
Le Dilemme du Voile dans le Milieu Professionnel et les Directives Islamiques
La question du travail, en particulier lorsque celui-ci exige le retrait du voile, est une problématique récurrente pour la femme musulmane. Face à cette situation, les directives islamiques sont claires et catégoriques, sauf dans des cas d'extrême nécessité.
Lire aussi: Astuces pour un nettoyage efficace du voile de ciment
Si la femme musulmane travaille dans un lieu où les responsables l'obligent à enlever le "Hidjab", alors ce travail n'a aucune valeur religieuse et il est illicite à cette femme de continuer à l'exercer ne serait-ce qu'une seconde. Cette interdiction repose sur un principe fondamental de l'Islam : il est bien connu qu'il n'y a aucune obéissance à une créature quand il s'agit de commettre un péché ou une désobéissance à Allah Le Très Haut. La désobéissance à Allah, en retirant le voile sans raison valable, ne peut être justifiée par une quelconque directive humaine ou professionnelle.
Il est connu aussi que certains pays mécréants, hélas ainsi que certains pays musulmans, obligent la femme musulmane à enlever le Hidjab dans les écoles ou les lieux de travail. Cela ne justifie en aucune façon à la femme musulmane ce comportement illicite. La contrainte externe, qu'elle émane d'une autorité étatique ou professionnelle, ne légitime pas la transgression d'un commandement divin explicite. Si elle est obligée d'abandonner les études ou son travail ou sa fonction pour préserver sa chasteté, alors c'est un devoir de le faire. La préservation de la chasteté, de la religion et de la dignité passe avant les considérations matérielles ou professionnelles.
Cependant, il existe une unique éventualité dans laquelle le retrait du voile pourrait être permis. Elle n'enlève son foulard que dans une seule éventualité : si elle est obligée de travailler et qu'elle ne trouve aucun autre boulot, de sorte que si elle abandonnerait ce travail cela entraînerait sa mort et la mort des gens dont elle a la responsabilité. Alors dans ce cas seulement, il lui est permis d'enlever son Hidjab, toutefois selon le besoin seulement. Cette situation d'extrême nécessité, appelée "Darura" en Islam, est strictement encadrée. Ce qui est voulu par nécessité, c'est ce dont dépend la préservation de : la personne, de la religion, de la raison, de l’honneur et des biens. Donc, ce qui contredit ces choses mentionnées, rentre dans le domaine de la nécessité. L'exemple typique serait la menace directe sur la vie de la personne ou de ses dépendants, non une simple recherche de confort ou de meilleures conditions de vie. Le travail qui est mentionné dans le questionnement, si il n'est fait que pour le confort de vie, ne fait pas partie de la "darura".
Cas Particuliers et la Priorité des Droits d'Allah
La situation d'une femme soutenant sa famille, comme dans le cas où son père est décédé, sa mère est malade et ses frères sont petits, est souvent évoquée comme une potentielle justification. La réponse à cette question est catégorique : le voile est obligatoire et il n’y a pas d’excuse permettant à la femme d’enlever son voile pour des affaires mondaines, quelle que soit sa situation. Cette femme, qu’Allâh a honorée par l’Islam et qui a été guidée vers le port du voile, il lui est obligatoire de porter constamment le voile légiféré, que ce soit au travail, dans la rue ou dans tout endroit dans lequel il y a des gens qui lui sont étrangers. Le fait qu’elle subvienne aux besoins d’une famille ne lui rend pas licite cela, car le droit d’Allâh est plus important que le droit de quiconque. La subsistance de la famille, bien qu'importante, ne peut primer sur un commandement divin aussi clair.
La situation au travail doit être analysée. Si elle est seule dans son travail, ou avec des femmes, alors il n’y a pas de mal, elle peut enlever son voile et porter ses vêtements ordinaires. Ceci est dans le cas où elle travaille seule ou bien qu’avec des femmes. Dans ce cas, il n’y a pas de mal, elle peut enlever son jilbab et porter ses vêtements ordinaires qui recouvrent son corps. Cette permission est logique car l'objectif du voile est la protection de la femme du regard des non-mahrams. Mais s’il y a de la mixité avec les hommes ou que les hommes la voient, alors il ne lui est pas permis d’enlever le voile. Elle ne doit pas découvrir son visage ni aucune partie de son corps, et ce en aucun cas.
Lire aussi: Nettoyage de briques : Supprimer le voile de ciment
Concernant le voile qui couvre le visage (niqab ou sitar), il est important de noter que si ce qui est voulu par voile (qu'elle enlève pour le travail) concerne uniquement le dévoilement du visage, alors ceci est un sujet dans lequel il y a divergence parmi les savants. Certains considèrent la couverture du visage comme obligatoire, d'autres comme recommandée. Cependant, la couverture du reste du corps (hijab) reste une obligation consensuelle.