Les amateurs de sports nautiques sont intimement liés à l'environnement, s'appuyant sur la beauté des océans, des rivières et des lacs pour assouvir leur passion. Cette connexion profonde avec le milieu aquatique impose une responsabilité particulière, car les activités nautiques, bien qu'exaltantes, peuvent également avoir des impacts environnementaux importants, allant de la pollution à la perturbation de l'habitat. La prise de conscience de ces enjeux a mené à une mobilisation croissante, tant au niveau des pouvoirs publics que des acteurs de la filière et des pratiquants eux-mêmes, pour concilier passion sportive et préservation des écosystèmes. Il existe heureusement des moyens de profiter de ces activités de manière responsable, en intégrant des pratiques durables et en participant activement à la protection du milieu marin.
Un Cadre National Structurant pour la Mer et le Littoral
Face à la complexité et à la diversité des usages maritimes et littoraux, la France a mis en place un cadre stratégique et des instances de gouvernance robustes. Depuis février 2017, la France met en œuvre sa Stratégie nationale pour la Mer et le Littoral (SNML), un document essentiel qui donne un cadre de référence pour l'élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques concernant la mer et le littoral. Plus généralement, cette stratégie oriente l'action de tous les acteurs de l'économie maritime et des littoraux, soulignant l'importance d'une approche coordonnée et prospective.
Au cœur de cette gouvernance se trouve le comité interministériel de la Mer (CIMer), institué en 1995. Cette instance, dont le ministère des Sports fait partie, est chargée de délibérer sur la politique du Gouvernement dans le domaine de la mer sous ses divers aspects nationaux et internationaux. Le CIMer fixe les orientations gouvernementales dans tous les domaines de l’activité maritime, témoignant de l'ampleur des sujets abordés, de la défense à l'environnement, en passant par l'économie et le sport. En novembre 2017, par exemple, il a adopté quarante-huit mesures concrètes, dont une douzaine avait un caractère « principal », démontrant son rôle moteur dans l'action publique.
Parallèlement, issu de la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010, le Conseil national de la mer et des littoraux (CNML) vise à renforcer la coordination des actions publiques dans les territoires littoraux et assure un suivi rigoureux de la mise en œuvre de la SNML. Sa composition est un gage d'équilibre et de représentativité : présidé par le Premier ministre, il est composé pour moitié d’élus et pour moitié de syndicats, d’acteurs professionnels et d’associations environnementales. Cette pluralité des voix permet d'intégrer diverses perspectives dans les décisions relatives à la gestion des espaces maritimes et littoraux, favorisant ainsi une approche équilibrée entre développement économique, social et environnemental.
Pour mobiliser l'ensemble des acteurs de la filière, des structures de concertation spécifiques ont également vu le jour. Créée en juin 2015, la Confédération du nautisme et de la plaisance (CNP) regroupe les fédérations, clubs et associations de la plaisance et du nautisme, constituant une voix unifiée pour ce secteur. En janvier 2017, un outil de partenariat public-privé a été créé : le Comité France maritime (CFM). Il s'agit d'une instance informelle de dialogue et de proposition qui associe l’État, les régions et les acteurs professionnels, facilitant ainsi les échanges et la co-construction de solutions. Le comité du nautisme et de la plaisance, installé le 6 novembre 2017, est une formation spécialisée du CFM, dédiée aux spécificités des activités nautiques et de la plaisance. Son installation s'inscrit d'ailleurs dans le droit fil de la déclaration du Président de la République, prononcée le 8 novembre 2016 aux Assises de l'Économie de la mer, appuyant le rassemblement de la famille du nautisme au sein de la CNP via la création d’une instance de concertation interministérielle. Cette dynamique illustre une volonté politique forte de structurer et de valoriser la filière nautique, tout en l'intégrant dans une vision plus large de développement durable.
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Afin de faciliter la prise de décision et de s'adapter au contexte particulier de chaque façade maritime, des documents stratégiques de façade (en métropole) et des documents de bassin (dans les territoires ultramarins) sont élaborés. Ces instruments de planification vont définir une stratégie de développement durable de l'économie maritime et une planification des espaces maritimes. L’objectif primordial de ces documents est d’améliorer la coexistence des activités humaines en mer, tout en assurant leur compatibilité indispensable avec la protection du milieu marin. Ces documents devaient être prêts au second semestre 2018 pour la consultation des instances et du public, avec une adoption finale prévue au printemps 2019, marquant une étape cruciale vers une gestion intégrée et durable des espaces maritimes.
Surveillance, Recherche et Engagement pour la Biodiversité Marine
La compréhension des usages de la mer et de leurs impacts est une condition préalable à toute politique environnementale efficace. Au niveau national, le ministère en charge de la Mer a activement travaillé à l’identification des usages de la mer. Pour cela, le ministère des Sports collabore étroitement avec le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cérema), qui est missionné pour collecter les données liées aux usages. Cette collecte de données est fondamentale pour cartographier les pratiques, évaluer leur intensité et anticiper les conflits d'usage ou les pressions environnementales.
En complément de ce travail national, les conseils départementaux jouent un rôle clé au niveau des territoires. Ils devront faire connaître leur Plan départemental des espaces, sites et itinéraires (Pdesi) relatifs aux sports de nature auprès de la direction interrégionale de la Mer de leur façade. Cette remontée d'informations est essentielle pour assurer une cohérence entre les stratégies nationales et les réalités locales, et pour intégrer la dimension des sports de nature dans la planification des espaces maritimes.
L'engagement du ministère des Sports dans la protection du milieu marin est renforcé par des partenariats stratégiques. Le travail historique mené au sein du réseau national des sports de nature, et en particulier dans le cadre du Groupe ressources sport, mer et littoral (animé par l’École nationale de voile et des sports nautiques), se traduit par une relation partenariale solide avec l’Agence française de la biodiversité depuis 2017. Cette collaboration succède à celle établie précédemment avec l’Agence des aires marines protégées, et vise à une meilleure intégration des sports de nature dans les politiques de conservation.
Dans ce contexte, le ministère des Sports et le ministère en charge de l’Environnement ont lancé un ensemble d’actions concertées, en lien direct avec les objectifs de la Directive cadre stratégie milieu marin (DCSMM). L’objectif explicite de ces actions est d’améliorer la contribution des sports de nature à la protection de l’environnement. Cela passe notamment par la sensibilisation des pratiquants, l'adaptation des pratiques et le développement de gestes éco-responsables.
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La recherche scientifique est également un pilier de cette démarche. Le réseau national des sports de nature, et plus particulièrement le Groupe ressources sport, mer et littoral, a accompagné des laboratoires universitaires de recherche dans des projets ayant reçu un financement de la Fondation de France. Ces travaux sont variés et ciblés, permettant d'approfondir la connaissance des interactions entre les sports et l'environnement marin. Parmi ces projets, on retrouve des études sur les « sports de nature dans les aires marines protégées » menées avec l’Institut universitaire européen de la mer (Université de Bretagne occidentale), qui examinent spécifiquement les défis de la gestion des activités sportives dans ces zones sensibles. D'autres recherches portent sur les « impacts territoriaux des loisirs pédestres sur le littoral » avec le laboratoire VIPS2 (Violences, Identités Politiques & Sports) de l’université de Rennes 2, abordant ainsi les pressions exercées par les loisirs terrestres sur les franges côtières. Enfin, un projet d'« inventaire et gestion des pratiques sportives et de loisirs sur les littoraux métropolitains français » est mené avec le laboratoire LISA (Lieux, Identités, Espaces et Activités) de l'Université de Corse, visant à mieux comprendre et organiser la multitude des pratiques pour minimiser leur impact.
Les Menaces Climatiques : Un Défi Majeur pour les Activités Nautiques
Au-delà des impacts directs des pratiques sportives, les sports nautiques sont de plus en plus confrontés à des menaces systémiques issues du dérèglement climatique. Sophie Lopez, du Think tank Sport et Citoyenneté, souligne l’une des premières choses à laquelle nous pensons est l’augmentation et l’intensité des vagues de chaleur. Ces dernières rendent la pratique du sport plus difficile. Nous avons encore tous ces images des marathoniens abandonnant leur épreuve lors des championnats du monde d’athlétisme de Doha en 2019, illustration frappante des limites physiologiques humaines face à des conditions extrêmes.
Cependant, au-delà des activités sportives en elles-mêmes, ce sont aussi les sites et les lieux de pratique sportive qui sont directement menacés. Le dérèglement climatique provoque, entre autres, l’érosion des côtes, la montée du niveau de la mer et l’augmentation des submersions marines. Tous ces phénomènes climatiques sont malheureusement accélérés, ce qui pose un défi existentiel pour de nombreuses infrastructures et espaces dédiés aux sports nautiques. L’ONG environnementale WWF France souligne par exemple que, dans un scénario où la température globale de la Terre augmenterait de 2°C, un club de voile sur sept situés sur le littoral serait menacé par la hausse du niveau de la mer. Cette projection alarmante met en lumière la vulnérabilité des installations côtières et la nécessité d'anticiper ces changements.
L'approche des Jeux Olympiques de 2024, avec des épreuves nautiques qui auront lieu sur nos littoraux, est une occasion d'ouvrir la réflexion sur ce sujet capital. Ces événements sportifs de grande envergure peuvent servir de catalyseur pour sensibiliser le grand public et les décideurs aux défis environnementaux, et pour promouvoir des solutions durables. La question n'est plus seulement de savoir comment minimiser l'impact des sports nautiques sur l'environnement, mais aussi comment les sports nautiques eux-mêmes peuvent s'adapter et survivre face à un environnement en mutation rapide.
Impacts Directs et Solutions Éco-Responsables pour les Sports Nautiques
Les sports nautiques, malgré leur caractère intrinsèquement lié à la nature, peuvent avoir des impacts environnementaux importants. De la pollution à la perturbation de l'habitat, ces activités peuvent nuire aux écosystèmes aquatiques. Cependant, il est rassurant de constater qu'il existe des moyens concrets de profiter de ces activités préférées de manière responsable, en adoptant des pratiques et des choix éclairés.
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Combattre la Pollution Plastique
L’un des problèmes environnementaux les plus urgents associés aux sports nautiques est la pollution plastique. Les plastiques à usage unique, tels que les bouteilles, les sacs et les emballages, se retrouvent malheureusement trop souvent dans l’eau, où ils constituent une grave menace pour la vie marine. Ces débris sont ingérés par les animaux marins, provoquant blessures et décès, ou s'accumulent dans les écosystèmes, altérant leur fonctionnement. Les amateurs de sports nautiques peuvent jouer un rôle crucial dans la lutte contre ce problème en optant pour des produits réutilisables et respectueux de l’environnement. Il est recommandé d'investir dans une bouteille d’eau durable, d'utiliser des sacs réutilisables pour les courses et le transport de matériel, et de choisir des emballages respectueux de l’environnement chaque fois que cela est possible. Ces petits gestes, multipliés par des milliers de pratiquants, ont un impact cumulatif significatif.
Minimiser la Pollution Chimique et les Émissions
Certains sports nautiques, comme le motonautisme et le jet ski, nécessitent l'utilisation de carburants et d'huiles qui peuvent, s'ils ne sont pas gérés correctement, contaminer les milieux aquatiques. Les fuites d'hydrocarbures, même minimes, peuvent avoir des effets dévastateurs sur la flore et la faune aquatiques. Pour minimiser la pollution chimique, il est conseillé de penser à utiliser des embarcations écologiques qui produisent moins d'émissions et consomment moins de carburant, telles que les modèles électriques ou hybrides. De plus, il est primordial de veiller à faire le plein dans des zones appropriées, loin de l'eau, et d'entretenir régulièrement son équipement pour éviter les déversements accidentels. Il est tout aussi important d'éliminer correctement les produits chimiques ou les déchets dangereux, en veillant scrupuleusement à ce qu'ils ne finissent jamais dans l'eau, mais soient acheminés vers des centres de traitement spécialisés.
Préserver les Habitats Naturels et la Faune Marine
Les sports nautiques peuvent également perturber les habitats naturels, en particulier dans les écosystèmes côtiers fragiles qui sont souvent des zones de forte biodiversité et de reproduction. Les récifs coralliens, les herbiers marins et les sites de nidification des animaux marins sont des exemples de ces zones sensibles qui doivent être protégées. Il est essentiel d'éviter de perturber ces aires en naviguant ou en pratiquant des activités à une distance respectable. Les pratiquants doivent être attentifs à la faune, en gardant une distance respectueuse avec les oiseaux, les poissons, les mammifères marins et les reptiles, et en évitant les comportements perturbateurs tels que la poursuite ou l'alimentation des animaux. Lorsque vous participez à des activités comme la plongée avec tuba ou la plongée sous-marine, pratiquer un contrôle de la flottabilité impeccable est crucial pour éviter tout contact accidentel avec le récif, les coraux ou le fond marin, qui sont extrêmement vulnérables au toucher et aux chocs.
Atténuer la Pollution Sonore Sous-Marine
La pollution sonore sous-marine est un enjeu moins visible mais tout aussi impactant. Les moteurs et autres équipements des embarcations peuvent créer une pollution sonore sous-marine susceptible de perturber la vie marine, notamment les poissons, les mammifères marins comme les dauphins et les baleines, et même les invertébrés. Ce bruit peut interférer avec leur communication, leur capacité à se nourrir, à se reproduire ou à migrer. Pour réduire cet impact, il est recommandé de choisir des embarcations plus silencieuses ou des options électriques, lorsque disponibles, qui minimisent les émissions sonores. Il est également judicieux de réduire l'utilisation inutile du moteur, par exemple en éteignant le moteur lorsque l'embarcation est à l'arrêt, et d'éviter de le faire tourner inutilement à haut régime.
Sensibilisation et Promotion des Pratiques Durables
Au-delà des actions individuelles, les communautés de sports nautiques ont un rôle important à jouer dans la sensibilisation aux problèmes environnementaux. En tant que groupe, elles peuvent amplifier le message et encourager l'adoption de comportements plus responsables. Participer à des programmes et ateliers éducatifs axés sur la conservation marine et la protection de l’environnement est un excellent moyen de s'informer et de partager des connaissances. Utiliser les plateformes de médias sociaux pour partager du contenu informatif sur l’importance de préserver les écosystèmes aquatiques permet d'atteindre un public plus large. Il est également essentiel d'encourager les amis passionnés à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement et à participer activement à des initiatives de conservation, qu'il s'agisse de nettoyages de plages, de campagnes de collecte de données ou de projets de restauration d'habitats.
Le choix de produits écologiques et durables est un aspect essentiel pour minimiser l'impact environnemental des pratiquants. À titre d'exemple, les combinaisons Sumarpo, certifiées par la FINA (Fédération Internationale de Natation), offrent un choix responsable aux amateurs de sports nautiques. Ces combinaisons de qualité professionnelle sont conçues dans le respect de l'environnement, en utilisant des matériaux et des processus de fabrication respectueux de l'environnement. Les combinaisons Sumarpo offrent aux athlètes de triathlon et aux amateurs de sports nautiques une isolation, une flexibilité et une durabilité optimales, garantissant des performances de premier ordre tout en réduisant l’empreinte environnementale. Ce type d'initiative illustre comment l'innovation peut servir la performance tout en intégrant des valeurs de durabilité, marquant un pas vers un avenir plus vert pour les sports nautiques.
Le Développement Économique et la Création d'Emplois dans la Filière Nautique
Les ministères de la Mer et des Sports mobilisent ensemble leur savoir-faire et leurs outils pédagogiques pour atteindre un objectif ambitieux : doubler le nombre d’emplois maritimes. Cette ambition se traduit par des actions concrètes telles que la création de passerelles entre les filières de formation existantes et l'accompagnement de la mise en place de formations professionnelles de qualité. L'essor de la filière nautique est perçu non seulement comme un vecteur de loisirs et de bien-être, mais aussi comme un puissant moteur de développement économique pour les territoires côtiers.
Les activités nautiques sont en effet fortement pourvoyeuses d’emploi sur les territoires littoraux. Cette création d'emplois est visible de manière directe, avec des professions telles que les éducateurs sportifs spécialisés dans la voile, le surf, la plongée ou le kayak, qui encadrent et transmettent leur passion. Mais elle se manifeste également de manière indirecte, à travers une multitude d'emplois administratifs, de commerce, de distribution et d'industrie. Cela inclut par exemple les métiers liés à la conception et la fabrication d'équipements nautiques, la gestion de ports de plaisance, les services de location, la maintenance des embarcations, le tourisme nautique et l'hôtellerie côtière. L'ensemble de cet écosystème contribue significativement à la vitalité économique des régions littorales.
Le ministère des Sports, à l’instar du travail mis en œuvre avec le Commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) sur les massifs avec le dispositif Pôle de pleine nature ou les stations sports de nature, souhaite travailler en profondeur avec les territoires littoraux. L'objectif est de les accompagner dans leur structuration par les sports de nature et les activités nautiques, afin de promouvoir et de renforcer l'ensemble de la filière nautique. Cette approche territoriale vise à optimiser l'aménagement des sites de pratique, à développer des infrastructures adaptées et à soutenir l'entrepreneuriat local, créant ainsi des pôles d'excellence et d'attractivité basés sur les sports nautiques.