À bord, le gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence entre un incident et un drame. Les éléments de sécurité essentiels en mer, les brassières et gilets de sauvetage, vous permettront en cas d’incident, d’améliorer votre protection, d’être repéré et d’être secouru. Pourtant, face à la diversité des modèles, flottabilité, déclenchement, sous-cutale, certification SOLAS, le choix peut vite devenir un casse-tête. La sélection d'un gilet de sauvetage doit tenir compte de plusieurs critères tels que les normes de sécurité, le confort d'utilisation et le budget. Son objectif est d'assister ou de garantir la stabilité de son porteur en cas d'immersion.
Normes, certifications et cadre réglementaire
L'Europe impose des normes strictes pour l'utilisation d'un gilet de sauvetage ou d'une aide à la flottabilité. Tous les gilets de sauvetage doivent donc être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. Il est essentiel que tous les nouveaux gilets de sauvetage commercialisés en Europe respectent la norme ISO 12402 de l'Organisation internationale de standardisation.
La réglementation française est fixée par la division 240, qui précise que le matériel de sécurité à bord varie en fonction de la manière dont on navigue et de la distance d'un abri. La division 240 rend l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) obligatoire pour tout type de navigation de plaisance. La Division 240 impose un gilet par personne à bord.
Pour les professionnels de la mer et les conditions les plus exigeantes, les gilets SOLAS (Safety of Life at Sea) répondent à un cahier des charges renforcé. Ils doivent être dotés de deux chambres indépendantes, chacune équipée de son propre système de gonflage automatique. La certification SOLAS est plus stricte, obligatoire pour la navigation commerciale et les navires supérieurs à 25 mètres.
Classes de flottabilité : Comprendre les Newtons
La flottabilité, exprimée en newtons (N), indique la force de portance du gilet une fois gonflé. Plus elle est élevée, mieux le gilet retourne et maintient un corps inconscient, notamment lesté de vêtements humides. La norme européenne définit les gilets en fonction de leur flottabilité exprimée en newtons (50, 100, 150 et 275). Il s’agit d’une flottabilité type pour un porteur de 70 kg.
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- 50 Newtons : En dessous de 100 N, une brassière est considérée comme une aide à la flottabilité. Adaptée à un adulte de corpulence moyenne, cette aide offre un faible encombrement, mais présente des performances limitées en eaux agitées. Les gilets 50N ne proposent qu’une aide à la flottabilité. Ils peuvent être utilisés lorsque l’on reste à moins de 2 milles nautiques d’un abri. Ils sont destinés à une personne consciente et sachant nager. Ce gilet dégage les voies respiratoires, mais ne permet pas le retournement du porteur, il est donc adapté pour des activités en eau calme.
- 100 Newtons : Adaptée à un adulte de corpulence moyenne, cette flottabilité est destinée aux personnes susceptibles d’avoir à attendre l’arrivée des secours en eaux abritées. Ils sont capables d’assurer le retournement en 10 secondes et sont souvent recommandés pour les enfants de plus de 30 kg.
- 150 Newtons : Adaptée à un adulte de corpulence moyenne, ce niveau est généralement conçu pour la navigation côtière et semi-hauturière. Il assure le retournement en 5 secondes. Navigation semi-hauturière et hauturière (au-delà de 6 milles) : gilet 150N obligatoire.
- 275 Newtons : Adaptée à un adulte de corpulence moyenne, ce niveau de gilet de sauvetage est principalement destiné à une utilisation hauturière, y compris dans des conditions extrêmes. Ils sont considérés comme les plus performants et se destinent à un usage professionnel.
Technologies de gonflage et mécanismes de sécurité
Les gilets gonflables sont plus chers à l’achat, mais ont un encombrement réduit. Ils se portent sur les vêtements et allient sécurité et confort. Ils permettent une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manœuvres. Ces gilets étant gonflables, la flottabilité est assurée par l’action d’une bouteille de gaz CO2 capable de gonfler instantanément des réservoirs d’air.
Le système de déclenchement est l’un des critères techniques les plus importants. Le gilet gonflable manuel est constitué d’un poinçon à actionner manuellement en cas de chute. Le gilet gonflable automatique à pastille de cellulose fonctionne avec une cartouche munie d’un élément soluble mais résistant à l’humidité et aux embruns ; le gilet ne se déclenche qu’après immersion dans l’eau. Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement. Le système UML Pro Sensor Elite, plus récent, constitue une évolution du MK5. Il intègre des indicateurs visuels avancés permettant à l’utilisateur de vérifier que la cartouche de CO₂ est correctement installée et fonctionnelle.
Le gilet gonflable automatique pressiostatique fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Il se déclenche de façon autonome en cas de chute. Le système Hammar hydrostatique réagit à la pression d’eau (immersion 10 cm), évitant les déclenchements dus aux embruns ou en cas de stockage dans un lieu très humide.
Matériaux et ergonomie : Le cas des gilets en mousse et doudounes flottantes
Les gilets à flottabilité permanente (en mousse) sont moins chers à l’achat mais plus encombrants. Ces équipements assurent selon leur taille une flottabilité simple par mer calme jusqu’à une flottabilité active par mer agitée permettant notamment le retournement. Ils protègent également contre les chocs et le vent.
Concernant les matériaux, le néoprène est l’un des matériaux les plus fins à utiliser pour un gilet. Le haut niveau d’élasticité offre une liberté de mouvement totale et une sensation de douceur sur la peau. Par ailleurs, la marque Jobe propose des doudounes flottantes, qui sont des gilets de flottaison 50N au style urbain, idéals pour les sports nautiques. Fabriquées en nylon léger et résistant, elles disposent d’une fermeture éclair centrale, d’un système de drainage de l’eau et d’une poche intérieure pratique. Pratiques, durables et abordables, ces équipements légers et à séchage rapide offrent un excellent ajustement.
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Équipements complémentaires et accessoires indispensables
Un gilet qu’on ne porte pas ne sauve personne. Pour renforcer la sécurité, divers accessoires sont essentiels. Une sous-cutale est indispensable pour éviter que le gilet ne remonte sur la tête. Les équipements de sécurité incluent également une boucle de harnais en tissu, une fenêtre de visualisation de la cartouche, des bandes réfléchissantes, un sifflet, une poche pour balise personnelle, une lampe flash SOLAS et une capuche anti-embruns.
En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d’un abri, tout voilier doit être équipé d’un harnais et d’une longe par personne embarquée. La norme EN ISO 12401 définit les exigences des harnais de sécurité et lignes de vie. Pour rendre votre gilet de sauvetage connecté, il est recommandé de se procurer une balise de détresse individuelle. Ces balises PLB permettront d’augmenter considérablement vos chances de survie si vous tombez à l’eau.
Entretien, vérification et cycle de vie
Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions (rayonnement ultraviolet, sel, abrasion, micro-organismes, hydrocarbures, compression). Un contrôle tactile et visuel doit être réalisé régulièrement. En mer, le nettoyage à l’eau douce après chaque utilisation est préconisé, ainsi qu’un stockage dans un endroit sec, aéré et à l’abri des rayonnements solaires. Les réparations de fortune sont déconseillées.
Pour les gilets gonflables, il faut remplacer la cartouche de gaz après utilisation, ou si elle n’est plus opérationnelle. Pour un gilet automatique, il faudra en plus changer la pastille à sa date d’expiration ou après utilisation. Vérifiez annuellement vos cartouches CO2 et remplacez-les immédiatement après déclenchement. Contrôlez la date de péremption, l’état du filetage et l’absence de corrosion. Un gilet mousse bien entretenu peut durer 10 à 15 ans, tandis que les gilets gonflables nécessitent un remplacement des kits de percussion tous les 5 ans ou selon la date de validité.
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