La figure de Joaquin “El Chapo” Guzman Loera occupe une place singulière dans l'imaginaire collectif contemporain. Véritable baron de la drogue, le parcours de Joaquin “El Chapo” Guzman en a inspiré plus d’un. Le public a pu découvrir un bout de son histoire dans la série El Chapo, et plus récemment dans Narcos : Mexico. Cette fascination pour le criminel le plus notoire du Mexique n'est pas seulement le fruit d'une mise en scène spectaculaire, mais le reflet d'une réalité complexe où le pouvoir politique, la corruption et le crime organisé s'entremêlent dans un ballet destructeur. L'essor considérable de l'empire de narcotrafic d'El Chapo alarme la DEA, et la saison 3 de la série dédiée à sa vie explore les méandres de cette expansion démesurée, offrant un regard cru sur les mécanismes de survie et de domination d'un homme qui a défié les États les plus puissants du monde.
La genèse d'un baron : De la pauvreté à l'ascension fulgurante
Né en 1957 au Mexique, Joaquin Archivaldo Guzman Loera grandit avec ses frères et sœurs. De nature enjoué, il a vite quitté l’école pour trouver un emploi dans des organisations de contrebande de marijuana. Son introduction dans le monde de la drogue a commencé tôt, il a aidé son père à cultiver de la marijuana pour des revendeurs locaux. Pendant son adolescence, il a hérité du surnom “El Chapo” en raison de sa petite taille (1m68). Ce surnom, loin d'être un frein, est devenu la marque d'un homme capable de se faufiler entre les mailles du filet, tant physiquement que stratégiquement.
Dans les années 1970, il fait la rencontre d’Hector “El Guero” Palma en supervisant et en transportant de la drogue vers différentes régions. En 1980, il a rejoint la bande de Pedro Aviles, surnommé “Le Lion de Sinaloa”. En travaillant comme chauffeur personnel du trafiquant, El Chapo rencontre Rafael Caro Quintero et Félix Gallardo. Ce dernier lui confie rapidement la logistique de son organisation, ce qui lui a permis de coordonner de nombreuses expéditions de drogues de la Colombie vers le Mexique. La série Narcos : Mexico, diffusée sur Netflix, met en scène sa rencontre avec Miguel Angel Félix Gallardo, le boss du cartel de Guadalajara, illustrant comment les alliances précoces ont forgé les fondations de son futur empire.
L'architecture de la trahison et la consolidation du pouvoir
La saison 3 de la série El Chapo plonge le spectateur dans une période charnière où l'organisation criminelle doit naviguer entre expansion et survie. El Chapo jubile en apprenant son rang dans la liste Forbes, jusqu'à ce qu'une trahison fasse tomber l'un des siens. Ce moment souligne la fragilité des allégeances dans un monde où la loyauté est une monnaie d'échange volatile. Don Sol informe El Chapo de sa nouvelle alliance, marquant un tournant diplomatique dans sa gestion du cartel. Parallèlement, Berta et Don Sol s'attaquent chacun à leur façon à leur problème en cours, illustrant la multiplicité des fronts sur lesquels le chef doit agir.
Le gouvernement mexicain s'étant retourné contre lui, El Chapo est mis au pied du mur à Mazatlán, forçant une restructuration de ses priorités. El Chapo tente de respecter la promesse faite à Elba, mais quand Graciela est menacée, il l'informe de son nouveau plan. Cette dimension humaine, bien que teintée de violence, montre comment la vie privée et les affaires criminelles s'entrechoquent. Isolé, El Chapo cherche à se lier d'amitié avec un garde, une scène qui souligne sa capacité à manipuler son environnement immédiat pour assurer sa propre sécurité.
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La gestion de l'image et la fin de l'impunité
Un aspect fascinant de la saison 3 est la manière dont le baron gère sa propre légende. Après avoir vu l'interview d'une actrice célèbre ayant de bons mots pour lui, El Chapo demande à la rencontrer. Cette quête de reconnaissance médiatique, alors même qu'il est traqué, témoigne d'une hubris qui finira par causer sa perte. Le monde réagit à l'évasion d'El Chapo avec un mélange d'effroi et de curiosité morbide. Le baron de la drogue révèle qui sera son successeur et exhorte ses hommes à cesser les querelles, conscient que la désunion est le plus grand risque pour son héritage. El Chapo explique à Vanessa comment son film hollywoodien devrait se terminer, une scène qui brouille la frontière entre la fiction télévisée et la réalité tragique de son existence.
La série se focalise sur la montée du trafic de drogue au Mexique, une véritable guerre où le cartel de Guadalajara a pris la main sur ce territoire, dirigé par Miguel Angel Félix Gallardo. Avec trois saisons à son actif, les abonnés ont pu découvrir de nombreux barons de la drogue : Rafa Caro Quintero, Ernesto Fonseca Carrillo, Amado Carrillo Fuentes et surtout Joaquin Guzman alias El Chapo. Ce dernier est considéré comme l'un des hommes les plus puissants du Mexique. Mais qui est-il réellement ? La réponse réside dans la contradiction permanente entre son rôle de criminel impitoyable et sa volonté de bâtir un système logistique sophistiqué.
Le cycle des évasions et la traque internationale
L'histoire d'El Chapo est indissociable de ses évasions spectaculaires. Quatre ans après son départ du cartel de Guadalajara, El Chapo est capturé au Guatemala. Extradé au Mexique, il est condamné à 20 ans de prison pour meurtres et trafic de drogues. Mais, même en prison, l’activité de son cartel a continué à tourner, dirigé par son frère Arturo. Alors qu’il est emprisonné au Mexique, il est également inculpé pour blanchiment d’argent et importations de cocaïne à San Diego. Avec l'aide de gardes soudoyés, il a réussi à s’évader de la prison de Puente Grande.
Le gouvernement américain avait proposé 5 millions de dollars à ceux qui avaient des informations pouvant mener à sa capture, tandis que le gouvernement mexicain proposait 2 millions de dollars. Il est alors devenu l’homme le plus recherché au monde par le FBI et Interpol, juste après Ben Laden. Mais en 2011, tout a changé avec la mort du terroriste. Après des années de recherche, El Chapo est arrêté en 2014 par la marine mexicaine dans sa propriété à Sinaloa. Mais, un an plus tard, il s'est évadé de nouveau par un tunnel creusé à 10 mètres de profondeur. Cette évasion a marqué le sommet de son audace et le point de rupture avec les autorités mexicaines, qui ne pouvaient plus tolérer une telle humiliation.
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